Voici les notes d’une de nos collègues qui a assisté aux Assises de la Maternelle  (27 et 28 mars 2018).

 

J-M BLANQUER
Il faut renforcer le rôle de l’Ecole Maternelle et la formation des enseignants : tâches spécifiques, compétences particulières.
On ne doit pas opposer épanouissement et connaissance.

 

Boris CYRULNIK
Le développement des enfants a changé : ils sont plus grands, ont un développement plus rapide et des processus d’apprentissage différents.
Les foyers ne sont plus du tout les mêmes, les femmes accouchent de leur 1er enfant vers 30 ans et travaillent.
Il faut que l’éducation précoce de la maternelle s’adapte. Elle joue un rôle majeur.

La parole se prépare émotionnellement. La « niche sensorielle » amène la parole de l’enfant.
C’est la sécurité affective qui amène l’enfant au langage.
1 enfant sur 3 est insécure (précarité sociale, violences conjugales etc.).
C’est l’espace, l’accueil affectif et verbal des enseignants et des ATSEM qui tissent des liens d’attachement.

La formation des PES n’est sans doute pas adaptée.
Il faut développer la créativité des enfants, apprendre par le jeu, associer le plaisir à l’acte d’apprendre.

 

Emmanuel MACRON
L’Ecole Maternelle sera un élément fondateur.
Je rends l’instruction obligatoire à partir de 3 ans dès la rentrée 2019.
C’est une reconnaissance.
Cela doit permettre de corriger les inégalités, particulièrement celles liées au langage.
La plasticité du cerveau de l’enfant est propice à l’acquisition du langage.

Le dernier défi à relever est d’ordre affectif. Attachement, socialisation (société brutale).
L’école maternelle est le lieu de la sécurité émotionnelle et d’épanouissement.

Dialogue entre le sensible et l’intellect.
La créativité, la musique, doivent avoir une place centrale.

Nous avons besoin des ATSEM (compétences, savoir-faire).
C’est un personnel clé (reconnaissance, formation, salaire).

L’Ecole Maternelle est un lien de confiance indispensable entre la famille et l’école.

Il s’agit d’enraciner dès la petite enfance.
Ouvrir l’école avant 3 ans c’est nécessaire là où c’est pertinent.

Ecole inclusive, école de la bienveillance.

On construit une nation dans l’Ecole.

On attribue à Victor Hugo ces mots : « A chaque fois qu’on ouvre une école, on ferme une prison. »

Il s’agit de former des citoyens éduqués et épanouis.

 

 

Francis EUSTACHE directeur d’études, unité neuropsychologie et imagerie cérébrale
Le développement de la mémoire chez l’enfant :

Les gènes et l’environnement interagissent au cours du développement cérébral.
Au cours du développement l’environnement prend peu à peu le pas sur le programme génétique.

La mémoire de travail et les fonctions exécutives progressent jusqu’à la fin de l’adolescence.

L’enfant ne dispose pas encore de la mémoire épisodique (souvenirs personnels qui permettent le voyage mental).
Elle est parcellaire et se met en place vers 5, 6 ans. C’est l’âge des 1ers souvenirs construits (souvenirs situés dans l’espace te dans le temps. Quoi ? Où ? Quand ?)

Chez le jeune enfant c’est l’absence de verbalisation qui empêche de fixer le souvenir.

Si on malmène le sommeil des petits on empêche la construction de la mémoire.

Il y a un lien entre mémoire et espace.

Les connaissances du fonctionnement et de l’évolution de la mémoire chez l’enfant doivent être très importantes dans la formation des PE.

 

 

Agnès POMMIER DE SANTI doctorante en sciences de l’éducation et PE
L’école maternelle, la relation affective et les apprentissages :

La relation affective est un aspect inhérent de la relation d’apprentissage.
La théorie de l’attachement facilite l’adaptation et la réussite scolaire.

Les dimensions de la relation positive de qualité :
Proximité physique
Contact physique
Empathie

Les enfants sécures et insécures s’opposent :
L’enfant sécure : en confiance, en sécurité. Aptitudes face à la tâche : Attention, engagement, estime de soi.

L’enfant insécure : Pratique de « l’accrochage », hyperactivation des comportements d’attachement. Fuit la tâche au profit de la relation avec l’enseignant.
Ou bien : Attachement évitant, détaché : Evite la proximité physique de l’enseignant et le contact oculaire. Compulsivement autonome.
Ou bien : Attachement désorganisé, désorienté : très agité, provoquant.

Importance de la régulation émotionnelle entre pairs : Les enfants sécures peuvent apaiser des tensions.

 

 

Marc GURGAND professeur à l’école d’économie de Paris et directeur de recherche
Et Franck RAMUS professeur attaché à l’Ecole normale supérieure et directeur de recherche

Quels liens entre capacités de langage et inattention, hyperactivité ?
Les 2 sont liés.
Des difficultés de langage au départ (3 ans) entraînent inattention, hyperactivité à 5 ans.
Le langage est un outil de régulation de l’enfant.

Le langage oral est crucial.
Les effets du niveau socio-économique ne sont pas une fatalité.

82% des enfants ayant un retard de langage à 30 mois ne le rattraperont pas.
20% auront un trouble du langage persistant.
30 à 50% auront une difficulté en langage écrit.

Ce retard impacte aussi les régulations émotionnelles et les compréhensions exécutoires.

Il ne faut pas hésiter à intervenir très tôt.

L’entrainement de la conscience phonémique a un effet important sur la lecture.
Les effets sont persistants.

La mémoire verbale (poésies, comptines) est prédictrice de réussite scolaire.

Dès l’entrée à la maternelle il y a des inégalités : Génétiques, prénatales, familiales, sociales.
Peu importe les causes. On ne peut pas changer le passé de l’enfant mais on peut changer son présent et son avenir.

 

 

Anne-Marie FONTAINE maître de conférences en psychologie de l’enfant et formatrice à l’institut petite enfance

L’écologie développementale étudie l’environnement écologique de l’enfant (son environnement : famille, crèche, école).
L’objectif est d’identifier les caractéristiques de l’environnement physique et humain de l’enfant.

Quels choix font les enfants ? Ils nous envoient des messages qui nous renseignent sur leurs besoins.

Quelques résultats de recherche concernant les enfants de 2 à 3 ans :
Il faut privilégier les espaces de jeu délimités, c’est ce que les enfants préfèrent (Communication non verbale facilitée, attention plus facile).

Les enfants ont besoin d’un accès visuel à toute la pièce. Pas de meubles plus hauts qu’eux.
Les barrières visuelles augmentent les activités de repli et les conflits.

L’espace loin des adultes est le moins utilisé. Il y a plus d’enfants dans les zones où on voit l’enseignant.

Le positionnement des adultes est déterminant.
Si les adultes se répartissent, les enfants aussi.

Les adultes sont des « phares ». Les zones éclairées par la présence des adultes sont celles qui sécurisent les enfants. Ne pas tourner le dos aux jeunes enfants, sinon on existe plus. Importance du regard.

Le « phare allumé » c’est une présence physique, un regard tranquille, posé, bienveillant. C’est un acte professionnel majeur.

Le « phare éteint » : pas de regard sur l’enfant, tâches diverses, discussions entre adultes, rangement. L’attachement à une base sécurisante permet à l’enfant l’exploration autonome de l’espace et l’activité.

Les jouets en double favorisent les échanges imitatifs et suppriment les conflits (prendre le jouet de l’autre).

Ce sont les jeux moteurs qui suscitent le plus d’interactions suivis des jeux d’imitation.

Attention à trop d’affichage en classe. L’attention est meilleure si les murs sont nus.
Privilégier plutôt le fond de la classe pour afficher.

 

 

Lyliane NEMET-PIER psychologue clinicienne et psychanalyste
Et Sabine PLANCOULAINE responsable scientifique chargée de recherche sur la thématique du sommeil de l’enfant au sein de l’équipe Inserm-Orchad
Le sommeil du jeune enfant :
Le sommeil se prépare en amont.
La sieste est indispensable à 3 ans, voire à 4, 5, 6 ans.
Le sommeil de groupe consolide les apprentissages du matin.

Il s’agit d’un sommeil lent qui ne fait pas peur parce qu’il dure peu, qu’il fait jour dehors, que les adultes restent éveillés et que tous les autres dorment aussi (on n’est jamais seul).

La sieste permet la digestion des émotions.
C’est en respectant ce temps de sieste que les enfants dormiront mieux le soir. Sinon ils n’apprennent pas à reconnaître les signes de fatigue.
Leur parler du « petit train du sommeil » (reconnaître les signes : bâillements, yeux qui se ferment).

Dormir n’est jamais du temps perdu pour un enfant, bien au contraire.

Penser l’aménagement des espaces de sieste :
Besoin d’une niche sensorielle : son lit, ses objets fétiches, son panier de vêtements.
Personnaliser chaque lit (photo) pour marquer son territoire, son espace individuel, douillet.
Ne pas oublier qu’un dortoir est angoissant s’il ne renvoie pas à un plaisir. Il faut que le dortoir soit habité, coloré avec des fresques, des dessins d’enfants.

Le mot dortoir n’est peut-être pas heureux. Pourquoi pas la chambre des siestes ?

Installer une douce pénombre, baisser peu à peu la musique douce.

On ne doit jamais dévaloriser le fait de dormir. Le dortoir n’est pas un lieu de punition.

On ne réveille pas un enfant qui dort. Organiser un réveil progressif et échelonné.

Mais si un enfant dort 3 heures, il faut s’interroger sur le sommeil à la maison.

Le sommeil est une des fonctions les mieux conservées au cours de l’évolution.

Prévoir de pouvoir proposer une sieste aux MS, voire à certains GS qui en ont besoin.
On peut installer un « coin repos » dans les classes de MS et de GS, sans moquerie, sans punition.

Le sommeil de la sieste de l’enfant n’est pas le même que celui de la nuit (cycles courts, pas de rêve).

Si les réveils nocturnes sont trop fréquents il faut consulter.
Les principaux facteurs de risque sont : Habitudes de coucher/Tabagisme passif/Ecrans.

 

 

Pierre LEMARQUIS neurologue
Et Bruno SUCHAUT directeur de l’unité de recherche pour le pilotage du Canton de Vaud (Suisse)
Sommeil et cognition :
Les enfants qui font la sieste ont une amélioration de la mémoire, du vocabulaire et des fonctions exécutives.
Il semble que les troubles du sommeil sont associés à : troubles du comportement, de la conduite.

Musique et langage :
Les bébés crient dans leur langue maternelle.
Il babille dans sa langue.

Musique, langage et émotions : La musique nourrit les apprentissages.
C’est la base de l’empathie, rien de plus jubilatoire pour un enfant que de faire la même chose en même temps. Dans la chorale chacun garde sa personnalité mais œuvre avec les autres. C’est une dimension sociale et une dimension symbolique.

 

 

Caroline MOREAU-FAUVARQUE Inspectrice générale
Il faut s’intéresser à toutes les dimensions du développement de l’enfant : Santé, sommeil, sécurité affective, dimension sensorielle et motrice, dimension cognitive.

Qu’est-ce que peut apporter la recherche à l’Education ?
L’acquisition du langage depuis la recherche jusqu’à la salle de classe pour servir l’enfant.

 

 

Gislhaine DEHAINE – LAMBERTZ directrice de recherche au CNRS
Il n’y a pas de séparation entre émotion et cognition.
J’entends parler, je vois parler, je parle moi-même
Les nourrissons reconnaissent leur langue maternelle.
Un enfant bilingue continue à 8 mois à percevoir en regardant un visage en quelle langue il parle.
L’imitation est un puissant moyen pour apprendre à parler.

L’enfant a une compétence naturelle pour parler mais il faut l’alimenter.
Cette compétence naturelle débute au 3ème trimestre de la grossesse.
Le nourrisson apprend dès les premiers jours de la vie les caractéristiques de sa langue maternelle (orale, gestuelle) en combinant des infos auditives, gestuelles et motrices.
Il peut le faire parce que le cerveau humain a évolué pour la communication et parce qu’il veut communiquer.

 

 

Ranka BIJELJAC-BABIC psycholinguiste et maître de conférences, CNRS

60% de la population mondiale est bilingue.
Certains bilinguismes sont stimulés et valorisés (anglais, allemand, espagnol, chinois), d’autres sont dévalorisées (arabe, turc, langues africaines).

Le développement du langage en bilinguisme suit les mêmes étapes selon le même calendrier.

Les bébés en bilinguisme différencient les langues parlées par la mère dès la naissance.
Très vite ils discriminent les langues, entendues et étrangères sur la base de la parole silencieuse (en observant seulement la bouche).
Ils différencient les structures syntaxiques des langues.

Il y a des avantages cognitifs.
Les bilingues ont de meilleurs résultats dans les tâches qui demandent l’implication des fonctions exécutives.
Le bénéfice est observé toute la vie.
La pratique de la langue maternelle renforce l’ancrage des enfants dans leur filiation culturelle faite de diversité.

 

 

Laurent LIMA Directeur du département des sciences de l’Education à l’université de Grenoble-Alpes et maître de conférences
Le langage joue un rôle majeur dans la compréhension de l’écrit.
L’influence du niveau social ne diminue pas avec le temps.
L’Ecole Maternelle peut jouer un rôle dans la réduction des inégalités sociales.

Ce qui progresse le moins dans les études c’est la compréhension de l’oral pour les milieux défavorisés.

La lecture régulière d’albums développe le langage oral et le vocabulaire, favorise la compréhension en lecture à l’école élémentaire et le plaisir de lire (exprimés par les enfants de CM).
La qualité et la diversité des interactions langagières utilisées par les parents est décisive. Elles doivent susciter l’action de l’enfant.

On améliore le vocabulaire et les capacités narratives si :
-Plusieurs lectures du même album
-Lecture interactive
-Lecture en dialogue très structuré (questions ouvertes : Qui ? Quoi ? Quand ? Pourquoi ? Anticiper la suite de l’histoire, relier).
-Félicitations à l’enfant

 

 

Caroline HURON Chargée de recherche à l’inserm
et Valérie GREMBI Directrice et coordinatrice pédagogique du Cartable fantastique
Les troubles de la coordination :
La dyspraxie est une difficulté à la gestion des gestes, de la vue.
Les signes d’appel :
-Refus de jeux moteurs
-Difficultés graphiques, de découpage, de collage, dessin pauvre
-Difficulté à s’habiller
-Difficulté à se moucher
-Tombe beaucoup
-Maladroit
-Manque d’aisance
-Difficultés de repérage temps/espace

La dyspraxie est un trouble invisible avec répercussions transversales dans la plupart des activités sauf le langage.
Toutes les activités de la maternelle deviennent compliquées.
Il faut s’appuyer sur le langage, ne pas évaluer selon la norme des autres.
Alerter rapidement.

 

 

Alain BENTOLILA Linguiste, Professeur à l’université Paris Descartes
La priorité de la Maternelle doit être la maîtrise partagée du langage.
Réhabilitation linguistique : conquête du sens, plaisir, jeu, labeur, parcours précis.

Objectifs prioritaires :
-Prendre conscience de la segmentation de l’oral : prise de conscience des mots, articulation, reconnaissance des syllabes, des sons voyelles (pas les consonnes occlusives)
-Droit et devoir de la communication : Dire aux enfants quand on n’a pas compris. Demander des précisions.
-découverte des principes syntaxique (la phrase change, le monde change).
Faire des phrases insolites à réorganiser.
-Découverte du principe syllabique
-Acquisition du vocabulaire : On n’apprend pas de liste de mots, ça ne sert à rien. En revanche on peut proposer de travailler sue l’univers d’un mot (ex : forêt : C’est quoi ? Qui y habite ? Qui peut y aller ?…)
-Savoir ce que c’est de lire et de savoir lire. Il faut prendre le temps une fois le texte lu de recueillir les commentaires des enfants.

Les assises portent avec courage la lutte contre les inégalités par la maîtrise de la langue.

Il faudra la mise en place de moyens.
On ne travaille pas sur la langue avec 20 enfants mais en tout petit groupe (dédoublement des classes).

Il faut une formation spécifique des PE de maternelle. C’est le même don à l’autre mais ce n’est pas la même manière de faire, pas les mêmes compétences.

Il faut en savoir beaucoup sur la construction du langage.

L’Ecole Maternelle commence à former des intelligences qui sauront résister plus tard à la manipulation et à la barbarie.

On construit de la résistance intellectuelle qui permet d’inhiber, de refuser un certains nombres de choses.

La maternelle n’est pas un mini CP où on essaie de prendre de l’avance.

Il faut spécialiser dès l’université.
Et intervenir en binôme dès l’ESPE (demande d’humilité de la part des chercheurs qui doivent écouter le terrain).

 

 

Table ronde :

J-Y BESSOL IA-DASEN
Sabine CAROTTI IGEN responsable ministériel de l’audit interne
Annie CERF IEN
Philippe DEBROSSE IGA responsable ministériel de l’audit interne
Frédérique HIRN psychologue clinicienne
Gaëlle LE NOTRE collectif ATSEM de France
Yvan MOULIN formateur en ESPE
Mathilde ROY adjointe au maire d’Amiens

Le travail coordonné en classe entre enseignants et ATSEM :
Analyse de la situation des ATSEM (rapport IGEN/IGA) :
Temps de présence très long.
Des missions qui changent
Double hiérarchie (directeur, collectivité)

Le décret du 1er mars 2018 modifie leur statut.

Il faut s’atteler à la rédaction de Chartes.

Il y a un vrai besoin de concertation, de cohésion, qui est difficile à mettre en place car 2 personnes partagent le même temps, le même lieu, avec les mêmes enfants.
D’où la nécessité de clarifier les rôles.

Nécessité d’une formation conjointe PE et ATSEM
Pour croiser les compétences, les regards (hybridation des connaissances).
Pour accompagner le développement du jeune enfant,
par exemple :
Quelles postures au quotidien.
Quels mots pour on va utiliser en cas de conflit.
Quels mots pour accompagner les émotions.

Pour savoir comment agir il faut comprendre.
Il faut par exemple connaître la théorie de l’attachement.
Après, au quotidien, il faut passer du savoir au savoir-faire et savoir-être.

Il s’agit d’acquérir des postures professionnelles.
C’est pourquoi la formation est un outil fondamental mais pas suffisant.
Pour pouvoir offrir une sécurité affective, il faut soi-même se sentir en sécurité.

Possibilité de mettre en place des évènements : Des conférences thématiques (développement de l’enfant, pratique en partage, bien-être à l’école).

Il faudrait présenter le monde de l’école aux familles
Entrer dans la famille de l’école ne signifie pas renoncer à sa famille, nécessité de l’expliciter.

Nécessité d’adultes stables avec glissement des temps scolaires et périscolaires. Les ATSEM représentent cette stabilité.

Nécessité de repenser la continuité de tous ces temps avec les équipes du périscolaire et de la petite enfance.

Complémentarité entre PE et ATSEM et périscolaire, oui mais pas mimétisme.

Il faut aussi repenser les liens entre petite enfance et école.

Des villes salarient des auxiliaires de puériculture pour former un trio (PE, ATSEM, auxiliaire).

Importance de co réfléchir avec des spécialistes.

Difficulté à organiser des formations communes car problème de temporalité (on ne travaille pas forcément sur les mêmes temps).

Intervention de Gaëlle LE NOTRE du collectif des ATSEM de France
Les ATSEM sont maintenant membres à part entière de la communauté éducative mais ce n’est pas toujours reconnu.

Les ATSEM sont favorables à des formations communes (PE/ATSEM).

L’oeil bienveillant et expérimenté de l’ATSEM peut être une aide précieuse pour les PE débutants.

L’ATSEM a des compétences pour veiller au bien-être des enfants.

Il doit s’adapter aux enseignants, au nombre d’enfants variable, jongler entre les temps périscolaires, en responsabilité, et scolaires, pas en responsabilité.

Ils appartiennent à la communauté éducative et souhaitent que leur rôle soit reconnu, par exemple qu’ils aient leur place :
Au conseil d’école
Dans les équipes éducatives (ils connaissent chaque enfant et sur des temps qui échappent aux PE, repas, sieste par ex.)
Dans les projets d’école.

Il y a un problème de salaire qui n’est pas à la hauteur des compétences et de l’expertise.
Bienveillants mais bien traités.

Nécessité d’une reconnaissance de la complémentarité avec l’enseignant (enlever l’autorité d’une personne sur l’autre).
Le directeur doit aider à bien intégrer les ATSEM.

Avec des journées de 10 h par jour, il est difficile de se réunir avec l’équipe enseignante.

Suite des interventions :

Exemple de l’académie de Lille :
Mise en place de stages de formation continue PE/ATSEM.
Les ATSEM sont libérés le temps de la formation.
Le dispositif s’est adapté aux besoins des territoires.
Le stage doit correspondre à une problématique de territoire.

Une collectivité territoriale qui s’engage avec l’Education Nationale s’engage à mettre les moyens de remplacements.

L’engagement des collectivités territoriales est absolument nécessaire.

Peu de lien entre le personnel de crèche et les ATSEM qui ont pourtant un projet commun.

Proposition : changer le nom des ATSEM qui n’évoque rien.

Même besoin de formation pour les animateurs qui interviennent sur la petite enfance.

 

 

Boris CYRULNIK
Vers l’école maternelle de demain : orientations, perspectives d’évolution
L’accès au savoir est le 1er pas vers la démocratie.
En entourant l’enfant on active le cortex préfrontal.
Même s’il y a eu privation affective donnant l’impression que les synapses se sont atrophiées, c’est résiliable.
On peut déclencher un processus de résilience si on prend soin de l’enfant, ça resynaptise le lobe préfrontal.
Donc s’occuper de l’enfant à l’école maternelle c’est beaucoup plus que de la parole.

Dans les quartiers défavorisés, c’est à l’école que les enfants rencontrent la parole.

Dans les enfants de migrants, un enfant qui parle 2 langues s’adaptera.
On accède tous au langage mais pas de la même façon. Par exemple dans certaines on ne parle pas aux enfants. Mais à l’école ils peuvent rattraper grâce à leur plasticité cérébrale.

L’enjeu de la maternelle n’a jamais été aussi fondamental. Il y a un nouvel enjeu social avec énormément de bénéfices.

 

 

Discours de clôture par un représentant du ministre, qui n’a pas pu venir :
Ces assises signent un moment historique.
Le président de la République a consacré la place pleine et entière de l’école maternelle.
L’instruction obligatoire à 3 ans c’est une mesure d’égalité sociale.
Il faut faire de l’école maternelle l’école du langage et de l’épanouissement, une école qui protège, qui prend en compte la santé, le bien-être de l’enfant.

Le rôle des collectivités territoriales est éminemment important.
Il faut renforcer les liens avec la petite enfance.
Les parents doivent être des alliés au quotidien dans des relations de confiance.
Nous partageons une conception humaniste de l’école.

 

Merci infiniment à Marilyn Buisson pour ce partage.

(IMF, auteure chez RETZ)

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Par Olive Koenig

On parle beaucoup de la violence en collège ou lycée, beaucoup d’études, de statistiques ont été réalisées sur le sujet, mais relativement peu comparativement, à la violence en maternelle et en primaire.

Qu’est-ce-que la violence ?

L’OMS en donne une définition :

« L’usage intentionnel de la force physique, du pouvoir sous forme de menace ou d’action contre soi-même, autrui ou un groupe ou une communauté dont la conséquence réelle ou probable est une blessure, la mort, un traumatisme psychologique, un mauvais développement ou encore la précarité. »
Cette définition s’en tient essentiellement à ce qui est réprimandé par le Code Pénal. Or, nous savons très bien, pour le vivre au quotidien, qu’il existe entre élèves d’autres formes de violences, que certains auteurs appellent « microviolence », et qui, par leur aspect répétitif, peuvent causer des dégâts psychologiques importants.

Ressenti

J’ai quelques années d’expérience en école primaire, essentiellement du cycle 3. Vendredi matin 25 novembre, je me suis rendu en maternelle, dans l’école où je suis affecté pour mon stage en responsabilité de 15 jours. Je n’y ai donc passé qu’une demi-journée, et ai surveillé une récréation de 30 minutes. Durant cette récréation, j’ai dû intervenir trois fois pour des actes violents (coups de pied, coup de poing) entre enfants de Moyenne et de Grande section. Mes classes de cycle 3 m’ont habitué à régler les conflits des plus grands, mais je dois avouer avoir été perturbé de constater le même type de violence chez les tout-petits. Mon ressenti est que, chez certains enfants, la place d’une phase de dialogue est totalement absente. On part directement vers la violence, et parfois totalement sans raison.

Pourquoi ?

Il serait prétentieux de ma part de répondre à cette question, mais j’ai quelques éléments d’analyse que je souhaite approfondir au cours de ma pratique professionnelle.
Une banalisation de certains actes violents ?
J’ai moi-même 2 enfants, un de 15 ans et une de 10 ans. Lorsqu’il m’arrive d’aller chercher ma dernière à l’école, je vois certains enfants « jouer » à se donner des coups de pied, sous les yeux de leurs parents, qui, non seulement ne réagissent pas, mais que ces actes font sourire, voire rire, voire encore, qu’ils vont attiser par des « Vas-y, te laisse pas faire… ».

Evolution de l’accès à la violence au cours des générations ?

On peut s’interroger sur l’évolution des phénomènes de violence au cours du temps. Je nuis pas d’une génération “récente”, et si j’en appelle à mes souvenirs, il y avait déjà de la violence en école primaire lorsque j’y étais élève. Mais était-ce la même ? Je mets de côté les quelques « caïd » qui ont toujours existé dans les établissements scolaires, et ce de tout temps.
Aussi loin que je me souvienne, avec mes camarades, nous jouions au « gendarme et au voleur », aux « cowboys et aux indiens », etc. Nous faisions semblant de nous tirer dessus avec des armes à feu, parfois en mime, parfois en les fabricant avec des tiges de feuilles de platanes. Dans notre jeu, certains étaient blessés, d’autres mourraient. Tout cela sous l’œil amusé voire bienveillant des adultes, professeurs ou surveillant. Personne n’y trouvait rien à redire. Oui mais voilà, nous faisions « semblant », c’était « pour de faux », et pour cause, rien dans la réalité de notre vie ne nous confrontait à une violence réelle. Nos jeux étaient librement inspirés de quelques films policiers ou de quelques « western » vus à la télé. Le peu de média disponibles à l’époque (Journaux, télévision ou radio), d’une part ne nous étaient pas forcément autorisés par nos parents, d’autre part ne relataient pas forcément la violence du monde, pourtant bien réelle à l’époque (Guerre d’Algérie, guerre du Vietnam, Mai 68 etc.). A tout le moins, les quelques images qui apparaissaient étaient étroitement contrôlées par le pouvoir en place et dirigées en sa faveur.
Les années 1980 ont vu un tournant s’opérer sur la libéralisation des médias, radios libres, liberté de la presse, multiplication des chaînes TV, et bien entendu, internet. Dès lors, les informations, opinions, images ont fusé de toute part, pratiquement hors tout contrôle. Epoque formidable s’il en est, oui, mais, sauf que personne n’était préparé à cela, à ce déversement d’images, de sons, d’émissions, souvent très drôles, mais également qui nous projette dans la réalité de la violence immédiate du monde, dans la violence réelle, et en temps réel.
Dès lors, la violence quotidienne imprime les esprits, et, il convient de comprendre que les parents des enfants dont nous sommes en charge aujourd’hui, ainsi que la majorité des enseignants, sont eux-mêmes nés dans les années 1980 – 1990, donc eux-mêmes baignés dans la profusion des médias et des violences qu’ils diffusent (sans compter l’absence presque totale de contrôle des informations, aboutissant parfois à tout et n’importe quoi, annonce du décès de personnes bien vivantes, théories du complot, etc.).
Entendons-nous bien, je ne suis pas en train de dire « c’était mieux avant », je pense simplement que nous ne sommes pas préparés, et suffisamment affûtés pour faire face et prendre le recul suffisant, en tant que parents ou professeurs (manque de formation ?).
Dès lors, nous aboutissons à la contradiction suivante : une présence de la violence au quotidien hors cadre scolaire, et son refus bien compréhensible dans l’enceinte des établissements. Autrement dit, les enfants ne savent plus « sur quel pied danser », j’en veux pour preuve cette réflexion étonnante qui m’a été servie lorsqu’un Grande Section explique, après avoir frappé un camarade : « Oui, je l’ai tapé…mais je lui ai dit – pardon – ! ». En fait, j’ai fait ce que je sais faire, ce que je vois tous les jours en dehors de l’école, frapper, mais j’ai respecté les règles que vous m’imposez dans l’école, à savoir présenter des excuses…Donc, tout roule…

La relation Parents – Enfants – Professeurs

Certains professeurs des écoles se refusent également d’intervenir en cour de récréation, expliquant qu’il « faut les laisser se débrouiller », que « si tu commences comme ça, tu y va y passer toutes tes récrés, sans compter les parents… ».
La violence verbale est très présente, à travers l’utilisation d’un vocabulaire ordurier. Pour ce que j’en sais, celui-ci n’est pas appris par l’enfant auprès du corps enseignant. Il convient donc de s’interroger sur l’origine de ce vocabulaire dans la bouche de jeunes enfants (dès le CP, voire avant, d’après ma propre expérience). Dans une récente émission sur BFMTV, intitulée « De plus en plus de profs démissionnent : L’Education Nationale m’a dégoûté du métier », un jeune Professeur des écoles explique : « Un enfant, vous lui demandez d’aller se ranger, dans votre dos il va vous insulter. Des insultes qui peuvent être gravissimes. Les parents, vous savez que quand vous les allez les prévenir, ils vont vous traiter de menteur ».
Or, dans la Loi du juillet 2013 de programmation et d’orientation pour la refondation de l’Ecole de la République, l’article 1 des principes généraux du Programme d’enseignement moral et civique stipule :
« L’éducation morale n’est pas du seul fait ni de la seule responsabilité de l’école ; elle commence dans la famille ». Trois remarques :
1 – Il s’agit tout de même d’une Loi, gravée dans le marbre
2 – Il s’agit de l’article premier de cette Loi
3 – Puis, ensuite, dans tout le contenu, plus rien sur le rôle des parents…
Bien entendu, il ne s’agit pas d’un document à l’attention des parents. Dans ce cas, on peut s’interroger sur la présence de cet article 1, qui me semble un peu saugrenue.
Bref, un environnement violent chez l’adulte qui favoriserait la banalisation de la violence ?
L’article de Cécile Carra, Alix Garnier, Christophe Col, Béatrice Carnel et Michel Mas « Les violences à l’école primaire vues par les élèves : une face peu connue du phénomène », explique que :« L’expérience scolaire de l’enfant se confronte aux jugements normatifs de l’adulte, qui imposent à la conscience de l’enfant, dans ce décalage de perception, l’idée d’une réalité de la violence. »
Le rôle des adultes, de l’environnement social, familial, est donc facteur déclenchant des réactions de violence.
Georges Fotinos, ancien Inspecteur Général de l’Education Nationale, membre de l’Observatoire international de la violence à l’école, a codirigé une étude sur la violence scolaire, en particulier sur le phénomène de harcèlement.
Voici l’une de ses réflexions : « La violence à l’égard des professeurs et directeurs d’école augmente aussi. Les élèves sont de moins en moins respectueux. Tous comme les parents. Ces derniers considèrent l’école comme un service public qui doit servir leurs besoins. Ce sont des consommateurs. Leurs attentes vis-à-vis de l’école sont très fortes. Ce qui explique certains dérapages… ».
L’article de Michel Segal, « Traiter la violence scolaire », publié dans la revue Skhole.fr, vient appuyer les propos de Georges Fotinos, en mettant l’accent sur le cercle vicieux qui détériore le climat dans les établissements scolaires : « Outre le signe d’un climat social très dégradé, ces violences – celles commises sur les professeurs- révèlent un monde où les adultes sont incapables de faire régner l’ordre chez les enfants, un monde où les adultes n’ont plus de fonction représentative de l’autorité et du droit…Les familles pensent alors que leur enfant n’y apprend pas grand-chose et qu’il n’est pas en sécurité, et cela ne fait qu’ajouter à leur méfiance et à une mauvaise perception de l’institution, ce qui à son tour détériore la situation. ».

En conclusion : 

Une des explications de la violence à l’école, réside dans la frontière, voire la cassure entre les règles de vie hors institution scolaire et celles qui nous sont demandées d’appliquer en tant que professeur des écoles. Les premiers à en souffrir sont les enfants, qui passent d’un monde à l’autre, plusieurs fois par jour, et qui ne peuvent pas s’adapter à autant de changements rapides. Il nous faut absolument renforcer le triangle gagnant Parents – Professeurs – Enfants, afin de transformer le cercle vicieux décrit par Michel Segal, en cercle vertueux.

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Par Marji

Aujourd’hui j’ai explosé les quotas : j’ai maintenant 34 élèves dans ma classe…. 25 PS et 9 MS….. 2 arrivées en deux jours pas prévues évidemment…. et une des nouvelles PS qui n’a jamais été scolarisée ^^’…. J’avoue que les gérer à 34 surtout en motricité c’est un peu délicat quand même…. rude année de PES 😢!
Et ensuite on vient nous parler de nous rajouter des heures et de supprimer des postes xD…..

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Par Christine P.

“Salut les feignasses ! Ici on commence la semaine avec zéro atsem pour 3 classes de maternelle.
Donc personne à la porte ce matin ( en plein vigipirate…cool), personne aux toilettes pour les accidents pipi caca vomi ( en pleine période de gastro. …cool), personne pour la sieste ( cool), personne pour le ménage, l’habillage. ..
Et accessoirement l’aide aux ateliers en classe.
Soutenons nos atsems…quand elles ne sont pas là ça craint…
Et vous ? Ça vous arrive aussi ? Vous gérez comment ?”

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Bonjour collègues,
J’ai la poisse… Je suis visitée par la cpc mardi, mon atsem est en arrêt maladie et je viens d’apprendre que la salle de motricité sera en travaux… la cpc ne veut rien entendre et maintient la visite. Elle m’a répondu qu’il fallait trouver autre chose à leur faire faire… Je vous précise que je dois les tenir de 8h30 à 10h30 avant la récréation… des idées d’activités à mettre en place à la place de l’EPS en Moyenne section. Merci de laisser vos réponses en commentaires et ici .

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