L’art de la perforation anale dans les plaines du Caucase administratif (de l’Education Nationale ou de ce qu’il en reste – acte 2)

Par le monde selon Smig

Caucase

« Alors, tu acceptes d’être prof principal de seconde parce que les titulaires ne veulent pas. Tu acceptes d’être coordinateur matière parce que les titulaires ne veulent pas et, comme toi, tu as besoin d’euros, tu acceptes, de toute façon, n’importe quoi et tout le monde le sait. En plus, tu as la malchance de parler quelques langues alors, tu pars en voyage, c’est toujours ça… parce que les titulaires ne veulent pas… alors toi qui habites loin de ton lieu de travail, toi qui ne gagnes pas lourd, toi qui, forcément, paies tes repas parce que tu ne rentres pas chez toi, toi qui se tapes, en plus, des pleins d’essence parce qu’il faut bien y aller, et bien, toi, tu fais des heures et des heures, parce que les titulaires ne le veulent pas.  Il y a donc ce que tu gagnes et ce que, en réalité, tu gagnes. Alors tu fumes, parce que la fatigue, les nerfs, l’injustice… d’autres boivent, se droguent, ou prennent des substances antidépressives… et à la limite, comment faire autrement? Voila comment l’éducation nationale construit des précaires qui s’enfoncent et qui doivent corriger des copies et donner le bac. »

La suite ici

Un guide pour feignasse débutante

Débuter dans l’enseignement n’est jamais simple. On a toujours peur de mal faire et on se pose plein de questions : Est ce que j’ai assez d’autorité ? Comment monter une séquence ? Comment gérer les élèves ?…

En attendant la formation passionnante sur ce thème de l’ESPE, le réseau Canopé et la revue Sciences humaines offre aux enseignants un extrait de 50 pages de l’ouvrage « Guide du jeune enseignant » de Fabrice Herviau

guide jeune enseignant

Pour se le procurer il suffit de suivre la procédure expliquée ici.

La galère des profs stagiaires pour trouver un logement

A l’approche de la rentrée, de nombreux nouveaux collègues sont confrontés à un problème pratico-pratique : Se loger.

Les affectations souvent tardives ne permettent de prévoir à l’avance le point de chute du stagiaire/néo-titulaire/TZR/Remplaçant/contractuel (Rayer la mention inutile  ).

A cela s’ajoute les difficultés administratives et financières. Le stagiaire n’a bien sûr pas encore de bulletin de salaire, doit payer de sa poche son déménagement et trouver un logement rentrant dans son budget. Et le salaire d’un stagiaire en région parisien lui permet à  peine d’envisager de louer un logemet de la taille d’une boîte à chaussures. Voici donc un témoignage intéressant.

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Quand les jeunes profs galèrent à trouver un logement, à quelques jours de la rentrée

 

Et vous trouverez un peu d’aide et de réconfort ici 

A qui la faute ? (tentative d’analyse objective…)

Par Olive Koenig
Suite à cet article du Parisien en date du 5 juillet dernier, nous apprenions qu’une centaine de Professeur des écoles stagiaires étaient sous la menace d’un licenciement, à l’issue de leur année de stage.
Je vais donc essayer de décortiquer cela, me faisant comme d’habitude l’avocat du diable, en essayant de rester le plus objectif possible. N’y voyez aucune provocation, juste un peu de mon expérience, et sachez que je reste ouvert à la discussion.
Je viens du secteur privé où j’ai passé de nombreuses années. Dans toutes les entreprises, la plupart des cadres embauchés ont 3 mois, 6 mois ou 1 an de période d’essai, durant laquelle, si il ne font pas l’affaire, ou si simplement leur tête ne revient pas au patron, ils peuvent se faire remercier du jour au lendemain sans préavis.
Notre année de stage est à peu près équivalente à cela, mise à part que, on nous laisse aller jusqu’au bout (sauf faute gravissime), et bien que nous soyons suivis et visités tout au long de l’année, la « sanction » est prononcée à l’issue de la visite d’un IEN en fin d’année (Sauf erreur de ma part).
Depuis 2 (ou 3) ans maintenant, dans l’académie de Créteil, ce sont environ 2000 stagiaires recrutés chaque année. Alors, pourquoi ne pas envisager que sur ces 2000, une centaine ne feraient pas l’affaire (Soit 5%) ? Soit parce qu’ils ne sont réellement pas faits pour ce métier, soit parce que le métier n’est pas fait pour eux ? Est-ce leur rendre service que de les titulariser ? Est-ce rendre service aux élèves ? D’autre part je vous laisse apprécier le langage journalistique (J’ai aussi été journaliste donc je sais de quoi je parle), avec le « dont la plupart avait reçu un avis favorable de leur formateur de l’Espé« . Quelle proportion représente exactement ce « la plupart » ?
Là où je m’indigne réellement, c’est effectivement ce manque total de formation, dû au fait que n’importe qui disposant d’un M1 en n’importe quoi, peut présenter le concours, et s’il l’a, se retrouver devant une classe le septembre suivant, sans aucune formation que la tête remplie d’un niveau troisième en maths et français, quelques notions sur le système éducatif et quelques formules toutes faites en « comment mener une séance en EPS ? ».
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C’est également sans compter le concours externe, ouvert aux parents de trois enfants et aux sportifs de haut niveau. Alors  Être Papa ou Maman de trois enfants signifie-t-il pour autant que l’on sera une bonne « maîcresse » ou un bon maître ?
Quant aux sportifs de haut niveau, j’imagine aisément Franck Ribéry devant décortiquer la phrase complexe devant des CM2 (Mais je n’ai rien contre lui hein, ni contre les mamans de trois enfants, bien au contraire !).
Pas normal non plus, si, ainsi que mentionné dans l’article du Parisien, il est proposé à ces personnels licenciés, un poste de remplaçant (mais à vérifier…).
En conclusion, c’est tout le système de recrutement qu’il convient de mettre par terre une bonne fois, et cesser de recruter à tour de bras des gens de très très bonne volonté, mais qui pour certain, c’est inévitable, vont droit dans le mur en klaxonnant….

Grève des professeurs stagiaires : leurs revendications

Pour être informé de ce qui se passe un peu chez les stagiaires de lettres de Lyon (et de Navarre) :

Suite à l’appel à la grève des ESPE de Grenoble et Versailles, nous, étudiant-e-s-professeur-e-s stagiaires de Lettres Modernes et Classiques à Lyon 2, avons tenu ce jour deux assemblées générales afin d’envisager notre implication dans le mouvement.

Nous remettons en cause les modalités de masterisation des concours de recrutement de l’enseignement définies au niveau national. Il apparaît évident que les conditions de travail et de formation des Masters de l’Education de l’Enseignement et de la Formation (MEEF) sont inhumaines et intenables et ne permettent pas de se consacrer pleinement à la réussite des élèves que nous avons en responsabilité.


Notre priorité lors de ces assemblées générales n’a pas été de remettre en question la formation dispensée à Lyon 2 et au sein de l’ESPE de Lyon, mais bien de formuler des revendications auprès du ministère.
Nous constatons que la masterisation telle qu’elle est mise en place ne fonctionne pas. Nous demandons donc :

  • L’allègement des charges horaire et de travail (en moyenne 60h par semaines) rendues exponentielles par le triple statut étudiant, professeur en poste et professeur en formation.
  • La modification de ce triple statut qui rend toute identité professionnelle impossible à construire, car nous ne pouvons être des étudiant-e-s, professeur-e-s en responsabilité et en formation sans que ces différentes postures entrent en conflit les unes avec les autres.
  • L’allègement et la réduction drastique du nombre d’évaluations, qui surchargent inutilement la formation et la rendent contre-productive : elles créent une situation d’évaluation permanente particulièrement anxiogène.
  •  Le remplacement des cours disciplinaires obligatoires par des séminaires tenant compte des validations d’acquis antérieures, afin de créer une formation plus orientée sur la pratique du métier.
  • La création d’un véritable master professionnel donnant lieu à la production d’un écrit réflexif à dimension pédagogique et professionnelle.
  • Le changement du système de tutorat, car le tuteur terrain ne peut être à la fois un interlocuteur privilégié, un formateur et un évaluateur sans fausser la relation à son stagiaire.

Ces revendications ont pour vocation de rappeler qu’une formation des personnels enseignants est nécessaire mais il est indispensable qu’elle soit adaptée. Le modèle de masterisation actuel est un échec, notamment à cause d’une obsession évaluative contre-productive et à l’origine d’une pression insoutenable.

Nous invitons donc tous les membres de la formation, professeur-e-s, formateurs-trices, personnels, étudiant-e-s de toutes disciplines, à rejoindre notre mouvement en étant présent-e-s à une assemblée générale le mardi 11 avril 2017 à 14h en salle B148 (Lyon 2 – Site quais du Rhône).
En espérant vous trouver nombreux,
Les professeur-e-s-stagiaires de Lettres modernes et classiques de Lyon 2.

Enquête nationale sur l’expérience ESPE par…. les usagers eux-même

Nous vous parlions dernièrement de la grève des professeurs stagiaires et étudiants de l’ESPE de Grenoble. Le mouvement s’étend et voici la suite de leurs actions

« Nous sommes le mouvement de grève de l’ESPE de Grenoble. Nous invitons les autres ESPE à nous rejoindre, et l’ESPE de Dijon met en place son propre mouvement.
Par ailleurs, nous sommes actuellement en train de mener une enquête sur le plan national sur l’expérience ESPE. Ce questionnaire prend une dizaine de minutes, et sera un support pour améliorer la formation de demain.
De plus, nous avons réussi à atteindre les 100 premières participations avec le questionnaire mis en place pour faire un bilan de l’expérience de stagiaire Espé. Il s’agit maintenant d’atteindre les 1000 participants, toutes Espé confondues.
Voici de nouveaux liens à utiliser, les questionnaires se ferment dès 100 participations, alors cliquez sur n’importe quel lien avec un questionnaire ouvert ! Si l’objectif est atteint, nous renverrons une nouvelle liste de liens.
http://qys2.com/uomre8vs
http://qys2.com/459pjy0v
http://qys2.com/w5hm55tf
http://qys2.com/0ap4cq94
http://qys2.com/pdwu1gc1
http://qys2.com/17vod6u0

Besoin de soutien pour un PES

par Anonyme

« Bonjour à tous.
Voilà je vous présente mon cas.
Je suis actuellement PES dans l’enseignement privé sous contrat en 2ème année de stage suite à une reconduction de stage (je suis déjà titulaire du master MEEF). Ma 1ère année a été un calvaire (peu accompagné par ma tutrice qui était aussi ma chef d’établissement, aucune relation avec l’enseignante titulaire (en gros chacun sa mer**), et l’ISFEC (l’ESPE du privé) qui ne m’a jamais validé car à chaque visite rien n’allait. J’ai donc été inspecté et bizarre super inspection, « j’ai passé un bon moment » de la bouche de l’IEN qu’on m’avait décrite comme une Cruella mais au contraire très bienveillante, ce qui m’a permis grâce à son rapport (que je n’ai jamais eu entre les mains, normal ?) d’être reconduit. Mais cette année rebelote : rien ne va (les notes des élèves sont bonnes (désolé je suis obligé de noter car c’est la politique de l’établissement), les parents ne se plaignent pas, ma binôme bosse beaucoup avec moi et me conseille (quel changement !)) ma tutrice ne voit pas de progrès, ISFEC non plus, et chef d’établissement ne me soutient pas. Ils ont provoqué une réunion le 17 janvier avec ma tutrice, mon chef d’établissement, ma visiteuse ISFEC (j’ai fait le choix de garder la même qu’en première année, erreur !!!), le directeur de l’ISFEC, et la directrice diocésaine adjointe : j’ai eu l’impression d’être à mon « procès » : enchaînement de négatif, et quand on me posait des questions j’étais tellement déboussolé que je n’ai même pas réfléchi à ce que je répondais… Ils m’ont donné un ultimatum d’un mois, visite le 28 février matin par ISFEC et 6 mars matin par tutrice, avec des sous-entendus pour en gros me dire que si je souhaite changer de voie professionnelle leurs portes sont ouvertes (et donc que je peux démissionner ça les arrange). Si rien ne change inspection informée. J’étais au plus mal en sortant de cette réunion que j’en ai vomi dans ma classe en allant récupérer mes affaires. Je ne sais pas comment j’ai réussi à faire les 65km de route pour remonter chez moi… Le lendemain j’avais rendez-vous chez mon médecin pour juste un simple certificat médical pour la salle de sport qui a abouti à un arrêt maladie de 15 jours car j’avais 18 de tension et quand je lui ai raconté il ne m’a pas laissé le choix. J’ai quand même consciencieusement fait toutes mes prépas et transmis à ma binôme. Pendant ces vacances j’ai pris du temps de réflexion, je ne sais pas encore ce que je veux faire = continuer quitte à être inspecté et qu’elle dise qu’on arrête (ce qui au moins excusez moi permet d’être indemnisé et donc de pouvoir me retourner car je suis fils unique avec des parents dépendants (mon père le devenant de plus en plus, ma mère handicap 75%)) ou démissionner sans avoir quelque chose pour me retourner et du coup « leur donner raison ». Je suis syndiqué, mais j’ai peur car ma déléguée premier degré est très mal vue dans toute la sphère et j’ai peur de représailles…
J’ai quand même fait toutes mes prépas pour cette semaine où je rattaque, mes corrections. Mais je suis perdu…
J’ai envie de faire ce métier, j’aime ce métier, mais j’ai l’impression que je ne fais pas ce qu’on demande en respectant pourtant les programmes officiels et en étant bienveillant vis à vis des élèves tout en prenant en compte la différenciation (qui n’est jamais suffisante d’après eux). Je comprends que je suis seul maître de mon avenir mais je me suis permis de faire ce post en espérant trouver des soutiens, des conseils.
Si mon post dérange, vous pouvez le supprimer.
Je suis disponible en message privé si vous voulez de plus amples précisions.