Coup médiatique, atteinte à la liberté pédagogique, arrogance et mépris des enseignants avec “le petit livre orange” du 26 avril 2018.

Bien sûr, Monsieur le ministre nous vous répondons « non »…

En passant, remise en cause de la devise de notre République : “Liberté, égalité, fraternité” !

La méthode de ce gouvernement est simple et ne lui coûte pas un sou : diviser pour mieux régner ce qui est valable pour notre ministre mais aussi pour les autres et même pour le chef de l’état… Voilà qu’il oppose maintenant avec ces dernières annonces du 26 avril 2018, les enseignants du 1er degré aux enseignants du 2nd degré : si les enfants arrivent au collège avec des lacunes c’est la faute des enseignants du 1er degré…

Les privilégiés des uns sont les privilégiés des autres ne l’oubliez pas… Tout le monde est touché. Toujours plus d’austérité malgré la reprise de la croissance. Le peuple s’appauvrit encore plus et les grands s’enrichissent toujours plus. Ils tapent sur tout le monde… Alors les grands de ce pays nous disent que les cheminots qui se plaignent actuellement le font pour rien parce que ce n’est pas à leur statut que l’on touche mais à celui des nouveaux recrutés…. Alors… non à la solidarité et toujours plus d’individualisme ?

Et des exemples comme ça il y en a à longueur de journée. Il n’y a qu’à voir dans les médias le nombre d’annonces par jour. Alors toutes ces mesures sont prises loin de nous, loin du peuple. On leur dit que ce qu’ils font ne nous plait pas mais ils ne veulent rien entendre. Ils ne discutent pas avec nous, le peuple. Ils suivent seulement les conseils de leurs «spécialistes». Serait-ce là une dictature déguisée ?

Mesures après mesures toutes plus mauvaises, pour les uns que que les autres, on ne dit rien parce qu’ils ont trouvé la parade pour semer la pagaille au sein du peuple… la division… alors là haut, ils doivent bien rigoler et s’en mettre plein les poches. On en n’est pas encore arrivé au summum de ce que l’on peut encore supporter.

Alors rien ne se passe… Mais à un moment donné, à force de subir, les gens vont en avoir marre et le système va toucher ses limites… Allons-nous vers une catastrophe ? Seul l’avenir nous le dira…

Là haut, ils ne devraient pas oublier que le pays c’est nous, c’est le peuple, qu’on s’est battu dans le passé pour nos droits et libertés actuels, qu’ils ne devraient pas y toucher, que l’on refuse de retourner dans le passé. Que du travail non rémunéré ce n’est pas une ou deux journées de solidarité, c’est de l’esclavage, parce que tout travail mérite salaire, surtout quand le patron, lui s’en met plein les poches.

Avant la journée de solidarité n’était pas travaillée, actuellement elle l’est et on nous dit qu’on va sûrement nous en mettre une deuxième. Mais où allons-nous ? Seul l’avenir nous le dira…

Chacun est encore libre de penser et d’exprimer ses opinions… et pourtant, certains journalistes n’ont apparement plus le droit de nous donner une info qui mettrait à mal le fonctionnement d’une entreprise sous peine d’être poursuivis.

Une atteinte à leur liberté d’expression et une tragédie pour nous les français, la France.

par Sara L.

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“Monsieur le Ministre,

 

 

Permettez que je ne vous prenne pas pour un imbécile.

On vous dit fin connaisseur de l’éducation nationale. Je suis prêt à le croire, surtout que votre parcours professionnel tend à la prouver, que ce soit dans le supérieur, à l’académie de Créteil, comme conseiller de Monsieur Chatel.

Il me semble donc impossible, que vous ignoriez que la méthode globale n’est plus utilisée dans nos classes, ou alors d’une manière extrêmement marginale, que l’étude des sons, la dictée, l’écriture font partie des activités quotidiennes dans tous les CP de France. Il en va de même pour le calcul mental, écrit et la numération.

On vous dit pragmatique, tendant à n’appliquer que ce qui est scientifiquement prouvé et qui marche.

Pouvez-vous, dès lors, m’expliquer pourquoi vous ne considérez qu’un seul et unique champ de la recherche. Les neurosciences ont été d’un apport considérable, il faut le reconnaitre, mais est-ce une raison pour complètement ignorer tout ce qui peut se faire d’autre ? Et même des neurosciences, vous ne tirez qu’un constat simpliste, détournant ces dernières pour en tirer des conclusions que même Stanislas Dehaene ne se risque pas à avancer.

On vous dit fin psychologue et animal politique. Je suis tout à fait prêt à le croire.

Comment est-il, donc, possible que vous n’ayez pas anticipé la réaction du corps enseignant devant cette série de préconisations bateau, mâtinée d’autoritarisme. Un petit livre orange qui fait passer les enseignants pour des incompétents, ne sachant même pas quelle réglure choisir pour l’apprentissage de l’écriture, par exemple. Un petit livre orange qui fait passer les enseignants pour des paresseux qui en font le minimum, refusant de se remettre en question. Un petit livre orange qui fait passer les enseignants pour des idiots pratiquant, sans même s’en rendre compte, une méthode de travail menant inéluctablement leurs élèves à l’échec. J’en passe et des meilleures.

Je vous ai promis, Monsieur le Ministre, de ne pas vous prendre pour un imbécile, car vous n’en êtes pas un. Vous êtes fin connaisseur de l’éducation nationale, vous êtes pragmatique et psychologue. Et, il n’y a aucun doute à cela, vous êtes fin politicien.

Tous ce qui précède, vous le savez déjà. Mais alors pourquoi ? Pourquoi se mettre à dos le corps enseignant sans raison aucune ?

Je ne vois qu’une explication possible. Ce petit livre orange (et surtout toute la communication qui l’entoure) n’est pas destinée aux enseignants. Elle n’est pas destinée à faire avancer les choses ou à apporter de l’aide. Elle est destinée aux parents inquiets et à tous ceux qui pensent que l’école n’est plus ce qu’elle était. Elle est destinée à apporter une solution simpliste à un problème complexe. Un problème sociétal mêlant, bien entendu, des problèmes scolaires, mais également la grande pauvreté, l’urbanisme et la ghettoïsation, l’accès à la culture, les problèmes d’éducation, les nouvelles technologies, l’individualisme forcené… Et qu’importe si pour cela il vous faut discréditer l’éducation nationale, participant ainsi à la destruction du lien entre cette institution et le public.

Mais, vous savez, Monsieur le Ministre, apporter des solutions simplistes à des problèmes complexes pour rassurer le peuple tout en leur désignant un bouc émissaire, les enseignants, c’est la définition même du populisme.”

 

Un enseignant de CP qui préfère rester anonyme

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30 ans, 8 mois, 13 jours au service de sa majesté “Education Nationale”.

Et…

(Si, si, je suis bien en vacances. C’est à dire que je travaille (oui, M et Mme Toulemonde, élus, commerçants, retraités (y’en a un qui m’a énervée en interpellant son petit fils qui n’allait pas assez vite à son goût: “T’es fonctionnaire ou quoi?”) les instits travaillent pendant les vacances) au calme, sans les élèves, avec de la musique…)

Et je suis irritée à mon boulot.

Ça me démange, ça me serre, ça m’étouffe, ça me rend malade.

Encore.

30 ans, 8 mois et 13 jours (c’est mon dossier I-prof qui le dit) et voilà une nouvelle vague de réforme, rénovation, refondation,… Ça recommence, encore, et encore, d’accord, d’accord (en fait, non, pas d’accord et c’est le propos). A chaque ministre, à chaque lubie (au max tous les 3 ans) une nouvelle rafale dans les pattes.

Par presse interposée (nous pourrons attendre longtemps, je pense, les livres orange que doit nous adresser le ministre. Nous recevrons plutôt, peut être, des injonctions à aller lire en ligne, sur l’ergonomique et le sublime site de l’éducation nationale (qui plantera sous l’affut de professionnels passionnés) la “bonne” parole de Jean-Michel Blanquer).

Nous sommes mauvais.

Ouaip! Mauvais. Nous n’arrivons pas à enseigner correctement la lecture, l’écriture et les maths aux petits français dont nous avons la charge.

Nous n’arrivons pas à effacer la fracture sociale.

C’est de notre faute.

Nous sommes mauvais.

Nous employons de mauvaises méthodes.

Le ministre a la recette lui: calcul mental, tous les jours, dictée, tous les jours, méthode syllabique, pour tous.

Et à venir une liste des “bons manuels” (bons pour les finances des éditeurs?).

Nous ne sommes pas… Bons.

Nous nous plions au calendrier du tourisme, aux rythmes qui conviennent aux uns, ou aux autres (mais pas aux élèves) et si l’on parle de fatigue on nous regarde de travers. Nous avons les vacances quand même! Y’en a même pour exiger que l’on travaille 35 heures (j’adorerai ne travailler que 35 heures).

Nous accueillons tous les élèves. Tous, et c’est juste, et c’est bien, et c’est dans la loi.

Tous, sans formation.

Sans formation au handicap.

Sans formation à la gestion de crise.

Sans soutien de spécialistes.

Sans temps supplémentaire.

Sans allègement des effectifs (je n’ai pas besoin de vous expliquer que certains “prennent plus de place” que d’autres, n’est ce pas?).

Et c’est une souffrance.

L’inclusion dans ces conditions.

Pour l’enfant qui ne reçoit pas ce dont il a besoin pour se développer, pour les parents à qui l’on a fait miroiter la “normalité”, pour l’enseignant qui lutte pour se maintenir à flot (et je ne parle pas des camarades de classe).

Nous n’utilisons pas les “bonnes” méthodes, qui fonctionnaient si bien “avant”.

Ah?

Avant quel était le pourcentage de gosses qui avaient le BAC?

Et puis, et puis…

Avant combien d’heures passaient-ils, les élèves, devant la TV (avec la TV comme berceuse, pour s’endormir, dans la chambre), devant des écrans, devant des contenus violents…?

Combien étaient nourris au gras, au sucré, aux additifs provoquant l’hyperactivité (et je ne parle pas de la violence, de la pauvreté dans les familles)?

Nous recevons pour tout soutien des injonctions à la bienveillance (c’est bien connu, les instits sont malveillants de nature, tout le monde se souvient avoir été martyrisé à l’école. Et quand les gosses vont mal c’est toujours la faute de l’école).

Nous n’utilisons pas les bonnes méthodes.

A moins que ce soit une question de temps, de priorités?

Un attentat? L’école de la république a failli.

La drogue? Les grossesses précoces? Les violences urbaines? Les incivilités? Le racisme? L’école n’a pas assuré la prévention.

Trop occupée qu’elle était à valider (attention, à partir d’ici je vais utiliser des acronymes dont même moi je n’arrive pas à retenir le sens. Le début de la sénilité, sans doute.) l’APER, l’APS, l’ASSN, le (à moins que ce soit la?) PSC1, le niveau A1 en langue vivante…

Tout cela sans formation premier secours pour l’enseignant, qui peut très bien ne pas avoir son permis, ne pas savoir nager (dans mon cas je sais nager la brasse sur 15/20 mètres mais personne ne m’a jamais rien demandé), ne pas savoir aligner deux mots en anglais (ou en allemand, ou en swahili..).

Le maître mot: formation continue…

Rires!!! Jaunes les rires.

Notre temps de formation continue est gaspillé en réunions pédagogiques essentiellement basées sur les échanges de pratique.

Jamais, jamais de recul possible. De respiration.

Et l’on se doit d’utiliser les beaux, si beaux outils que nous offre le numérique.

LSU, ENT et j’en passe…

On doit.

On doit se former seul. Utiliser des outils au rabais, sans raccourcis clavier, qui plantent.

C’est censé nous simplifier la tâche…

Le TBI qui se désynchronise, l’ordi portable (perso, la plupart du temps) qui flanche.

Oui, nous ne sommes pas bons.

Et cela ne va sans doute pas s’améliorer.

Il n’y a pas foule pour embrasser la “carrière” (la voie sans issue) de prof.

Et ce n’est pas notre médecine du travail (de prévention) qui peut nous aider (quand je clique sur la rubrique santé au travail sur la page de mon académie je tombe sur un message d’erreur 404).

La presse relaye la voix du ministre: “La liberté pédagogique n’a jamais été l’anarchisme”.

Parce que, c’est sur, c’est de cette liberté que découle tous les maux de notre école (de notre société?).

Mouaip!

30 ans, 8 mois, 13 jours et…

Heureusement je suis en vacances (au travail mais en vacances, et tout cela ne m’a pas avancée dans mes corrections, “mon” LSU, mes programmations, la rédaction des projets pédagogiques, l’organisation de la classe de découverte (“une connerie” décrète un papa, qui sait, lui, ce qu’il faut faire à l’école. Il y a été à l’école, alors..)).

Je suis en vacances.

Par Anne Allet

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L’EN reste un des plus gros budgets de l’Etat : 51,3 milliards d’euros l’an prochain, hors pensions et retraites. Pour 2019, la prévision est de 52,1 milliards et pour 2020 de 52,6 milliards. D’après le magazine Challenges, le budget de l’EN devrait augmenter de 1.3 milliards en 2018.

Mais à quoi va servir cette augmentation ?

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En tous cas, pas à améliorer le salaire des enseignants, le PPCR étant bloqué en 2018. Ni à augmenter les effectifs qui restent stables en 2018. Mais ne soyons pas mauvaise langue : 20 millions d’euros sont prévus dans le budget 2018 pour les personnels  en REP +  qui verront leurs indemnités « progressivement » revalorisées à partir de la rentrée 2018.

Mais pour les projets de Jean-Michel Blanquer :

“On doit savoir faire des économies sur certains sujets pour mieux dépenser sur d’autres. Avec un million d’agents, j’ai des marges de manœuvre. Si j’ai une priorité – j’en ai quelques-unes – la première, c’est l’école primaire”.

Pas de hausse d’effectif

En 2018, le nombre de postes reste stable. Mais alors comment,  le ministère compte-t-il étendre la mesure – coûteuse – des « classes à douze élèves » en éducation prioritaire, ainsi que toutes les autres promesses du candidat Macron (Vous vous rappelez de la fameuse prime de 3000€/an en REP+ ? )

Dédoublement des classes de CP et CE1 dans les quartiers très défavorisés (REP+)

En 2017, seules 2200 classes ont pu être dédoublées. En 2018 cela doit s’étendre au CP en REP, puis aux CE1 de ces zones les années suivantes. A terme, près de 11 000 classes seront concernées.

On se demande juste comment on va pouvoir arriver à cet objectif sachant que la première vague de CP à 12 (pour rappel seulement 2200 classes), a épuisé le vivier de remplaçants et appauvri le dispositif PDQMC. Pour cela,  à la rentrée 2018, de 3 881 postes seront créés.

Création et suppression de postes

Sous le quinquenat Hollande, il avait été promis 60 000 créations de postes pour essayer de combler les 80 000 postes supprimés sous le quinquenat Sarkozy. 54 000 ont été créés.

Mais comment faire pour mettre plus d’enseignants devant les CP/CE1 de REP+ sans exploser le budget ?

shadoksTout simplement par  le jeu des vases communicants. 3881 postes sont créés dans le primaire mais aucune création de poste n’est prévue dans le second degré. 2 600 emplois de stagiaires (à mi-temps) sont supprimés dans le budget 2018. Selon le ministère, il s’agit uniquement de postes non pourvus aux concours 2017 et  leur suppression n’aura aucun impact réel dans les classes. Sauf que sur le terrain, un mois après la rentrée, de nombreux  postes restent malheureusement non pourvus (Si vous en connaissez, n’hésitez pas à les signaler ici).

Par ailleurs, 200 postes de personnels administratifs seront supprimés et cela a déjà commencé avec la suppression des contrats aidés.

Accompagnement des élèves

En 2018,  220 millions d’euros sont prévus pour mettre en œuvre le dispositif « devoirs faits » ( proposé à partir des vacances de la Toussaint aux collégiens volontaires après les cours). Il sera pris en charge par des enseignants volontaires (rémunérés en heures supplémentaires), des assistants d’éducation et des 20000  volontaires “services civiques”.

35 millions d’euros de crédits supplémentaires (contre 15 millions en 2017) sont alloués aux stages de réussite (anciennement RAN) en faveur des élèves les plus faibles.

Accueil des élèves en situation de handicap

A  compter de 2018, un plan quinquennal de recrutement de 22.500 accompagnants d’élèves en situation de handicap est  mis en place, à raison de 4.500 postes par an.

 

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Michel Lussault qui était jusqu’alors Président du Conseil des programmes  (CNP), vient d’annoncer sa démission dans un article du Monde publié aujourd’hui. Cela fait suite à  de nombreux  désaccords avec le ministre. 

Michel Lussault invité du 7/9 de France Inter

Michel Lussault : "Je démissionne pour envoyer un message au ministre" Le président du Conseil supérieur des programmes à l’Éducation nationale, démissionne. Il s'explique au micro de Nicolas Demorand et répondra aux auditeurs à partir de 8h40.

Publié par France Inter sur lundi 25 septembre 2017

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Mardi 18 septembre, au micro d’Europe 1, notre ministre Jean-Michel Blanquer a annoncé pour la rentrée, des créations de postes dans le primaire conformément au  programme de Macron. Il n’a néamoins pas indiqué le nombre de postes créés.

Devant la difficulté de mise en oeuvre du CP à 12 élèves dans seulement 2500 écoles REP+, sa généralisation à tous les CP/CE1 de REP+ et REP est difficilement faisable. JM Blanquer doit trouver 9500 postes pour l’assurer. Et malgré  la suppression de l’ensemble des maitres surnuméraires cette année, il manque encore 4500 postes à pourvoir.

jmb europe1

Ceci est en totale contradiction avec l’annonce faite à la rentrée sur le nombre suffisant de personnel à L’EN.  Le terrain prouve le contraire. De nombreuses académies en sont rendues à recruter par petites annonces les enseignants manquants dans le secondaire.

En réalité, Jean-Michel Blanquer devrait créér bien plus de postes que ceux qu’il prévoit pour le primaire. On se demande bien comment c’est possible alors que l’heure est à l’économie et à la réduction du nombre de fonctionnaires.

Cette annonce à la radio parait alors comme un coup de comunication, dans laquelle Jean-Michel Blanquer excelle….

 

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Pause déjeuner studieuse avec des professeurs de lycée et Jean-Michel Blanquer pour faire le point sur la rentrée et la suite !

Publié par Emmanuel Macron sur jeudi 14 septembre 2017

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L’ouragan Irma a durement touché les feignasses de Saint-Martin et Saint-Barthélémy.

Jean-Michel Blanquer a adressé  aujourd’hui un message de soutien aux enseignants des îles du nord :

En ces jours d’extrême difficulté pour vous tous, je veux d’abord vous adresser un message de solidarité. C’est évidemment l’ensemble de notre pays qui est à vos côtés pour trouver les solutions à tous les problèmes d’une ampleur inédite que pose la situation actuelle.

Mes premières pensées sont pour vous qui, au titre de l’Éducation nationale, rendez un service public fondamental pour les élèves à Saint-Martin et à Saint-Barthélemy et qui, aujourd’hui, vous trouvez dans une situation de détresse.

Dès que les événements sont survenus, nous nous sommes mobilisés avec l’ensemble des administrations de l’État pour mettre en place l’aide qu’exige la situation. Le recteur de l’Académie de Guadeloupe suit l’évolution de la situation heure par heure, au travers d’une cellule de crise, avec le but de recenser l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale et de contribuer aux secours qui vous sont portés. Notre objectif est d’apporter des réponses à chaque situation particulière, en les identifiant au travers du représentant du recteur qui est sur place. Nous travaillons aussi à ce que sera l’étape suivante lorsqu’il faudra reconstruire et rétablir un fonctionnement normal.

En attendant cela, je veux vous redire ma solidarité absolue et ma disponibilité avec toutes les équipes de l’éducation nationale pour vous aider à traverser cette épreuve.
Avec toute ma sympathie. “

Afin d’aider les collègues, un numéro vert  a été mis en place.

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Le numéro vert 0800 800 453 est gratuit et accessible depuis un poste fixe ou un mobile (Attention ! Compte tenu de l’état du réseau téléphonique des îles du nord, certaines communications depuis les mobiles peuvent ne pas aboutir).

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Par La maîtresse va craquer

Et blablabla, et blablabla. Euuuh, pardon. Et b.a-ba et b.a-ba. Ca y est, c’est reparti. Comme tous les ans, non ? C’est vrai que chaque année, nous, les gentils instits de CP, on attend impatiemment les consignes de notre ministre pour savoir comment va-t-on bien pouvoir faire pour apprendre à nos petits loulous à apprendre à lire. Parce qu’on ne sait pas, en fait. On n’y a jamais réfléchi, pensez-vous, donc. Dix mois par an, à se confronter à des petits 5/6 ans qui bataillent avec les lettres et les mots, c’est tranquille détendu. Ca glisse, Alice.

blabla

Nan mais oh ! Réveillez vous les gars !

Je sais pas si vous savez depuis combien d’années déjà le débat est clos ? Au moins depuis les 10 ans que je suis en fonction. Au moins… Tout enseignant de CP sait très bien que ce débat, en plus d’être stérile, est complètement idiot. Il n’y a pas qu’une façon pour apprendre à lire, comme il n’y a pas qu’une façon pour apprendre à calculer. Oui, moi aussi, je suis fan de Stanislas Dehaene et de ses recherches en neurosciences sur l’apprentissage de la lecture. Mais je suis aussi fan de Roland Goigoux. Et ouais. Beatles ET Rolling Stones. Le premier sait un peu de quoi il parle quand il dit qu’on ne peut pas zapper le principe alphabétique . Mais le deuxième sait tout autant de quoi il cause et que ce n’est pas parce qu’on connaît le solfège qu’on sait jouer d’un instrument. Tout comme ce n’est pas parce qu’on connaît les nombres qu’on sait résoudre des problèmes.

Apprendre la méthode syllabique est une technique. Mais on fait quoi avec des ba, des be, des bi, des bo et des bu ? Au bout d’un moment ? Hein ? Des mots, me direz-vous.. Oh, et puis, avec les mots, on fait des phrases. Et puis des textes et même des livres… Ouaaah !

Et là, sur le terrain, je vois quoi, moi ? Je vois, depuis 7 ans de CP, des loulous qui savent décoder des mots, des phrases, voire des textes, mais sont strictement infoutus de comprendre ce qu’ils lisent. La cata.

– « Papi…. fume…la…pipe… »
– Alors Juju, il fait quoi papi ?
– Ben.. Ze sais pas… C’est quoi une pipe ?

Alors oui, je vais dans des textes très vite, avec des mots qu’on ne sait pas encore lire, mais qui racontent des histoires, qui provoquent la réflexion, la curiosité, l’envie, la connaissance. L’un n’empêche pas l’autre. Bien au contraire.

Alors, on va dire que c’est l’info telle qu’elle est relayée dans les médias, mais franchement, Jean-Michel, cette façon, un peu présomptueuse, un poil hautaine, de dire :
«Tatatata ! On arrête avec cette connerie de méthode globale ! » me fait hurler de rire à m’en rouler par terre et faire des galipettes, comme chaque année d’ailleurs (ça se voit, non?).

Merci pour le conseil. Mais a priori, on sait ce qu’on fait en CP et on s’adapte. Parce que nous aussi, on sait lire. Nous aussi, on se tient au courant des recherches. Tu devrais venir voir un peu tout ce qui se fait dans les classes… Tu sais qu’on ne porte plus la blouse, au fait ?

Les « experts », c’est aussi un peu nous. Et avant de parler avec les journalistes, ce serait sympa de parler aussi avec les profs…

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