Étiquette : réformes

 

 

Coup médiatique, atteinte à la liberté pédagogique, arrogance et mépris des enseignants avec “le petit livre orange” du 26 avril 2018.

Bien sûr, Monsieur le ministre nous vous répondons « non »…

En passant, remise en cause de la devise de notre République : “Liberté, égalité, fraternité” !

La méthode de ce gouvernement est simple et ne lui coûte pas un sou : diviser pour mieux régner ce qui est valable pour notre ministre mais aussi pour les autres et même pour le chef de l’état… Voilà qu’il oppose maintenant avec ces dernières annonces du 26 avril 2018, les enseignants du 1er degré aux enseignants du 2nd degré : si les enfants arrivent au collège avec des lacunes c’est la faute des enseignants du 1er degré…

Les privilégiés des uns sont les privilégiés des autres ne l’oubliez pas… Tout le monde est touché. Toujours plus d’austérité malgré la reprise de la croissance. Le peuple s’appauvrit encore plus et les grands s’enrichissent toujours plus. Ils tapent sur tout le monde… Alors les grands de ce pays nous disent que les cheminots qui se plaignent actuellement le font pour rien parce que ce n’est pas à leur statut que l’on touche mais à celui des nouveaux recrutés…. Alors… non à la solidarité et toujours plus d’individualisme ?

Et des exemples comme ça il y en a à longueur de journée. Il n’y a qu’à voir dans les médias le nombre d’annonces par jour. Alors toutes ces mesures sont prises loin de nous, loin du peuple. On leur dit que ce qu’ils font ne nous plait pas mais ils ne veulent rien entendre. Ils ne discutent pas avec nous, le peuple. Ils suivent seulement les conseils de leurs «spécialistes». Serait-ce là une dictature déguisée ?

Mesures après mesures toutes plus mauvaises, pour les uns que que les autres, on ne dit rien parce qu’ils ont trouvé la parade pour semer la pagaille au sein du peuple… la division… alors là haut, ils doivent bien rigoler et s’en mettre plein les poches. On en n’est pas encore arrivé au summum de ce que l’on peut encore supporter.

Alors rien ne se passe… Mais à un moment donné, à force de subir, les gens vont en avoir marre et le système va toucher ses limites… Allons-nous vers une catastrophe ? Seul l’avenir nous le dira…

Là haut, ils ne devraient pas oublier que le pays c’est nous, c’est le peuple, qu’on s’est battu dans le passé pour nos droits et libertés actuels, qu’ils ne devraient pas y toucher, que l’on refuse de retourner dans le passé. Que du travail non rémunéré ce n’est pas une ou deux journées de solidarité, c’est de l’esclavage, parce que tout travail mérite salaire, surtout quand le patron, lui s’en met plein les poches.

Avant la journée de solidarité n’était pas travaillée, actuellement elle l’est et on nous dit qu’on va sûrement nous en mettre une deuxième. Mais où allons-nous ? Seul l’avenir nous le dira…

Chacun est encore libre de penser et d’exprimer ses opinions… et pourtant, certains journalistes n’ont apparement plus le droit de nous donner une info qui mettrait à mal le fonctionnement d’une entreprise sous peine d’être poursuivis.

Une atteinte à leur liberté d’expression et une tragédie pour nous les français, la France.

par Sara L.

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“Monsieur le Ministre,

 

 

Permettez que je ne vous prenne pas pour un imbécile.

On vous dit fin connaisseur de l’éducation nationale. Je suis prêt à le croire, surtout que votre parcours professionnel tend à la prouver, que ce soit dans le supérieur, à l’académie de Créteil, comme conseiller de Monsieur Chatel.

Il me semble donc impossible, que vous ignoriez que la méthode globale n’est plus utilisée dans nos classes, ou alors d’une manière extrêmement marginale, que l’étude des sons, la dictée, l’écriture font partie des activités quotidiennes dans tous les CP de France. Il en va de même pour le calcul mental, écrit et la numération.

On vous dit pragmatique, tendant à n’appliquer que ce qui est scientifiquement prouvé et qui marche.

Pouvez-vous, dès lors, m’expliquer pourquoi vous ne considérez qu’un seul et unique champ de la recherche. Les neurosciences ont été d’un apport considérable, il faut le reconnaitre, mais est-ce une raison pour complètement ignorer tout ce qui peut se faire d’autre ? Et même des neurosciences, vous ne tirez qu’un constat simpliste, détournant ces dernières pour en tirer des conclusions que même Stanislas Dehaene ne se risque pas à avancer.

On vous dit fin psychologue et animal politique. Je suis tout à fait prêt à le croire.

Comment est-il, donc, possible que vous n’ayez pas anticipé la réaction du corps enseignant devant cette série de préconisations bateau, mâtinée d’autoritarisme. Un petit livre orange qui fait passer les enseignants pour des incompétents, ne sachant même pas quelle réglure choisir pour l’apprentissage de l’écriture, par exemple. Un petit livre orange qui fait passer les enseignants pour des paresseux qui en font le minimum, refusant de se remettre en question. Un petit livre orange qui fait passer les enseignants pour des idiots pratiquant, sans même s’en rendre compte, une méthode de travail menant inéluctablement leurs élèves à l’échec. J’en passe et des meilleures.

Je vous ai promis, Monsieur le Ministre, de ne pas vous prendre pour un imbécile, car vous n’en êtes pas un. Vous êtes fin connaisseur de l’éducation nationale, vous êtes pragmatique et psychologue. Et, il n’y a aucun doute à cela, vous êtes fin politicien.

Tous ce qui précède, vous le savez déjà. Mais alors pourquoi ? Pourquoi se mettre à dos le corps enseignant sans raison aucune ?

Je ne vois qu’une explication possible. Ce petit livre orange (et surtout toute la communication qui l’entoure) n’est pas destinée aux enseignants. Elle n’est pas destinée à faire avancer les choses ou à apporter de l’aide. Elle est destinée aux parents inquiets et à tous ceux qui pensent que l’école n’est plus ce qu’elle était. Elle est destinée à apporter une solution simpliste à un problème complexe. Un problème sociétal mêlant, bien entendu, des problèmes scolaires, mais également la grande pauvreté, l’urbanisme et la ghettoïsation, l’accès à la culture, les problèmes d’éducation, les nouvelles technologies, l’individualisme forcené… Et qu’importe si pour cela il vous faut discréditer l’éducation nationale, participant ainsi à la destruction du lien entre cette institution et le public.

Mais, vous savez, Monsieur le Ministre, apporter des solutions simplistes à des problèmes complexes pour rassurer le peuple tout en leur désignant un bouc émissaire, les enseignants, c’est la définition même du populisme.”

 

Un enseignant de CP qui préfère rester anonyme

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30 ans, 8 mois, 13 jours au service de sa majesté “Education Nationale”.

Et…

(Si, si, je suis bien en vacances. C’est à dire que je travaille (oui, M et Mme Toulemonde, élus, commerçants, retraités (y’en a un qui m’a énervée en interpellant son petit fils qui n’allait pas assez vite à son goût: “T’es fonctionnaire ou quoi?”) les instits travaillent pendant les vacances) au calme, sans les élèves, avec de la musique…)

Et je suis irritée à mon boulot.

Ça me démange, ça me serre, ça m’étouffe, ça me rend malade.

Encore.

30 ans, 8 mois et 13 jours (c’est mon dossier I-prof qui le dit) et voilà une nouvelle vague de réforme, rénovation, refondation,… Ça recommence, encore, et encore, d’accord, d’accord (en fait, non, pas d’accord et c’est le propos). A chaque ministre, à chaque lubie (au max tous les 3 ans) une nouvelle rafale dans les pattes.

Par presse interposée (nous pourrons attendre longtemps, je pense, les livres orange que doit nous adresser le ministre. Nous recevrons plutôt, peut être, des injonctions à aller lire en ligne, sur l’ergonomique et le sublime site de l’éducation nationale (qui plantera sous l’affut de professionnels passionnés) la “bonne” parole de Jean-Michel Blanquer).

Nous sommes mauvais.

Ouaip! Mauvais. Nous n’arrivons pas à enseigner correctement la lecture, l’écriture et les maths aux petits français dont nous avons la charge.

Nous n’arrivons pas à effacer la fracture sociale.

C’est de notre faute.

Nous sommes mauvais.

Nous employons de mauvaises méthodes.

Le ministre a la recette lui: calcul mental, tous les jours, dictée, tous les jours, méthode syllabique, pour tous.

Et à venir une liste des “bons manuels” (bons pour les finances des éditeurs?).

Nous ne sommes pas… Bons.

Nous nous plions au calendrier du tourisme, aux rythmes qui conviennent aux uns, ou aux autres (mais pas aux élèves) et si l’on parle de fatigue on nous regarde de travers. Nous avons les vacances quand même! Y’en a même pour exiger que l’on travaille 35 heures (j’adorerai ne travailler que 35 heures).

Nous accueillons tous les élèves. Tous, et c’est juste, et c’est bien, et c’est dans la loi.

Tous, sans formation.

Sans formation au handicap.

Sans formation à la gestion de crise.

Sans soutien de spécialistes.

Sans temps supplémentaire.

Sans allègement des effectifs (je n’ai pas besoin de vous expliquer que certains “prennent plus de place” que d’autres, n’est ce pas?).

Et c’est une souffrance.

L’inclusion dans ces conditions.

Pour l’enfant qui ne reçoit pas ce dont il a besoin pour se développer, pour les parents à qui l’on a fait miroiter la “normalité”, pour l’enseignant qui lutte pour se maintenir à flot (et je ne parle pas des camarades de classe).

Nous n’utilisons pas les “bonnes” méthodes, qui fonctionnaient si bien “avant”.

Ah?

Avant quel était le pourcentage de gosses qui avaient le BAC?

Et puis, et puis…

Avant combien d’heures passaient-ils, les élèves, devant la TV (avec la TV comme berceuse, pour s’endormir, dans la chambre), devant des écrans, devant des contenus violents…?

Combien étaient nourris au gras, au sucré, aux additifs provoquant l’hyperactivité (et je ne parle pas de la violence, de la pauvreté dans les familles)?

Nous recevons pour tout soutien des injonctions à la bienveillance (c’est bien connu, les instits sont malveillants de nature, tout le monde se souvient avoir été martyrisé à l’école. Et quand les gosses vont mal c’est toujours la faute de l’école).

Nous n’utilisons pas les bonnes méthodes.

A moins que ce soit une question de temps, de priorités?

Un attentat? L’école de la république a failli.

La drogue? Les grossesses précoces? Les violences urbaines? Les incivilités? Le racisme? L’école n’a pas assuré la prévention.

Trop occupée qu’elle était à valider (attention, à partir d’ici je vais utiliser des acronymes dont même moi je n’arrive pas à retenir le sens. Le début de la sénilité, sans doute.) l’APER, l’APS, l’ASSN, le (à moins que ce soit la?) PSC1, le niveau A1 en langue vivante…

Tout cela sans formation premier secours pour l’enseignant, qui peut très bien ne pas avoir son permis, ne pas savoir nager (dans mon cas je sais nager la brasse sur 15/20 mètres mais personne ne m’a jamais rien demandé), ne pas savoir aligner deux mots en anglais (ou en allemand, ou en swahili..).

Le maître mot: formation continue…

Rires!!! Jaunes les rires.

Notre temps de formation continue est gaspillé en réunions pédagogiques essentiellement basées sur les échanges de pratique.

Jamais, jamais de recul possible. De respiration.

Et l’on se doit d’utiliser les beaux, si beaux outils que nous offre le numérique.

LSU, ENT et j’en passe…

On doit.

On doit se former seul. Utiliser des outils au rabais, sans raccourcis clavier, qui plantent.

C’est censé nous simplifier la tâche…

Le TBI qui se désynchronise, l’ordi portable (perso, la plupart du temps) qui flanche.

Oui, nous ne sommes pas bons.

Et cela ne va sans doute pas s’améliorer.

Il n’y a pas foule pour embrasser la “carrière” (la voie sans issue) de prof.

Et ce n’est pas notre médecine du travail (de prévention) qui peut nous aider (quand je clique sur la rubrique santé au travail sur la page de mon académie je tombe sur un message d’erreur 404).

La presse relaye la voix du ministre: “La liberté pédagogique n’a jamais été l’anarchisme”.

Parce que, c’est sur, c’est de cette liberté que découle tous les maux de notre école (de notre société?).

Mouaip!

30 ans, 8 mois, 13 jours et…

Heureusement je suis en vacances (au travail mais en vacances, et tout cela ne m’a pas avancée dans mes corrections, “mon” LSU, mes programmations, la rédaction des projets pédagogiques, l’organisation de la classe de découverte (“une connerie” décrète un papa, qui sait, lui, ce qu’il faut faire à l’école. Il y a été à l’école, alors..)).

Je suis en vacances.

Par Anne Allet

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Comment est-ce possible que l’on puisse sacrifier aujourd’hui notre jeunesse. Je ne comprends pas pourquoi les élèves se retrouvent à 36 par classe au lycée alors qu’il n’y a qu’une personne en face pour les aider. Je ne comprends pas pourquoi on supprime des conseillers d’orientation alors que nos jeunes sont de plus en plus perdus. Je ne comprends pas pourquoi on veut faire des classes avec tous les niveaux alors qu’en faisant cela on empêche chaque élève d’évoluer à son rythme ! Je ne comprends pas pourquoi les mathématiques sont encore considérées comme une matière supérieure à l’EPS par beaucoup de monde alors qu’il faut aussi comprendre notre corps. Je ne comprends pas pourquoi la filière scientifique se sent si intelligente face à la filière professionnelle. Je ne comprends pas pourquoi l’école est parfois si loin de la réalité alors qu’il faudrait les aider à la comprendre. Je ne comprends pas pourquoi l’élève n’est qu’un numéro, qu’une note aux yeux du système ou bien de ses parents alors que nous même ne l’avons pas forcément toujours bien vécu. Je ne comprends pas pourquoi nos jeunes sont assis aussi longtemps sur une chaise par jour alors qu’on ne pourrait plus le faire. Je ne comprends pas pourquoi la place des loisirs ou de la vie de famille passe après les nombreux devoirs journaliers alors que dans la journée ils sont déjà à l’école. Je ne comprends pas pourquoi l’école se forme essentiellement au numérique alors que de nombreuses personnes ne savent pas encore lire ou compter correctement. Je ne comprends pas pourquoi un enseignant est souvent livré, abandonné devant une classe alors qu’il débute. Je ne comprends pas pourquoi certains parents veulent faire de leurs enfants des machines alors qu’ils ont d’abord besoin de s’épanouir. Je ne comprends pas pourquoi l’école est parfois devenue si inintéressante alors qu’il y a un tas de choses à apprendre. Je ne comprends pas pourquoi un élève sait appliquer le théorème de Pythagore alors qu’il a du mal à faire une réduction de 20 %. Je ne comprends pas pourquoi certains se révoltent contre l’enseignement alors qu’il faudrait l’aider. Je ne comprends pas pourquoi nos politiciens abordent uniquement le nombre de profs ou les zones prioritaires alors qu’il y a un tas d’autres questions à répondre. Je ne comprends pas pourquoi le ministre de l’éducation n’a jamais été prof alors qu’il doit les diriger. Je ne comprends pas pourquoi l’école doit dire amen à tout alors qu’elle doit soit disant les former. Je ne comprends pas pourquoi certains élèves ne pourraient pas partager leurs compétences musicales ou autres… Je ne comprends pas pourquoi l’élève n’aime pas l’école alors qu’il y passe ses journées.
Je ne comprends pas pourquoi autant de profs démissionnent ou font un burn-out alors qu’il faudrait se battre.
En fait … Si je comprends.
Je comprends pourquoi …
Je comprends que le jour où l’élève sera considéré comme unique et non plus 1/36ème on aura la capacité de le faire évoluer.
Je comprends que le jour où tout le monde travaillera pour faire évoluer l’enseignement on progressera.
Je comprends que le jour où l’enseignant ne sera pas pointé du doigt pour une broutille mais soutenu pour son travail, le système éducatif évoluera.
Je comprends que notre école va mal et qu’elle doit évoluer alors que nous avons tous les acteurs pour réussir.
Je comprends que le métier d’enseignants fasse aussi peur aujourd’hui …
Mais je comprends que des centaines de milliers d’enseignants font un travail super chaque jour et qu’il ne faut surtout rien lâcher !
Et je comprends également que nos jeunes sont les principaux acteurs de demain et qu’il faut les aider à avancer.

N.R. 

N’hésitez pas à répondre à N.R. sur sa page:

Coup de gueule d'un enseignant. Comment est-ce possible que l'on puisse sacrifier aujourd'hui notre jeunesse. Je ne…

Publié par Niko Las sur lundi 3 avril 2017

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Pause déjeuner studieuse avec des professeurs de lycée et Jean-Michel Blanquer pour faire le point sur la rentrée et la suite !

Publié par Emmanuel Macron sur jeudi 14 septembre 2017

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Emmanuel Macron a affirmé à de nombreuses reprises que la question de l’éducation serait au centre de ses priorités. La nomination de M. Blanquer comme ministre de l’Éducation nationale inquiète cependant. Certains voient en lui l’homme du retour aux méthodes du passé tandis que d’autres s’interrogent sur la libéralisation de l’école avec notamment l’autonomie des établissements. Et les annonces faites ces derniers jours ne sont pas faites pour rassurer le mondede l’éducation : distribution des fables de La Fontaine, casiers à portable, chorale d’accueil de rentrée etc…

Dans ses chroniques, Jacques Sapir interroge deux spécialistes de l’éducation et des questin de société : Natacha Polony, journaliste et essayiste, spécialiste des questions de société et d’éducation et François Durpaire, maître de conférences en sciences de l’éducation à l’université de Cergy-Pontoise auteur notamment du livre « La Fin de l’école » chez PUF.(début de la vidéo à 4:38)

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=8UGNpDRVgwc&w=560&h=315]

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Afin d’interpeller l’Assemblée Nationale, le Sénat et le Ministère de l’Education Nationale sur la nécessité de prendre en compte les vrais besoins du terrain avant de songer à la prochaine réforme, les 800 000 Feignasses ont lancé une pétition accessible ci-dessous.

 pétition

 

Quelle école voulons-nous ?

Alors que nous nous apprêtons à vivre notre troisième changement de rythmes scolaires en 8 ans, nous enseignants, souhaitons que notre parole soit enfin prise en compte et que les décisions ne se prennent pas à l’aune des seules capacités et volontés financières des communes. Nous affirmons que seul devrait primer l’intérêt des élèves et donc les conditions d’enseignement qui y sont étroitement liées. Nous souhaitons que, pour une fois, la question soit envisagée dans sa globalité.

 

Améliorer la qualité d’accueil des élèves

Toute réflexion sur les rythmes scolaires nous semble vaine tant que la qualité de vie au sein de la classe n’est pas améliorée. Les conditions d’accueil actuelles sont source de stress et de mal-être pour les élèves et les enseignants. Comment apporter à chacun le suivi et la bienveillance nécessaires dans des classes surchargées ? Comment accueillir convenablement les élèves présentant de forts troubles d’apprentissage ou du comportement inclus dans ces mêmes classes ? Comment permettre aux élèves d’apprendre sereinement dans un contexte de précarisation galopante des familles avec une montée des violences physiques et verbales ? Les enfants ne laissent pas la violence sociale à la grille de l’école…

Tout ceci participe d’un climat scolaire délétère. Le dévouement et l’implication du personnel enseignant ne suffiront bientôt plus à faire illusion. En témoigne l’augmentation en flèche des démissions au sein de l’Education Nationale…

Repenser les programmes scolaires de manière réaliste :

Depuis 2002, si les intitulés ont été modifiés, si la philosophie d’approche des apprentissages a évolué, les contenus restent quasiment inchangés. Pire, de nombreux ajouts s’y sont greffés. Or, nous sommes passés de 26 à 24 heures hebdomadaires de temps de classe. A l’heure de programmer les apprentissages, nous butons chaque année sur l’impossibilité de résoudre la quadrature du cercle.

Le fait que le temps de récréation n’y soit pas inclus (1h30 à 2h par semaine, soit l’équivalent d’une « petite » matière !), ajouté au temps dédié à la régulation de classe (qui augmente de façon exponentielle avec le nombre d’élèves) font qu’il est quasiment impossible de faire tenir l’ensemble du programme sur une année scolaire, ou alors de manière superficielle, ce qui n’est pas une solution acceptable. Nous nous retrouvons donc à trier ce qui est indispensable de ce qui l’est moins et à devoir avancer à marche forcée en laissant certains élèves sur le bord de la route…

A chaque nouvelle mouture des programmes, nous faisons le même constat : contrairement à ce qui est affirmé, la place des « fondamentaux » reste énorme, et les ajouts de notions sont en constante augmentation. Et si nous changions de paradigme ? « Moins mais bien » permettrait de revenir à l’essence de notre école républicaine ; tendre à la réussite de tous en assurant la possibilité à chacun de maîtriser une base commune avant le passage au niveau supérieur. A l’exception de quelques cas notables, la réussite scolaire des élèves est étroitement liée à leur condition sociale. Les enfants issus des classes sociales élevées sont ainsi quasiment les seuls qui y trouvent leur compte.

Prendre en compte le quotidien des élèves

Chaque enfant est tributaire des horaires de ses parents. Or, ceux qui ont encore la chance d’avoir un emploi sont soumis à de plus en plus de contraintes horaires pour assurer le travail non fait résultant des diverses « coupes budgétaires » et « plans sociaux ». Un trop grand nombre d’enfants passe ainsi davantage d’heures en collectivité qu’à la maison. A cela s’ajoutent les enfants livrés à eux-mêmes ou confiés aux grands-parents le week-end du fait de l’augmentation du travail le samedi et le dimanche… Le nombre d’heures quotidiennes passées face aux écrans, mode de garde le plus répandu, participe également à la détérioration des capacités de communication, de concentration et d’apprentissage des élèves. Comment, dans ces conditions, avoir des élèves disponibles, sereins, reposés ?

Revoir le temps d’enseignement :

Si la semaine de 4 jours est la plus courte des pays de l’OCDE, la durée des vacances en France reste tout à fait dans la moyenne. En revanche, nous sommes parmi les champions pour le nombre d’heures à l’année ! Le modèle Allemand sur 5 jours ne comprend, par exemple, que 5 demi-journées (et non 9 demi-journées comme en France…). Cela équivaut à 2 journées et demi de classe avec nos horaires actuels…

En moyenne, les pays de l’OCDE ont entre 650 et 750 heures d’enseignement annuel, alors qu’en France nous sommes à 918 heures (source OCDE) soit 22 à 41% de temps d’enseignement supplémentaire ! Si nous nous alignions sur nos voisins européens, environ 160 heures annuelles devraient être retirées. Soit entre 4 et 5 heures par semaine… Ainsi, même en faisant travailler nos élèves 18h par semaine nous resterions dans la moyenne européenne… Gageons que la semaine de 5 jours, avec des journées d’enseignement de 3h30 à 4 heures n’aurait probablement pas généré autant de tensions ni de débats quant à la fatigue des enfants…

Construisons le modèle scolaire à la française !

Le débat autour d’une semaine à 4 jours ou 4 jours et demi est donc un faux débat. En réalité, si l’on veut réellement améliorer notre école, nous devons réinterroger sa place dans notre société. Souhaitons-nous une école basée sur les modèles nordiques, au risque de sacrifier l’emploi des femmes comme en Allemagne ? Souhaitons-nous une école de la performance comme en Corée ou au Japon, au risque d’avoir des générations d’enfants sous pression et faisant l’expérience du burn-out dès leur plus jeune âge ? Ou bien souhaitons-nous créer le modèle français ? Celui d’un pays qui porte l’égalité au cœur de sa devise républicaine ?

Nous affirmons que l’avenir du modèle scolaire français passe par un investissement massif pour l’enfance. Il est indispensable que le volume horaire hebdomadaire scolaire diminue et que des activités, organisées dans un cadre national et par des professionnels formés, viennent compléter les apprentissages scolaires le reste de la journée, et ce gratuitement afin de garantir une égalité des chances sur l’ensemble du territoire et sans pénaliser l’emploi des femmes. Il est tout aussi indispensable d’encadrer nationalement l’effectif des classes à un maximum de 20 élèves, toutes zones confondues, avec plus de maîtres que de classes, tout en renforçant les liaisons et les accompagnements avec les travailleurs sociaux afin de ne pas se retrouver isolé dans sa classe face aux difficultés.

Nous demandons, nous enseignants, soutenus par toutes les personnes soucieuses du bien-être et de l’avenir de tous les enfants, l’ouverture d’un réel débat national sur l’école menant à une réforme ambitieuse au profit de l’amélioration de l’apprentissage des enfants et donc des conditions d’enseignement.

Pétition émanant des 800 000 feignasses, sur la base d’un texte de Julien Arhan.

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On a beaucoup parlé des rythmes scolaires ces derniers temps mais uniquement du point de vue de l’école. Mais les collectivités territoriales s’interrogent aussi.

Le 8 juin dernier,  le Conseil supérieur de l’éducation (CSE) et par le Conseil national d’évaluation des normes (CNEN) se sont opposés au projet de décret sur les rythmes scolaires mais chacun pour des raisons différentes.

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Les deux instances ne votaient pas sur les mêmes points, la première se positionnait sur l’organisation du temps scolaire du point de vue de l’intérêt de l’enfant, tandis que la seconde s’est prononcée sur les conséquences financières pour les collectivités locales de ce texte visant à permettre le retour à 4 jours de la semaine scolaire. Cette dernière ayant le soutien de l’AMF (Association des maires de France).

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Les conséquences financières et humaines (emplois du personnel pour les TAPS etc…) sont assez lourdes. C’est pour cette raison que l’AMF avait publié la veille un communiqué de presse indiquant qu’ils accepteraient de maintenir les rythmes scolaires à la condition que l’aide de l’Etat à leur financement soit pérennisée.

 

 

 Le CNEN, quant à lui, est beaucoup moins confiant. Ses membres n’ont point appréciés l’absence de consultation préalable avant l’annonce de cette réforme. Ils craignent que cette précipitation ait été “peut-être dictée par les exigences budgétaires de Bercy” qui verrait un intérêt certain à supprimer le fonds de soutien pour économiser 400 millions d’euros par an…

Ainsi, le CNEN rejoint le camps des opposants de la réforme des rythmes scolaires dont font également partis les sénateurs.

A l’heure actuelle, le décret n’est donc toujours pas paru, mais certaines communes le devancent espérant ainsi faire quelques économies et satisfaire des parents électeurs.

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Une autre mesure phare du programme “Education” d’Emmanuel Macron  pose autant d’interrogation que celle de la mise en place des 12 élèves par classe en CP en éducation prioritaire.

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En effet, il était question que chaque commune décide ou non des rythmes scolaires dans leurs écoles.

Lors d‘une entrevue entre notre ministre et l’association des maires de France, le propos a été nuancé : Le choix du rythme scolaire devra se faire en collaboration avec les services de l’EN dont dépend chaque école à savoir l’IEN de secteur.

Le délai étant un peu court pour organiser ces discussions et trouver également le financements nécessaires aux communes souhaitant continuer à proposer des TAP, cette nouvelle réforme serait reportée à la rentrée 2018.

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