L’association des maires de France (AMF) propose une carte exclusive sur le rythme scolaire dans les écoles.

Sur cette carte on se rend bien compte des disparités territoriales :

  • Sur les 21 735 communes (hors communes déléguées), 9 430 ont choisi de revenir à la semaine 4 jours à la rentrée, soit 43,38 %.
  • Dix académies de métropole sont au-dessus de 50 % de retour aux 4 jours : Aix-Marseille, Amiens, la Corse, Créteil, Dijon, Lille, Montpellier, Nice, Rouen et Versailles.
  • Dans les académies d’outre-mer, les communes ont très majoritairement choisi de ne pas modifier l’organisation du temps scolaire : à La Réunion, à Mayotte et en Guyane, aucune commune n’est revenue à 4 jours. Seules font exception la Martinique et la Guadeloupe, avec respectivement 88,2 % et 59,2 % de retour aux 4 jours
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Par Xavier Massenhove

Bouyguestv, épisode 2 :
Je ne sais pourquoi mais en ce moment, j’adore regarder la première chaîne. Peut-être ai-je besoin d’exercer mon sadisme sur moi-même avant de l’exercer à nouveau sur mes élèves, ambiance de prérentrée oblige… Ou, peut-être comme Brecht qui avait toujours une Bible sur son bureau de travail, afin de mieux connaître ses ennemis. Qui sait ?

manipulationAu JT de 20h, un reportage sur les rythmes scolaires. La chaîne choisit de comparer deux communes du Nord, l’une – Lambres-lez-Douai – ayant décidé de rester aux 4,5 jours, l’autre – Lauwin-Planque – ayant fait le choix de revenir aux 4 jours. Les argumentaires sont savoureux.

À Lambres-lez-Douai, les activités périscolaires ont l’air passionnante, véritablement pensées. Mais lorsqu’il s’agit d’envisager l’avis des enseignants, on n’hésite pas à interroger un représentant du SNUIPP-FSU, M. Bruno Robin. Je cite : “les enseignants se sont vus contraints d’adapter leur temps personnel, leur vie personnelle davantage en fonction de leur vie professionnelle. Ce qui fait que les enseignants ont eu le sentiment d’un seul coup de ne plus pouvoir disposer que du weekend et ne plus pouvoir disposer de temps dans la semaine pour leur famille.” Traduction : les rythmes scolaires ont posé problème à des enseignants-fainéants, qui ne cherchent qu’à être davantage en repos. On ne parle donc plus du rythme des élèves, mais de celui des PE… Ceux qui sont syndiqués au SNUIPP apprécieront, j’en suis sûr…

Je suis tombé tout à l’heure sur un post concernant le rôle des syndicats d’enseignants. Mais comment peut-on payer chaque mois sa cotisation, et par la même occasion, soutenir l’idéologie et les combats de ce syndicat, pour se faire ridiculiser ainsi ensuite ? Comment peut-on cautionner qu’un syndicat d’enseignant – ultra-majoritaire dans le primaire – puisse assimiler les PE à des paresseux, privilégiant leur vie privée à leur vie professionnelle, faisant passer leur intérêt personnel avant celui des enfants ?

Autre question : Pourquoi personne ne parle dans ce reportage de la fatigue des élèves ? Pourquoi personne ne parle des difficultés des zones rurales à recruter des personnes compétentes pour encadrer les activités périscolaires ? Pourquoi personne ne rappelle que les enseignants n’ont pas vu d’amélioration dans les apprentissages avec les 4,5 jours?

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Par René Chiche

Cédant à la détestable manie des politiques de se servir de la presse pour lâcher des slogans et tester les réactions de l’opinion publique, le ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer a récemment fait part de sa volonté de s’attaquer aux vacances scolaires. « On doit se poser la question des vacances scolaires », a-t-il en effet déclaré au cours d’un entretien dont tous les faiseurs d’opinion patentés se sont empressés de ne retenir et de ne commenter ad nauseam que cette seule formule délibérément équivoque.

« On doit se poser la question des vacances scolaires ». Ah ? Quelle question ? Il va de soi pour presque tous les journalistes, dont on cherche d’ailleurs en vain les titres en vertu desquels ils s’autorisent à pontifier à intervalle régulier sur les questions d’éducation et à faire la leçon aux professeurs, que les vacances scolaires sont trop longues et constituent un indécent privilège dont il faut bien entendu priver ces derniers au nom de l’intérêt des élèves ou sous je ne sais quel autre prétexte.

vacances

Mettre au pas les professeurs, qui sont les gardiens du savoir désintéressé et les cultivateurs de l’esprit, est le fantasme d’une société infantile qui se passerait fort bien de l’autorité de la raison, si du moins on le pouvait. « On veut des maîtres dociles et on les aura » avertissait Jacques Muglioni dans un célèbre article intitulé « La gauche et l’école » publié en 1991 dans lequel cet illustre inspecteur général ne craignait pas de défendre les maîtres qui « ont l’impérieux besoin du loisir qu’on leur enviait jadis, qu’on leur reproche encore comme s’il était coupable, dont on entend les priver comme d’un privilège et d’un abus. Car il n’est plus question de lire, de flâner dans une librairie, de renouveler sa culture et de s’instruire encore. « Que faisiez-vous au temps chaud ? », dirait le négociant, celui qui selon le latin n’a pas le loisir. Impossible de répondre « je chantais » : notre société affairiste tolère très bien le bruit, mais elle n’aime pas la musique ! »

L’école est par nature loisir. Le mot école lui-même provient du grec ancien “schole” qui signifie précisément loisir, et qui est tout le contraire de l’oisiveté. Le loisir, c’est la condition de l’homme libre, de celui qui n’est pas asservi, dans son activité, à des fins étrangères à cette activité même. Poésie, gymnastique, théâtre, science et philosophie exigent du loisir. On ne pense pas sur commande et on ne traite pas un programme scolaire comme si l’on était à l’usine ou en regardant la montre. C’est pourquoi les vacances scolaires, grandes ou petites, ne sont pas non plus simplement des congés. Certes, comme toute activité, l’activité intellectuelle exige des coupures et des périodes de repos ; mais l’activité intellectuelle n’est pas n’importe quelle activité, et nul ne peut prendre davantage congé de son esprit que de son corps. Au contraire, il faut en prendre soin, et les vacances scolaires sont une période essentielle à cet effet, au cours desquelles on ne cesse pas de s’instruire. Un professeur qui ne lirait que des copies (ce qui occupe la plus grande partie de son temps dans l’année scolaire) ou qui ne s’instruit que de ce qu’il doit enseigner deviendrait rapidement inculte et ignorant, prêt à se soumettre à la tyrannie pédagogiste qui ne prospère que sur un tel terreau.

Puisqu’il nous faut des professeurs hautement instruits et cultivés, on doit leur garantir le loisir qui, seul, le permet. Il en va de même pour l’élève, qui a besoin de prendre le temps de lire, d’aller au théâtre, de découvrir des œuvres de sa propre initiative et non sur commande ; il suffit que l’école lui en ait donné le goût, et que la société lui en offre également les moyens.

Il y a donc bien lieu, en un sens, de se poser la question des vacances scolaires, comme l’affirme Jean-Michel Blanquer, afin de se rappeler leur nécessité absolue et leur finalité profonde, et les mettre à l’abri des lubies d’experts autoproclamés autant que de la mesquinerie de gestionnaires envieux.

Hélas, il semble qu’on prenne une fois de plus le chemin inverse et que l’administration, incapable de voir dans les vacances scolaires autre chose qu’un privilège arbitraire dont il faut dépouiller les professeurs, ne cherche qu’à les réduire sous les prétextes les plus farfelus et les plus stupides, quitte à prendre à cette fin les mesures les plus absurdes et les plus inefficaces !

D’ores et déjà, le projet d’arrêté fixant le calendrier de l’année scolaire 2018-2019, examiné par le CSE le 29 juin 2017, envisage de faire rentrer les enseignants le vendredi 31 août et place la fin de l’année scolaire le 6 juillet. Bien que rejeté à la quasi-unanimité, les votes des différentes organisations, même lorsqu’ils sont semblables, reposent sur des raisons différentes, parfois même divergentes, et éludent souvent l’essentiel.

Pour notre part, nous désapprouvons premièrement un calendrier qui fixe la prérentrée des enseignants un vendredi 31 août, au nom d’une prétendue nécessité impérieuse de faire rentrer tous les élèves un lundi. Cet argument n’a guère de sens. Il ne peut être valable, à la rigueur, que pour le premier degré bien que là encore on ne voit pas en quoi rentrer un mardi serait un drame pour les élèves. S’agissant de la rentrée des élèves dans les établissements du second degré, chacun sait qu’elle est étalée sur plusieurs jours afin de pouvoir les accueillir dans les meilleures conditions.
D’autre part, une réunion de « prérentrée » n’a nullement besoin de s’étaler sur une journée entière si elle est bien préparée et bien conduite. Il serait donc tout à fait possible de décaler de quelques heures la rentrée des enseignants et celle des élèves qu’on tient sans aucune raison sérieuse à faire rentrer « un lundi ». Les professeurs auront bien d’autres occasions de se réunir dès les premières semaines de septembre, et n’ont pas besoin de ces réunions interminables et inutiles. Aucune autre profession n’accepterait par ailleurs de reprendre le travail un vendredi qui, pour la plupart, est normalement un jour de fin de semaine de travail et non de début !

Mais il y a plus grave : les professeurs stagiaires ainsi que ceux qui ont obtenu une mutation ne sont titularisés qu’au 1er septembre. Le ministère ne peut donc juridiquement les contraindre à prendre leur poste un 31 août. Pour contourner le droit et persister dans le déni, il prévoit cependant de les placer avant le 1er septembre sous le régime des « collaborateurs bénévoles » (sic) ! Cette mesure stupéfiante suffit à révéler le caractère insensé de la date de prérentrée, dont nous réclamons qu’elle soit donc fixée au 1er septembre, autant par décence et respect des professeurs que par souci d’efficacité et de légalité !

Pour des raisons analogues, c’est-à-dire relevant du simple bon sens et de la prise en compte de la réalité, nous refusons que la fin de l’année scolaire soit fixée à la fin de la première semaine de juillet et non, comme il se doit, la dernière de juin. Cette mesure entraînera notamment, pour les élèves de certaines académies, une période de 11 semaines consécutives sur lesquelles il est peu vraisemblable que les dernières soient profitables, pour ne rien dire de l’aléa climatique et des fortes chaleurs de plus en plus fréquentes à cette période contre lesquelles rien, dans les salles de classes, ne permet de se prémunir. Veut-on donner l’apparence du travail ou veut-on en garantir vraiment les conditions ?

A l’évidence, le ministère poursuit, par ce projet d’arrêté, la mise en œuvre d’une politique déjà ancienne d’étalement de l’année scolaire et de réduction correspondante de la durée des congés d’été qui ne repose sur aucune nécessité et ne satisfait que des lubies idéologiques. Il est temps de dire clairement les choses : l’école n’est pas une entreprise, l’éducation ne saurait être soumise à un quelconque impératif de rentabilité, le temps scolaire, comme il a été précédemment rappelé, se déploie selon une logique inhérente qui exige que, pour les élèves aussi bien que pour les enseignants, des coupures régulières et plus ou moins significatives soient respectées, parce qu’elles répondent à des besoins physiologiques autant qu’aux exigences particulières de l’activité intellectuelle.

René Chiche
Pour Action & Démocratie, syndicat de l’enseignement de la CFE-CGC

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On a rarement vu une réforme ou du moins un assoupplissement des règles être aussi vite adopté et mis en place. Il faut dire que pour les petites communes les TAPs représente une part importante  de leur budget. Seulement voilà, pour animer les TAPs, les communes ont du embaucher des salariés souvent jeunes et précaires.

Souvent ces contrats n’étaient que de  quelques heures par semaine et certains en avaient plusieurs pour arriver à un salaire presque correct.

Gageons qu’en septembre le nombre de chômeurs sera plus élevé, tous ces animateurs se retrouvant au chômage.

http://rmc.bfmtv.com/emission/semaine-de-4-jours-entre-25-000-et-30-000-emplois-d-animateurs-sont-menaces-1216130.html

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A l’heure où de nombreuses communes sont revenues à la semaine de quatre jours, la question se pose de savoir comment sont réparties les vacances scolaires chez nos voisins européens. La comparaison de la durée des grandes vacances laisse penser que les petits français ont moins de vacances que leurs petits copains européens. C’est vrai pour les vacances d’été, mais pas pour le reste de l’année. Explications en images :

Vacances scolaires en Europe : le cas français – JT 20h France 2

🏖 Vous êtes de ceux qui pensent que nos petits écoliers ont trop vacances en été ? Regardez donc comment ça se passe chez nos voisins européens… 20 Heures France 2

Publié par francetv éducation sur samedi 15 juillet 2017

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Quand une ancienne directrice d’école, sénatrice, s’attaque à ses anciens collègues…

Quand une sénatrice PS sous-entend, en commission, devant le Ministre, que les enseignants sont des gros fainéants ! #oklm #DesExcusesSVP

Publié par Robert Delord sur jeudi 29 juin 2017

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par Mireille Uléa

Bonsoir les 800000 feignasses merveilleuses! A la demande de Claire Djebabera Pellerin, je crédite Philippe Watrelot (que je vous recommande de suivre sur FB pour un oeil perspicace sur l’Education) et Michel Vincent qui nous pointent que :
“La lecture du rapport de 2010 des députés Xavier Breton et Yves Durand sur les rythmes de vie scolaire prend une saveur particulière aujourd’hui.
Ce rapport évoque les auditions réalisées par la mission d’information et parmi celles-ci, il y a Jean-Michel Blanquer, à l’époque Dgesco.
Il évoque d’abord des journées de six heures « bien remplies, trop remplies ». Puis plus loin il déplore qu’avec le passage à quatre jours, « le monde des adultes s’est entendu sur le monde des enfants »…!”
Un Dgesco qui dit le contraire de ce que fait le Ministre, et les 2 sont la même personne, soit Jean-Michel Blanquer. Merci pour le “monde des enfants”!
Le rapport est le suivant : faites un Ctrl F pour trouver l’audition de M. Blanquer. http://www.assemblee-nationale.fr/13/rap-info/i3028.asp

rapport assemblée nat

Bonne fin d’année, reposez-vous bien, ressourcez-vous cet été et merci pour nos enfants pour tout ce que vous avez fait pour eux.
Je rajoute toute ma gratitude et mon admiration immense pour Claire Leconte , qui a bénévolement sillonné la France ces 3 dernières années, à l’appel d’élus de tous bords politiques, d’inspecteurs de circonscription, de syndicats enseignants, d’associations d’éducation populaire , de fédérations ou associations de parents, pour parler des temps éducatifs (et des besoins des enfants) et aider à mettre en place des temps qui permettent aux enfants de mieux apprendre avant pendant et après l’école, son blog www.claireleconte.com. Une grande dame dédiée à la cause des enfants!

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Par Mireille Ulea

En 2010, le rapport 3028 sur les Rythmes (Assemblée Nationale) évoquait des journées de six heures « bien remplies, trop remplies ». Jean-Michel Blanquer, à l’époque Dgesco, donc numéro 2 du Ministère, y déplorait qu’avec le passage à quatre jours d’école, « le monde des adultes s’est entendu sur le monde des enfants ».
Un Dgesco qui dit le contraire de ce que fait le Ministre, et les 2 ne font qu’un, cela mérite une fable à ajouter aux 150000 offertes aux CM2.

Les Fables de La Fontaine / albums des dessins originaux de Grandville (1837-1846)

Le Dgesco et le Ministre,

Maître Dgesco, à fin 2010,
Tenait des propos fort avertis :
Six heures de cours par jour, qu’on en finisse!
Journées bien remplies, trop remplies !
Oyé, Oyé parents et enseignants
Quatre jours de cours, comprenez
Que « Le monde des adultes s’est
Entendu sur le monde des enfants » .
Sans mentir, comme chacun se doit,
Quand on s’adresse à l’Assemblée,
Nationale s’il vous plaît,
Et que la Cause des enfants est notre Loi!
Le temps passa, des réformes et nous voilà,
En 2017, qui rime avec disette!
Maître Ministre Éducation décréta
Que quatre jours d’école, c’est possible, mazette !
Cette mesure vaut bien 400 millions en moins !
Les rythmes des enfants, faut pas en faire un foin !
Que Maîtres Dgesco et Ministre ne fassent qu’un,
Cela nous en bouche un coin !

Cette fable est dédiée à la courageuse Claire Leconte qu’aucun Ministre n’aura eu les couilles de rencontrer pour améliorer cette réforme des rythmes, que ce soit Peillon, Hamon ou Vallaud Belkacem, et qui a été pourtant la fourmi la plus travailleuse sur le terrain des temps éducatifs des enfants. Toute notre gratitude.

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