On le sait tous, les profs sont des feignasses. Mention spéciale au prof de svt de mon grand (élève en 5e absent la semaine dernière pour grippe) qui prend 5 minutes de son dimanche pour nous envoyer par mail la leçon, le diaporama powerpoint de son cours, l’ensemble des devoirs et l’organisation de la semaine prochaine pour mon fils qui devra rattraper l’évaluation loupée (ce qui est tout à fait normal!). Et bien moi je dis “chapeau Monsieur!!!!”. Et bien, un tel prof montre bien que la réputation des enseignants est bien fausse et qu’il est très concerné par ses élèves et leur réussite. Merci

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boris-cyrulnikVu chez nos amis de vousnousils, un article intéressant parlant de l’impact de l’affectif dans la relation prof/élève. Il s’agit d’une interview de Boris Cyrulnik dans laquelle il rappelle l’importance de l’affectif dans le travail de professeur.

Le professeur est un adulte référent et à ce titre, il a place importante dans la vie de l’élève et de la classe.

La classe représente à elle seule, une mini-représentation de la société. On y retrouve les mêmes règles, les mêmes interactions. Et les élèves ont besoin d’être sécurisés, rassurés,  encouragés afin de prendre confiance en eux et de devenir des adultes autonomes et responsables.

Mais toute la difficulté est de trouver la bonne distance. Ni trop, ni pas assez. Ne pas trop s’attacher à nos élèves qui ne sont finalement que de passage.

A la fin de l’article, Boris Cyrulnik essaie de donner quelques pistes d’amélioration de la relation prof/élève. Et vous comment vous positionnez vous dans cette relation ? A vos claviers pour les commentaires !

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Par Mélanie Thomas

Aujourd’hui je retrouve mon patronyme mais je reste une feignasse.
Parce que je ne travaille que 18 heures par semaine.
Parce  que je suis tout le temps en vacances.
Parce que de nos jours on trouve des cours déjà tout faits sur Internet.
Parce que depuis je j’évalue des compétences je ne mets plus de notes alors les corrections vont plus vite : 😃 ou 😞.
Parce que j’ai réinstallé l’ordre et la discipline dans mes cours et maintenant je travaille dans le calme et le silence.
Parce que je ne crois ni à la pédagogie de projet ni à l’innovation.
Parce que je suis la première à sortir de la classe dès que ça sonne.
Parce que l’ouverture culturelle est devenue obsolète depuis que nos élèves ont des tablettes.
Parce que je peux aller chercher mes enfants tous les jours à la sortie de l’école et ainsi papoter avec d’autres feignasses.
Parce que pour moi tout va bien tant qu’on laisse mon mercredi pour aller faire les soldes.
Parce que je dors très bien et que je rêve de prochaines vacances.
Parce que les conseils de classe ne se préparent pas, ne servent à rien et en plus ne sont pas obligatoires.
Parce que malgré toutes mes journées d’absence face aux élèves je n’ai pas assez de temps pour dépenser tout l’argent que je gagne.
Parce que je suis super fière de faire un métier que tout le monde se sent capable de faire mieux que moi.
Pour toutes ces raisons, je suis et resterai une feignasse…et fière de l’être !

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Prof en lycée, je fais remplir la petite fiche traditionnelle, avec carrément une section “problèmes personnels”.
Il y a des années de ça, j’avais un élève en Terminale, il ne fichait rien. Il était souvent absent. Oubliait ses affaires. Rêvassait, voire s’endormait en classe. Chaque fois que j’essayais de le ramener dans les activités, il essayait, mais avec tellement de mauvaise volonté… limite agressif. Dans une classe de 36,  pas beaucoup plus volontaires que lui d’ailleurs.
Bref, ça ne décollait pas, les leçons non sues et les absences ont continué toute l’année. Les bulletins étaient forcément mauvais… “travail très insuffisant”, “trop de passivité en cours” etc… La veille du conseil du 3e trimestre, il est venu me parler.
“Madame je voulais vous dire…  je sais que j’ai mal travaillé cette année… mais vous savez, ma mère avait un cancer, alors j’étais tout le temps à l’höpital. Mais maintenant elle est morte.  Alors je vais me reprendre, je vais faire des efforts…”
😱😱😱 L’horreur… un gamin complètement éteint… il répondait à mes questions (pourquoi ne pas l’avoir dit avant ? Etc…) par des haussements d’épaules et des borborygmes…
J’ai cru mourir sur place de pur chagrin. Evidemment,
branle-bas de combat avec le PP, on a réussi à lui sauver ses bulletins… mais je me suis dit : plus jamais.
Depuis je raconte cette petite histoire (avec variantes pour raison d’anonymat) à tous mes élèves le premier jour. Je leur donne la fiche, et je leur fais ensuite le même discours :
Vous n’êtes obligés de rien. On ne se connaît même pas ! Mais je vous en prie, si vous êtes en danger, si vous êtes en difficulté, ne laissez pas l’équipe pédagogique dans le noir. On aurait pu faire tellement de choses pour cet élève ! À commencer par des appréciations plus indulgentes.

Il faut parler à quelqu’un, prof, surveillant, un ami même, mais ne restez pas seul avec votre souffrance. Et sachez que l’équipe est là pour vous. Dès aujourd’hui sur cette fiche (qui reste ma seule propriété), et/ou quand vous voulez dans l’année.
Car la réussite scolaire c’est aussi, pour certains, malheureusement, survivre à de grands désastres.

(Depuis 15 ans que j’exerce, j’en ai vues des vertes et des pas mûres. Viols, violences, harcèlements, racisme, tentatives de suicide, un cas de torture, mariages forcés… What a wonderful world !).
Les ados sont assez réceptifs. Je n’ai jamais eu de plainte.

Je ne pense pas non plus mettre l’élève d’emblée dans une case par rapport à son milieu d’origine, ni sur les “cas difficiles”, ni sur les élèves apparemment plus privilégiés.
Par contre je récolte beaucoup de confidences entre les cours, et parfois, on en “sauve”. Parfois littéralement.

Aujourd’hui je me vois mal faire une rentrée sans ma petite fiche et mon petit discours.😊

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Ca y est, je le vois, le bout du tunnel ! Dans quelques mois, je rangerai définitivement ma valise à roulettes qui fait souvent sourire mes parents d’élèves. Hé oui, pour moi, ça n’a jamais été un cartable de cuir « Old school », bien mal proportionné aux exigences de mes transbordements de cahiers et autres manuels … quelques tonnes dans une carrière, j’imagine…

39 ans derrière le bureau, dont au moins 30 à ruminer tellement fort que cela m’a souvent étouffée, 39 ans d’exercice d’une profession incomprise mais essentielle, riche en émotions mais pauvre en relations, solitaire mais éminemment sociale et construite sur le rapport  humain, chronophage, intellectuellement invasive et encombrante mais exaltante car foncièrement nécessaire au progrès social!  A la veille de mettre la clé sur la porte de ma classe, j’ai l’impression d’avoir été vampirisée, tellement habitée par mon métier, multifonctionnelle au point d’avoir souvent sombré dans l’hyperactivité pédagogique et relationnelle, qu’une question se pose : quelle est la profondeur du vide que cela va causer en moi ?

Il a fallu attendre les vacances de Toussaint 2016 pour qu’un espace d’expression s’ouvre enfin en réponse aux perfides insinuations du monde politique et d’une société qui scie la branche sur laquelle elle est assise.  Cet espace a ouvert les vannes d’une expression longtemps restée inaudible, d’une profession ostracisée, donnée en pâture à une opinion publique en recherche d’exutoire. L’espace de paroles ainsi créé met chaque jour en lumière avec une incroyable force, la multiplicité des aspects de notre profession. C’est un vrai scanner des problèmes sociétaux de la France mais c’est aussi et surtout le révélateur d’une grande souffrance : celle  d’une profession humiliée et souvent abandonnée à son sort.

« 800 000 feignasses » est une plateforme salvatrice qui va, je n’en doute pas, trouver son ton et sa forme dans les mois et années à venir, et, pourquoi pas, devenir une force de propositions qui pourraient plaire aux adeptes de la démocratie participative. Merci à ceux qui ont décidé de lui donner cette première forme de vie, ces créatifs géniteurs du web,  qui vont contribuer à la faire grandir et devoir aussi lui donner les moyens d’être entendue.

Quant à moi, institutrice, modeste héritière des hussards de la République, je m’apprête à vivre mes dernières fois : dernier bricolage de Noël, dernier concert aux parents, dernières séances piscines, dernière sortie au musée… avec  cette sensation étrange et ambivalente, de les vivre avec un grand soulagement mais aussi avec l’impression de ne pas avoir eu le temps de faire assez et plus encore ! Je prépare l’après « Feignasse », que j’aimerais vivre avec bonheur : voyages, rencontres, bénévolat, pouvoir assouvir mes envies de lectures, de peinture, de cuisine, inassouvies par manque de temps et aussi, plus simplement,  écouter pousser mes salades ! Enfin !

Inutile de lister toutes les frustrations de ma carrière, la page Facebook en évoque à peu près une par post sur la page Facebook de 800 000 feignasses !

Et à l’instar de mes centaines de milliers de collègues, j’ai souvent eu envie de dire (et je l’ai fait chaque fois que je le pouvais) mon désaccord, ma révolte devant les manques de mon administration, devant la négligence, l’absence de reconnaissance, le mépris de la parole des professionnel de terrain que nous sommes, subissant des réformes autoritaires aux orientations discutables…

J’ai souvent et sans fausse modestie, revendiqué mon professionnalisme, aussi bien devant des parents à qui j’ai consacré des centaines d’heures, que devant ma hiérarchie, qui d’ailleurs a souvent admis son impuissance par manque de moyens.

Cette année est sans doute l’année de trop: J’ai pris en pleine figure par cette page Facebook la mesure du désarroi, des questions sans réponses, des inégalités territoriales, des différences de traitement, des manques institutionnels, de l’absurdité  de réformes inadaptées, pansements sur une jambe de bois, mais aussi de la précarisation de notre profession… et ça c’est la honte d’une démocratie qui se veut héritière du siècle des Lumières dont je pensais être une courroie de transmission et que je n’imaginais pas à ce point malade.

En juillet prochain, je cesserai (j’espère) d’être rongée et cette perspective me réjouit !! Je tâcherai de ne garder en mémoire que ce qui a guidé ma vie professionnelle, commencée à 18 ans, et qui a définitivement impacté toute ma vie:

Rendre à la société ce que l’école de la République m’a donné, à moi, petite fille de milieu défavorisé : la bienveillance de mes enseignants, l’importance de l’empathie, les valeurs permettant le vivre ensemble mais aussi l’amour de la langue, de la littérature et de l’art. Je me souviens avec émotion de la confiance qu’ils m’ont faite et qui m’a portée tout au long de mon parcours d’élève, éveillant chez moi la curiosité et l’envie d’apprendre et de comprendre le monde. Une confiance qui a impacté mon parcours de vie.

Au soir d’une carrière de 39 années, je me retourne avec bonheur et nostalgie sur cette longue route peuplée du souvenir de quelques 975 (plus ou moins) petits humains. J’espère être parvenue à leur donner cet accompagnement bienveillant, cette écoute et cet enthousiasme pour aller vers la connaissance, dont on oublie trop souvent qu’ils sont un moteur essentiel au fonctionnement humain. J’espère avoir été, malgré les dogmes d’une institution rigide qui ne juge qu’à travers ses propres filtres, et dont il faut savoir s’affranchir, une passerelle. J’espère avoir été à la hauteur de mes rêves et de leurs attentes.

Je n’ai été qu’un maillon d’une chaîne puissante, celle de la transmission…

CM

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2011-2012, Je suis T4, TRB dans ma circo, 8h10 le tél n’a toujours pas sonné, je me dirige vers mon école de rattachement.
Puis la voix de la secrétaire me demande “un service que je peux refuser” … heu … ça va très très vite dans ma tête.
Naaaaaaaaaaaaaaaan !!! Pas la segpa !! Naaaaaaaaaaaaan, pas l’ime !!! Naaaaaaaaaaaaaaaaaaan pas la rep+ :-p
Rien de tout cela, mais elle comprendrait si je refuse …
Après ses explications, elle me demande si je suis ok, si je me sens. Bien sûr que non je ne me sens pas, mais ces enfants ont besoin d’une maîtresse, alors j’y vais et puis ce sera sûrement très formateur (à ce point je ne pensais pas).
Je me gare aux places réservées personnel, je longe les grands couloirs, ça ne sent pas bon, cette odeur qui serre les narines. Le cœur tape fort fort …
La salle de classe est fermée à clef, une dame accepte de me l’ouvrir, mais elle va se faire enguirlander de l’avoir fait quelques minutes plus tard par sa chef. Et oui, ça n’est pas écrit sur mon front que je suis la remplaçante de la maîtresse ! Et puis c’est la directrice qui doit ouvrir la classe, c’est comme ça, c’est la règle ! Je suis embêtée pour elle et je m’excuse, elle me dit que ce n’est pas grave avec un clin d’œil et un sourire. Ouf ! Sympa!
J’entre dans la très grande salle de classe qui n’a de salle de classe que le nom et pas le look.
8h35, c’est bon j’ai le temps, la classe ne commence qu’à 9h00, je vois un peu le matos mis à disposition.
Sur la gauche, un petit coin maternelle (enfin c’est ce que je pense sur le coup) : une petite table ovale avec des petites chaises tout autour, une petite chauffeuse qui commence à dater un peu, pas de jeux, pas de livres … de grandes armoires fermées à double tour : le matos doit être bien planqué !
Pfff ! 8h40 … je ne vois toujours rien pour commencer la journée.
Sur la droite, encore de grandes armoires, aussi fermées, 5 ou 6 ordis le long du mur. Des tiroirs (fermés, cela va sans dire !) attirent mon attention : cycle 1, cycle 2, cycle 3 et … 6ème, 5ème, 4ème, 3ème, sde, 1ères (L, S, ES), terminales (idem) et … prépa !!
Ben merde alors !!!
8h45, bon tu sais quoi, il reste 15 minutes, je vais sortir trouver quelqu’un qui pourra m’ouvrir les placards.
“Oups ! Pardon, je suis en avance, j’aime bien arriver la première ! Je suis Camille et je suis en 5ème !” “Heu … bonjour Camille.” Cheveux courts, large sourire, cette gosse respire la joie de vivre, enfin, c’est ce que je croyais.
Laura lui emboîte le pas, jolie brunette un peu trop lolita : “Bonjour, je suis Laura et je suis en Terminale L” me dit-elle en s’affalant sur une des chaises face à un ordi.
Bon, ben tu sais quoi, c’est mort pour aller chercher quelqu’un : je ne peux pas laisser ces “enfants” sans surveillance (je comprends pourquoi il faut attendre la directrice pour ouvrir la classe : on ne m’y reprendra plus ;-) ).
“Salut je suis Benjamin et je suis en 3ème”. Un peu enrobé le jeune garçon de 13 ans sourit à peine et se jette sur un ordi pour l’allumer.
Mais où sont les petits loulous de 6-10 ans bordel !!!!!!!!!!!!
Un gars d’une petite quarantaine entre à son tour. Nan, tu sais quoi ? Là je vais m’évanouir ! Il est en quoi lui ????????? Comment je vais faire la classe à une Terminale L, une 5ème et un 3ème ??!!! Je ne sais pas faire ça moi, je suis PE …
“Salut je suis Fred, en général, je me charge des matières mathématiques et scientifiques pour le cycle 4, mais si tu veux en prendre en charge, pas de souci.”
“Bonjour, je suis Chantal, moi je suis la maîtresse qui s’occupe des matières littéraires pour le cycle 4, mais comme Fred hein, si tu veux aussi en prendre en charge, pas de problème ! Bonjour les enfants !!!”
Je commence à reprendre des couleurs !
Enfin la directrice, Dominique arrive avec des pains au chocolat et des croissants : “C’est pour notre pause de 10h30 ;-) , moi je m’occupe des 3-10 ans, cycles 1, 2 et 3 , on bossera ensemble si ça te va ?” Tu parles si ça me va !!! Ouf ! Ça y est, je respire un peu mieux. Les enseignants ouvrent les armoires, sortent les jeux, les cahiers, les manuels, les ardoises … la salle commence à ressembler à une salle de classe.
“Bienvenue à l’école de l’hôpital, nous sommes ravis de t’avoir avec nous pour 3 semaines.”
C’est parti !

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Pour éviter certaines critiques, je vais, en préalable, préciser qu’il n’est pas question de m’apitoyer sur le sort des détenus, mais juste d’ouvrir une autre page de mon expérience.
Je précise également que plus de 80% des détenus sont condamnés à moins de 6 mois, et sont donc des délinquants, pas des criminels.

Noël approche. Pour beaucoup, ce sera la première et la dernière fois derrière les barreaux. Loin de la famille, loin des amis, à deux ou trois dans la cellule de 9 mètres carrés. Bien sûr, oui, ils auraient dû réfléchir avant de transgresser la loi, mais c’est trop tard. Et personne n’est à l’abri d’une erreur.

Alors on se prépare. Du côté des surveillants, c’est vigilance accrue car les tentatives de suicide vont être en augmentation. On essaie d’égayer les lieux en installant un sapin de noël au rez-de-chaussée de chacune des trois divisions. Pendant les 15 jours précédant noël, et ce, jusqu’au 31 décembre, les détenus peuvent recevoir des colis, soit par la poste, soit au parloir. C’est la seule période de l’année durant laquelle c’est autorisé, le reste du temps, seuls les échanges de vêtements sales et propres sont autorisés au parloir. Ceux qui n’ont pas de parloir lavent leur linge au lavabo avec la lessive achetée en cantine. C’est gratuit pour les indigents.

Installation de deux Algecos dans la cour d’honneur pour vérifier les paquets : tout est très règlementé. Les saucisses, boudins blancs, viandes, gâteaux doivent être coupés en petits morceaux (pour éviter l’introduction d’objets interdits comme des limes, couteaux, carte sim …). Si quelque chose n’est pas conforme, un surveillant est chargé de rectifier avec un couteau. Les chocolats ne doivent pas contenir d’alcool.

Les cellules s’organisent, chacun fait entrer sa part en fonction de ses moyens. Les incidents sont rares, on trouve toujours un arrangement.
Chez les femmes, c’est un peu différent, car elles sont en cellules individuelles. Pour les fêtes, elles peuvent demander à être « doublées »  pour la semaine de noël au jour de l’an. La plupart des demandes sont acceptées, sauf sanction disciplinaire. Pour les mères, il y a aussi juste avant noël un après-midi réservé à la visite des enfants, avec distribution de cadeaux. Moment plein d’émotion pour ces femmes et ces enfants qui parfois ne se voient qu’à cette occasion (les grosses peines).

Le jour J, c’est la fête dans les cellules, on leur laisse la lumière jusqu’à minuit et demi.
On recommencera pour le réveillon du jour de l’an, on tapera dans les gamelles et dans les portes à minuit, et on s’endormira en pensant à l’année prochaine : beaucoup d’entre eux feront la fête en famille, d’autres auront pensé à une nouvelle vie et feront en sorte de ne pas revenir …

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Bonsoir, M. S
Moi aussi, je suis une feignasse. D’ailleurs je vais me mettre au boulot là.
Voilà ma soirée : Je viens de mettre mes enfants au lit. Chouette ! Je vais enfin pouvoir commencer mes deux ou trois heures de travail nocturne quotidiennes. Et quand je songerai à m’endormir, je n’oublierai pas de chercher encore une solution pour cet élève qui m’interpelle en classe et que je souhaiterais aider. Mais heureusement, je pourrai compter sur ma semaine de classe, les 36 cahiers à corriger midi et soir et ce conseil école-collège pour me reposer.

Ah, j’ai aussi ces deux rdv à 18h30 avec des parents…
Bref…No Comment…

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Comme tous les ans, je reçois tous les parents de ma classe au minimum 30 minutes. Certains, toutes les 6 semaines. Je ne compte pas les heures que ça représente puisqu’il est interdit de compter ces heures dans notre temps de travail.
Cette semaine, j’ai reçu des parents pendant 1h15. 1h15 à me justifier et à m’excuser pour tout ce que je fais dans ma classe…
Parmi la longue liste de reproches:
– Un cahier de littérature dont le terme est trop pompeux pour des CP.
– Les enfants ont trop de lecture le soir.
– On me soupçonne d’aller trop vite dans les apprentissages pour pouvoir partir en classe  découverte en fin d’année…
– Et surtout, au retour de la piscine, je fais faire sur ardoise un entrainement à l’écriture, pour l’écriture sur le cahier le lendemain. C’est un scandale ! Après la piscine, les enfants sont trop fatigués, ils ne doivent plus rien faire !

Depuis, je m’interroge : faut-il que je demande à mon inspecteur l’autorisation de faire travailler mes élèves après la piscine ?!!

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Mon rêve était d’être une maîtresse d’école depuis … toujours et j’ai fait de ce rêve MA réalité.
Malgré toutes les critiques, je m’accroche à ce rêve comme vous tous car, sans vocation, ce métier n’est pas possible. C’est bien pour cette raison que nous sommes tous si touchés par les médisances gratuites à notre sujet. Ensemble nous sommes plus forts.!

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