Étiquette : réformes

 

Il est devenu compliqué de mobiliser les troupes enseignantes afin de les pousser à la révolte, alors même que leur statut régresse d’année en année, en harmonie parfaite avec leur pouvoir d’achat et la considération populaire à leur égard.

J’ai l’impression que les personnels enseignants se sont accoutumés à une certaine forme de maltraitance. Souvent, les enfants maltraités n’ont aucune conscience de l’anormalité de leur situation, ils s’imaginent qu’elle est équivalente à …celle des autres enfants, et il est très compliqué de se mettre à distance de sa propre réalité afin de l’entrevoir avec une saine objectivité.

Car oui, je pense que l’analogie avec la maltraitance est pertinente. L’enseignant est sous-traité, sous-considéré, sous payé. Mais il finit par trouver sa situation parfaitement normale, puisque la société lui martelle inlassablement qu’il est un privilégié, que la sécurité de l’emploi l’écarte de tout aléa professionnel. (D’ailleurs, mais c’est un autre débat : peut-on encore VRAIMENT parler de sécurité de l’emploi quand on sait qu’un enseignant est envoyé à l’autre bout de la France, souvent dans les régions les plus coûteuses au niveau de l’immobilier, sans espoir d’un retour rapide parmi ses proches ? Qu’il subit une pression permanente des chefs d’établissement, des inspecteurs, des politiciens, des réformes, et de plus en plus, des élèves ?)

Un semblant de syndrome de Stockholm s’est pourtant développé chez l’enseignant qui, las et parfois honteux d’espérer une revalorisation, s’estime chanceux et reconnaissant à l’égard d’une institution qui le malmène. Parce qu’après tout, il n’est pas le plus à plaindre, il a les vacances, il n’est pas à la rue.De la même manière qu’un enfant maltraité aura une reconnaissance aveugle à l’égard de ses géniteurs, l’enseignant manifeste une réelle gratitude à l’égard d’un système qui a pourtant enfanté ses souffrances. Et bercé par la routine, par ces petites souffrances confortablement installées, il ne semble plus avoir le recul nécessaire pour réaliser qu’une telle dévalorisation de sa profession et souvent même de sa personne n’est pas une chose NORMALE.
M’est avis qu’avant de lutter pour convaincre les familles, les politiciens et la société entière des fondements de notre révolte, ce sont d’abord les enseignants eux-mêmes que nous devrons convaincre de la légitimité de leur cri ; eux qui n’ont même plus l’envie d’espérer un murmure.

par Yo

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Écrasée comme une mouche.
577 députés nommés à l’assemblée nationale. Le texte qui crée les établissements publics des savoirs fondamentaux a été voté à 35 contre 7.
La Loi Blanquer (il avait juré ses grands dieux qu’il ne ferait pas de réforme. Et en fait c’est vrai. Il ne fait pas de réforme, il passe l’éducation nationale au broyeur pour la modeler à sa main (aux intérêts des entreprises) au détriment du bien être de l’enfant. Feu l’éducation nationale, vive l’éducation Blanquer !) a entériné cet amendement sur “l’école du socle”.
Il y a beaucoup à dire, et à redire, sur la loi Blanquer.
Mais dire ne servira à rien si l’on n’agit pas… Si l’on ne réagit pas.
Les établissements publics des savoirs fondamentaux qui ont été créés le sont sur le cadavre des écoles primaires actuelles.
Concrètement le but est de regrouper les écoles autour d’un collège.
D’annexer les écoles au collège.
Une école ne sera plus qu’une portion d’un grand établissement auquel elle sera attachée. Attachée.
Il n’y aura plus de directeur/directrice d’école.
Il y aura un chef d’établissement, au collège.
Les actuels directeurs/directrices d’écoles qui se battaient pour voir mieux reconnaître leur métier, mieux valoriser leur travail se verront, au mieux, attribuer le titre de directeur adjoint.
Adjoint-e.
Donc quand l’adjoint-e arrivera à l’école et qu’il/elle constatera que l’accès est verglacé et dangereux il/elle en référera à son chef d’établissement (qui appellera, ou fera appeler la mairie qui appellera les services techniques), si le chauffage a disjoncté dans la nuit il/elle en référera à son chef d’établissement (qui appellera, ou fera appeler la mairie qui appellera les services techniques).
Si à l’ouverture de la grille un parent est tracassé par ce qui est arrivé à son enfant lors de la récréation de la cantine hier, cherche le bonnet/la veste/la toupie/le crayon quatre couleur doré/etc de son enfant, se fait du soucis parce que sa situation familiale, professionnelle peut avoir des répercutions sur son enfant, n’est pas content parce que son enfant à trop/pas assez/mal écrit/pas compris les devoirs, qui va gérer? Qui va prendre cinq, dix minutes pour désamorcer la crise, pour rassurer le parent? L’adjoint-e?
Quand un enfant aura dépassé les bornes, la collègue excédée l’enverra illico dans le bureau de l’adjoint-e? Aura t-il/elle seulement encore un bureau? Cela aura t-il un quelconque poids?
Quand, il manquera 5 élèves à l’appel c’est la secrétaire du collège qui appellera les parents qui n’ont pas prévenu de l’absence?
Quand l’ambulancier, viendra chercher Lola, ou Joseph, ou Gaspard, qui aller au CMPP, chez la psychologue, au centre de soin, quand la mamie, la nounou, la voisine viendra chercher Bernard, ou Caroline, ou Samira qui a vomi, a de la fièvre, s’est ouvert l’arcade sourcilière, qui leur ouvrira la porte? Les aiguillera?
Quand un enfant témoignera de violences, aura des traces de coups, c’est le chef d’établissement qui prendra les choses en mains? Qui ira témoigner chez les gendarmes? Sans jamais avoir seulement croisé l’enfant et ses parents?
Quand un-e collège sera fatigué-e, usé-e, démoralisé-e c’est le chef d’établissement qui va offrir son épaule? C’est lui qui fera l’animation d’équipe? Qui en assurera la cohésion? De loin, de son bureau au collège?
Quel sera le respect accordé aux enseignants et à l’adjoint-e par les partenaires, mairie, association de parents, partenaires culturels et sportifs si l’autorité n’est plus représentée que par un-e adjoint-e?
Quand les collègues décideront d’un projet, élaboreront une organisation, prépareront une sortie, une fête, une porte ouverte, un décloisonnement c’est le chef d’établissement qui décidera? Jusque là c’était discuté, décidé en conseil des maîtres. De façon démocratique. En concertation. Le/la directeur/directrice n’est pas le supérieur hiérarchique de ses collègues. Le/la directeur/directrice n’était pas là pour juger, évaluer ses collègues. Un chef d’établissement le sera.
Il pourra gérer son stock d’enseignants.
Et comme l’établissement comprendra plusieurs écoles les effectifs seront calculés de façon globale. Tant d’élèves divisés par tant de profs, peut importe comment ils sont répartis, et hop, on rationalise, on supprime des postes.

577 députés nommés à l’assemblée nationale. Le texte qui crée les établissements publics des savoirs fondamentaux a été voté à 35 contre 7.
Merci aux 7.

Je suis écœurée. Je suis désolée. Blanquer a tué mon métier comme on écrase une mouche.

A gérer l’éducation nationale comme on gère une entreprise on déshumanise l’enseignement et l’on robotise nos élèves. L’école n’aura plus vocation à former des citoyens éclairés, mais de parfaits petits soldats, de la chair à usine, qui fonctionnent sans réfléchir et obéissent sans protester aux ordres venus de l’élite pour servir l’élite. Cette maltraitance programmée va t-elle, enfin, faire réagir l’opinion?

par Anne

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Bonnes gens ayez confiance!

L’assemblée nationale est au chevet de l’éducation nationale.

Et des mesures fortes ont été votées.

Que les enseignants se garderont bien de critiquer puisque l’article premier de la loi sur l’école de la confiance leur impose de ne rien dire qui pourrait porter atteinte à la réputation du service public.

Nul doute que la réputation du service public d’enseignement soit sauvé par les drapeaux (et carte de France?) imposés dans toutes les classes. Nul doute que le sang impur collé sur les murs des classes rendra à l’éducation nationale son lustre d’antan.

Parce qu’il s’agit bien de cela, n’est pas?

Caresser le bon peuple dans le sens de la seule direction à prendre, celle qui rend l’école responsable de tous les maux de la société actuelle.

La mal bouffe, les grossesses précoces, l’homophobie, les poubelles non triées, les attentats, les casseurs , les dealeurs, les chômeurs, les glandeurs, les profiteurs (ceux qui vivent des aloc, bien sûr, pas ceux qui vivent des dividendes) l’école n’a pas fait son boulot.

C’était bien avant. On avait le sens des valeurs et celui de sa valeur.

Chacun à sa place. L’élite guidée vers les grandes écoles, le peuple vers les usines.

Les drapeaux qui vont désormais flotter vont donner aux enseignants l’assise et l’autorité nécessaire pour éviter que nos élèves ne se fourvoient sur les ronds points en chantant la marseillaise de façon dévoyée.

Les drapeaux vont sauver l’école.

Nul besoin pour les enseignants de mettre la réputation de l’institution en danger. Elle va sombrer toute seule. La pente est bien savonnée:

Point d’indice et salaire bloqué, au ras du plancher européen, dissimulés sous des heures supplémentaires imposées pour les profs (destruction de postes), inexistantes pour les professeurs des écoles.

Temps de travail toujours plus lourd, évaluations chronophage et nocives, l’éducation en statistiques. Effet d’annonces et mise au pas des professeurs: seule la méthode scientifique est la bonne et haro sur les “fantaisies” pédagogiques. Le ministre invente, quasi chaque jour, le fil à couper le beurre et le fait savoir à grand renfort de communication de presse.

Classes surchargées bien cachées derrière l’annonce en grande pompe de quelques CP et CE1 dédoublés.

Réforme du lycée pour bien canaliser chacun à sa place.

Parcoursup pour bien aiguiller vers les filières privées.

Bonnes gens ayez confiance!

L’assemblée nationale est au chevet de l’éducation nationale.

Et des mesures fortes ont été votées.

Certaines ne sont pas passées, comme c’est dommage! Bien sûr imposer un dress code plus rigoureux aux profs aurait été marquant! Ils sont si mal attifés…

Heureusement, maintenant ils ont des drapeaux!

 

Par Anne

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Se satisfaire, laisser faire…
Ronchonner, parfois, dans son coin, mais rester là, à attendre.
Pendant que d’autres se servent, profitent.
Ce matin, encore, je vais faire un pas de coté.
Je ne serais qu’une goutte d’eau tombée au milieu du désert, avec Gilles nous serons deux, seuls grévistes sur nos lieux de travail, pas de quoi gêner qui que se soit, mais nous ne pouvons pas ronchonner, râler, tempêter et rester là à attendre des jours meilleurs qui ne viendront pas.
L’un comme l’autre nous ne pouvons pas laisser ce gouvernement, et messire Mac Rond, détruire les services publics, école, hôpital, services de proximité dans nos campagnes (et dans les quartiers) sous prétexte que cela coûte trop cher. Trop cher?
L’école qui forme des citoyens éclairés? Notre avenir, non?
Mac Rond et ses potes, nous l’avons bien compris, ne veulent pas de citoyens, ils veulent des consommateurs, décérébrés, de la chair à usine… Travaillez, consommez et taisez vous.
L’hôpital qui soigne la population? Grace à la solidarité de tous.
Aïe! Ce n’est pas rentable. Cela ne rapporte pas aux investisseurs, cela ne rapporte pas de dividendes. C’est incompréhensible pour qui ne pensent que revenu, rendement…
Les services publics? Quoi? Quel est ce gros mot? Service?
Ils n’arrivent plus à l’associer qu’à commercial, qu’à client…
Les vrais services, de la population, qui paye ses impôts, pour la population, coûtent trop chers. A qui? Aux financiers?
Je ne veux pas, JE NE VEUX PAS, que mon travail, mon “investissement” dans la société, serve à engraisser les premiers de cordée. Je ne veux pas que mes enfants, mes élèves ne soient plus que des sherpas pour oligarchie dédaigneuse et vicieuse.
Je ne veux pas que la soupe médiatique nous détourne de nos valeurs.
Liberté Égalité Fraternité
Je ne veux pas laisser le monde sombrer entre pollution et climat détraqué sans lever le petit doigt. Je ne veux pas que l’autre devienne l’ennemi (désigné, bouc émissaire, ça pue!).
Mon doigt, celui de Gilles, ne seront, sans doute, dans ce monde où la plupart ont renoncé, déjà, pas nombreux, pas à la une des journaux, mais ils seront levés. Avec l’espoir que nos petites gouttes dans le désert arrivent à faire fleurir le début d’un autre avenir.

texte de Anne Allet

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Coup médiatique, atteinte à la liberté pédagogique, arrogance et mépris des enseignants avec “le petit livre orange” du 26 avril 2018.

Bien sûr, Monsieur le ministre nous vous répondons « non »…

En passant, remise en cause de la devise de notre République : “Liberté, égalité, fraternité” !

La méthode de ce gouvernement est simple et ne lui coûte pas un sou : diviser pour mieux régner ce qui est valable pour notre ministre mais aussi pour les autres et même pour le chef de l’état… Voilà qu’il oppose maintenant avec ces dernières annonces du 26 avril 2018, les enseignants du 1er degré aux enseignants du 2nd degré : si les enfants arrivent au collège avec des lacunes c’est la faute des enseignants du 1er degré…

Les privilégiés des uns sont les privilégiés des autres ne l’oubliez pas… Tout le monde est touché. Toujours plus d’austérité malgré la reprise de la croissance. Le peuple s’appauvrit encore plus et les grands s’enrichissent toujours plus. Ils tapent sur tout le monde… Alors les grands de ce pays nous disent que les cheminots qui se plaignent actuellement le font pour rien parce que ce n’est pas à leur statut que l’on touche mais à celui des nouveaux recrutés…. Alors… non à la solidarité et toujours plus d’individualisme ?

Et des exemples comme ça il y en a à longueur de journée. Il n’y a qu’à voir dans les médias le nombre d’annonces par jour. Alors toutes ces mesures sont prises loin de nous, loin du peuple. On leur dit que ce qu’ils font ne nous plait pas mais ils ne veulent rien entendre. Ils ne discutent pas avec nous, le peuple. Ils suivent seulement les conseils de leurs «spécialistes». Serait-ce là une dictature déguisée ?

Mesures après mesures toutes plus mauvaises, pour les uns que que les autres, on ne dit rien parce qu’ils ont trouvé la parade pour semer la pagaille au sein du peuple… la division… alors là haut, ils doivent bien rigoler et s’en mettre plein les poches. On en n’est pas encore arrivé au summum de ce que l’on peut encore supporter.

Alors rien ne se passe… Mais à un moment donné, à force de subir, les gens vont en avoir marre et le système va toucher ses limites… Allons-nous vers une catastrophe ? Seul l’avenir nous le dira…

Là haut, ils ne devraient pas oublier que le pays c’est nous, c’est le peuple, qu’on s’est battu dans le passé pour nos droits et libertés actuels, qu’ils ne devraient pas y toucher, que l’on refuse de retourner dans le passé. Que du travail non rémunéré ce n’est pas une ou deux journées de solidarité, c’est de l’esclavage, parce que tout travail mérite salaire, surtout quand le patron, lui s’en met plein les poches.

Avant la journée de solidarité n’était pas travaillée, actuellement elle l’est et on nous dit qu’on va sûrement nous en mettre une deuxième. Mais où allons-nous ? Seul l’avenir nous le dira…

Chacun est encore libre de penser et d’exprimer ses opinions… et pourtant, certains journalistes n’ont apparement plus le droit de nous donner une info qui mettrait à mal le fonctionnement d’une entreprise sous peine d’être poursuivis.

Une atteinte à leur liberté d’expression et une tragédie pour nous les français, la France.

par Sara L.

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“Monsieur le Ministre,

 

 

Permettez que je ne vous prenne pas pour un imbécile.

On vous dit fin connaisseur de l’éducation nationale. Je suis prêt à le croire, surtout que votre parcours professionnel tend à la prouver, que ce soit dans le supérieur, à l’académie de Créteil, comme conseiller de Monsieur Chatel.

Il me semble donc impossible, que vous ignoriez que la méthode globale n’est plus utilisée dans nos classes, ou alors d’une manière extrêmement marginale, que l’étude des sons, la dictée, l’écriture font partie des activités quotidiennes dans tous les CP de France. Il en va de même pour le calcul mental, écrit et la numération.

On vous dit pragmatique, tendant à n’appliquer que ce qui est scientifiquement prouvé et qui marche.

Pouvez-vous, dès lors, m’expliquer pourquoi vous ne considérez qu’un seul et unique champ de la recherche. Les neurosciences ont été d’un apport considérable, il faut le reconnaitre, mais est-ce une raison pour complètement ignorer tout ce qui peut se faire d’autre ? Et même des neurosciences, vous ne tirez qu’un constat simpliste, détournant ces dernières pour en tirer des conclusions que même Stanislas Dehaene ne se risque pas à avancer.

On vous dit fin psychologue et animal politique. Je suis tout à fait prêt à le croire.

Comment est-il, donc, possible que vous n’ayez pas anticipé la réaction du corps enseignant devant cette série de préconisations bateau, mâtinée d’autoritarisme. Un petit livre orange qui fait passer les enseignants pour des incompétents, ne sachant même pas quelle réglure choisir pour l’apprentissage de l’écriture, par exemple. Un petit livre orange qui fait passer les enseignants pour des paresseux qui en font le minimum, refusant de se remettre en question. Un petit livre orange qui fait passer les enseignants pour des idiots pratiquant, sans même s’en rendre compte, une méthode de travail menant inéluctablement leurs élèves à l’échec. J’en passe et des meilleures.

Je vous ai promis, Monsieur le Ministre, de ne pas vous prendre pour un imbécile, car vous n’en êtes pas un. Vous êtes fin connaisseur de l’éducation nationale, vous êtes pragmatique et psychologue. Et, il n’y a aucun doute à cela, vous êtes fin politicien.

Tous ce qui précède, vous le savez déjà. Mais alors pourquoi ? Pourquoi se mettre à dos le corps enseignant sans raison aucune ?

Je ne vois qu’une explication possible. Ce petit livre orange (et surtout toute la communication qui l’entoure) n’est pas destinée aux enseignants. Elle n’est pas destinée à faire avancer les choses ou à apporter de l’aide. Elle est destinée aux parents inquiets et à tous ceux qui pensent que l’école n’est plus ce qu’elle était. Elle est destinée à apporter une solution simpliste à un problème complexe. Un problème sociétal mêlant, bien entendu, des problèmes scolaires, mais également la grande pauvreté, l’urbanisme et la ghettoïsation, l’accès à la culture, les problèmes d’éducation, les nouvelles technologies, l’individualisme forcené… Et qu’importe si pour cela il vous faut discréditer l’éducation nationale, participant ainsi à la destruction du lien entre cette institution et le public.

Mais, vous savez, Monsieur le Ministre, apporter des solutions simplistes à des problèmes complexes pour rassurer le peuple tout en leur désignant un bouc émissaire, les enseignants, c’est la définition même du populisme.”

 

Un enseignant de CP qui préfère rester anonyme

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30 ans, 8 mois, 13 jours au service de sa majesté “Education Nationale”.

Et…

(Si, si, je suis bien en vacances. C’est à dire que je travaille (oui, M et Mme Toulemonde, élus, commerçants, retraités (y’en a un qui m’a énervée en interpellant son petit fils qui n’allait pas assez vite à son goût: “T’es fonctionnaire ou quoi?”) les instits travaillent pendant les vacances) au calme, sans les élèves, avec de la musique…)

Et je suis irritée à mon boulot.

Ça me démange, ça me serre, ça m’étouffe, ça me rend malade.

Encore.

30 ans, 8 mois et 13 jours (c’est mon dossier I-prof qui le dit) et voilà une nouvelle vague de réforme, rénovation, refondation,… Ça recommence, encore, et encore, d’accord, d’accord (en fait, non, pas d’accord et c’est le propos). A chaque ministre, à chaque lubie (au max tous les 3 ans) une nouvelle rafale dans les pattes.

Par presse interposée (nous pourrons attendre longtemps, je pense, les livres orange que doit nous adresser le ministre. Nous recevrons plutôt, peut être, des injonctions à aller lire en ligne, sur l’ergonomique et le sublime site de l’éducation nationale (qui plantera sous l’affut de professionnels passionnés) la “bonne” parole de Jean-Michel Blanquer).

Nous sommes mauvais.

Ouaip! Mauvais. Nous n’arrivons pas à enseigner correctement la lecture, l’écriture et les maths aux petits français dont nous avons la charge.

Nous n’arrivons pas à effacer la fracture sociale.

C’est de notre faute.

Nous sommes mauvais.

Nous employons de mauvaises méthodes.

Le ministre a la recette lui: calcul mental, tous les jours, dictée, tous les jours, méthode syllabique, pour tous.

Et à venir une liste des “bons manuels” (bons pour les finances des éditeurs?).

Nous ne sommes pas… Bons.

Nous nous plions au calendrier du tourisme, aux rythmes qui conviennent aux uns, ou aux autres (mais pas aux élèves) et si l’on parle de fatigue on nous regarde de travers. Nous avons les vacances quand même! Y’en a même pour exiger que l’on travaille 35 heures (j’adorerai ne travailler que 35 heures).

Nous accueillons tous les élèves. Tous, et c’est juste, et c’est bien, et c’est dans la loi.

Tous, sans formation.

Sans formation au handicap.

Sans formation à la gestion de crise.

Sans soutien de spécialistes.

Sans temps supplémentaire.

Sans allègement des effectifs (je n’ai pas besoin de vous expliquer que certains “prennent plus de place” que d’autres, n’est ce pas?).

Et c’est une souffrance.

L’inclusion dans ces conditions.

Pour l’enfant qui ne reçoit pas ce dont il a besoin pour se développer, pour les parents à qui l’on a fait miroiter la “normalité”, pour l’enseignant qui lutte pour se maintenir à flot (et je ne parle pas des camarades de classe).

Nous n’utilisons pas les “bonnes” méthodes, qui fonctionnaient si bien “avant”.

Ah?

Avant quel était le pourcentage de gosses qui avaient le BAC?

Et puis, et puis…

Avant combien d’heures passaient-ils, les élèves, devant la TV (avec la TV comme berceuse, pour s’endormir, dans la chambre), devant des écrans, devant des contenus violents…?

Combien étaient nourris au gras, au sucré, aux additifs provoquant l’hyperactivité (et je ne parle pas de la violence, de la pauvreté dans les familles)?

Nous recevons pour tout soutien des injonctions à la bienveillance (c’est bien connu, les instits sont malveillants de nature, tout le monde se souvient avoir été martyrisé à l’école. Et quand les gosses vont mal c’est toujours la faute de l’école).

Nous n’utilisons pas les bonnes méthodes.

A moins que ce soit une question de temps, de priorités?

Un attentat? L’école de la république a failli.

La drogue? Les grossesses précoces? Les violences urbaines? Les incivilités? Le racisme? L’école n’a pas assuré la prévention.

Trop occupée qu’elle était à valider (attention, à partir d’ici je vais utiliser des acronymes dont même moi je n’arrive pas à retenir le sens. Le début de la sénilité, sans doute.) l’APER, l’APS, l’ASSN, le (à moins que ce soit la?) PSC1, le niveau A1 en langue vivante…

Tout cela sans formation premier secours pour l’enseignant, qui peut très bien ne pas avoir son permis, ne pas savoir nager (dans mon cas je sais nager la brasse sur 15/20 mètres mais personne ne m’a jamais rien demandé), ne pas savoir aligner deux mots en anglais (ou en allemand, ou en swahili..).

Le maître mot: formation continue…

Rires!!! Jaunes les rires.

Notre temps de formation continue est gaspillé en réunions pédagogiques essentiellement basées sur les échanges de pratique.

Jamais, jamais de recul possible. De respiration.

Et l’on se doit d’utiliser les beaux, si beaux outils que nous offre le numérique.

LSU, ENT et j’en passe…

On doit.

On doit se former seul. Utiliser des outils au rabais, sans raccourcis clavier, qui plantent.

C’est censé nous simplifier la tâche…

Le TBI qui se désynchronise, l’ordi portable (perso, la plupart du temps) qui flanche.

Oui, nous ne sommes pas bons.

Et cela ne va sans doute pas s’améliorer.

Il n’y a pas foule pour embrasser la “carrière” (la voie sans issue) de prof.

Et ce n’est pas notre médecine du travail (de prévention) qui peut nous aider (quand je clique sur la rubrique santé au travail sur la page de mon académie je tombe sur un message d’erreur 404).

La presse relaye la voix du ministre: “La liberté pédagogique n’a jamais été l’anarchisme”.

Parce que, c’est sur, c’est de cette liberté que découle tous les maux de notre école (de notre société?).

Mouaip!

30 ans, 8 mois, 13 jours et…

Heureusement je suis en vacances (au travail mais en vacances, et tout cela ne m’a pas avancée dans mes corrections, “mon” LSU, mes programmations, la rédaction des projets pédagogiques, l’organisation de la classe de découverte (“une connerie” décrète un papa, qui sait, lui, ce qu’il faut faire à l’école. Il y a été à l’école, alors..)).

Je suis en vacances.

Par Anne Allet

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Comment est-ce possible que l’on puisse sacrifier aujourd’hui notre jeunesse. Je ne comprends pas pourquoi les élèves se retrouvent à 36 par classe au lycée alors qu’il n’y a qu’une personne en face pour les aider. Je ne comprends pas pourquoi on supprime des conseillers d’orientation alors que nos jeunes sont de plus en plus perdus. Je ne comprends pas pourquoi on veut faire des classes avec tous les niveaux alors qu’en faisant cela on empêche chaque élève d’évoluer à son rythme ! Je ne comprends pas pourquoi les mathématiques sont encore considérées comme une matière supérieure à l’EPS par beaucoup de monde alors qu’il faut aussi comprendre notre corps. Je ne comprends pas pourquoi la filière scientifique se sent si intelligente face à la filière professionnelle. Je ne comprends pas pourquoi l’école est parfois si loin de la réalité alors qu’il faudrait les aider à la comprendre. Je ne comprends pas pourquoi l’élève n’est qu’un numéro, qu’une note aux yeux du système ou bien de ses parents alors que nous même ne l’avons pas forcément toujours bien vécu. Je ne comprends pas pourquoi nos jeunes sont assis aussi longtemps sur une chaise par jour alors qu’on ne pourrait plus le faire. Je ne comprends pas pourquoi la place des loisirs ou de la vie de famille passe après les nombreux devoirs journaliers alors que dans la journée ils sont déjà à l’école. Je ne comprends pas pourquoi l’école se forme essentiellement au numérique alors que de nombreuses personnes ne savent pas encore lire ou compter correctement. Je ne comprends pas pourquoi un enseignant est souvent livré, abandonné devant une classe alors qu’il débute. Je ne comprends pas pourquoi certains parents veulent faire de leurs enfants des machines alors qu’ils ont d’abord besoin de s’épanouir. Je ne comprends pas pourquoi l’école est parfois devenue si inintéressante alors qu’il y a un tas de choses à apprendre. Je ne comprends pas pourquoi un élève sait appliquer le théorème de Pythagore alors qu’il a du mal à faire une réduction de 20 %. Je ne comprends pas pourquoi certains se révoltent contre l’enseignement alors qu’il faudrait l’aider. Je ne comprends pas pourquoi nos politiciens abordent uniquement le nombre de profs ou les zones prioritaires alors qu’il y a un tas d’autres questions à répondre. Je ne comprends pas pourquoi le ministre de l’éducation n’a jamais été prof alors qu’il doit les diriger. Je ne comprends pas pourquoi l’école doit dire amen à tout alors qu’elle doit soit disant les former. Je ne comprends pas pourquoi certains élèves ne pourraient pas partager leurs compétences musicales ou autres… Je ne comprends pas pourquoi l’élève n’aime pas l’école alors qu’il y passe ses journées.
Je ne comprends pas pourquoi autant de profs démissionnent ou font un burn-out alors qu’il faudrait se battre.
En fait … Si je comprends.
Je comprends pourquoi …
Je comprends que le jour où l’élève sera considéré comme unique et non plus 1/36ème on aura la capacité de le faire évoluer.
Je comprends que le jour où tout le monde travaillera pour faire évoluer l’enseignement on progressera.
Je comprends que le jour où l’enseignant ne sera pas pointé du doigt pour une broutille mais soutenu pour son travail, le système éducatif évoluera.
Je comprends que notre école va mal et qu’elle doit évoluer alors que nous avons tous les acteurs pour réussir.
Je comprends que le métier d’enseignants fasse aussi peur aujourd’hui …
Mais je comprends que des centaines de milliers d’enseignants font un travail super chaque jour et qu’il ne faut surtout rien lâcher !
Et je comprends également que nos jeunes sont les principaux acteurs de demain et qu’il faut les aider à avancer.

N.R. 

N’hésitez pas à répondre à N.R. sur sa page:

Coup de gueule d'un enseignant. Comment est-ce possible que l'on puisse sacrifier aujourd'hui notre jeunesse. Je ne…

Publié par Niko Las sur lundi 3 avril 2017

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Pause déjeuner studieuse avec des professeurs de lycée et Jean-Michel Blanquer pour faire le point sur la rentrée et la suite !

Publié par Emmanuel Macron sur jeudi 14 septembre 2017

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