Alors que la rentrée approche et que le stress monte aussi bien chez les feignasses que chez les élèves et leur famille, voici une petite vidéo qui montre tous les aspects humains de notre métier tout en rassurant aussi bien les écoliers que les collégiens et les lycées.

Bonnes fin de vacances à tous !

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=PlML3G07X2A&w=560&h=315]

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Par Olive Koenig

« Si quelqu’un dit quelque chose, mais fait le contraire, on ne retiendra que ce qu’il a fait »
Auteur inconnu

L’autorité, c’est quoi ?

Tentons d’en savoir plus sur le mot « autorité » selon que l’on soit parent, enseignant, enfant, élève…
Le mot autorité vient du latin « auctoritas », qui signifie la « capacité de faire grandir ». C’est l’un des rôles de l’école d’aider les élèves à grandir au-delà des apprentissages, l’école forme les futurs citoyens, et pour cela l’institution confère une certaine autorité aux enseignants, et aux équipes éducatives au sens plus large.
L’autorité est le pouvoir de commander, d’obliger à quelque chose, d’être obéi. Elle implique une notion de légitimité.
La question de l’autorité est inhérente à la posture d’éducateur qu’incarne l’enseignant et, que ce dernier soit débutant ou expérimenté, cette posture n’est jamais acquise une fois pour toute, et reste une préoccupation qui nécessite une vigilance de chaque instant, avec laquelle il faut sans cesse composer.
La place de l’autorité dans la société évolue sans cesse, et les recherches en psychologie et en sciences humaines, ont pu montrer que les enfants sont des êtres en devenir, et non plus des cerveaux à remplir, ainsi que cela a pu être jusqu’à la révolution étudiante de 1968. (Précisons que les premières théories sur le développement de l’enfant datent du XVIIIème siècle).
Dans son article « Psychologie de l’enfant : 150 ans d’histoire » (Sciences Humaines N° 120 Octobre 2001), Caëtane Chapelle explique :
« L’enfant fut longtemps considéré comme un adulte en miniature. Mais dès les débuts de la psychologie de l’enfant, les savants soupçonnent qu’il a son intelligence propre, et surtout, que l’étudier permettrait de comprendre la pensée». Puis l’auteur de citer Piaget, Vygotsky, etc.
A l’école jusqu’en 1968, on ne pouvait pas vraiment parler de l’autorité du maître, mais davantage d’autoritarisme, qui n’est en fait qu’un abus d’autorité de par son statut, et peut s’apparenter à une forme de violence. L’autoritarisme (Je fais ce que je veux ; la loi, c’est moi ; j’ai tout pouvoir), autorité sans borne, étant une réaction immédiate, une surréaction, et qui produit l’effet inverse à celui escompté, à savoir, discréditer (saper) l’autorité.
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Distinction entre « Etre l’autorité » et « Faire autorité »

Oui, le Professeur des écoles représente l’autorité, « est » l’autorité, à savoir est garant de l’application des lois. Ce sont d’ailleurs ces dernières qui bornent justement l’autorité.
« Faire autorité », prend un sens tout autre, puisqu’il s’agit là davantage d’une notion de légitimité. Le Professeur des écoles doit faire autorité, c’est-à-dire être légitime à travers ses connaissances, sa posture, sa facilité de transmission, ses facultés de facilitateur des apprentissages, sa cohérence, et sa manière de faire comprendre l’autorité.
« Etre l’autorité » et « Faire autorité » sont les fondements mêmes du Référentiel de compétences des professeurs (BOEN n°13 du 26 mars 2015 – Fiche n°14), notamment dans la compétence n°1, « Faire partager les valeurs de la République », ou n°6, « Agir en éducateur responsable et selon des principes éthiques », et, dans les compétences communes à tous les professeurs (BOEN n°13 également), la compétence P4 « Organiser et assurer un mode de fonctionnement du groupe favorisant l’apprentissage et la socialisation des élèves ».
Il est à noter qu’à aucun moment dans les compétences de ce référentiel, il n’est mentionné « Faire preuve d’autorité », preuve, s’il en était besoin, que l’autorité n’est qu’un outil, certes indispensable, mais seulement un outil au service des objectifs fixés en classe.

Comment installer son autorité à l’école pour un professeur débutant, face aux élèves et aux parents ?

L’institution confère au Professeur des écoles, en tant fonctionnaire de l’état, une autorité dans son rôle au quotidien face aux élèves et aux parents. Mais cet état statutaire n’est pas suffisant pour que le Professeur des écoles installe son autorité.
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Installer son autorité est une posture qui se construit et s’affine avec le temps et l’expérience même si les diverses formations proposées en Master Meef par exemple, nous fournissent quelques règles de base et outils.
Cela demande aussi d’affirmer sa légitimité face aux élèves et aux parents. Il est aussi important de d’ajuster et de réajuster les relations avec ces derniers, reconnaître et dépasser les tensions en comprenant leur positionnement dans la limite de notre fonction mais en intégrant également leur diversité dans le rôle qu’ils jouent avec leur enfant. Car il est essentiel de garder la distance nécessaire pour pouvoir exercer cet autorité dans les relations et cadres qu’on offre à nos élèves, et l’accueil que l’on réserve à leurs parents.
L’autorité s’exerce aussi au travers de la place qu’on donne aux élèves, de l’autonomie qu’on leur laisse dans leurs apprentissages, mais aussi dans l’exigence que l’on place en eux (à la condition que le Professeur des écoles soit exigeant envers lui-même également). Les enfants sont sensibles à l’autorité du maître, lorsque celui-ci leur apporte des connaissances en les valorisant et en évaluant avec impartialité les progrès dans leurs acquis. Ils sont sensibles également au fait que le maitre soit « juste » dans ces décisions. Cependant, cette dernière notion est trop sujette à subjectivité. Ceci est bien compris par les élèves, lorsqu’il est expliqué que, ce qui semble injuste à l’un, peut sembler juste à l’autre. Bien sûr, encore une fois, il ne s’agit pas de sombrer dans une injustice perpétuelle frisant l’autoritarisme.
L’autorité n’est pas juste une posture personnelle qui consiste à établir des règles de vie, des ceintures de comportement, des tableaux de points ou de punitions, même s’il est nécessaire de trouver les sanctions adéquates en cas de transgression de la loi, pour que chacun trouve sa place dans le groupe et que celui-ci puisse atteindre les objectifs fixés harmonieusement. Et que toutes ces dispositions permettent de créer un climat de classe propice au vivre ensemble, au devenir élève et au respect de chacun. Il est aussi important d’être exigent et rigoureux dans l’organisation et la transmissions des apprentissages. Transmettre c’est également s’engager dans les valeurs de la République et être garant de leur respect au quotidien.
Le maître est un modèle pour ces élèves, car au-delà de l’autorité qu’il incarne, il a la confiance de ces derniers, car il contribue à leur avenir d’adulte et de futur citoyen en tant qu’un individu facilitateur de l’acquisition de nouvelles connaissances.
L’autorité exige de connaître et d’appliquer les textes officiels qui régisse notre mission en tant qu’agent du service public, de s’informer, de se former, et d’être en position de remise en question constante afin de réajuster en permanence sa pratique. Utiliser les outils mise à notre disposition pour amener les élèves à la réussite.
Pour ce faire, il est indispensable de construire un univers sécurisé pour apprendre, sans oublier d’y intégrer d’emblée les dimensions de créativité et de plaisir, ingrédients fondamentaux pour l’investissement à long terme.

En conclusion

Le regard de la société sur l’enfant a changé et par conséquent la notion d’autorité à son encontre a évolué. De nos jours, l’autorité est, le plus souvent, le fruit de réflexions et de postures professionnelles que l’on acquiert avec l’expérience et l’engagement que demande le métier de Professeur des écoles.
Autrefois le maître devait faire preuve d’autorité et son rapport à l’élève était totalement différent car son rôle était d’instruire avant tout.
La connaissance et l’évolution de la recherche sur le développement de l’enfant en tant personne et citoyen en devenir, a conduit aujourd’hui à la redéfinition des missions et des compétences du Professeur des écoles, afin qu’il ait les outils nécessaires pour installer son autorité avec les élèves et les parents.
L’école est de plus en plus ouverte aux parents et les élèves impliqués dans leur réussite scolaire, qui se construit dans le cadre d’un partenariat école – élèves – parents.
Ceci signifie, pour le professeur, un réajustement permanent entre « faire autorité » et « avoir autorité » dans nos missions d’instruction et d’éducation.
Ceci signifie qu’il faut, au quotidien, faire en sorte que nos élèves réussissent et deviennent de futurs citoyens éclairés et responsables, c’est-à-dire respectueux des règles mais avec leur libre arbitre, et en fonction des moyens que l’Education Nationale veut bien mettre à notre disposition.
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par Auré Lie

“Maîtresse en CM1/CM2, hier soir avait lieu la représentation théâtrale partie de quelques idées en début d’année… Un metteur en scène, une artiste plasticienne, 24 élèves hyper motivés, des heures de travail et quelques mois plus tard : un résultat merveilleux ! Des enfants heureux, émus aux larmes sous les applaudissements du public, qui crient : “Maîtresse ! Maîtresse ! ” et moi qui pleure aussi évidemment 😊
C’est aussi ça le bonheur de notre métier !!
Bonne fin d’année scolaire à vous tous les feignasses 😘”

happy_joie_mot

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Par Anonyme

Suite aux résultats du 1e tour de l’élection présidentielle, nous avions reçu cet message :

“J’ai une question à vous poser. Pas de polémique ou de politique à la con svp. Je veux des idées, des conseils, des témoignages peut être….

Au moment de l’élection de Donald Trump, une élève qui n’est pas française black et musulmane est venue me demander: “Madame, si Trump est élu ,c’est vrai que je vais devoir partir?”. Comment dire, elle m’a brisée le cœur la choupette.
Si elle me redemande ça en fonction des résultats du premier tour, je lui réponds quoi?Merci pour vos lumières.”

Nos membres ont bien essayé de répondre à cette question épineuse…Mais la plus belle réponse pleine d’humanité vient dans le post  ci-dessous :

“Bonsoir
Pour ceux qui se souviennent de mon précédent post, ma petite élève est bien venue me voir en pleurs lundi à la récré paniquée en me disant: “Madame est ce que je vais devoir quitter la France dans 15 jours”.
Je m’étais préparée à lui répondre mais coup de chance le principal était derrière moi et m’a demandé de traduire ce qu’elle me disait. j’ai donc traduit et il nous a demandé de le suivre dans son bureau.
Ma petite élève était décomposée et moi j’avoue mon coeur battait très vite.
Une fois dans le bureau, le principal a montré à mon élève une lettre écrite de sa main et de l’équipe de direction qui disait qu’ils ne la laisseraient pas tomber. Que tous les adultes étaient là pour elle et que si ils voulaient venir la gicler ils nous trouveraient en face avec des avocats en face si besoin.

J’ai tout traduit à ma petite élève qui a fondu en larmes dans mes bras, sacrée choupette. Puis elle est repartie avec des ampoules pour remplacer ses yeux…. Quel plaisir, le principal et moi en avions à notre tour les larmes aux yeux.

Je ne sais pas ce que l’avenir dira, mais se fermer à tout le monde et le repli sur soi n’est jamais une solution.

P.S: pas de politique svp, je raconte juste une histoire dans un contexte”

Bravo à ce monsieur pour sa réponse pleine de d’humanité.

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Par Virginie P.

Petite perle du jour :
Ce matin, la nourrice d’une de mes élèves vient me voir :
” – la maman de Léa m’envoie vous demander une explication : sa fille lui a dit que vous l’aviez changée de place et mise à la place des idiots.
– La place des idiots ??? ( je réfléchis quand même, ma langue aurait-elle fourché ? Non, je ne vois vraiment pas…) Je vais en parler avec elle, je ne comprends pas de quoi il peut s’agir.”
Un moment plus tard :
“- Léa, pourquoi as-tu dit à maman que je t’avais mise à la place des idiots?
– Ben oui maîtresse, tu te rappelles, dans les gradins tu m’as changée de place et maintenant je suis à la place d’Ezidio !!!”
J’éclate de rire ! J’ai dans ma classe un élève qui se prénomme Egidio, et avec un cheveu sur la langue, ça fait Ezidio !!!!😂😂😂

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par Elise F.

“Bonsoir à tous, auriez vous des idées pour une classe de Ce2/cm1 dans laquelle les élèves sont très instables émotionnellement, passent constamment de “on s adore” à “on s insulte violemment”. On se vole les affaires, ou bien on les prend pour les jeter dans le buisson d à coté, incapacité à s écouter….. La seule chose qu on ait réussi à stopper à peu près c est la violence physique. Je précise qu on est dans un quartier où l ambiance entre les familles est devenue invivable….. le trafic de drogue s installe…”

N’hésitez pas à répondre en commentaire, nous transmettrons à l’intéressée. Merci pour elle.

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Hier j’ai donné un cours particulier au lycée à une élève de terminale qui avait eu 3/20 au DS de philo la semaine dernière. Aussi en lui rendant sa copie, je lui avais donné un RDV en classe seule pour revoir toute la méthode de la dissertation, car elle ne m’avait mis dans sa copie que des exemples lies à la télé réalité ou des anecdotes sans analyse pour répondre au sujet. Je pensais qu’elle ne serait pas au RDV fixé car cette élève en échec scolaire cherchait plutôt à fuir les adultes. Pourtant, contre tout pronostic, elle était là à m’attendre devant la classe.

Mais, avant de s’asseoir, elle me regarda droit dans les yeux et me demanda : “Pourquoi vous faites ça?” Surprise par sa question, je répondis sans réfléchir :” Parce que j’y crois encore!”. Je me suis reprise et ai avoué sur un ton assez provocateur aussi : ” j’ai 3 hypothèses pour ton cas : soit tu as une déficience intellectuelle , soit une grosse paresse intellectuelle , soit tu joues la provocation jusqu’au bout, et j’ai besoin de savoir, je te le dirai quand nous aurons fini ce cours”. Nous avons travaillé pendant 1h30 et au bout de ce moment elle me regarda à nouveau et me dit:
– Alors quelle est votre conclusion sur mon cas?”
– Je crois que tu as joué la provocation par colère contre les adultes trop longtemps , et donc tu as accumulé beaucoup de lacunes mais tu n’as aucune déficience intellectuelle, voir même au contraire tu as une sacrée capacité d’analyse, et maintenant c’est à toi de choisir, soit tu t’y mets et tu pourras alors choisir réellement ta voie , soit ta colère te brisera si tu ne parviens pas à la canaliser et à t’en libérer .”
Elle sourit et me répondit :” Ok, vous me confirmez ce que je pensais, je vais m’y mettre et y arriver…. Vous êtes pas un peu psy, vous les profs!”…..
Verdict dans 6 mois😉
Quand j’ai raconté cela à mon mari, il m’a dit:” On dirait une scène de film!”

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boris-cyrulnikVu chez nos amis de vousnousils, un article intéressant parlant de l’impact de l’affectif dans la relation prof/élève. Il s’agit d’une interview de Boris Cyrulnik dans laquelle il rappelle l’importance de l’affectif dans le travail de professeur.

Le professeur est un adulte référent et à ce titre, il a place importante dans la vie de l’élève et de la classe.

La classe représente à elle seule, une mini-représentation de la société. On y retrouve les mêmes règles, les mêmes interactions. Et les élèves ont besoin d’être sécurisés, rassurés,  encouragés afin de prendre confiance en eux et de devenir des adultes autonomes et responsables.

Mais toute la difficulté est de trouver la bonne distance. Ni trop, ni pas assez. Ne pas trop s’attacher à nos élèves qui ne sont finalement que de passage.

A la fin de l’article, Boris Cyrulnik essaie de donner quelques pistes d’amélioration de la relation prof/élève. Et vous comment vous positionnez vous dans cette relation ? A vos claviers pour les commentaires !

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