Par Virginie

“Moi je voudrais vous faire part de l’expérience la plus difficile de ma vie d’enseignante. C’était il y a quelques semaines, le jour des vacances de Noël.
Les services sociaux ont décidé d’enlever 3 enfants à leur maman, suite à une dénonciation de maltraitance. Sur le fond c’est normal, d’autant qu’elle avait déjà un dossier social bien épais. L’école a été prévenue que les enfants seraient peut-être récupérés le jour même à 16h30. Confirmation 30 minutes avant.
Les enfants ont été emmenés dans la bibliothèque de l’école avec 2 personnes de la PMI et une maîtresse. La directrice m’a demandé de venir avec elle dans le bureau pour prévenir la maman.
Pas facile de se retrouver en face d’une jeune femme de 28 ans, avec une vie très compliquée malgré elle, et de lui annoncer que ses enfants sont désormais placés.
On a attendu une heure la responsable des services sociaux avec l’ordre du procureur. Et pendant ce temps, on a fait comme on a pu, pour gérer la maman et les enfants…
Ca s’est terminés à 18 heures ( fin de la classe à 15h30 ), quand les enfants ont enfin été emmenés et après avoir ramassé cette jeune femme par terre, tout en pleurant avec elle…
On ne m’a pas dit il y a 23 ans, quand je suis arrivée dans le métier, que ce genre de choses faisait partie de mes missions…

0

Prof en lycée, je fais remplir la petite fiche traditionnelle, avec carrément une section “problèmes personnels”.
Il y a des années de ça, j’avais un élève en Terminale, il ne fichait rien. Il était souvent absent. Oubliait ses affaires. Rêvassait, voire s’endormait en classe. Chaque fois que j’essayais de le ramener dans les activités, il essayait, mais avec tellement de mauvaise volonté… limite agressif. Dans une classe de 36,  pas beaucoup plus volontaires que lui d’ailleurs.
Bref, ça ne décollait pas, les leçons non sues et les absences ont continué toute l’année. Les bulletins étaient forcément mauvais… “travail très insuffisant”, “trop de passivité en cours” etc… La veille du conseil du 3e trimestre, il est venu me parler.
“Madame je voulais vous dire…  je sais que j’ai mal travaillé cette année… mais vous savez, ma mère avait un cancer, alors j’étais tout le temps à l’höpital. Mais maintenant elle est morte.  Alors je vais me reprendre, je vais faire des efforts…”
😱😱😱 L’horreur… un gamin complètement éteint… il répondait à mes questions (pourquoi ne pas l’avoir dit avant ? Etc…) par des haussements d’épaules et des borborygmes…
J’ai cru mourir sur place de pur chagrin. Evidemment,
branle-bas de combat avec le PP, on a réussi à lui sauver ses bulletins… mais je me suis dit : plus jamais.
Depuis je raconte cette petite histoire (avec variantes pour raison d’anonymat) à tous mes élèves le premier jour. Je leur donne la fiche, et je leur fais ensuite le même discours :
Vous n’êtes obligés de rien. On ne se connaît même pas ! Mais je vous en prie, si vous êtes en danger, si vous êtes en difficulté, ne laissez pas l’équipe pédagogique dans le noir. On aurait pu faire tellement de choses pour cet élève ! À commencer par des appréciations plus indulgentes.

Il faut parler à quelqu’un, prof, surveillant, un ami même, mais ne restez pas seul avec votre souffrance. Et sachez que l’équipe est là pour vous. Dès aujourd’hui sur cette fiche (qui reste ma seule propriété), et/ou quand vous voulez dans l’année.
Car la réussite scolaire c’est aussi, pour certains, malheureusement, survivre à de grands désastres.

(Depuis 15 ans que j’exerce, j’en ai vues des vertes et des pas mûres. Viols, violences, harcèlements, racisme, tentatives de suicide, un cas de torture, mariages forcés… What a wonderful world !).
Les ados sont assez réceptifs. Je n’ai jamais eu de plainte.

Je ne pense pas non plus mettre l’élève d’emblée dans une case par rapport à son milieu d’origine, ni sur les “cas difficiles”, ni sur les élèves apparemment plus privilégiés.
Par contre je récolte beaucoup de confidences entre les cours, et parfois, on en “sauve”. Parfois littéralement.

Aujourd’hui je me vois mal faire une rentrée sans ma petite fiche et mon petit discours.😊

0

Ca y est, je le vois, le bout du tunnel ! Dans quelques mois, je rangerai définitivement ma valise à roulettes qui fait souvent sourire mes parents d’élèves. Hé oui, pour moi, ça n’a jamais été un cartable de cuir « Old school », bien mal proportionné aux exigences de mes transbordements de cahiers et autres manuels … quelques tonnes dans une carrière, j’imagine…

39 ans derrière le bureau, dont au moins 30 à ruminer tellement fort que cela m’a souvent étouffée, 39 ans d’exercice d’une profession incomprise mais essentielle, riche en émotions mais pauvre en relations, solitaire mais éminemment sociale et construite sur le rapport  humain, chronophage, intellectuellement invasive et encombrante mais exaltante car foncièrement nécessaire au progrès social!  A la veille de mettre la clé sur la porte de ma classe, j’ai l’impression d’avoir été vampirisée, tellement habitée par mon métier, multifonctionnelle au point d’avoir souvent sombré dans l’hyperactivité pédagogique et relationnelle, qu’une question se pose : quelle est la profondeur du vide que cela va causer en moi ?

Il a fallu attendre les vacances de Toussaint 2016 pour qu’un espace d’expression s’ouvre enfin en réponse aux perfides insinuations du monde politique et d’une société qui scie la branche sur laquelle elle est assise.  Cet espace a ouvert les vannes d’une expression longtemps restée inaudible, d’une profession ostracisée, donnée en pâture à une opinion publique en recherche d’exutoire. L’espace de paroles ainsi créé met chaque jour en lumière avec une incroyable force, la multiplicité des aspects de notre profession. C’est un vrai scanner des problèmes sociétaux de la France mais c’est aussi et surtout le révélateur d’une grande souffrance : celle  d’une profession humiliée et souvent abandonnée à son sort.

« 800 000 feignasses » est une plateforme salvatrice qui va, je n’en doute pas, trouver son ton et sa forme dans les mois et années à venir, et, pourquoi pas, devenir une force de propositions qui pourraient plaire aux adeptes de la démocratie participative. Merci à ceux qui ont décidé de lui donner cette première forme de vie, ces créatifs géniteurs du web,  qui vont contribuer à la faire grandir et devoir aussi lui donner les moyens d’être entendue.

Quant à moi, institutrice, modeste héritière des hussards de la République, je m’apprête à vivre mes dernières fois : dernier bricolage de Noël, dernier concert aux parents, dernières séances piscines, dernière sortie au musée… avec  cette sensation étrange et ambivalente, de les vivre avec un grand soulagement mais aussi avec l’impression de ne pas avoir eu le temps de faire assez et plus encore ! Je prépare l’après « Feignasse », que j’aimerais vivre avec bonheur : voyages, rencontres, bénévolat, pouvoir assouvir mes envies de lectures, de peinture, de cuisine, inassouvies par manque de temps et aussi, plus simplement,  écouter pousser mes salades ! Enfin !

Inutile de lister toutes les frustrations de ma carrière, la page Facebook en évoque à peu près une par post sur la page Facebook de 800 000 feignasses !

Et à l’instar de mes centaines de milliers de collègues, j’ai souvent eu envie de dire (et je l’ai fait chaque fois que je le pouvais) mon désaccord, ma révolte devant les manques de mon administration, devant la négligence, l’absence de reconnaissance, le mépris de la parole des professionnel de terrain que nous sommes, subissant des réformes autoritaires aux orientations discutables…

J’ai souvent et sans fausse modestie, revendiqué mon professionnalisme, aussi bien devant des parents à qui j’ai consacré des centaines d’heures, que devant ma hiérarchie, qui d’ailleurs a souvent admis son impuissance par manque de moyens.

Cette année est sans doute l’année de trop: J’ai pris en pleine figure par cette page Facebook la mesure du désarroi, des questions sans réponses, des inégalités territoriales, des différences de traitement, des manques institutionnels, de l’absurdité  de réformes inadaptées, pansements sur une jambe de bois, mais aussi de la précarisation de notre profession… et ça c’est la honte d’une démocratie qui se veut héritière du siècle des Lumières dont je pensais être une courroie de transmission et que je n’imaginais pas à ce point malade.

En juillet prochain, je cesserai (j’espère) d’être rongée et cette perspective me réjouit !! Je tâcherai de ne garder en mémoire que ce qui a guidé ma vie professionnelle, commencée à 18 ans, et qui a définitivement impacté toute ma vie:

Rendre à la société ce que l’école de la République m’a donné, à moi, petite fille de milieu défavorisé : la bienveillance de mes enseignants, l’importance de l’empathie, les valeurs permettant le vivre ensemble mais aussi l’amour de la langue, de la littérature et de l’art. Je me souviens avec émotion de la confiance qu’ils m’ont faite et qui m’a portée tout au long de mon parcours d’élève, éveillant chez moi la curiosité et l’envie d’apprendre et de comprendre le monde. Une confiance qui a impacté mon parcours de vie.

Au soir d’une carrière de 39 années, je me retourne avec bonheur et nostalgie sur cette longue route peuplée du souvenir de quelques 975 (plus ou moins) petits humains. J’espère être parvenue à leur donner cet accompagnement bienveillant, cette écoute et cet enthousiasme pour aller vers la connaissance, dont on oublie trop souvent qu’ils sont un moteur essentiel au fonctionnement humain. J’espère avoir été, malgré les dogmes d’une institution rigide qui ne juge qu’à travers ses propres filtres, et dont il faut savoir s’affranchir, une passerelle. J’espère avoir été à la hauteur de mes rêves et de leurs attentes.

Je n’ai été qu’un maillon d’une chaîne puissante, celle de la transmission…

CM

0

Voici mon témoignage sur mon temps de travail en tant que professeur des écoles, CM2 (mais CM1 c’était tout pareil) 

Volume horaire moyen pour une journée :

– enseignement : 5h15
– service de récré : 15 mn
– réunion (moyenne pour une journée) : 15 mn
– relations / RV parents (moyenne) : 10 mn
– corrections (cahiers, leçons, exercices sur le cahier du jour) : 2h
– préparations intellectuelle (réflexion, fiche de prep, cahier-journal…) et matérielle (photocopies, découpages, affichages pédagogiques…) pour une journée de classe : 1h15
(les gens du privé qui font des “prez’ ” peuvent bien imaginer que 5h15 de prez’, ça se prépare)

TOTAL : 9h10 / jour (mercredi : la moitié : 4h05)
Soit une moyenne hebdo de 40h45mn

Ponctuellement (mais régulièrement) et pendant les vacances :

– programmations annuelles et périodiques,
– documentation et élaboration de projets pour la classe (volet pédagogique),
– réservation et renseignement de formulaires divers pour les sorties / intervenants extérieurs (volet administratif),
– correction des bilans dans toutes les disciplines (non compris dans la moyenne journalière des corrections QUOTIDIENNES du professeur des écoles),
– lecture des circulaires et e-mails administratifs et hiérarchiques,
– tenue des comptes pour les photos de classe,
– tenue des comptes pour la coopérative,
– tenue des comptes pour les adhésions USEP,
– saisie des livrets scolaires,
– commande de fournitures, livres (après les avoir lus et étudiés, bien sûr),
– formations,
– prise de connaissance et adaptation aux nouveaux programmes.

Personnellement, je travaille AU MOINS la moitié des petites vacances, et 3 semaines durant les grandes vacances.
J’admets que je n’ai pas à me lever à 6h30 durant les vacances et que travailler à domicile est toujours agréable.
Cependant, de plus en plus de sociétés du privé ouvrent cette possibilité à leurs salariés (travailler à domicile).
Si on supprime la possibilité au PE de préparer ses cours chez lui et qu’on lui impose des horaires de bureau, le nombre de candidats va encore chuter (et le niveau de recrutement avec…) ; on pourra même s’attendre à des démissions.
Je suis une grosse bosseuse, j’ai eu mes diplômes avec la mention très bien, mais il ne faudrait pas pousser trop loin le mépris pour notre travail…
A bon entendeur.

Gaëlle

0

Etre professeur des écoles, c’est enseigner, transmettre un savoir, mais pas que !

 

Les professeurs des écoles soignent les blessés aussi.

Etre professeur des écoles, c’est être infirmier.

 

Etre professeur des écoles, c’est régler les problèmes entre les élèves (et parfois entre les professeurs).

→ Etre professeur, c’est être médiateur.

 

Etre professeur des écoles, c’est savoir réparer la si importante photocopieuse (outil INDISPENSABLE).

→ Etre professeur des écoles, c’est être réparateur.

 

Les professeurs des écoles doivent aussi faire respecter les règles.

→ Etre professeur des écoles, c’est être policier.

 

Les professeurs des écoles miment, jouent un rôle ou la comédie pour intéresser les élèves.

→ Etre professeur des écoles, c’est être comédien.

 

Les professeurs des écoles écoutent les problèmes des élèves et essayent de les aider.

→ Etre professeur des écoles, c’est être psychologue.

 

Les professeurs des écoles conseillent les parents qui ont des problèmes et essayent de les aider, voire de les orienter vers les bonnes instances.

→ Etre professeur des écoles, c’est être conseiller, voire assistante sociale.
Les professeurs des écoles innovent sans cesse, inventent leurs propres œuvres avant de proposer aux élèves d’en faire.

→ Etre professeur des écoles, c’est être artiste.

 

Comme quoi, être professeur des écoles, ça n’est pas être une feignasse, c’est faire plus de 10 métiers. En fait, être professeur des écoles, c’est être un super héros ! 😉

0

Depuis la 5ème, je savais que je voulais être prof.

J’hésitais entre anglais et français. Je suis donc prof d’anglais depuis 16 ans. Essentiellement TZR, avec parfois des compléments de service. J’ai tout fait de la 6ème segpa au BTS, en passant par l’EREA, le lycée pro, etc… Ce que je constate surtout, c’est une dégradation des conditions de travail depuis bientôt 10 ans, je dirais.

Je ne suis pas statisticienne, ni sociologue, mais j’ai le sentiment qu’on est de moins en moins d’adultes pour encadrer les enfants. Donc forcément, la charge de travail est décuplée pour chacun. Surtout qu’on ne peut pas jeter l’éponge et dire “tant pis, moi je fais juste le minimum et basta !”. On ne peut pas, parce que pour nous, les élèves ne sont pas non plus des statistiques, mais de jeunes humains en pleine formation, et qu’on ne peut pas ne pas être là pour eux.

Ce métier est passionnant car c’est quand même un métier très créatif (en tout cas pour moi, dans ma matière). On peut faire ce qu’on veut, du moment qu’on sait dans quel but pédagogique on le fait. Mais pour cela, il a aussi fallu se former: un des côtés très chronophage de ce métier, c’est l’obligation d’être autodidacte, de s’auto-former en permanence. C’est aussi ce qu’il y a de plus riche, et en tant que profs, nous sommes sûrement nombreux à avoir aimé l’école, avoir adoré apprendre. Mais il n’empêche que cela prend un temps fou. Ce qui pourrait ne pas être grave, car ce temps passé nous enrichi…

Pourtant je dois dire qu’à un moment, j’apprécierais assez aussi que l’enrichissement ne soit pas que spirituel, mais un peu plus sonnant et trébuchant.

Pourquoi ? Parce qu’effectivement, loin de ne passer que 18 heures à travailler, c’est souvent au moins 40h les petites semaines, voire largement plus, souvent. Et pendant les vacances ? Et bien la petite machine à faire des cours ne s’arrête jamais. On y pense tout le temps finalement. On passe du temps à gérer les nouvelles technologies pour pas un rond de plus : en anglais, on utilise volontiers MP3, ipad, etc… Mais tout cela, ça demande un boulot monstre à gérer. Et ce temps n’est jamais comptabilisé. Une fois, j’ai quand même eu la surprise d’une double paye au mois d’août. Je pensais que c’était une erreur…C’est là que j’ai appris l’existence d’une sorte de cagnotte occulte (j’étais membre du CA, on n’en a jamais évoqué l’existence !) que le chef d’établissement pouvait distribuer, selon son bon vouloir, apparemment. J’avais fait un projet Comenius, et une expérimentation avec les MP3, donc j’ai eu de la chance d’être, pour une fois, payée (Comenius : je ne compte même pas le temps passé !!! Impossible). Mais cela vient comme une sorte de grâce princière, au lieu d’être simplement un dû pour un travail effectué par une personne compétente.

Et c’est ça qui me gêne de plus en plus : nous sommes (dans la grande majorité je pense) hautement compétents, impliqués, et finalement ce n’est pas reconnu. Cela peut l’être dans nos réunions de spécialistes (réunions entre profs geeks style cyberlangue, dans les moocs, les webinaires, les séminaires eTwinning…On se crée un réseau, dans lequel on est enfin reconnu). Je ne voudrais pas donner l’impression que c’est l’argent qui serait ma motivation, car vraiment au départ ce n’est pas cela, loin de là.

Mais dans cette société mercantile de consommation, tous les gens, comme nous qui bradons nos compétences, ne sont pas du tout considérés.

D’où la possibilité pour des gens à l’ignorance crasse de dire des énormités comme l’allusion au travail 6 mois dans l’année. Par ailleurs, on nous impose sans cesse des réunions stériles et sans autre but que de passer le temps, car nous devons des heures…Je dois des heures passées à glander, à me tourner les pouces, les fesses scotchées à une chaise en regardant l’heure tourner ? Mais à quoi ça rime ? La plupart de ces réunions ne servent à rien et pourraient être remplacées par un simple document de travail collaboratif où chacun rapidement donnerait son avis….

C’est ce qui est le plus pesant : savoir que l’on a tant de choses à faire, et perdre son temps à ne rien faire ! Juste navrant. Nous sommes des gens de terrain, tous les jours on est dans le concret, on cherche, on tâtonne, on se trompe, on a des réussites, des échecs, on recommence, on apprend à nos élèves, on apprend de nos élèves. Ce qui serait bien, c’est que le talent qui s’exerce tous les jours dans les classes soit reconnu et apprécié. Et ça, je pense que c’est aussi quelque chose qu’on doit faire nous- mêmes, ne pas attendre la petite tape sur la tête de félicitation. Je tourne beaucoup, et je vois plein d’initiatives super, partout. Je suis hyper fière de faire partie de ce milieu car il est très riche.

Alors il faut aussi qu’on fasse notre com, qu’on valorise nos initiatives, nos idées, nos projets, tous les trucs super chouettes qu’on fait pour nos élèves et avec eux. Qu’on partage entre nous, qu’on crée des liens entre nous. Qu’on élargisse le réseau, qu’on montre ce qui marche, qu’on réfléchisse ensemble quand ça ne marche pas, sans jugement mais avec bienveillance. Il y avait des slogans “I’m black and I’m proud”, et bien on devrait montrer à quel point on est talentueux, ingénieux, créatifs, intelligents, etc…

“Prof, et fière de l’être!”

Euriell

0

Le quotidien d’une directrice d’école élémentaire, c’est répondre au téléphone, lire et répondre aux mails urgents, c’est écouter les parents, le personnel, les collègues, c’est réparer la photocopieuse, rebrancher internet, appeler pour qu’on vienne déboucher les toilettes, donner son accord pour une nouvelle inscription, c’est aussi veiller à ce que la sécurité soit assurée partout, tout le temps…

Et j’oubliais : C’est aussi être performante en classe, rassurer l’élève qui a oublié son cahier à la maison, essayer de savoir si Léo reste à la cantine, si Julie va aux TAP… et être de bonne humeur pour assumer tout ça !

J’ai choisi ce métier il y a 27 ans, sans regret, mais il m’épuise !!

0

 

Je fais partie des 800 000 feignasses mais plus pour longtemps… et oui à force d’avoir glander pendant tant d’années, j’arrive à la retraite et je vais pouvoir enfin TRAVAILLER… Comme ça fait du bien de prononcer ce mot !
Je n’aurai plus à dire que je suis prof en me cachant sous une table parce que je vais entendre “Ah les vacances…” et que du coup j’ai une envie irrépressible de filer de grandes tartes dans la gueule à ceux qui ricanent mais qui avec leur RTT, finalement, arrivent à 2 mois de “vacances” mais qui, par contre, gagnent 2 à 3 fois plus que moi… et qui peuvent partir en vacances quand ils veulent en économisant 30 % au moins sur les prix “hors périodes chaudes”.
Je n’entendrai plus non plus de mon propre père “Tu es fatiguée ? Mais de quoi ?” ou d’une copine qui ne travaille pas “Passe, toi, moi je n’ai pas le temps”.
Mais du coup je pourrai dire comme tous les retraités “Ppfiou depuis que je suis à la retraite je n’ai plus le temps de rien faire”.
Mais par contre je continuerai à penser à vous les feignasses, aux 3-4h/semaine que vous passez à corriger les 33 copies des élèves qui vous trouvent parfois nulles, aux 2-3h/semaine que vous mettez à remplir les cahiers de textes en ligne (quand tout marche bien… hein, parce que des fois…) que des parents/élèves ne regardent jamais sauf pour vous dire qu’il n’est pas à jour, aux 10-15h que vous passez à préparer des cours ou des évaluations, et aussi aux réunions en tout genre, aux RV avec des parents plus ou moins bien disposés et j’en passe…
Enfin je vais pouvoir glander sans passer pour une feignasse !!!
Ravie au final de quitter ce métier qui a fait de nos hommes politiques ce qu’ils sont, parce que, soyons réalistes, si nous n’étions pas là, ils ne seraient pas là non plus, hein..
Et là quand même quand je vois ce qu’ils sont devenus : menteurs, tricheurs, fourbes, abrutis, mégalos, mythos et j’en passe, je me dis qu’on a raté qlq chose dans leur éducation…

0

14615788_1179328548821021_1166557701468463719_oBeau message pour bon nombre d’hommes de Pouvoir qui, s’ils ont un jour reçu des vertus, des valeurs par leur famille, les ont assurément perdues.
Dans l’actualité, les vertus éducatives des parents sont en sérieuse concurrence avec la télévision, les PC, les tablettes, les téléphones portables et le flot ininterrompu d’informations
de tous genres qui forgent, configurent, les petits esprits…

De plus, pour “y arriver” (parfois à peine ou même pas…) les parents bossent tous les deux, dans des contextes parfois rudes, anxiogènes et le temps consacré aux enfants est donc insuffisant et d’une piètre qualité. Sans compter tous ceux qui sont au chômage et qui ne retrouveront jamais de travail, ceux pour qui la Société n’a plus aucun sens, aucun : les abandonnés.
L’École et les pauvres feignasses qui la portent encore un peu, qui tiennent bon, mais pour combien de temps encore, tentent donc de pallier ces carences éducatives… ce qui revient, pour ces malheureuses feignasses, de tenter de remonter les chutes du Niagara avec des palmes…
Même si elles sont académiques, elles ne servent pas à grand chose.

0