Des créations de postes pour la rentrée 2018, un réel projet ou un coup de communication ?

Mardi 18 septembre, au micro d’Europe 1, notre ministre Jean-Michel Blanquer a annoncé pour la rentrée, des créations de postes dans le primaire conformément au  programme de Macron. Il n’a néamoins pas indiqué le nombre de postes créés.

Devant la difficulté de mise en oeuvre du CP à 12 élèves dans seulement 2500 écoles REP+, sa généralisation à tous les CP/CE1 de REP+ et REP est difficilement faisable. JM Blanquer doit trouver 9500 postes pour l’assurer. Et malgré  la suppression de l’ensemble des maitres surnuméraires cette année, il manque encore 4500 postes à pourvoir.

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Ceci est en totale contradiction avec l’annonce faite à la rentrée sur le nombre suffisant de personnel à L’EN.  Le terrain prouve le contraire. De nombreuses académies en sont rendues à recruter par petites annonces les enseignants manquants dans le secondaire.

En réalité, Jean-Michel Blanquer devrait créér bien plus de postes que ceux qu’il prévoit pour le primaire. On se demande bien comment c’est possible alors que l’heure est à l’économie et à la réduction du nombre de fonctionnaires.

Cette annonce à la radio parait alors comme un coup de comunication, dans laquelle Jean-Michel Blanquer excelle….

 

Réflexions autour de la violence en école maternelle et primaire

Par Olive Koenig

On parle beaucoup de la violence en collège ou lycée, beaucoup d’études, de statistiques ont été réalisées sur le sujet, mais relativement peu comparativement, à la violence en maternelle et en primaire.

Qu’est-ce-que la violence ?

L’OMS en donne une définition :

« L’usage intentionnel de la force physique, du pouvoir sous forme de menace ou d’action contre soi-même, autrui ou un groupe ou une communauté dont la conséquence réelle ou probable est une blessure, la mort, un traumatisme psychologique, un mauvais développement ou encore la précarité. »
Cette définition s’en tient essentiellement à ce qui est réprimandé par le Code Pénal. Or, nous savons très bien, pour le vivre au quotidien, qu’il existe entre élèves d’autres formes de violences, que certains auteurs appellent « microviolence », et qui, par leur aspect répétitif, peuvent causer des dégâts psychologiques importants.

Ressenti

J’ai quelques années d’expérience en école primaire, essentiellement du cycle 3. Vendredi matin 25 novembre, je me suis rendu en maternelle, dans l’école où je suis affecté pour mon stage en responsabilité de 15 jours. Je n’y ai donc passé qu’une demi-journée, et ai surveillé une récréation de 30 minutes. Durant cette récréation, j’ai dû intervenir trois fois pour des actes violents (coups de pied, coup de poing) entre enfants de Moyenne et de Grande section. Mes classes de cycle 3 m’ont habitué à régler les conflits des plus grands, mais je dois avouer avoir été perturbé de constater le même type de violence chez les tout-petits. Mon ressenti est que, chez certains enfants, la place d’une phase de dialogue est totalement absente. On part directement vers la violence, et parfois totalement sans raison.

Pourquoi ?

Il serait prétentieux de ma part de répondre à cette question, mais j’ai quelques éléments d’analyse que je souhaite approfondir au cours de ma pratique professionnelle.
Une banalisation de certains actes violents ?
J’ai moi-même 2 enfants, un de 15 ans et une de 10 ans. Lorsqu’il m’arrive d’aller chercher ma dernière à l’école, je vois certains enfants « jouer » à se donner des coups de pied, sous les yeux de leurs parents, qui, non seulement ne réagissent pas, mais que ces actes font sourire, voire rire, voire encore, qu’ils vont attiser par des « Vas-y, te laisse pas faire… ».

Evolution de l’accès à la violence au cours des générations ?

On peut s’interroger sur l’évolution des phénomènes de violence au cours du temps. Je nuis pas d’une génération “récente”, et si j’en appelle à mes souvenirs, il y avait déjà de la violence en école primaire lorsque j’y étais élève. Mais était-ce la même ? Je mets de côté les quelques « caïd » qui ont toujours existé dans les établissements scolaires, et ce de tout temps.
Aussi loin que je me souvienne, avec mes camarades, nous jouions au « gendarme et au voleur », aux « cowboys et aux indiens », etc. Nous faisions semblant de nous tirer dessus avec des armes à feu, parfois en mime, parfois en les fabricant avec des tiges de feuilles de platanes. Dans notre jeu, certains étaient blessés, d’autres mourraient. Tout cela sous l’œil amusé voire bienveillant des adultes, professeurs ou surveillant. Personne n’y trouvait rien à redire. Oui mais voilà, nous faisions « semblant », c’était « pour de faux », et pour cause, rien dans la réalité de notre vie ne nous confrontait à une violence réelle. Nos jeux étaient librement inspirés de quelques films policiers ou de quelques « western » vus à la télé. Le peu de média disponibles à l’époque (Journaux, télévision ou radio), d’une part ne nous étaient pas forcément autorisés par nos parents, d’autre part ne relataient pas forcément la violence du monde, pourtant bien réelle à l’époque (Guerre d’Algérie, guerre du Vietnam, Mai 68 etc.). A tout le moins, les quelques images qui apparaissaient étaient étroitement contrôlées par le pouvoir en place et dirigées en sa faveur.
Les années 1980 ont vu un tournant s’opérer sur la libéralisation des médias, radios libres, liberté de la presse, multiplication des chaînes TV, et bien entendu, internet. Dès lors, les informations, opinions, images ont fusé de toute part, pratiquement hors tout contrôle. Epoque formidable s’il en est, oui, mais, sauf que personne n’était préparé à cela, à ce déversement d’images, de sons, d’émissions, souvent très drôles, mais également qui nous projette dans la réalité de la violence immédiate du monde, dans la violence réelle, et en temps réel.
Dès lors, la violence quotidienne imprime les esprits, et, il convient de comprendre que les parents des enfants dont nous sommes en charge aujourd’hui, ainsi que la majorité des enseignants, sont eux-mêmes nés dans les années 1980 – 1990, donc eux-mêmes baignés dans la profusion des médias et des violences qu’ils diffusent (sans compter l’absence presque totale de contrôle des informations, aboutissant parfois à tout et n’importe quoi, annonce du décès de personnes bien vivantes, théories du complot, etc.).
Entendons-nous bien, je ne suis pas en train de dire « c’était mieux avant », je pense simplement que nous ne sommes pas préparés, et suffisamment affûtés pour faire face et prendre le recul suffisant, en tant que parents ou professeurs (manque de formation ?).
Dès lors, nous aboutissons à la contradiction suivante : une présence de la violence au quotidien hors cadre scolaire, et son refus bien compréhensible dans l’enceinte des établissements. Autrement dit, les enfants ne savent plus « sur quel pied danser », j’en veux pour preuve cette réflexion étonnante qui m’a été servie lorsqu’un Grande Section explique, après avoir frappé un camarade : « Oui, je l’ai tapé…mais je lui ai dit – pardon – ! ». En fait, j’ai fait ce que je sais faire, ce que je vois tous les jours en dehors de l’école, frapper, mais j’ai respecté les règles que vous m’imposez dans l’école, à savoir présenter des excuses…Donc, tout roule…

La relation Parents – Enfants – Professeurs

Certains professeurs des écoles se refusent également d’intervenir en cour de récréation, expliquant qu’il « faut les laisser se débrouiller », que « si tu commences comme ça, tu y va y passer toutes tes récrés, sans compter les parents… ».
La violence verbale est très présente, à travers l’utilisation d’un vocabulaire ordurier. Pour ce que j’en sais, celui-ci n’est pas appris par l’enfant auprès du corps enseignant. Il convient donc de s’interroger sur l’origine de ce vocabulaire dans la bouche de jeunes enfants (dès le CP, voire avant, d’après ma propre expérience). Dans une récente émission sur BFMTV, intitulée « De plus en plus de profs démissionnent : L’Education Nationale m’a dégoûté du métier », un jeune Professeur des écoles explique : « Un enfant, vous lui demandez d’aller se ranger, dans votre dos il va vous insulter. Des insultes qui peuvent être gravissimes. Les parents, vous savez que quand vous les allez les prévenir, ils vont vous traiter de menteur ».
Or, dans la Loi du juillet 2013 de programmation et d’orientation pour la refondation de l’Ecole de la République, l’article 1 des principes généraux du Programme d’enseignement moral et civique stipule :
« L’éducation morale n’est pas du seul fait ni de la seule responsabilité de l’école ; elle commence dans la famille ». Trois remarques :
1 – Il s’agit tout de même d’une Loi, gravée dans le marbre
2 – Il s’agit de l’article premier de cette Loi
3 – Puis, ensuite, dans tout le contenu, plus rien sur le rôle des parents…
Bien entendu, il ne s’agit pas d’un document à l’attention des parents. Dans ce cas, on peut s’interroger sur la présence de cet article 1, qui me semble un peu saugrenue.
Bref, un environnement violent chez l’adulte qui favoriserait la banalisation de la violence ?
L’article de Cécile Carra, Alix Garnier, Christophe Col, Béatrice Carnel et Michel Mas « Les violences à l’école primaire vues par les élèves : une face peu connue du phénomène », explique que :« L’expérience scolaire de l’enfant se confronte aux jugements normatifs de l’adulte, qui imposent à la conscience de l’enfant, dans ce décalage de perception, l’idée d’une réalité de la violence. »
Le rôle des adultes, de l’environnement social, familial, est donc facteur déclenchant des réactions de violence.
Georges Fotinos, ancien Inspecteur Général de l’Education Nationale, membre de l’Observatoire international de la violence à l’école, a codirigé une étude sur la violence scolaire, en particulier sur le phénomène de harcèlement.
Voici l’une de ses réflexions : « La violence à l’égard des professeurs et directeurs d’école augmente aussi. Les élèves sont de moins en moins respectueux. Tous comme les parents. Ces derniers considèrent l’école comme un service public qui doit servir leurs besoins. Ce sont des consommateurs. Leurs attentes vis-à-vis de l’école sont très fortes. Ce qui explique certains dérapages… ».
L’article de Michel Segal, « Traiter la violence scolaire », publié dans la revue Skhole.fr, vient appuyer les propos de Georges Fotinos, en mettant l’accent sur le cercle vicieux qui détériore le climat dans les établissements scolaires : « Outre le signe d’un climat social très dégradé, ces violences – celles commises sur les professeurs- révèlent un monde où les adultes sont incapables de faire régner l’ordre chez les enfants, un monde où les adultes n’ont plus de fonction représentative de l’autorité et du droit…Les familles pensent alors que leur enfant n’y apprend pas grand-chose et qu’il n’est pas en sécurité, et cela ne fait qu’ajouter à leur méfiance et à une mauvaise perception de l’institution, ce qui à son tour détériore la situation. ».

En conclusion : 

Une des explications de la violence à l’école, réside dans la frontière, voire la cassure entre les règles de vie hors institution scolaire et celles qui nous sont demandées d’appliquer en tant que professeur des écoles. Les premiers à en souffrir sont les enfants, qui passent d’un monde à l’autre, plusieurs fois par jour, et qui ne peuvent pas s’adapter à autant de changements rapides. Il nous faut absolument renforcer le triangle gagnant Parents – Professeurs – Enfants, afin de transformer le cercle vicieux décrit par Michel Segal, en cercle vertueux.

Le CNEN et le CSE sont opposés au projet de décret sur les rythmes scolaires

On a beaucoup parlé des rythmes scolaires ces derniers temps mais uniquement du point de vue de l’école. Mais les collectivités territoriales s’interrogent aussi.

Le 8 juin dernier,  le Conseil supérieur de l’éducation (CSE) et par le Conseil national d’évaluation des normes (CNEN) se sont opposés au projet de décret sur les rythmes scolaires mais chacun pour des raisons différentes.

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Les deux instances ne votaient pas sur les mêmes points, la première se positionnait sur l’organisation du temps scolaire du point de vue de l’intérêt de l’enfant, tandis que la seconde s’est prononcée sur les conséquences financières pour les collectivités locales de ce texte visant à permettre le retour à 4 jours de la semaine scolaire. Cette dernière ayant le soutien de l’AMF (Association des maires de France).

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Les conséquences financières et humaines (emplois du personnel pour les TAPS etc…) sont assez lourdes. C’est pour cette raison que l’AMF avait publié la veille un communiqué de presse indiquant qu’ils accepteraient de maintenir les rythmes scolaires à la condition que l’aide de l’Etat à leur financement soit pérennisée.

 

 

 Le CNEN, quant à lui, est beaucoup moins confiant. Ses membres n’ont point appréciés l’absence de consultation préalable avant l’annonce de cette réforme. Ils craignent que cette précipitation ait été « peut-être dictée par les exigences budgétaires de Bercy » qui verrait un intérêt certain à supprimer le fonds de soutien pour économiser 400 millions d’euros par an…

Ainsi, le CNEN rejoint le camps des opposants de la réforme des rythmes scolaires dont font également partis les sénateurs.

A l’heure actuelle, le décret n’est donc toujours pas paru, mais certaines communes le devancent espérant ainsi faire quelques économies et satisfaire des parents électeurs.

Mayotte : Grève commune des IEN et des enseignants

 Ce 6 juin dernier a eu lieu à Mayotte  une journée de mobilisation générale. Au niveau de l’éducation, les inspecteurs de l’Education nationale rejoignent pour la première fois le mouvement de grève des enseignants du premier et second degré.

Comme l’a signalé le journal le Figaro dans son article, il est rarissime que les enseignants et les les inspecteurs de l’Éducation nationale (IEN)  fassent front commun pendant une grève.

Les principales revendications sont :

  • le gouvernement « prenne en considération le retard du système éducatif »
  • le départ de l’actuel vice-recteur, Nathalie Costantini
  • des mesures pour rendre attractif le 101e département français afin de pallier le manque de professeurs et d’instituteurs sur  et d’attirer les titulaires

Cela fait suite au rapport alarmant du CESE local sur l’éducation  selon lequel un tiers des plus de 15 ans jamais scolarisés et que  74% des jeunes Mahorais en difficultés de lecture.

Enquête sur les rythmes scolaires

Suite aux commentaires sur notre groupe Facebook sur le post concernant les rythmes scolaires, nous vous proposons notre propre enquête sur ce thème afin de réaliser un comparatif. Cette enquête se décline en 3 questionnaires différents :

  • un pour enseignants de maternelle
  • un pour les enseignant de l’élémentaire
  • Et enfin une version pour les parents

Merci de votre participation !

Qu’est-ce qu’on va faire de moi l’année prochaine

par P.

« Bonsoir,

Cette année plusieurs dizaines de stagiaires ont été mis en responsabilité sur la même classe dans le 93.
Comme il n’y a pas encore eu de « Conseil de formation » cette année en Seine-Saint-Denis, aucun bilan de ce type d’organisation n’a été fait par l’institution.

C’est grâce à une « question diverse » posée au DASEN en CAPD par le SNUipp-FSU 93 que nous avons appris sa volonté de généraliser les binômes de stagiaires en responsabilité d’une même classe dès la prochaine rentrée. (source SNUipp)

Jusqu’à présent, les stagiaires étaient complétés par des TRS, enseignants titulaires qui pouvaient donc se retrouver sur deux classes. A noter qu’avant ça, les EFS étaient à temps plein et les TRS complétaient les décharges de directeur ou les temps partiels (rares puisque systématiquement refusés).

Du coup, moi, TRS n’ayant rien obtenu au mouvement, je me pose la question existentielle suivante : qu’est-ce qu’on va faire de moi l’année prochaine si les EFS n’ont plus besoin de mes services vu qu’il est évident qu’il n’y aura pas assez de décharges ?

Quelqu’un en sait-il plus ? ( Réponse en commentaire possible).

Modification des obligations de service des personnels enseignants du premier degré

A paraître demain au Bulletin Officiel (B.O), lDécret n° 2017-444 du 29 mars 2017 relatif aux obligations de service et aux missions des personnels enseignants du premier degré.

Les personnels enseignants du premier degré sont tenus d’assurer, sur l’ensemble de l’année scolaire un service d’enseignement de vingt-quatre heures hebdomadaires soit  représentent (108h annuelles, soit 3 heures hebdomadaires en moyenne annuelle).

Les 108h annuelles sont fléchées ainsi :

  • 36h pour les  activités pédagogiques liées au  projet d’école : Petits groupe , aide aux élèves en  difficultés dans leurs,  activité prévue par le projet d’école etc…
  • 48 h pour les travaux en équipes pédagogiques, aux relations avec les parents, à l’élaboration et au suivi des projets personnalisés de scolarisation pour les élèves handicapés
  •  18h de formation continue, pour au moins la moitié d’entre elles, et à de l’animation pédagogique
  • 6 h de participation aux conseils d’école obligatoires.

Alors que le Comité technique ministériel du 16 juin 2016 avait majoritairement rejeté le projet (vote « contre » FO, FSU, CGT, FAGF, seules l’UNSA et la CFDT votant « pour »), la ministre vient de commettre un nouveau coup de force en promulguant le décret modifiant les obligations réglementaires de service des PE.

Ce nouveau décret ajoute également des « missions » à nos obligations de services ».Et là où ce texte est pernicieux, c’est qu’il présente une annualisation du temps de travail. Ce qui veut dire que les 18h de formation continue peuvent très bien être positionnées pendant des vacances scolaires.