Demain, je serai en grève.

J’entends déjà le citoyen lambda : “Aaaaaahhh… Ces fonctionnaires, jamais contents ! Pfff… Avec tous leurs avantages, ils n’ont pas honte !”
Oh que non, je n’ai pas honte de défendre l’école publique !! J’ai choisi de perdre une journée de salaire pour dire ma colère…
Ma colère à propos des suppressions de postes annoncés, et de la surcharge des classes, pour recruter en plus petit nombre et à moindre coût des contractuels non formés au MÉTIER d’enseignant. Car oui, enseigner, ça s’apprend… Qui irait se faire couper les cheveux chez un coiffeur sans formation ? Personne. Pourtant, confier ses enfants à un enseignant pas formé tend à devenir la règle et cela ne gêne personne ?
Ma colère de voir des enfants en situation de handicap toujours en attente de leur AVS à 1 mois et demi de la fin de l’année scolaire.
Ma colère de voir la précarité des postes d’AVS, et les défaillances dans le recrutement. MERCI de tout coeur à nos perles rares qui sont un accompagnement précieux, malgré leur salaire tellement bas !
Ma colère du manque de remplaçants en cas d’absence. La semaine dernière, j’ai travaillé en dormant 4 à 5 h par nuit, en toussant à m’écorcher le gosier nuit et jour parce que je savais que je ne serai pas remplacée… Je suis désolée si malgré mes précautions j’ai contaminé certains de “mes petits”…
Ma colère aussi du manque de considération de notre métier… J’accompagne dans les apprentissages et avec bienveillance entre 21 et 31 enfants chaque année, 6h par jour, quand bien des parents ne supportent plus leur chère progéniture (1 à 3 enfants le plus souvent) au bout de 15 jours de vacances…
Donc oui, je suis en colère… Parce que j’aime mon boulot et que j’entends défendre une qualité de l’enseignement public, gratuit et obligatoire…
Je serai donc en colère, demain, sur le Vieux Port !!….
Merci de m’avoir lue jusqu’au bout !

par Pris Gi, une instit de tout son coeur

 

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Coup médiatique, atteinte à la liberté pédagogique, arrogance et mépris des enseignants avec “le petit livre orange” du 26 avril 2018.

Bien sûr, Monsieur le ministre nous vous répondons « non »…

En passant, remise en cause de la devise de notre République : “Liberté, égalité, fraternité” !

La méthode de ce gouvernement est simple et ne lui coûte pas un sou : diviser pour mieux régner ce qui est valable pour notre ministre mais aussi pour les autres et même pour le chef de l’état… Voilà qu’il oppose maintenant avec ces dernières annonces du 26 avril 2018, les enseignants du 1er degré aux enseignants du 2nd degré : si les enfants arrivent au collège avec des lacunes c’est la faute des enseignants du 1er degré…

Les privilégiés des uns sont les privilégiés des autres ne l’oubliez pas… Tout le monde est touché. Toujours plus d’austérité malgré la reprise de la croissance. Le peuple s’appauvrit encore plus et les grands s’enrichissent toujours plus. Ils tapent sur tout le monde… Alors les grands de ce pays nous disent que les cheminots qui se plaignent actuellement le font pour rien parce que ce n’est pas à leur statut que l’on touche mais à celui des nouveaux recrutés…. Alors… non à la solidarité et toujours plus d’individualisme ?

Et des exemples comme ça il y en a à longueur de journée. Il n’y a qu’à voir dans les médias le nombre d’annonces par jour. Alors toutes ces mesures sont prises loin de nous, loin du peuple. On leur dit que ce qu’ils font ne nous plait pas mais ils ne veulent rien entendre. Ils ne discutent pas avec nous, le peuple. Ils suivent seulement les conseils de leurs «spécialistes». Serait-ce là une dictature déguisée ?

Mesures après mesures toutes plus mauvaises, pour les uns que que les autres, on ne dit rien parce qu’ils ont trouvé la parade pour semer la pagaille au sein du peuple… la division… alors là haut, ils doivent bien rigoler et s’en mettre plein les poches. On en n’est pas encore arrivé au summum de ce que l’on peut encore supporter.

Alors rien ne se passe… Mais à un moment donné, à force de subir, les gens vont en avoir marre et le système va toucher ses limites… Allons-nous vers une catastrophe ? Seul l’avenir nous le dira…

Là haut, ils ne devraient pas oublier que le pays c’est nous, c’est le peuple, qu’on s’est battu dans le passé pour nos droits et libertés actuels, qu’ils ne devraient pas y toucher, que l’on refuse de retourner dans le passé. Que du travail non rémunéré ce n’est pas une ou deux journées de solidarité, c’est de l’esclavage, parce que tout travail mérite salaire, surtout quand le patron, lui s’en met plein les poches.

Avant la journée de solidarité n’était pas travaillée, actuellement elle l’est et on nous dit qu’on va sûrement nous en mettre une deuxième. Mais où allons-nous ? Seul l’avenir nous le dira…

Chacun est encore libre de penser et d’exprimer ses opinions… et pourtant, certains journalistes n’ont apparement plus le droit de nous donner une info qui mettrait à mal le fonctionnement d’une entreprise sous peine d’être poursuivis.

Une atteinte à leur liberté d’expression et une tragédie pour nous les français, la France.

par Sara L.

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“Monsieur le Ministre,

 

 

Permettez que je ne vous prenne pas pour un imbécile.

On vous dit fin connaisseur de l’éducation nationale. Je suis prêt à le croire, surtout que votre parcours professionnel tend à la prouver, que ce soit dans le supérieur, à l’académie de Créteil, comme conseiller de Monsieur Chatel.

Il me semble donc impossible, que vous ignoriez que la méthode globale n’est plus utilisée dans nos classes, ou alors d’une manière extrêmement marginale, que l’étude des sons, la dictée, l’écriture font partie des activités quotidiennes dans tous les CP de France. Il en va de même pour le calcul mental, écrit et la numération.

On vous dit pragmatique, tendant à n’appliquer que ce qui est scientifiquement prouvé et qui marche.

Pouvez-vous, dès lors, m’expliquer pourquoi vous ne considérez qu’un seul et unique champ de la recherche. Les neurosciences ont été d’un apport considérable, il faut le reconnaitre, mais est-ce une raison pour complètement ignorer tout ce qui peut se faire d’autre ? Et même des neurosciences, vous ne tirez qu’un constat simpliste, détournant ces dernières pour en tirer des conclusions que même Stanislas Dehaene ne se risque pas à avancer.

On vous dit fin psychologue et animal politique. Je suis tout à fait prêt à le croire.

Comment est-il, donc, possible que vous n’ayez pas anticipé la réaction du corps enseignant devant cette série de préconisations bateau, mâtinée d’autoritarisme. Un petit livre orange qui fait passer les enseignants pour des incompétents, ne sachant même pas quelle réglure choisir pour l’apprentissage de l’écriture, par exemple. Un petit livre orange qui fait passer les enseignants pour des paresseux qui en font le minimum, refusant de se remettre en question. Un petit livre orange qui fait passer les enseignants pour des idiots pratiquant, sans même s’en rendre compte, une méthode de travail menant inéluctablement leurs élèves à l’échec. J’en passe et des meilleures.

Je vous ai promis, Monsieur le Ministre, de ne pas vous prendre pour un imbécile, car vous n’en êtes pas un. Vous êtes fin connaisseur de l’éducation nationale, vous êtes pragmatique et psychologue. Et, il n’y a aucun doute à cela, vous êtes fin politicien.

Tous ce qui précède, vous le savez déjà. Mais alors pourquoi ? Pourquoi se mettre à dos le corps enseignant sans raison aucune ?

Je ne vois qu’une explication possible. Ce petit livre orange (et surtout toute la communication qui l’entoure) n’est pas destinée aux enseignants. Elle n’est pas destinée à faire avancer les choses ou à apporter de l’aide. Elle est destinée aux parents inquiets et à tous ceux qui pensent que l’école n’est plus ce qu’elle était. Elle est destinée à apporter une solution simpliste à un problème complexe. Un problème sociétal mêlant, bien entendu, des problèmes scolaires, mais également la grande pauvreté, l’urbanisme et la ghettoïsation, l’accès à la culture, les problèmes d’éducation, les nouvelles technologies, l’individualisme forcené… Et qu’importe si pour cela il vous faut discréditer l’éducation nationale, participant ainsi à la destruction du lien entre cette institution et le public.

Mais, vous savez, Monsieur le Ministre, apporter des solutions simplistes à des problèmes complexes pour rassurer le peuple tout en leur désignant un bouc émissaire, les enseignants, c’est la définition même du populisme.”

 

Un enseignant de CP qui préfère rester anonyme

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30 ans, 8 mois, 13 jours au service de sa majesté “Education Nationale”.

Et…

(Si, si, je suis bien en vacances. C’est à dire que je travaille (oui, M et Mme Toulemonde, élus, commerçants, retraités (y’en a un qui m’a énervée en interpellant son petit fils qui n’allait pas assez vite à son goût: “T’es fonctionnaire ou quoi?”) les instits travaillent pendant les vacances) au calme, sans les élèves, avec de la musique…)

Et je suis irritée à mon boulot.

Ça me démange, ça me serre, ça m’étouffe, ça me rend malade.

Encore.

30 ans, 8 mois et 13 jours (c’est mon dossier I-prof qui le dit) et voilà une nouvelle vague de réforme, rénovation, refondation,… Ça recommence, encore, et encore, d’accord, d’accord (en fait, non, pas d’accord et c’est le propos). A chaque ministre, à chaque lubie (au max tous les 3 ans) une nouvelle rafale dans les pattes.

Par presse interposée (nous pourrons attendre longtemps, je pense, les livres orange que doit nous adresser le ministre. Nous recevrons plutôt, peut être, des injonctions à aller lire en ligne, sur l’ergonomique et le sublime site de l’éducation nationale (qui plantera sous l’affut de professionnels passionnés) la “bonne” parole de Jean-Michel Blanquer).

Nous sommes mauvais.

Ouaip! Mauvais. Nous n’arrivons pas à enseigner correctement la lecture, l’écriture et les maths aux petits français dont nous avons la charge.

Nous n’arrivons pas à effacer la fracture sociale.

C’est de notre faute.

Nous sommes mauvais.

Nous employons de mauvaises méthodes.

Le ministre a la recette lui: calcul mental, tous les jours, dictée, tous les jours, méthode syllabique, pour tous.

Et à venir une liste des “bons manuels” (bons pour les finances des éditeurs?).

Nous ne sommes pas… Bons.

Nous nous plions au calendrier du tourisme, aux rythmes qui conviennent aux uns, ou aux autres (mais pas aux élèves) et si l’on parle de fatigue on nous regarde de travers. Nous avons les vacances quand même! Y’en a même pour exiger que l’on travaille 35 heures (j’adorerai ne travailler que 35 heures).

Nous accueillons tous les élèves. Tous, et c’est juste, et c’est bien, et c’est dans la loi.

Tous, sans formation.

Sans formation au handicap.

Sans formation à la gestion de crise.

Sans soutien de spécialistes.

Sans temps supplémentaire.

Sans allègement des effectifs (je n’ai pas besoin de vous expliquer que certains “prennent plus de place” que d’autres, n’est ce pas?).

Et c’est une souffrance.

L’inclusion dans ces conditions.

Pour l’enfant qui ne reçoit pas ce dont il a besoin pour se développer, pour les parents à qui l’on a fait miroiter la “normalité”, pour l’enseignant qui lutte pour se maintenir à flot (et je ne parle pas des camarades de classe).

Nous n’utilisons pas les “bonnes” méthodes, qui fonctionnaient si bien “avant”.

Ah?

Avant quel était le pourcentage de gosses qui avaient le BAC?

Et puis, et puis…

Avant combien d’heures passaient-ils, les élèves, devant la TV (avec la TV comme berceuse, pour s’endormir, dans la chambre), devant des écrans, devant des contenus violents…?

Combien étaient nourris au gras, au sucré, aux additifs provoquant l’hyperactivité (et je ne parle pas de la violence, de la pauvreté dans les familles)?

Nous recevons pour tout soutien des injonctions à la bienveillance (c’est bien connu, les instits sont malveillants de nature, tout le monde se souvient avoir été martyrisé à l’école. Et quand les gosses vont mal c’est toujours la faute de l’école).

Nous n’utilisons pas les bonnes méthodes.

A moins que ce soit une question de temps, de priorités?

Un attentat? L’école de la république a failli.

La drogue? Les grossesses précoces? Les violences urbaines? Les incivilités? Le racisme? L’école n’a pas assuré la prévention.

Trop occupée qu’elle était à valider (attention, à partir d’ici je vais utiliser des acronymes dont même moi je n’arrive pas à retenir le sens. Le début de la sénilité, sans doute.) l’APER, l’APS, l’ASSN, le (à moins que ce soit la?) PSC1, le niveau A1 en langue vivante…

Tout cela sans formation premier secours pour l’enseignant, qui peut très bien ne pas avoir son permis, ne pas savoir nager (dans mon cas je sais nager la brasse sur 15/20 mètres mais personne ne m’a jamais rien demandé), ne pas savoir aligner deux mots en anglais (ou en allemand, ou en swahili..).

Le maître mot: formation continue…

Rires!!! Jaunes les rires.

Notre temps de formation continue est gaspillé en réunions pédagogiques essentiellement basées sur les échanges de pratique.

Jamais, jamais de recul possible. De respiration.

Et l’on se doit d’utiliser les beaux, si beaux outils que nous offre le numérique.

LSU, ENT et j’en passe…

On doit.

On doit se former seul. Utiliser des outils au rabais, sans raccourcis clavier, qui plantent.

C’est censé nous simplifier la tâche…

Le TBI qui se désynchronise, l’ordi portable (perso, la plupart du temps) qui flanche.

Oui, nous ne sommes pas bons.

Et cela ne va sans doute pas s’améliorer.

Il n’y a pas foule pour embrasser la “carrière” (la voie sans issue) de prof.

Et ce n’est pas notre médecine du travail (de prévention) qui peut nous aider (quand je clique sur la rubrique santé au travail sur la page de mon académie je tombe sur un message d’erreur 404).

La presse relaye la voix du ministre: “La liberté pédagogique n’a jamais été l’anarchisme”.

Parce que, c’est sur, c’est de cette liberté que découle tous les maux de notre école (de notre société?).

Mouaip!

30 ans, 8 mois, 13 jours et…

Heureusement je suis en vacances (au travail mais en vacances, et tout cela ne m’a pas avancée dans mes corrections, “mon” LSU, mes programmations, la rédaction des projets pédagogiques, l’organisation de la classe de découverte (“une connerie” décrète un papa, qui sait, lui, ce qu’il faut faire à l’école. Il y a été à l’école, alors..)).

Je suis en vacances.

Par Anne Allet

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“Je viens vers vous pour vous expliquer une situation inédite dont je n’ai pas osé parler jusque là tellement le préjudice moral a été énorme (et il le demeure).

En 2015-2016, j’ai commencé mon année de stagiarisation en Corrèze, j’avais réussi mon Master et le Concours, j’ai donc été admise en “Diplôme Universitaire” avec trois jours en école et deux jours en cours.
Dès le début on nous a prévenu de la dureté de l’année, mais mes collègues et moi ne nous attendions pas à ce qui allait arriver, pleins d’entrain et de bonne volonté à réussir dans le métier que nous avions toujours voulu faire. Nous étions aussi rassurés par le fait que l’on nous avait dit que tout le monde serait “bienveillant”.
Nous avions tous deux tuteurs: un tuteur ESPE et un tuteur Professeur des Ecoles. Un conseiller pédagogique nous suivait également.

Cependant, dès le milieu de l’année, nous nous sommes rendus compte que la bienveillance n’allait pas être de mise. Nous avons du faire face au “suivi renforcé” pour la moitié de la promo, nombre qui nous semblait disproportionné. Par ailleurs, pour ma part, je l’ai appris complètement par hasard au détour d’une conversation avec une de mes tutrices qui m’a dit, comme ça de rien “oui alors pour votre suivi renforcé…”. Surprise par cette annonce je lui ai demandé depuis quand je l’étais, elle m’a répondu “depuis un mois”. Or, je n’avais reçu aucune note écrite qui me le disait, ce qui aurait du être le cas. Par la suite, on nous a envoyé faire une “formation” d’une journée pour nous permettre d’améliorer nos compétences. Or, les compétences à travailler lors de ces journées n’étaient pas totalement claires ou pour certains, ne nous étaient pas énoncées. Nous avons donc continué à avancer dans l’année, sous une pression énorme. On nous répétait qu’il fallait qu’on s’améliore parce que ça n’allait pas du tout (il est beau d’essayer de prendre sur soi dès janvier quand on sait qu’il reste encore plusieurs mois à subir de telles remarques, lesquelles étaient plus ou moins dures à endurer selon les paroles). Nos tuteurs commençaient également à entrer en “compétition” pour certains, c’est à dire qu’i y avait clairement un fossé entre l’ESPE dont l’avis était complètement ignoré, et le rectorat qui prenait le dessus, quand bien même il avait toujours été écrit et stipulé que les deux avis avaient le même poids. Vers avril-mai, la situation s’est encore intensifiée, les visites se passaient très mal pour la plupart d’entre nous, nous étions démoralisés d’entendre à tout va que rien n’allait et le négatif était beaucoup plus important sur les rapports. Les débriefs des visites étaient encore, pour certains cas, assez violents puisque les remarques l’étaient. Mais, bien décidés à surmonter tout ça, encore, du fait de notre amour du métier, nous avons décidé de nous accrocher en gardant notre but.

Oui mais voilà, les derniers mois sont arrivés. Tous ceux qui étaient en suivi renforcé ont eu plusieurs visites des inspecteurs, ce qui met encore plus la pression pour les visites, le nombre d’observateurs passant alors de une à trois personnes. Forcément, les retours étaient que nous étions stressés, chose aisée à comprendre au vu de la pression encore plus forte.
Tous les cas de suivi renforcé sont par la suite passés en commission à la mi-juin.
Avant la commission, nous avions la possibilité de consulter nos dossiers, lesquels regroupaient normalement tous les bulletins de visites de nos deux tuteurs (ceux que nous avions déjà eu tout au long de l’année complétés de nouveaux rapports de nos tuteurs ESPE et de l’inspecteur). Cependant, à la consultation, nous avons découvert des bulletins remplis de remarques qui ne nous avaient pas forcément été dites au long de l’année et qui n’étaient pas forcément bienveillantes. J’avais fait la démarche de demander au directeur que je remplaçais si les faits énoncés étaient réels, il m’avait répondu que les remarques n’étaient absolument pas justifiés. Fait étrange, les rapports des tuteurs ESPE n’y figuraient pas et avaient “disparus”. Nous avions cependant un document venant de l’ESPE sur lequel figurait l’avis de celle-ci. Pour moi comme plusieurs autres “suivis renforcés”, les rapports de l’ESPE étaient plus que bons et plus que favorables.

Ensuite, cette commission s’est plus rapprochée du “jugement” que de l’entretien bienveillant. Nous étions seuls face au jury, nous avons eu uniquement cinq minutes pour nous exprimer au tout début, le reste de “l’entretien” n’ a été que remarques désobligeantes ne nous laissant pas la possibilité de nous défendre ni de nous exprimer. Il m’a même été reproché des faits totalement faux auxquels je n’ai même pas pu répondre puisque j’étais tout le temps coupée quand je souhaitais m’exprimer. Le souci est que, quand bien même nous avons été “attaqués” durant toute la durée de la commission que nous avons tous vécu comme extrêmement éprouvante moralement, le rapport qui a été édité à la fin de la commission est encore une fois allé du côté du jury. Cette commission n’a donc fait que renforcer la “non-bienveillance” à laquelle nous avons été confrontés tout au long de l’année.

 

Il restait quelques jours d’école après cette commission, nous avons donc essayé d’en “profiter” comme nous le pouvions malgré tout ceci.
Or, quelques jours plus tard, nous avons reçu les résultats: toutes les vingt minutes environ, nous recevions des mails nous indiquant notre situation: admis, reconduits pour une année ou licenciés. Tout ceci s’est fait dans l’ordre, d’abord les admis, vingt minutes plus tard les reconduits (3) et pour finir les licenciés (8 dont moi pour la seule Corrèze!). Très beau mail de quelques lignes seulement, sans explication, sans motif. Par la suite, nous avons reçu nos lettres de licenciement. Totalement sous le choc de cette nouvelle, nous attendions avec “impatience” de comprendre et de découvrir le motif, qui ne nous a jamais été dit. Là encore, lettre sans aucune explication (forcément il n’y en avait pas).

A la fin de l’année, nous nous sommes donc retrouvés 8 licenciés en Corrèze, mais le bilan de la région n’était pas forcément mieux avec 15 licenciés en tout pour le Limousin. Une vague de licenciements donc. Le rectorat a mis fin à toute communication, n’a même pas pris la peine de répondre aux courriers adressés (lettres recommandés ou autres) et nous a laissés dans le flou absolu même quant à la suite. Nous avons tout de même appris par la suite que la raison de ces licenciements était budgétaire, raison nettement soupçonnable.

 

Depuis cette fin d’année 2016, nous nous sommes inscrits à Pôle Emploi (qui m’a d’ailleurs appelée au tout début pour me demander si c’était une blague). Nous avons pu voir l’année d’après que nos postes supprimés étaient d’ailleurs recherchés sur Pôle Emploi (moins “chers”). Toutes les personnes, les employeurs que nous avons rencontrés ont tout bonnement cru à une blague à chaque fois.

Mais voilà, la “blague” ne passe pas, le préjudice moral mettra énormément de temps à passer car nous ne pourrons pas oublier ce qui nous est arrivé.

J’ai bien déposé un recours… le rectorat s’était bien gardé de nous en communiquer les délais ( pour éviter que nous ne le fassions? ).”

Anonyme.

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Mardi 18 septembre, au micro d’Europe 1, notre ministre Jean-Michel Blanquer a annoncé pour la rentrée, des créations de postes dans le primaire conformément au  programme de Macron. Il n’a néamoins pas indiqué le nombre de postes créés.

Devant la difficulté de mise en oeuvre du CP à 12 élèves dans seulement 2500 écoles REP+, sa généralisation à tous les CP/CE1 de REP+ et REP est difficilement faisable. JM Blanquer doit trouver 9500 postes pour l’assurer. Et malgré  la suppression de l’ensemble des maitres surnuméraires cette année, il manque encore 4500 postes à pourvoir.

jmb europe1

Ceci est en totale contradiction avec l’annonce faite à la rentrée sur le nombre suffisant de personnel à L’EN.  Le terrain prouve le contraire. De nombreuses académies en sont rendues à recruter par petites annonces les enseignants manquants dans le secondaire.

En réalité, Jean-Michel Blanquer devrait créér bien plus de postes que ceux qu’il prévoit pour le primaire. On se demande bien comment c’est possible alors que l’heure est à l’économie et à la réduction du nombre de fonctionnaires.

Cette annonce à la radio parait alors comme un coup de comunication, dans laquelle Jean-Michel Blanquer excelle….

 

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Par Olive Koenig

On parle beaucoup de la violence en collège ou lycée, beaucoup d’études, de statistiques ont été réalisées sur le sujet, mais relativement peu comparativement, à la violence en maternelle et en primaire.

Qu’est-ce-que la violence ?

L’OMS en donne une définition :

« L’usage intentionnel de la force physique, du pouvoir sous forme de menace ou d’action contre soi-même, autrui ou un groupe ou une communauté dont la conséquence réelle ou probable est une blessure, la mort, un traumatisme psychologique, un mauvais développement ou encore la précarité. »
Cette définition s’en tient essentiellement à ce qui est réprimandé par le Code Pénal. Or, nous savons très bien, pour le vivre au quotidien, qu’il existe entre élèves d’autres formes de violences, que certains auteurs appellent « microviolence », et qui, par leur aspect répétitif, peuvent causer des dégâts psychologiques importants.

Ressenti

J’ai quelques années d’expérience en école primaire, essentiellement du cycle 3. Vendredi matin 25 novembre, je me suis rendu en maternelle, dans l’école où je suis affecté pour mon stage en responsabilité de 15 jours. Je n’y ai donc passé qu’une demi-journée, et ai surveillé une récréation de 30 minutes. Durant cette récréation, j’ai dû intervenir trois fois pour des actes violents (coups de pied, coup de poing) entre enfants de Moyenne et de Grande section. Mes classes de cycle 3 m’ont habitué à régler les conflits des plus grands, mais je dois avouer avoir été perturbé de constater le même type de violence chez les tout-petits. Mon ressenti est que, chez certains enfants, la place d’une phase de dialogue est totalement absente. On part directement vers la violence, et parfois totalement sans raison.

Pourquoi ?

Il serait prétentieux de ma part de répondre à cette question, mais j’ai quelques éléments d’analyse que je souhaite approfondir au cours de ma pratique professionnelle.
Une banalisation de certains actes violents ?
J’ai moi-même 2 enfants, un de 15 ans et une de 10 ans. Lorsqu’il m’arrive d’aller chercher ma dernière à l’école, je vois certains enfants « jouer » à se donner des coups de pied, sous les yeux de leurs parents, qui, non seulement ne réagissent pas, mais que ces actes font sourire, voire rire, voire encore, qu’ils vont attiser par des « Vas-y, te laisse pas faire… ».

Evolution de l’accès à la violence au cours des générations ?

On peut s’interroger sur l’évolution des phénomènes de violence au cours du temps. Je nuis pas d’une génération “récente”, et si j’en appelle à mes souvenirs, il y avait déjà de la violence en école primaire lorsque j’y étais élève. Mais était-ce la même ? Je mets de côté les quelques « caïd » qui ont toujours existé dans les établissements scolaires, et ce de tout temps.
Aussi loin que je me souvienne, avec mes camarades, nous jouions au « gendarme et au voleur », aux « cowboys et aux indiens », etc. Nous faisions semblant de nous tirer dessus avec des armes à feu, parfois en mime, parfois en les fabricant avec des tiges de feuilles de platanes. Dans notre jeu, certains étaient blessés, d’autres mourraient. Tout cela sous l’œil amusé voire bienveillant des adultes, professeurs ou surveillant. Personne n’y trouvait rien à redire. Oui mais voilà, nous faisions « semblant », c’était « pour de faux », et pour cause, rien dans la réalité de notre vie ne nous confrontait à une violence réelle. Nos jeux étaient librement inspirés de quelques films policiers ou de quelques « western » vus à la télé. Le peu de média disponibles à l’époque (Journaux, télévision ou radio), d’une part ne nous étaient pas forcément autorisés par nos parents, d’autre part ne relataient pas forcément la violence du monde, pourtant bien réelle à l’époque (Guerre d’Algérie, guerre du Vietnam, Mai 68 etc.). A tout le moins, les quelques images qui apparaissaient étaient étroitement contrôlées par le pouvoir en place et dirigées en sa faveur.
Les années 1980 ont vu un tournant s’opérer sur la libéralisation des médias, radios libres, liberté de la presse, multiplication des chaînes TV, et bien entendu, internet. Dès lors, les informations, opinions, images ont fusé de toute part, pratiquement hors tout contrôle. Epoque formidable s’il en est, oui, mais, sauf que personne n’était préparé à cela, à ce déversement d’images, de sons, d’émissions, souvent très drôles, mais également qui nous projette dans la réalité de la violence immédiate du monde, dans la violence réelle, et en temps réel.
Dès lors, la violence quotidienne imprime les esprits, et, il convient de comprendre que les parents des enfants dont nous sommes en charge aujourd’hui, ainsi que la majorité des enseignants, sont eux-mêmes nés dans les années 1980 – 1990, donc eux-mêmes baignés dans la profusion des médias et des violences qu’ils diffusent (sans compter l’absence presque totale de contrôle des informations, aboutissant parfois à tout et n’importe quoi, annonce du décès de personnes bien vivantes, théories du complot, etc.).
Entendons-nous bien, je ne suis pas en train de dire « c’était mieux avant », je pense simplement que nous ne sommes pas préparés, et suffisamment affûtés pour faire face et prendre le recul suffisant, en tant que parents ou professeurs (manque de formation ?).
Dès lors, nous aboutissons à la contradiction suivante : une présence de la violence au quotidien hors cadre scolaire, et son refus bien compréhensible dans l’enceinte des établissements. Autrement dit, les enfants ne savent plus « sur quel pied danser », j’en veux pour preuve cette réflexion étonnante qui m’a été servie lorsqu’un Grande Section explique, après avoir frappé un camarade : « Oui, je l’ai tapé…mais je lui ai dit – pardon – ! ». En fait, j’ai fait ce que je sais faire, ce que je vois tous les jours en dehors de l’école, frapper, mais j’ai respecté les règles que vous m’imposez dans l’école, à savoir présenter des excuses…Donc, tout roule…

La relation Parents – Enfants – Professeurs

Certains professeurs des écoles se refusent également d’intervenir en cour de récréation, expliquant qu’il « faut les laisser se débrouiller », que « si tu commences comme ça, tu y va y passer toutes tes récrés, sans compter les parents… ».
La violence verbale est très présente, à travers l’utilisation d’un vocabulaire ordurier. Pour ce que j’en sais, celui-ci n’est pas appris par l’enfant auprès du corps enseignant. Il convient donc de s’interroger sur l’origine de ce vocabulaire dans la bouche de jeunes enfants (dès le CP, voire avant, d’après ma propre expérience). Dans une récente émission sur BFMTV, intitulée « De plus en plus de profs démissionnent : L’Education Nationale m’a dégoûté du métier », un jeune Professeur des écoles explique : « Un enfant, vous lui demandez d’aller se ranger, dans votre dos il va vous insulter. Des insultes qui peuvent être gravissimes. Les parents, vous savez que quand vous les allez les prévenir, ils vont vous traiter de menteur ».
Or, dans la Loi du juillet 2013 de programmation et d’orientation pour la refondation de l’Ecole de la République, l’article 1 des principes généraux du Programme d’enseignement moral et civique stipule :
« L’éducation morale n’est pas du seul fait ni de la seule responsabilité de l’école ; elle commence dans la famille ». Trois remarques :
1 – Il s’agit tout de même d’une Loi, gravée dans le marbre
2 – Il s’agit de l’article premier de cette Loi
3 – Puis, ensuite, dans tout le contenu, plus rien sur le rôle des parents…
Bien entendu, il ne s’agit pas d’un document à l’attention des parents. Dans ce cas, on peut s’interroger sur la présence de cet article 1, qui me semble un peu saugrenue.
Bref, un environnement violent chez l’adulte qui favoriserait la banalisation de la violence ?
L’article de Cécile Carra, Alix Garnier, Christophe Col, Béatrice Carnel et Michel Mas « Les violences à l’école primaire vues par les élèves : une face peu connue du phénomène », explique que :« L’expérience scolaire de l’enfant se confronte aux jugements normatifs de l’adulte, qui imposent à la conscience de l’enfant, dans ce décalage de perception, l’idée d’une réalité de la violence. »
Le rôle des adultes, de l’environnement social, familial, est donc facteur déclenchant des réactions de violence.
Georges Fotinos, ancien Inspecteur Général de l’Education Nationale, membre de l’Observatoire international de la violence à l’école, a codirigé une étude sur la violence scolaire, en particulier sur le phénomène de harcèlement.
Voici l’une de ses réflexions : « La violence à l’égard des professeurs et directeurs d’école augmente aussi. Les élèves sont de moins en moins respectueux. Tous comme les parents. Ces derniers considèrent l’école comme un service public qui doit servir leurs besoins. Ce sont des consommateurs. Leurs attentes vis-à-vis de l’école sont très fortes. Ce qui explique certains dérapages… ».
L’article de Michel Segal, « Traiter la violence scolaire », publié dans la revue Skhole.fr, vient appuyer les propos de Georges Fotinos, en mettant l’accent sur le cercle vicieux qui détériore le climat dans les établissements scolaires : « Outre le signe d’un climat social très dégradé, ces violences – celles commises sur les professeurs- révèlent un monde où les adultes sont incapables de faire régner l’ordre chez les enfants, un monde où les adultes n’ont plus de fonction représentative de l’autorité et du droit…Les familles pensent alors que leur enfant n’y apprend pas grand-chose et qu’il n’est pas en sécurité, et cela ne fait qu’ajouter à leur méfiance et à une mauvaise perception de l’institution, ce qui à son tour détériore la situation. ».

En conclusion : 

Une des explications de la violence à l’école, réside dans la frontière, voire la cassure entre les règles de vie hors institution scolaire et celles qui nous sont demandées d’appliquer en tant que professeur des écoles. Les premiers à en souffrir sont les enfants, qui passent d’un monde à l’autre, plusieurs fois par jour, et qui ne peuvent pas s’adapter à autant de changements rapides. Il nous faut absolument renforcer le triangle gagnant Parents – Professeurs – Enfants, afin de transformer le cercle vicieux décrit par Michel Segal, en cercle vertueux.

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On a beaucoup parlé des rythmes scolaires ces derniers temps mais uniquement du point de vue de l’école. Mais les collectivités territoriales s’interrogent aussi.

Le 8 juin dernier,  le Conseil supérieur de l’éducation (CSE) et par le Conseil national d’évaluation des normes (CNEN) se sont opposés au projet de décret sur les rythmes scolaires mais chacun pour des raisons différentes.

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Les deux instances ne votaient pas sur les mêmes points, la première se positionnait sur l’organisation du temps scolaire du point de vue de l’intérêt de l’enfant, tandis que la seconde s’est prononcée sur les conséquences financières pour les collectivités locales de ce texte visant à permettre le retour à 4 jours de la semaine scolaire. Cette dernière ayant le soutien de l’AMF (Association des maires de France).

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Les conséquences financières et humaines (emplois du personnel pour les TAPS etc…) sont assez lourdes. C’est pour cette raison que l’AMF avait publié la veille un communiqué de presse indiquant qu’ils accepteraient de maintenir les rythmes scolaires à la condition que l’aide de l’Etat à leur financement soit pérennisée.

 

 

 Le CNEN, quant à lui, est beaucoup moins confiant. Ses membres n’ont point appréciés l’absence de consultation préalable avant l’annonce de cette réforme. Ils craignent que cette précipitation ait été “peut-être dictée par les exigences budgétaires de Bercy” qui verrait un intérêt certain à supprimer le fonds de soutien pour économiser 400 millions d’euros par an…

Ainsi, le CNEN rejoint le camps des opposants de la réforme des rythmes scolaires dont font également partis les sénateurs.

A l’heure actuelle, le décret n’est donc toujours pas paru, mais certaines communes le devancent espérant ainsi faire quelques économies et satisfaire des parents électeurs.

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 Ce 6 juin dernier a eu lieu à Mayotte  une journée de mobilisation générale. Au niveau de l’éducation, les inspecteurs de l’Education nationale rejoignent pour la première fois le mouvement de grève des enseignants du premier et second degré.

Comme l’a signalé le journal le Figaro dans son article, il est rarissime que les enseignants et les les inspecteurs de l’Éducation nationale (IEN)  fassent front commun pendant une grève.

Les principales revendications sont :

  • le gouvernement “prenne en considération le retard du système éducatif”
  • le départ de l’actuel vice-recteur, Nathalie Costantini
  • des mesures pour rendre attractif le 101e département français afin de pallier le manque de professeurs et d’instituteurs sur  et d’attirer les titulaires

Cela fait suite au rapport alarmant du CESE local sur l’éducation  selon lequel un tiers des plus de 15 ans jamais scolarisés et que  74% des jeunes Mahorais en difficultés de lecture.

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