Étiquette : professeur des écoles

Selon le psychiatre du travail Davor Komplita, nous assistons à la première pandémie psychiatrique de l’humanité. Le burn-out n’épargne personne : toutes les couches de la population et tous les métiers sont touchés.

Il est vrai que ce terme est régulièrement évoqué dans les médias et, malheureusement,  sur nos lieux de travail. Quid des professeurs ? Alors que dans l’imaginaire collectif, les enseignants travaillent peu, comment le burn-out est-il reconnu au sein de ce corps de métier et au-delà ?

 

Qu’est-ce qu’un burn-out ?

 Avant toute chose, soyons au clair sur la définition du burn-out. Un burn-out n’est pas une dépression.

Une personne dépressive se sent glisser et a conscience qu’elle ne va pas bien alors qu’une victime du burn-out ne reconnaît pas ses difficultés, même si son entourage la met en garde.

La dépression génère un état déprimé permanent tandis que le burn-out entraîne des sautes d’humeur et une irascibilité extrême.

Le temps qui semble interminable en cas de dépression, est ce qui manque le plus à une personne victime de burn-out : cette dernière court constamment après lui pour accomplir ce qu’elle a à faire.

Burn-out et dépression s’opposent aussi au niveau hormonal. Le cortisol, une hormone du stress, est produit en très grande quantité chez les personnes dépressives tandis que les personnes qui souffrent du burn-out en produisent trop peu.

Notons tout de même que l’état de fragilité extrême provoqué par un burn-out peut faire remonter une dépression latente.

Enfin, finissons-en avec les préjugés : les personnalités fortes, psychologiquement équilibrées, perfectionnistes, très investies et bien sûr jamais malades, se trouvent dans les premiers rangs des victimes de burn-out.

Enseignant : une profession très exposée

Connaissez-vous la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (ou DEPP) ? C’est un service statistique chargé d’évaluer les politiques conduites par le ministère de l’Éducation Nationale. Deux de ses membres ont comparé l’exposition aux risques psychosociaux des enseignants et des cadres. (On entend par « risques psychosociaux », des risques pour la santé mentale, physique et sociale incluant notamment le burn-out.)

Résultat : les enseignants sont davantage exposés à ces risques que les cadres.

Comment l’expliquer ? Cette étude pointe l’isolement des professeurs et le manque de soutien hiérarchique tandis qu’un rapport du médiateur de l’Éducation Nationale indique : « L’hétérogénéité des classes, l’insuffisante préparation à aborder des publics divers, l’introduction d’autres modes de transmission des savoirs brisant un monopole plus que séculaire, des relations tendues avec des parents, une formation qui n’a pas préparé à des pratiques qu’imposent les évolutions pédagogiques nécessaires et une considération négative du métier portée par des citoyens et relayée par des médias, fragilisent de plus en plus d’enseignants. »

Alléluia, les hautes instances de l’Éducation Nationale savent que nous exerçons un métier difficile ! Me voilà rassurée ! Mais sur le terrain, comment  cela se passe-t-il ?

(Par souci de confidentialité, les prénoms ont été changés.)

Pour rédiger cet article, je me suis entretenue avec des enseignants victimes de burn-out. Les profils sont variés : jeunes enseignants, profs en milieu de carrière ou à quelques années de la retraite. Certains ont retrouvé l’envie d’enseigner tandis que pour d’autres, la reprise est plus difficile. Enfin, certains ont donné leur démission et exercent à présent un autre métier.

À l’image de Christine, enseignante en collège pendant 7 ans : « Je suis retournée sur les bancs de l’école et j’ai fait un bac pro en contrat de professionnalisation. (…) Je suis actuellement technicienne chez Renault. Je n’ai certes pas les vacances scolaires, mais je rentre chez moi l’esprit libre et serein. »

Les professionnels de santé ont encore beaucoup de mal à diagnostiquer le burn-out. Pour certaines personnes – médecins compris – « prof » et « épuisement professionnel » relève de l’oxymore…

Rose me raconte : « Mon médecin n’a pas du tout été capable d’évaluer mon état de fatigue et de dépression. Lorsque je lui ai demandé un arrêt de travail, j’ai eu 3 jours et un tube de Berroca. J’ai donc été hospitalisée d’urgence par ma psychologue qui m’a envoyée vers sa collègue psychiatre. »

Vincent me rapporte une certaine « incompréhension de la part de ceux qui n’étaient pas enseignants » et une « douce pression tintée d’inquiétude sincère » de la part de ses collègues et de sa famille dont beaucoup de membres sont profs.

Selon Catherine Vasey, psychologue suisse spécialisée dans le burn-out, le retour au travail est une étape cruciale pour la guérison : c’est là-bas que le patient retrouvera confiance en lui. Dans son cabinet, 8 patients sur 10 parviennent à reprendre leur poste. Ce chiffre est engageant ; il est important de rappeler qu’un burn-out ne sonne pas le glas d’une carrière et de son épanouissement professionnel. Ainsi, Agnès, professeur des écoles de 45 ans, a bénéficié d’un mi-temps thérapeutique à la fin de son arrêt maladie. Aujourd’hui, elle s’est rétablie et a repris son travail à plein temps.

Mais se pose tout de même la question des enseignants qui n’arrivent pas reprendre la classe dans des conditions normales. Quel changement de carrière envisager ? Avec quel accompagnement ? L’Éducation Nationale ne doit pas les oublier.

Certaines entreprises prennent très au sérieux cette recrudescence des burn-out : il n’est pas dans leur intérêt de perdre des salariés formés et motivés. L’Éducation Nationale doit faire de même. Alors qu’elle peine à recruter de nouveaux professeurs, elle ne peut se permettre une multiplication des arrêts longue maladie et des demandes de démissions.

Il est urgent d’œuvrer aux bonnes conditions de travail des enseignants! Quelles sont vos propositions ?

par Laure (apreslaclasse.net)

 

 

 

 

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Aaaaaaaaaargh!! J’en ai marre!!! 😵😵😵

Ce soir je craque!
Depuis le 9 octobre (en comptant donc les vacances!) Je me suis tapée 4 réunions parents/profs de 17h à 20h30 en moyenne ( il m’en reste 2 à faire encore..), 10 conseils de classe ( sur 18), un atelier bénévole chaque semaine, et 5 réunions pédagogiques diverses, quelques heures au téléphone avec des parents d’élèves. Je passe évidemment sur les 18 classes évaluées plusieurs fois et je ne pense même pas aux appréciations pour 18 classes + celles du prof principal à saisir pour dans 10j…
C’est plus un métier….

par Sarah V.

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PES qui démissionnent

Ces PES qui démissionnent dès la Toussaint :
pas fait pour ce métier ou pas formé à ce métier ?

 

Sur les groupes Facebook destinés aux professeurs des écoles stagiaires (PES), une question revient régulièrement : à qui doit-on envoyer sa lettre de démission ?
Moi-même jeune enseignante, je sais que les débuts peuvent être difficiles mais j’ai été surprise de constater que des jeunes collègues envisagent de démissionner dès le début d’année. Comment peuvent-ils en arriver là après avoir fait tant d’efforts pour passer le CRPE ?
Pour comprendre, j’ai engagé la conversation avec plusieurs d’entre eux via les réseaux sociaux.
Si les parcours sont différents, des constantes se dégagent.

Une formation incomplète

A la rentrée, les PES font leurs premiers pas dans les salles de classe et de nombreuses questions émergent : comment obtenir l’attention des élèves ? Comment différencier ? Comment préparer son cahier-journal ?

Les cours de l’ESPE leur paraissent bien éloignés de leurs préoccupations immédiates. Ainsi, J. explique :
« La semaine de pré-rentrée de l’ESPE ne m’a pas aidée du tout. En gros, j’ai eu un rendez-vous de 20 minutes avec ma tutrice qui m’a dit si mon cahier journal de la semaine de la rentrée convenait ou pas. Sauf que la réalité est bien différente. On ne nous parle jamais de la gestion de classe. »

Sarah ajoute : « Ici, nous avons eu 2 jours de préparation de classe à l’ESPE avant la rentrée mais au lieu de nous montrer une semaine-type de rentrée, afin de nous focaliser sur la posture, on nous a donné de vagues propositions et rien de très construit. Finalement on nous a demandé d’inventer une journée-type en Grande Section sans même savoir à quoi ressemble un élève de maternelle.»

« L’accent est mis exclusivement sur les fiches de prép, le reste, on en parle très peu. Si la fiche de prép est bonne, le reste devrait passer. Mais la réalité n’est pas si simple. »

Il n’est pas question de remettre en cause l’intérêt des cours didactiques de l’ESPE. Cependant, il est regrettable que la gestion d’un groupe-classe n’y soit pas abordée. Pourtant mener une réflexion sur les routines scolaires est essentielle : comment mettre les élèves en rang ? Comment gérer l’entrée en classe ? Quelles routines mettre en place au début de l’année ? Ces questions font partie du métier de professeur des écoles et ont leur importance pour mener à bien les apprentissages.

S’ajoute parfois le sentiment de recevoir des conseils contradictoires…

Des conditions parfois difficiles pour débuter

Anaïs a été affectée dans une classe difficile de CE2 en REP : « Peu après la rentrée, je devais gérer tous les jours un élève qui faisait des crises jusqu’au jour où celui-ci m’a frappé. Quand il y a un enfant à problème ça va, mais quand il y en a 8, c’est ingérable. Le directeur que je déchargeais demande chaque année à ne pas accueillir de PES dans son école car il sait que c’est un environnement très difficile pour commencer. »

Beaucoup d’efforts pour peu d’effets…

« La charge de travail est juste dingue » m’explique Marine. En effet, selon une enquête du syndicat Snuipp-FSU réalisée cette année, le temps moyen de travail d’un PES serait de 48h51 par semaine.

Il n’est pas aisé pour les jeunes enseignants de trouver un équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle.

« Quand je vois le temps passé à préparer… Je sais que ça va mieux avec le temps mais je suis tellement perfectionniste et exigeante avec moi-même que j’ai du mal à penser à autre chose. » (J.)

Préparer la classe est extrêmement chronophage ; ce constat est d’autant plus vrai en début de carrière. Cet investissement n’est pas toujours valorisé par les tuteurs lors des visites en classe.
« Ma tutrice est de bon conseil mais je la trouve très exigeante. J’ai trouvé son rapport de visite très négatif. Par exemple, lors de sa venue, j’avais différencié 2 des 3 ateliers de la matinée. Mais dans ses notes, elle est restée focalisée sur le 3ème atelier qui n’avait aucun différenciation. Finalement je vois les visites comme des sanctions et non comme des aides. » (J.)

« Si ma tutrice avait été moins exigeante et m’avait laissé plus de temps, je me serais sentie mieux. » (Marina)

Cela dit, n’allez pas croire que tous les PES démissionnaires ont été découragés par les tuteurs et les conseillers venus les observer. Car c’est la difficulté à gérer le groupe-classe qui mine peu à peu la confiance en eux des jeunes enseignants.

« On se défonce pour préparer nos séances mais on n’arrive pas à les mettre en pratique en classe. C’est démoralisant. »

« Comme on n’est pas tellement fourni niveau séquence, on se disperse à chercher tout et n’importe quoi et on ne se concentre pas du tout sur un autre aspect important de notre boulot : le positionnement, la posture. » (Sarah)

La désillusion

Parmi les PES démissionnaires interrogés, certaines étaient en reconversion professionnelle et ont tout simplement décidé de reprendre leurs anciennes activités.
« J’ai pesé le pour et le contre. J’ai préféré revenir à mon ancien métier qui offre de bien meilleures conditions de travail. Professeur des écoles est un super métier, mais dans les conditions actuelles, moi je n’y ai pas trouvé ma place. » (Marina)

Pour conclure

Le nombre de démissions des PES a triplé dans le primaire en quatre ans. (pages 36-37 de ce rapport du Sénat).
Certains penseront que ces PES n’étaient pas fait pour devenir enseignant. Je ne suis pas de cet avis. D’ailleurs, les PES avec lesquels je me suis entretenue n’ont pas tenu ce genre de propos.
Enseigner reste et restera toujours un métier difficile. Toutefois je reste convaincue que des actions peuvent être entreprises pour faciliter l’entrée dans le métier des jeunes enseignants. Et vous ?

par Laure (apreslaclasse.net)

 

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Par A.G

Parfois il est bon de rappeler que: de 2 ans à quasi-plein-temps, la formation initiale des instituteurs est passée à celle des PE en IUFM, puis en ESPE , en alternance sur 2 ans puis sur 1 an, et maintenant à une classe en responsabilité en alternance de cette formation sur moins d’un an au final.formation 2

En parallèle de ceci, la formation CONTINUE a totalement disparu, les formations pour les enseignants spécialisés des RASED (qui sont en train de disparaître) sont passées de +700h à – de 350h, toutes options confondues voire moins dans certaines académies. 

Sur toutes ces questions, quand on parle de mobilisation passée et à venir, on réalise que ça ne mobilise finalement pas du tout la profession dans son ensemble, mais principalement les collègues directement concernés et souvent +/- l’année où ils sont touchés…et que tout le monde admet faire “sans” le reste du temps… et donc, là les critiques sans fin de tous les autres éléments insupportables d’effectifs/de contenus des programmes /de mise à jour diverses des sujets qui fâchent au sein de la société :

  •  de la bienveillance indispensable
  • des relations avec les parents
  • de l’existence de notes ou pas
  • des non-remplacements
  • des vacations en augmentation
  • de fermetures
  • des budgets
  • de l’entretien
  • des AVS/MDPH

Des manques cruels en tous genres, etc etc… ne sont que des éléments de + qui empoisonnent notre quotidien, notre métier et l’avenir scolaire de tous nos élèves, l’école publique en général…on fait avec? On continue jusqu’à la territorialisation des PE ?… on est quand même assez nombreux pour se faire entendre, non? combien de métiers qui prennent en charge les humains se passent de formation digne de ce nom?

 

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Par C.

“Bonjour à tous.
J’ai 32 ans et je suis PE depuis 5 ans. Je ne me suis jamais sentie aussi seule que depuis que je travaille pour l’EN… Ressentez vous la même chose ?

J’adore mon travail c’est évident mais travailler 50 heures par semaine même pendant les vacances, je n’en peux plus. J’ajoute que je n’ai pas de vie de famille, je vis seule et avec tout ce travail comment est ce possible de construire une vie à côté ?

Je corresponds donc parfaitement au stéréotype de l’institutrice des années 40 qui doit donner sa vie à l’instruction des enfants…
Y-a-t’il des personnes comme moi ou suis je vraiment la seule feignasse à “gâcher” ma vie pour mon travail ?
Merci pour vos réponses.
Bonne journée à tous.”

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(Texte trouvé sur le site Mediapart et datant de 2014).
Un collègue au bord de la rupture à un an de son départ à la retraite. 
“Monsieur l’Inspecteur, vous me prévenez par courriel d’une inspection imminente. Je sais que vous êtes en droit de venir vérifier si j’exerce convenablement ma fonction et c’est bien là ce qui me gêne en l’étrange situation où je me trouve. Je ne puis accepter d’être jugé sur un travail que je ne fais pas comme il se devrait et je me vois contraint de vous refuser ma collaboration. Je complète mon mail sibyllin par une missive plus explicite sur les raisons de mon refus actuel.
Je ne fais pas classe ;je gère au jour le jour un groupe totalement déstructuré, perturbé par des années de dérives disciplinaires et fracassé par l’intrusion de la justice dans son environnement. Chaque jour naissent des conflits, des histoires, des crises qui submergent les esprits et éloignent ces jeunes des préoccupations scolaires.
Je n’enseigne pas : je joue un rôle d’éducateur qui cherche à calmer le jeu, qui donne à comprendre la loi et la règle, qui modère les propos, qui adoucit les querelles. Je régule, je pondère, je calme et je ne fais pas cours comme il est prévu que je devrais le faire . C’est ainsi, et j’avoue que ce programme m’épuise et m’use au-delà de ce qui est supportable.
Avec eux , j’ai depuis longtemps renoncé à coucher sur le papier une de ces préparations modèles que vous préconisez. Je viens avec quelques idées en tête, des supports en réserve et je juge de leur état. Parfois, il est possible de s’écouter et d’échanger dans le calme. Nous avançons sur des sujets qui sont plus des activités que des cours. Il faut survivre au jour le jour, et ce n’est pas, je le suppose , ce que vous venez constater …
D’autres fois, c’est l’effervescence, le désordre le plus total. Les élèves ne s’écoutent plus ; ils sont plongés dans leurs difficultés psychologiques et la classe est en ébullition. Je sais que vous êtes venu inspecter une collègue: durant une heure, ils vous ont montré un visage apaisé car ce ne sont pas des monstres ; ils savent se montrer dignes et respectueux quand les circonstances l’imposent de manière parfaitement artificielle.
Je ne souhaite pas me prêter à ce jeu : il ne correspond pas à la réalité du quotidien. À quoi sert de vous leurrer en vous donnant à juger une réalité qui n’est pas la nôtre ? J’ai passé l’âge, à un an de déposer mon tablier, de vous faire des grimaces. Sanctionnez-moi mais ne me jugez pas sur un mensonge.
Je ne vais pas inventer de jolis documents alors que mes chers élèves ne rangent rien, égarent les feuilles ou les détruisent au sortir de la séquence. Je ne vais pas vous parler de progressions quand il faudrait, hélas, évoquer plutôt le récit de quelques escalades périlleuses si ardues à gravir au quotidien.
Ce n’est pas le métier d’enseignant que j’exerce cette année mais tout autre chose, et je pense le faire de mon mieux en ayant même réussi quelques belles activités. Hélas, chaque jour, il faut remettre en cause ce qui a été obtenu la veille ; il faut maintenir un équilibre qui peut se rompre à tout moment. Je n’ai pas besoin que vous veniez me faire le reproche d’être bien loin des obligations de ma charge. C’est ainsi ; je me contente de travailler sur le groupe en demandant aux enfants de réfléchir à ce qu’ils sont, à ce qu’ils font et aux moyens d’envisager des lendemains plus sereins.
Monsieur l’Inspecteur, je ne suis pas en état de vous recevoir pour vous présenter un pauvre simulacre d’enseignement modèle. Vous allez juger ma démarche cavalière et irrévérencieuse, je vous l’accorde. Elle s’inscrit cependant dans un souci de clarté et d’honnêteté. Je vis une année comme jamais je n’en ai vécu et j’estime que le moment n’est absolument pas propice à vous rendre compte d’un travail que je ne parviens pas toujours à faire selon les canons de votre administration et de ma fonction.
Autant être clair et conséquent. J’estime avec ce groupe, avoir atteint mes limites et j’en ai pleinement tiré les conséquences. Je viens de demander ma mutation car il est hors de question de poursuivre avec eux une aventure qui me laisse sans ressources et sans motivation . Aller à leur rencontre est un effort qui demande trop d’énergie en regard des résultats obtenus. J’ai échoué et le reconnais bien volontiers.
Je vous serais reconnaissant de ne pas venir ajouter à la honte et au désespoir que je vis chaque jour, vos remarques inévitables : elles ne seraient que vinaigre sur une plaie. Je n’en ai nul besoin pour connaître la triste réalité du moment. Je vous prie donc de surseoir à cette inspection afin de ne pas me contraindre à la falsification et au faux-semblant. Vous pouvez tout aussi bien me sanctionner en me déplaçant immédiatement de cet endroit charmant ; ce ne serait certes pas très sympathique pour le collègue qui prendrait la place. Mais je m’en remets à votre décision et ne vous fermerai jamais la porte car elle demeure ouverte à tous.
Acceptez mes salutations
Administrativement vôtre.”

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