Voici un texte publié dans le groupe des 800000 Feignasses:

 

“Estimées collègues, estimés collègues,

Je serai en grève le 22 mars, et voici pourquoi.

 

 

Quand je suis entré dans l’Education nationale, en 1993, les salariés du public comme du privé devaient travailler 37, 5 années pour toucher une retraite équivalente, dans les deux secteurs, à 75 % de leur dernier salaire. L’âge légal de départ était 60 ans.

Aujourd’hui, après les réformes Balladur de 1994, Fillon de 2003, Sarkozy de 2010, l’âge légal de départ en retraite est passé à 62 ans, et le niveau des pensions servies diminue régulièrement depuis 2008. De plus, le système des décotes (2,5 % par trimestre de cotisation manquant) contribue à rendre très théorique l’âge légal de 62 ans : à moins de perdre le quart de sa pension de retraite, de plus en plus de travailleurs ayant commencé tardivement une activité professionnelle pour cause d’études doivent poursuivre plusieurs années au-delà de 62 ans.

Demain… Macron veut s’inspirer du système suédois des « comptes notionnels ». En Suède, les gens accumulent des points-retraite tout au long de leur carrière. A l’âge légal, ils peuvent partir en retraite mais le montant de leur pension dépend non seulement du nombre de points accumulés, mais aussi de l’enveloppe globale consacrée aux retraites, qui, elle, ne varie pas. La conséquence est que quelqu’un qui est né dans une année creuse touche une meilleure retraite que celui qui est né dans une année où la natalité était élevée… à moins de reculer son âge de départ jusqu’à une année plus creuse : en effet, le même gâteau est à partager entre le nombre de bénéficiaires potentiels d’une année donnée, qui, lui varie.

On nous dit que nous n’avons pas les moyens de maintenir de bonnes retraites, à partir de 60 ans. On nous dit que si nous ne réformons pas tout de suite, il manquera 20 milliards d’euros en 2020, 2022, 2030… Alors laissez-moi vous raconter l’usage fait, en 2015, des 17 milliards d’euros du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE). Selon les évaluations réalisées, ce dispositif a sauvegardé ou créé entre 50 000 et 100 000 emplois, soit une dépense comprise entre 170 000 et 340 000 € par emploi. Notons au passage que la réduction de la TVA dans la restauration avait aussi coûté 142 000 € par emploi crée ou sauvé.

Un fonctionnaire coûte, lui, 60 000 € par an à la collectivité, cotisations patronales comprises. Nos gouvernements subventionnent donc des emplois privés, qui servent des intérêts privés, avec de l’argent public qui permettrait de créer 3 à 6 fois plus d’emplois au service de nos concitoyens : dans les EHPAD, les hôpitaux, les écoles…

Les écoles, oui, car si nous sommes aussi crevés, ce n’est pas pour rien : les enseignants français du primaire subissent une double peine. Et d’un, nos classes sont parmi parmi les plus chargées de l’OCDE. Et de deux, notre temps de travail face aux élèves est parmi les plus élevés. Notre productivité est donc très bonne, alors que les résultats de l’école française sont tout juste moyens dans les classements internationaux.

La productivité des travailleurs français en général est excellente, une des plus élevées au monde, contrairement à l’idée répandue par le monde politico-médiatique selon laquelle nous ne travaillons pas assez. Guillaume Duval, le rédacteur en chef d’Alternatives économiques, s’est amusé à calculer le nombre d’emplois supplémentaires nécessaires pour produire le volume de richesses actuellement créées en France si nous avions la productivité de nos voisins : « si les Français devenaient aussi inefficaces que les Britanniques, il y aurait en France 2,3 millions d’emplois en plus, aussi paresseux que les Allemands, 4,4 millions, aussi peu productifs que les Italiens, 5 millions, etc. Notre problème chronique de chômage de masse ne tient donc pas tant à une hypothétique paresse des Français qu’à notre trop grande efficacité productive comparée à celle de nos principaux voisins… »

Gaspiller l’argent public, détruire les retraites, culpabiliser les chômeurs, pousser à bout les travailleurs… Et en plus, il faut subir leur arrogance et leur discours perverti : c’est au nom de la justice entre les salariés du public et du privé qu’on va réformer en profondeur les régimes spéciaux de retraites, dont le nôtre (après avoir déshabillé Paul, on se tourne vers Pierre et on lui dit : « T’as pas honte d’avoir encore ton T-shirt ? »)

C’est pourquoi je ferai la grève du 22 mars. Et les suivantes.
Raphaël”

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Alors que nous vous annonçions que le ministre  des comptes publics avait signé les décrets d’application de la revalorisation en application des accords PPCR tout fier de lui, le ministère de l’Education Nationale annonce, lui de son côté, que l’application du PPCR sera reporté de 6 à 18 mois pour les enseignants.

Cette déclaration n’a bien évidemment pas été faite officiellement devant les enseignants, mais lors d’une réunion de travail avec les syndicats de chefs d’établissement. La nouvelle a fuité par le compte-rendu de cette séance par l’un de ces syndicats, ID-FO.

id fo

Pour un observateur extérieur, tout ceci donne l’impression d’un manque total de communication entre les ministères. Cela parait surtout injuste pour les enseignants car, ici, une fois encore, ils n’ont pas la même reconnaissance que tous les autres fonctionnaires d’Etat.

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http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2017/07/27/20002-20170727ARTFIG00280-les-5-chiffres-qu-il-faut-connaitre-sur-les-salaires-en-hausse-des-fonctionnaires-d-etat.php?xtor=EPR-211

Suite aux réactions de nombreux collègues du groupe des Feignasses à un article du Figaro sur le salaire des fonctionnaires, et suite à une demande formulée par certains , nous vous proposons de lister ici les arguments pour pouvoir rédiger une réponse en bonne et due forme au nom des 800 000 à l’article du Figaro.
A vos plumes…

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Par Soso Dany

“Ce soir, je prends ma voiture pour rentrer après une longue, très longue journée d’oraux. Comme je suis une prof sérieuse, hein, j’écoute France info dans la voiture (et puis ça fait bien devant les élèves…). Ça bouchonne un peu alors je peux écouter les infos tranquillou. Grosse envie de m’énerver! Il va falloir faire des économies. Alors la cour des comptes se creuse la tête. Oh mais oui mais bien sûr ! Les fonctionnaires! Et si on gelait leur point d’indice?
Autre info notable : plus de 100 000 futurs bacheliers sont sans affectation pour la rentrée. Y a pas de place… Oui mais pourquoi? Parce qu’on a fait des économies sur leur dos.
Y a un moment, Versailles et compagnie, c’est vraiment nécessaire? Parce que dans mon village, y a une salle des fêtes et c’est pas cher. Promis, les élus du peuple, je vous ferai une piémontaise!”

enervé

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Réaction d’un de nos membres à l’annonce dans la presse du salaire moyen des français :

“2225€ de salaire moyen pour les français mdr
Échelon 8 après 13 ans dans EN j’en suis loin …
On est des feignasses donc salaires de feignasses !”

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