Quelle école voulons-nous ?

Par Neiluj Nahra

« Bonjour à toutes et tous,
La semaine dernière, un sondage était en ligne sur la page, pour donner son avis sur le retour à la semaine de 4 jours et suivant quelles modalités.
J’avais commenté ce sondage en disant que je n’étais pas d’accord avec la formulation, car le débat autour des rythmes est pour moi un faux-débat. Si une personne avait trouvé ce commentaire « un peu virulent » (et je m’en excuse, ce n’était absolument pas le but, bien au contraire), d’autres m’avaient demandé de développer mes propos afin de nourrir le débat (ce qui était le but de mon commentaire). Étant pris depuis vendredi par les préparations de kermesses (celles de ma fille vendredi, celle de mon école samedi…) et depuis dans un état proche de la catatonie, je prends le temps d’écrire cela que maintenant. Ne retrouvant pas l’article (ni les notifications s’y référant), je suppose qu’il a été supprimé (pour des raisons qui m’échappent) et je publie donc cela dans un nouveau post. Désolé d’avance pour la longueur du texte, mais je n’ai pas su réduire. Bonne lecture, et place au débat! 😉

Si l’arrivée des hirondelles n’annonce pas toujours le printemps, l’arrivée d’un nouveau ministre de l’Éducation Nationale annonce forcément une nouvelle réforme. Nous nous apprêtons donc à vivre notre troisième changement de rythmes scolaires en 8 ans. Youpi ! Et surtout, comme d’habitude, notre parole comptera pour du beurre, car les finances des communes bien évidemment primeront sur l’intérêt des élèves et des enseignants.
Une fois encore, dans ce nouveau projet de rythmes scolaires, le problème n’est pas pris dans sa globalité.

La réalité de l’accueil des élèves en classe :
Tant que la qualité de vie scolaire des élèves au sein de la classe ne sera pas amélioré, peut importe les horaires de l’école, ce temps scolaire sera source de stress et de mal-être pour les élèves et les enseignants. Comment apporter à chaque élève le suivi et la bienveillance qui lui sont nécessaire, dans nos classes actuelles ? Les classes surchargées, l’inclusion d’élèves présentant de forts troubles d’apprentissages ou du comportement qui, même lorsqu’ils bénéficient de l’aide d’AVS, ne sont pas accueillis convenablement du fait du manque de disponibilité de l’enseignant, la recrudescence de la violence physique ou verbale du fait de la précarisation galopante des parents et de fait de leurs enfants qui, malgré la légende, ne laissent pas la violence sociale à la grille de l’école en entrant le matin, tout cela participe à un climat scolaire délétère, qui fait encore illusion grâce au dévouement et à l’implication du personnel enseignant. Mais à quel prix ? L’augmentation en flèche des démissions au sein de l’EN montre en tout cas que les limites commencent à être atteintes.

Les programmes scolaires intenables :
Depuis 2002, si les intitulés ont changé, si la philosophie d’approche des apprentissages a évolué, les contenus restent quand à eux quasiment inchangés. Pire, de nombreux ajouts y ont été faits. Or, depuis, nous sommes passé de 26 à 24 heures hebdomadaires. Lorsqu’à chaque rentrée nous regardons le volume horaire et le programme par matière à faire rentrer dans cette semaine à 24 heures, nous nous rendons compte de l’impossibilité du mécanisme. Le fait du ministère de ne pas y avoir inclus le temps de récréation par exemple (entre 1h30 et 2h par semaine quand même) ajouté au temps passé à faire de la régulation de classe en lieu et place d’enseignement (temps augmentant de façon exponentielle avec le nombre d’élèves de sa classe) font qu’il est quasiment impossible de faire tenir l’ensemble du programme dans son année scolaire (ou alors de manière superficielle, ce qui n’est bien évidemment pas une solution.). Inévitablement, nous nous retrouvons alors à faire des choix, trier ce qui est indispensable de ce qui l’est moins, avancer à marche forcée tout en sachant que certains ne suivront pas. A chaque nouvelle mouture de programmes, nous constatons toujours la même chose : contrairement à ce qui est répété en boucle, la place des « fondamentaux » est toujours énorme, et les ajouts de notions en constante augmentation. Et si nous changions de paradigme ? « Moins, mais bien » permettrait de revenir à l’essence de notre école républicaine à savoir la réussite de tous en assurant la possibilité à chacun de maîtriser une base commune avant le passage au niveau supérieur. Car ne nous y trompons pas : à l’exception de quelques cas notables, la réussite scolaire des élèves est étroitement liée à leur condition sociale. Et comme à l’accoutumée, les enfants issus des classes sociales élevées sont ceux qui peuvent suivre ce rythme intenable.

La réalité quotidienne des élèves :
Chaque enfant, dans sa famille, est contraint par les horaires de ses parents. Or, la réalité sociale montre que les parents qui ont encore la chance d’avoir un emploi sont soumis à de plus en plus de contraintes horaires pour assurer le travail non-fait résultant des diverses « coupes budgétaires » et « plans sociaux ». Un trop grand nombre d’enfants passe plus d’heures en collectivité qu’à la maison. D’autant que les élèves livrés à eux-mêmes ou aux grands-parents le week-end de par l’augmentation du travail du samedi et du dimanche est de plus en plus monnaie courante… Le nombre d’heures passées au quotidien face aux écrans, qui est le mode de garde et de « paix du foyer » le plus répandu, participe également à la détérioration des capacités de communication, de concentration et d’apprentissage des élèves. Comment dans ces conditions avoir des élèves disponibles, sereins, reposés ?

La quantité d’heures annuelles des élèves :
Si la semaine de 4 jours est effectivement la plus courte des pays de l’OCDE, la durée des vacances en France est tout à fait dans la moyenne. Par contre, nous sommes parmi les champions en terme de nombre d’heures à l’année ! Nous avons voulu en France, « calquer » le modèle sur 5 jours pratiqué dans de nombreux pays. Ce qui revient à 9 demi-journées travaillées par semaine. Le modèle Allemand par exemple, également sur 5 jours, ne comprends que 5 demi-journées, soit 2 journées de classe avec nos horaires actuels… En moyenne, les pays de l’OCDE ont entre 650 et 750 heures d’enseignement annuel. En France, nous sommes à 918 heures (source OCDE). Nous participons avec les États-Unis, le Chili ou en L’Indonésie à l’explosion de la moyenne OCDE. Si nous nous alignons sur nos voisins européens, c’est environ 160 heures annuelles qui devraient être enlevées. Soit entre 4 et 5 heures par semaine… Nous pourrions même faire travailler nos élèves 18h par semaine que nous serions encore dans une moyenne européenne… Avouez que la semaine de 5 jours, à raison de journées d’enseignement de 3h30 ou de 4 heures n’aurait pas généré autant de tensions ni de débats quant à la fatigue des enfants…

Un modèle social à construire :
Le débat autour d’une semaine à 4 jours ou 4 jours et demi est donc un faux débat. Nous devons interroger la place de l’école dans la société. Souhaitons-nous une école sur les modèles nordiques, mais au risque de sacrifier l’emploi des femmes comme c’est le cas en Allemagne ? Souhaitons-nous une école de la performance comme en Corée ou au Japon, mais au risque d’avoir des générations d’enfants sous pression et vivant le burn-out dès le plus jeune âge ?
Dans un pays comme le nôtre, avec notre devise républicaine, il paraît évident que l’avenir de notre modèle scolaire passe par un investissement massif pour l’enfance. Il est indispensable que le volume horaire hebdomadaire scolaire diminue. Que des activités, organisées dans un cadre national et par des professionnels formés, viennent compléter les apprentissages scolaires le reste de la journée de collectivité, et ce gratuitement afin de garantir une égalité des chances sur l’ensemble du territoire et sans pénaliser l’emploi des femmes. Il est indispensable d’encadrer nationalement l’effectif des classes, à un maximum de 20 élèves par classe, avec plus de maîtres que de classes, tout en renforçant les liaisons et les accompagnements avec les travailleurs sociaux du secteur afin de ne pas être isolé dans sa classe face aux difficultés.

La seule question qui s’impose est donc : « Quelle école voulons-nous ? »

Pour l’OZP, le dispositif PDMQDC doit être maintenu

Selon Marc Douaire, président de l’OZP (l’Observatoire des Zones Prioritaires), il est nécessaire que le dispositif Plus de Maitres que de Classes (PDMQDC) soit maintenu au moins jusqu’en 2019 et qu’il vienne en plus des 12 élèves par classe de CP/CE1 en REP+.

Pourquoi 2019 ? Parce que c’est à cette date seulement que ce dispositif sera évalué et qu’on pourra constaté ou non ses effets bénéfiques.

Les enseignants ont longuement hésité à partager leur classe avec quelqu’un d’autre, ces derniers se sont accaparés ce dispositif et peu souhaitent l’abandonner comme en témoigne la pétition circulant sur internet pour sauver ce dispositif.

A l’heure actuelle, il est question, pour arriver à ces effectifs réduits en CP/CE1,  de redéployer les enseignants du PDMQDC sur ces niveaux. Sauf que cela se fera au détriment des élèves en difficultés des autres niveaux.

La mise en place des 12 élèves par classe ne pose pas uniquement des problèmes en matière de ressources humaines mais également du point de vue matériel : toutes les écoles n’ont pas la place nécessaire pour accueillir ces dédoublements. La solution la plus sage serait alors d’appliquer le PDMQDC à tous les classes de CP/CE1. Ainsi toutes les parties seraient satisfaites.

Le programme éducation de tous (enfin presque) les candidats officiels à l’élection présidentielle

Hier, nous vous proposions la lettre de Jean-Luc Mélenchon à destination des enseignants.

Et afin que vous puissiez continuer le travail de comparaison des programmes éducation des différents candidats, voici  leurs programmes.

En décembre, Benoit Hamon avait livré son programme pour l’éducation.

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Le livret complet consacré à l’école de Jean-Luc Mélenchon est disponible ci-dessous.

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Quand à François Fillon voici ses propositions :

 

Et voici disponible ci-dessous le programme éducation d’Emmanuel Macron

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et Marine Le Pen

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Et nous n’oublions pas les « petits candidats » (Du moins ceux qui  ont présenté leur programme éducation) :

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