Monsieur le président….

Par anonyme

« Monsieur le président,
Cela commence comme le célèbre poème de Vian, auquel je fus initiée – j’en garde un souvenir ému – par Mr Luciani, professeur de français au collège de la région parisienne qui m’accueillit comme élève. 

L’ecole, j’y suis encore, 35 ans après, mais ce ne sont pas les Lettres qui ont eu ma préférence -quoique ce fut mon deuxième sujet de prédilection -mais la langue de Shakespeare, dont je tombai amoureuse en découvrant les Etats-Unis. 

Mais je n’ai pas décidé d’ecrire cette lettre pour vous raconter ma vie, même si vous donnez l’apparence d’un homme capable d’ecoute, ce qui une des raisons pour lesquelles j’ai décidé de vous adresser ce message.

Voilà donc quelques mois que vous êtes notre président, et les nuages commencent à s’assombrir au-dessus de nos têtes, à nous, enseignants. C’est devenu une sorte de rituel de s’en prendre à l’ecole et à ses représentants, pour, d’une part, faire des économies, et, de l’autre, plaire aux esprits chagrins et jaloux qui lorgnent sur nos congés. On parlé de gel du point d’indice, de gel du nombre de fonctionnaires, de réforme du baccalauréat avec certaines matières  » élues » à l’epreuve finale et d’autres au contrôle continu, on parlé d’allonger notre temps de travail, de réduire nos vacances…la chasse aux sorcières, qui ne s’est jamais vraiment interrompue, reprend.
Laissez-moi vous peindre un rapide tableau de notre métier, que j’exerce depuis 25 ans, depuis que j’obtins le couronnement de ma passion pour l’anglais : la sacro-sainte agrégation.

D’abord, des années difficiles, et qui le sont encore bien plus pour mes jeunes collègues qui débutent aujourd’hui, puisque les incivilités ont poussé sur le terreau de la crise, de la baisse des exigences, de la fuite de certains parents devant leurs responsabilités éducatives, de la dégradation de l’image des enseignants au gré des coups de canif des différents gouvernements…

Puis, enfin, une certaine stabilité et des conditions d’enseignement convenables, de vraies rencontres avec des élèves et des collègues que l’on garde dans son cœur. 
Et puis, les problèmes reviennent, mais pas les mêmes : les heures d’enseignement se réduisent comme peau de chagrin ( enseigner une langue en 2h 1/2, voire 2 h par semaine, vraiment ???), le dernier arrivé de l’equipe pédagogique va devoir enseigner dans un 2eme établissement, parfois éloigné, les effectifs augmentent ( enseigner et évaluer à l’oral une classe de 30 élèves, vraiment ???), des nouvelles modalités obligent les professeurs de langue à organiser eux-mêmes des évaluations de compréhension et d’expression orale, requérant des heures de travail supplémentaires pour lesquels ils ne seront bien sûr pas rémunérés, les tensions se développent entre professeurs pour toutes ces raisons… parallèlement, de plus en plus d’eleves démotivés arrivent au lycee car les places manquent dans les sections professionnelles, la tâche se complique encore car il faut essayer de s’adapter à leur niveau, souvent très bas, sans sacrifier les quelques élèves motivés et sérieux, qui ont, eux, un bon niveau… mission impossible, épuisante, attristante. Pour couronner le tout, l’enseignant, dans la plupart des cas, se sent bien solitaire car, entre lui et les parents, l’administration a souvent bien vite choisi. Il ne lui reste plus, alors, que le soutien de ses collègues et de sa famille. 

Pour preuve du desarroi des enseignants, la difficulté de l’etat à recruter et à conserver ses enseignants, le nombre croissant de démissions…le dernier attrait de cette profession mal traitée et mal aimée, ce sont les vacances si jalousées mais si nécessaires pour se reconstruire entre 2 années scolaires. Qu’en sera-t’il alors si elles sont amputées ? Qui voudra encore faire ce métier souvent ingrat et épuisant ?

Et pourtant, n’est -elle pas à la base de tout, cette école ? Pourquoi toujours la sacrifier ? En ces temps violents et désespérés, ne faudrait-il pas plutôt lui donner les moyens de faire valoir les règles et la discipline nécessaires à la vie en société, lui permettre d’avoir des exigences envers les élèves, lui donner les moyens de donner un vrai bagage à chacun d’entre eux ? Ne voyez-vous pas une corrélation entre le mal que l’on a fait à l’ecole et l’etat de la société aujourd’hui ?

Je crois trouver en vous un homme de raison qui a plus à coeur de faire avancer son pays que de porter le coup de grace a l’ecole pour economiser quelques sous et faire plaisir aux esprits jaloux-qui gagnent souvent plus d’argent que les enseignants qu’ils decrient.
Cordialement »

monsieur le président

Cherchez l’erreur

Texte de Seb Bridge pour le Café pédagogique reproduit ici avec son aimable autorisation.

 Le débat est ouvert (désolé pour les tournures de phrases parfois discutables). Je file… Que les recalés ne s’inquiètent pas ils seront contractuels pour moins de 1400 euros par mois. Ou alors vacataires et non rémunérés pendant les vacances. On les verra défiler et il faudra leur expliquer la chanson, le métier (pour les débutants), jouer les tuteurs officieux, leur passer des cours (ce qui ne me pose aucun problème). Et finalement constater les effets néfastes sur les élèves qui sont soumis malgré eux à cette valse des enseignants… C’est PITOYABLE.

Dans le privé si tu as un poste à pourvoir et que les candidats ne te satisfont pas comment réagir ?

1/ Proposer une rémunération supérieure (ce n’est pas dans l’air du temps)

2/ Accepter un candidat qui ne valide pas tous tes critères (il faudra bien quelqu’un dans tous les cas)

3/ Ne pas pourvoir le poste et compenser (Heures sup encore faut-il que les autres employés acceptent, travail supplémentaire du chef d’entreprise : jusqu’à preuve du contraire les chefs d’établissement n’assurent pas les cours).

4/ Se tourner vers l’intérim et multiplier les CDD. Cette dernière option semble plus flexible mais elle a des effets plus vastes sur la vie de l’entreprise…. Voici ce que je pense comme la plupart de mes collègues : Reconnaissance, fidélité, respect sont souvent les maitres mots pour envisager de construire un projet solide et pérenne.

Une collègue qui vient de réussir le concours s’étonne que seuls 80 postes sur 91 ont été pourvus. Ma réponse : 11 personnes non stagiaires donc 11 personnes qui potentiellement ne signeront pas un CDI pour 35 ou 40 ans. 11 tuteurs à trouver à moins (qui coûtent 5000 euros bruts par an à l’Etat), 11 primes de titularisation en moins à verser, 11 personnes en moins à accueillir à l’ESPE.

Contractuels ne vous inquiétez pas, on a tout prévu pour vous. Des formations flashs en 12h (en supposant que les inspecteurs parviennent à vous détecter).

Promettre 91 postes et n’en pourvoir que 80 c’est faire croire que les postes sont accessibles c’est dire à la société civile qu’on veut recruter des enseignants pour leurs enfants mais que malheureusement les personnes qui se présentent semblent (je dis bien semble…) incompétentes. Malgré tout, on proposera un contrat temporaire à ces mêmes personnes. Cherchez l’erreur.

Une collègue contractuelle vient d’avoir un avis très favorable de la direction et de l’inspecteur suite à l’année qu’elle a passé parmi nous. Elle a prouvé l’étendue de ses compétences. Je peux sans me tromper dire qu’elle est l’enseignante qu’il faut à nos élèves. Mais elle a consacré beaucoup de temps à son activité pro et elle a échoué de peu au concours. Elle reste donc une simple contractuelle tout aussi compétente que n’importe quel stagiaire mais qu’on pourra déplacer à volonté. Elle a eu le droit au traditionnel « peut-être à la rentrée ». Elle aura la réponse le 4 septembre quand la pré-rentrée aura eu lieu. Et comme si ça n’avait aucune incidence sur l’ambiance dans les établissements et aucun effet sur les élèves.

Ou comment déshabiller Pierre pour habiller Paul !

Par RSS Bègles

Plusieurs écoles en Seine-Saint-Denis, dans le Rhône, le Var ou encore en Seine-et-Marne ont décidé de faire grève pour protester contre la réduction du nombre d’élèves en CP et CE1 dans les REP. Déjà, ces dédoublements ne concernent plus que les CP dans les REP+ alors que les engagements tenaient sur les CP ET les CE1 en REP+ ET en REP ! De plus, la baisse des effectifs en REP+ a pour conséquence l’augmentation des effectifs hors REP+ ! Ou comment déshabiller Pierre pour habiller Paul !


En effet, pendant que le ministre nous fait de beaux discours, notamment sur le dédoublement des classes de CP en REP+, il faut trouver des enseignants pour mettre en place ce dispositif alors ses services dépouillent les autres secteurs en fermant des classes à tour de bras pour réquisitionner des enseignants, faisant monter les effectifs jusqu’à 36 élèves par classe dans celles qui restent (http://www.lalsace.fr/…/2017/06/07/on-n-est-pas-des-sardines) !
Rappelons qu’il y a eu 15.000 départs d’enseignants à la retraite en moyenne par an ces dernières années (chiffre du MEN). Sur le dernier quinquennat il y aurait eu environ 50.000 postes crées (54.000 – les démissions) pour 75.000 départs en retraite (5 ans X 15.000 départs par an), soit la suppression de 25.000 postes (75.000 – 50.000) ! Déjà, sous le quinquennat de M. Sarkozy ce sont 80.000 postes d’enseignants qui avaient été supprimés !
Et d’après son programme, M. Macron prévoit « à l’échelle du quinquennat, de créer entre 4 000 postes et 5 000 postes » pour 75.000 nouveaux départs en retraite soit une suppression de 70.000 postes en 5 ans ! Voilà pourquoi on ferme des classes à tour de bras, que les remplacements ne sont plus assurés et qu’il y a de plus en plus de contractuels non formés ! OUVREZ LES YEUX !! 5 ans d’enfumage médiatique ne vous ont-ils pas encore vacciné ? 

départ retraite

« 15.000 départs d’enseignants en retraite par an » : Voir RERS 2016, chapitre 9.19, graphique 4, page 307 : http://cache.media.education.gouv.fr/…/depp_rers_2016_61497…


( Sources : « 4.000 à 5.000 postes créés sous le quinquennat Macron » : Voir programme éducation de « En Marche ! », « Objectif 2 », première mesure, 2ème point : https://en-marche.fr/emmanuel-macron/le-programme/education )

Création de 2500 postes pour l’éducation prioritaire

Afin de mettre en oeuvre sa mesure « 12 élèves en CP », Jean-Michel Blanquer vient d’annoncer la création de 2500 postes pour l’éducation prioritaire.

éducation

 

Seulement voilà, il y a eu trop de précipitation dans l’annonce de la mise en place des « 12 élèves/ CP ». On manque d’enseignants formés  et aptes à enseigner.

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Toutes les places aux précédents concours, y compris à celui exceptionnel de l’académie de Créteil n’ont été pourvues. Certaines académies sont tellement en manque d’enseignants qu’elles refusent les exeats et les temps partiels.La crise du recrutement est belle et bien là et le dispositif PDMQDC va en faire les frais, dans une moindre mesure selon le ministère.

Cette mesure va dans le sens de la grève des enseignants de Seine-Saint-Denis qui réclament plus de profs  et pas moins  d’élèves. Selon eux,  la réforme «100% de réussite au CP», mesure phare du programme de Macron, dont la mise en oeuvre dans le département dégraderait selon eux les conditions d’apprentissage en plus de défavoriser les autres niveaux, qui faute de personnel ne pourraient plus bénéficier du dispositif PDMQDC.

Sans compter que bizarrement, silence radio sur la revalorisation des primes REP+ (alors que cela aurait pu aider au recrutement), autre mesure phare de la campagne d’Emmanuel Macron….

 

Modification des concours de recrutement du second degré

Quatre arrêtés publiés au J.O. du 2 mai 2017 modifient les épreuves de recrutement de certaines disciplines du second degré.

Les disciplines concernées sont  les arts plastiques et l’éducation musicale, les PLP lettres et maths, les professeurs d’EPS, ceux de sciences industrielles de l’ingénieur.

Les CAPES et autres CAPLP, CAPET et CAPEPS ne sont pas les seules touchés. Les agrégations de philosophie, maths et langues vivantes font aussi l’objet de mise à jour. Vous pouvez accéder à chaque arrêté en cliquant sur le lien ci-dessus  correspondant au concours qui vous concerne.

 Des modifications mineurs sont apportées en langues régionales et physique chimie.

Tous ces changements sont applicables en septembre 2017.

 

 

Création d’une agrégation en langue régionale

Dans le BO du 23/03/2017, le MEN officialise la mise en place d’agrégation pour les langues régionales suite à la modification de l’arrêté sur l’organisation des sessions de l’agrégation.

L’arrêté  du 15/03/2017 donne des détails sur la mise en place de l’agrégation. Les premiers concours d’agrégation auront lieu dès la rentrée 2018 et proposeront les options suivantes : le breton, le corse et l’occitan. La seconde session se tiendra l’année suivante pour les options des langues basque et catalane. Les sessions suivantes concerneront aussi le créole et le tahitien.

Cette avancée notable pour la valorisation et la reconnaissance des langues locales n’est hélas pas à l’ordre du jour pour la documentation.

Report des épreuves annulées CAPES pour causes d’intempéries en Nouvelle-Calédonie

Les épreuves écrites de tous les concours (CAPEPS externe, CAPET externe Arts, CAPLP externe, public, privé, 3e concours)  du mardi 11 avril  2017, annulées en raison des intempéries en Nouvelle-Calédonie , sont reportées aux dates suivantes :

24 et 25 avril 2017 aux mêmes horaires que ceux prévus les 10 et 11 avril.

Chaque candidat recevra une nouvelle convocation.

Cette décision concerne l’ensemble du territoire, métropole et outre-mer, pour garantir l’équité entre les candidats aux concours. Selon le MEN, 24 222 candidats sont concernés par ces décisions de report.

(Source : MEN 

Nouvelle Calédonie : report de l’écrit du CAPEPS et CAPLP

Compte tenu des problèmes climatiques en Nouvelle Calédonie (cyclone), nous avons eu l’information du report de l’écrit 1 du CAPEPS et du CAPLP. La nouvelle date ne nous a pas été communiquée. Nous le saurons sans doute demain…

C’est sur le site du gvt:

http://www.education.gouv.fr/cid115478/report-de-toutes-les-epreuves-ecrites-des-concours-prevus-lundi-10-avril-2017-en-raison-des-intemperies-en-nouvelle-caledonie.html