Le post du petit CM1 demandant à sa maîtresse si c’est son vrai métier, me fait fortement penser que j’en ai à la pelle des réflexions comme ça… étant titulaire mobile (dans le 1er degré).

– ayant fini un remplacement en IME, une maman me dit au revoir et rajoute “bonne continuation dans vos stages! ” 😜

– en maternelle :
_ mamie regarde on a eu une autre maitresse finalement aujourd’hui!
_ ah oui? Mais c’est pas une vraie maitresse tu sais…
WTF 😕??

– En CM1 “Demain c’est toi qui viens remplacer notre maitresse?
– euh non je ne peux pas demain (étant missionnée ailleurs )
– ah oui tu restes chez toi?!
– euuuh….

– L’ATSEM (remplaçante dans une classe, qui d’ailleurs n’y connaissait pas grand chose au métier, car on parlait des nouveaux rythmes et elle me sort “moi j’aime pas et en plus les profs ils font moins d’heures” –> c’est celaaaaa oui! ) Bref…
– Ta fille tu la fais garder où?
– ben à la crèche…
– ah oui? Tu peux leur dire au dernier moment quand tu bosses?
– non mais je bosse quand même quand je n’ai pas de remplacement en fait… Je donne un coup de main à mon école de rattachement…

– et l’éternel….
“Mais tu es une vraie maîtresse??? ”

😂

Partagez vos anecdotes si il y a d’autres grosses feignasses de remplaçants dans nos lecteurs!!! 😉

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Par Manon Kenny Omm’nesse

Aujourd’hui, j’ai lu l’article de Brighelli sur le groupe  Facebook des 800 000 Feignasses.

Faut arrêter de poster ce genre d’articles les copains…Vraiment.Je vais finir par pleurer là…..
Je n’en peux plus des lieux communs, de l’image véhiculée par l’école, de celle que nous avons, nous les profs, auprès de la population.
Plus possible d’entendre ces propos quand on fait notre travail en y mettant tout notre cœur et nos ressources.
Quand il prend tant de place dans nos vies.
Plus possible d’être pris pour des imbéciles qui ont besoin qu’on leur ré explique leur métier, qu’on leur supprime leur liberté pédagogique et leurs “vacances à rallonge” ou je-ne-sais-quelle-autre-mesure-infantilisante.
J’aime mon travail, j’aime l’école et ses enseignants qui se battent pour la faire vivre. J’aime voir les progrès, les quelques inégalités qu’on arrive à gommer.
Je voudras qu’on nous foute la paix et qu’on nous laisse bosser.
Aujourd’hui j’ai perdu 15 minutes de travail perso à cause de cet article, 15 minutes que j’aurais mieux fait de consacrer aux progrès de mes loulous. Si c’est pas dommage ça…
Je suis peinée

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“Chères feignasses,
L’année 2016 a apporté son lot de difficultés et d’absurdités dans notre métier. Et, au détour d’une phrase assassine et provocatrice, une énième pique à l’encontre de ce que nous sommes, a encore enfoncé le clou. Nous aurions pu à nouveau courber l’échine et ne pas relever la tête.
Mais non, une tribu d’indomptables feignasses a levé son bâton de pèlerin et s’est écrié : « Vous ne passerez pas, préjugés à la noix ! ». Le groupe des 800 000 feignasses était né.
Fort de plus de 17 000 membres aujourd’hui, le mouvement ne cessera pas grâce à vos témoignages, vos réflexions et votre volonté de redorer le blason du « plus beau métier du monde ». Nous avons un objectif : donner NOTRE vision du métier et toucher le plus grand nombre.
C’est pourquoi, l’équipe vous souhaite une belle et prolixe année 2017. Qu’elle soit empreinte de petits bonheurs, de perles d’élèves, de fous-rire, de créativité, d’imagination, de persévérance et de reconnaissance.
Gardez le cap, ne vous désarmez pas. Nous sommes une force qui peut se faire entendre.
Belle et heureuse année 2017 !”

Et pour bien débuter 2017, les 800 000 feignasses vous proposent d’écrire sur ce mur virtuel vos vœux pour l’école en 2017. Pour cela, vous avez le choix :

  • Ecrire vos vœux directement sur le mur
  • Télécharger un document texte, son, ou image.

A vos plumes !

https://padlet.com/800kfeignasses/sb7harajpqex

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Par Julie
Je suis professeur des écoles. J’ai passé le concours via la voie externe, par correspondance, après avoir exercé dans une entreprise privée, où j’ai vécu une très mauvaise expérience humaine. J’avais besoin de retrouver du lien humain, de me sentir utile, bonne à quelque chose.
L’entrée dans le métier a été fracassante, jetée dans la fosse aux lions. Affectée à un IUFM à 60 km de chez moi, et à un stage filé à 80 km. Une formation à l’IUFM complètement inadaptée à la réalité du terrain. Je m’improvisais maîtresse, mes longues heures de préparations inefficaces ne se faisaient pas sans internet… la pédagogie ça ne s’improvise pas ! Les enfants ne me faisaient pas de cadeaux, les conseillers pédagogiques non plus, j’ai souvent voulu démissionner, mais je ne suis pas du genre à me laisser abattre.
Une fois validée, j’ai été affectée à plusieurs dizaines de kilomètres de chez moi, chaque année dans un endroit différent. Mais je ne me plains pas, je n’ai jamais dû déménager.
J’ai toujours beaucoup travaillé, préparé, j’observais les classes de mes collègues d’école en école, je m’imprégnais de conseils, méthodes pédagogiques. Et puis j’ai eu des enfants, je les ai observé, j’ai eu envie d’en savoir plus sur la psychologie de l’enfant. Durant mon congé parental, je me suis documentée, j’ai lu des articles sur le net, lu des livres sur la communication non violente, sur les travaux de Montessori etc… Je ne comprends pas, à l’IUFM, on m’a appris à rédiger un cahier journal et une fiche de prép… on ne m’a rien appris sur la psychologie de l’enfant !!
De retour au travail, je me rends compte que mes nouvelles collègues sont dans la même mouvance que moi, on échange, on discute, on aménage notre pédagogie. J’aime cette interaction !
Aujourd’hui, j’aime mon métier, il me prend aux tripes, je suis fière de ne pas avoir lâché au début. Mais si j’arrive à l’exercer comme je le fais aujourd’hui, si j’ai la sensation d’apporter à mes élèves (plus qu’un enseignement, une relation affective forte) si j’ai confiance en ce que je fais, c’est grâce à toutes les collègues croisées dans les différentes écoles où j’ai été affectée.
J’ai croisé des collègues passionnées, des collègues bienveillantes, énergiques, créatives, des collègues aidantes et solidaires, à l’écoute. Ce sont elles qui m’ont véritablement formée à mon métier. Parmi les multiples casquettes d’un enseignant, on peut aussi ajouter celui de formateur, l’institution est défaillante aussi à ce sujet…
Je dis souvent que l’Ecole est branlante, mais ce qui fait tenir les murs, ce sont les enseignants et leur foi. Il est temps de les préserver, de les écouter, de leur faire confiance, pour que cette crise de vocation et que la perte de motivation dans le métier ne fasse totalement défaillir l’Ecole.

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