Par M.S

“Petit calcul d’une feignasse d’espanol en lycée qui n’a rien à faire le dimanche:

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-Semaines de cours par an: 36
-heures de cours devant élèves 18 soit 36×18= 648h
-Préparations de séquences, recherches de documents, élaboration de contenus, création de grilles d’évaluations: 1h de préparation minimum pour 1 h de cours soit: 36X18= 648h
– Corrections de copies: 2 par trimestre et par classe. 8 classes en moyenne 28 élèves par classes et environ 8 minutes par copie en 1eres et terminales: (2 éval× 3 trim×8 classes × 28 élèves ×8 minutes) /60= 172 heures
– Saisie cahier de texte en ligne: 1/4 d’heure tous les soirs, 4 soirs, 36 semaines: 36h
– Saisie des appréciations des bulletins 1h par classe et par trimestre: 8h x 3 trimestres = 24h
– Réunions de pré-rentrée: 7h
– 3 réunions pédagogiques/an : 3X7h= 21h
– conseils de classes: 8 classes, 3 conseils d’1h30 = 36h
– Réunions parents de rentrée: 4 soirée de 3h = 12h
– Réunions parents-professeurs: 4 soirées de 3h = 12h
– Organisation voyage scolaire: 3 mois à raison de 2h au moins par semaine= 24h
– Départ du voyage le samedi avec les élèves 24h
– Organisation projet etwinning avec lycée espagnol au moins 20h
– RDV parents, 2-3 élèves par classes et par an environ 1/4 d’heures: 4h
– Journée portes ouvertes: 7h
– Oraux baccalauréat 8h X 3 jours: 24h

TOTAL 1719 heures

Autres salariés:
35h x 46 semaines = 1610h

Mais prof c’est vraiment un métier de grosses feignasses, toujours en vacances, 18h de cours par semaine… bizarrement les concours ne font pas le plein, on se demande vraiment pourquoi !!!!!”

 

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Par Béa

Trouvez-vous normal que l’on ne parle des enseignants QUE sur la base des heures effectuées devant élèves ?? On ne dit pas 0h pour les personnes qui travaillent dans un bureau…. La loi impose l’horaire effectif…. pourquoi ne s’applique-t-elle pas aux enseignants ? Pourquoi cette Injustice? Pourquoi ce refus de reconnaissance? Cela n’est-il pas méprisant???…. La reconnaissance et la considération de notre métier commence peut-être par la prise en compte de TOUT notre travail effectué.

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Par Laura G-S

“Avant-veille de vacances:
7H50 arrivée au lycée, discussion sur un projet MPS, et sujet donné à la vie scolaire pour un DS de rattrapage pour les absents
8H10: cours de terminale S: 5 élèves en suivi, pb familiaux , pb psy – TS la semaine d’avant, et une conciliation entre mère et fille très difficile (forte inquiétude du retour)
10H: pause …
discussion tendue avec J qui ne comprend pas son 0 pour un DM non rendu
discussion avec M pour des absences non justifiées
discussion avec E pour sa TS
discussion avec L et M pour un projet tutorat
pause finie 🙁
10H15-10H30: essai de TP pour les ECE
10H30-11H15: intendance, gestion des stocks, suite de l’audit sécurité
11H15-12H00: anonymat des copies de bac blanc, répartition …
12H00-12H15: photocopies
12H20: retour chez soi, repas, mari parti bosser à 12H (pas vu) gosses à la cantine
12H50: retour au lycée
13H00: séparation de 3 secondes en train de se bousculer très fortement dans les couloirs puis TP
14H30: pause – retour à l’intendance
14H35: Tp du groupe 2
16H00: pause: discussion sur le projet MPS …
16H10: MPS: suivi des élèves, c’est dense
17H30: entretien avec une élève qui s’est faite virer de l’atelier danse
17H45: entretien avec proviseur sur les projets de fin d’année (APB, tutorat, immersion, …)
19H30: je rentre à la maison!
encore une journée qui m’explique pourquoi les profs ont besoin de vacances toutes les 6 semaines!

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Alors que les professeurs de collège toutes disciplines confondues se disent débordés par la mise en place de la réforme du collège, le bruit court que les professeurs de lettres seraient les professeurs travaillant le plus…. Voici quelques arguments-ci dessous :

honneur prof français

A votre avis, il y a-t-il une discipline plus exigeante que d’autres ? Et si oui, pourquoi ? Votre réponse est attendue en commentaire…A vous de jouer !

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par Véronique Théry (avec son aimable autorisation)

Mes amis,

  C’est une catastrophe. Vous aurez, sans doute, remarqué que j’écris bien peu. A cause du travail, me direz-vous ? Que nenni ! Je suis fonctionnaire. Vous savez, une nantie qui ne fiche rien de toute sa journée. Et la pire de toutes ! Une prof !

Oui, mesdames, messieurs, je le confesse en ce lieu. Je suis une de ces “happy few”, qui, selon un ex-président, travaille 18h par semaine, 6 mois de l’année. Autant dire qu’avec autant de temps libre, je pourrais écrire des livres de la taille d’un annuaire téléphonique !  En espérant évidemment que cela soit un iota plus intéressant.

Certains d’entre vous s’en doutent un peu. La vie d’un prof n’est pas aussi désespérément vide qu’un cerf-volant en quête d’un nouveau souffle. Ne comptez pas sur moi  pour me lancer dans un dithyrambique portrait de nos états de service. Je préfère laisser chacun libre de ses pensées. Libre de croire que le boulanger est un ignoble fainéant, vu que sa boutique n’ouvre qu’à 7h30 et que son pain, ses brioches et autres viennoiseries sont nés tous seuls par l’opération de Saint-Honoré. Que le journaliste du 20h ou du 13h ne travaille que durant les 30 minutes de son face-à-face avec le spectateur affamé de nouvelles fraîches. Et que le comédien qui s’époumone sur scène a bien de la chance de ne jouer que durant deux heures. La Sainte Eglise avait bien raison de les placer sur le même rang que les sorciers, vu qu’aujourd’hui encore, ces charlatans gagnent des fortunes en ne montant sur scène que 8 heures par semaine.  Apprendre les textes et les répéter n’est pas nécessaire, quand on est habiles farceurs.

Il en est de même dans notre corporation.  Nous sommes de “purs esprits”. Inutile de préparer un cours sur Chateaubriand, les théorèmes de Pythagore ou le prétérit en anglais. Tout ceci est inné chez l’enseignant. Ainsi, ma collègue déclamait du Shakespeare dès sa naissance ! Vous n’imaginez pas la tête que fit sa mère, lorsqu’elle entendit son enfant prononcer ces vers :

“Tis not alone my inky cloak, good mother,
Nor customary suits of solemn black,
Nor windy suspiration of forc’d breath,
No, nor the fruitful river in the eye,
Nor the dejected haviour of the visage,
Together with all forms, moods, shapes of grief,
That can denote me truly.”

  Moi-même, j’interpellais la sage-femme afin de lui demander si elle pratiquait la maïeutique en hommage à Socrate, l’accoucheur d’âmes. A deux ans, je faisais faire des dictées aux invités de mes parents et leur interdisais tout dessert s’ils ne parvenaient pas à trouver les réponses aux questionnaires de lecture que je leur concoctais. Je les encourageais, en feignant l’ignorance :

“Je ne sais pas l’endroit ; mais un peu de courage
Vous le fera trouver, vous en viendrez à bout.”

  Oui, sans le savoir, déjà, je faisais preuve de pédagogie. Autre talent inné dont nous sommes pourvus. Nul besoin de stages et de formations ! Toute la didactique coule dans nos veines, irriguées dans ce cœur d’enseignant.

  Bien entendu, il reste les copies. Quelques irréductibles en sont encore à penser que nous les jetons du haut d’un escalier dont chaque marche équivaudrait à une note. Jeu extrêmement dangereux, puisqu’il rendrait ledit escalier particulièrement glissant. Je vous vois venir ricaner que cela expliquerait le pseudo absentéisme des professeurs. Pseudo, mais oui. L’excellent Figaro a fait paraître, le 19 mars dernier, les résultats d’une enquête prouvant que les enseignants étaient moins absents que la moyenne des salariés, y compris ceux du secteur privé.

  Alors, mes amis, si mon absence de ce site n’est pas due au travail, à quoi, me direz-vous, ai-je passé mon temps ? Hé bien, j’ai fermé les yeux et j’ai rêvé. D’une société où les clichés avaient disparu, où les préjugés s’étaient envolés. Et puis, je me suis réveillée et j’ai allumé ma télé. Une voix disait : “18 h par semaine, 6 mois l’an” et j’ai compris que j’avais bien rejoint la réalité…

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