Par Niko Las

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Par anonyme

“Monsieur le président,
Cela commence comme le célèbre poème de Vian, auquel je fus initiée – j’en garde un souvenir ému – par Mr Luciani, professeur de français au collège de la région parisienne qui m’accueillit comme élève. 

L’ecole, j’y suis encore, 35 ans après, mais ce ne sont pas les Lettres qui ont eu ma préférence -quoique ce fut mon deuxième sujet de prédilection -mais la langue de Shakespeare, dont je tombai amoureuse en découvrant les Etats-Unis. 

Mais je n’ai pas décidé d’ecrire cette lettre pour vous raconter ma vie, même si vous donnez l’apparence d’un homme capable d’ecoute, ce qui une des raisons pour lesquelles j’ai décidé de vous adresser ce message.

Voilà donc quelques mois que vous êtes notre président, et les nuages commencent à s’assombrir au-dessus de nos têtes, à nous, enseignants. C’est devenu une sorte de rituel de s’en prendre à l’ecole et à ses représentants, pour, d’une part, faire des économies, et, de l’autre, plaire aux esprits chagrins et jaloux qui lorgnent sur nos congés. On parlé de gel du point d’indice, de gel du nombre de fonctionnaires, de réforme du baccalauréat avec certaines matières ” élues” à l’epreuve finale et d’autres au contrôle continu, on parlé d’allonger notre temps de travail, de réduire nos vacances…la chasse aux sorcières, qui ne s’est jamais vraiment interrompue, reprend.
Laissez-moi vous peindre un rapide tableau de notre métier, que j’exerce depuis 25 ans, depuis que j’obtins le couronnement de ma passion pour l’anglais : la sacro-sainte agrégation.

D’abord, des années difficiles, et qui le sont encore bien plus pour mes jeunes collègues qui débutent aujourd’hui, puisque les incivilités ont poussé sur le terreau de la crise, de la baisse des exigences, de la fuite de certains parents devant leurs responsabilités éducatives, de la dégradation de l’image des enseignants au gré des coups de canif des différents gouvernements…

Puis, enfin, une certaine stabilité et des conditions d’enseignement convenables, de vraies rencontres avec des élèves et des collègues que l’on garde dans son cœur. 
Et puis, les problèmes reviennent, mais pas les mêmes : les heures d’enseignement se réduisent comme peau de chagrin ( enseigner une langue en 2h 1/2, voire 2 h par semaine, vraiment ???), le dernier arrivé de l’equipe pédagogique va devoir enseigner dans un 2eme établissement, parfois éloigné, les effectifs augmentent ( enseigner et évaluer à l’oral une classe de 30 élèves, vraiment ???), des nouvelles modalités obligent les professeurs de langue à organiser eux-mêmes des évaluations de compréhension et d’expression orale, requérant des heures de travail supplémentaires pour lesquels ils ne seront bien sûr pas rémunérés, les tensions se développent entre professeurs pour toutes ces raisons… parallèlement, de plus en plus d’eleves démotivés arrivent au lycee car les places manquent dans les sections professionnelles, la tâche se complique encore car il faut essayer de s’adapter à leur niveau, souvent très bas, sans sacrifier les quelques élèves motivés et sérieux, qui ont, eux, un bon niveau… mission impossible, épuisante, attristante. Pour couronner le tout, l’enseignant, dans la plupart des cas, se sent bien solitaire car, entre lui et les parents, l’administration a souvent bien vite choisi. Il ne lui reste plus, alors, que le soutien de ses collègues et de sa famille. 

Pour preuve du desarroi des enseignants, la difficulté de l’etat à recruter et à conserver ses enseignants, le nombre croissant de démissions…le dernier attrait de cette profession mal traitée et mal aimée, ce sont les vacances si jalousées mais si nécessaires pour se reconstruire entre 2 années scolaires. Qu’en sera-t’il alors si elles sont amputées ? Qui voudra encore faire ce métier souvent ingrat et épuisant ?

Et pourtant, n’est -elle pas à la base de tout, cette école ? Pourquoi toujours la sacrifier ? En ces temps violents et désespérés, ne faudrait-il pas plutôt lui donner les moyens de faire valoir les règles et la discipline nécessaires à la vie en société, lui permettre d’avoir des exigences envers les élèves, lui donner les moyens de donner un vrai bagage à chacun d’entre eux ? Ne voyez-vous pas une corrélation entre le mal que l’on a fait à l’ecole et l’etat de la société aujourd’hui ?

Je crois trouver en vous un homme de raison qui a plus à coeur de faire avancer son pays que de porter le coup de grace a l’ecole pour economiser quelques sous et faire plaisir aux esprits jaloux-qui gagnent souvent plus d’argent que les enseignants qu’ils decrient.
Cordialement”

monsieur le président

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Par C.

“Je suis PE à la Réunion. Il fait beau il fait chaud et je vais à la pla… Non! À un colloque sur l’éducation positive. Et ensuite préparation de séquence pour alimenter un paddlet ! Feignasse un jour feignasse toujours… Quand on aime on ne compte pas .réunion

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