Un guide pour feignasse débutante

Débuter dans l’enseignement n’est jamais simple. On a toujours peur de mal faire et on se pose plein de questions : Est ce que j’ai assez d’autorité ? Comment monter une séquence ? Comment gérer les élèves ?…

En attendant la formation passionnante sur ce thème de l’ESPE, le réseau Canopé et la revue Sciences humaines offre aux enseignants un extrait de 50 pages de l’ouvrage « Guide du jeune enseignant » de Fabrice Herviau

guide jeune enseignant

Pour se le procurer il suffit de suivre la procédure expliquée ici.

La CNIL propose des formations à la protections de données personnelles pour les enseignants

L’injonction d’utiliser le numérique est de plus en plus forte. Mais face à un équipement pour le moins aléatoire selon les établissements, les enseignants sont de plus en plus nombreux à utiliser leur matériel personnel y compris en matière de numérique.

CNILDe nombreux établissements scolaires utilisent des services éducatifs en ligne qui ne rentrent pas dans le cadre réglementaire sécurisé fixé par le ministère de l’éducation nationale. Et on y laisse sans le vouloir un nombre incalculable de données.  Ainsi, des enseignants peuvent avoir recours à des applications web dont les ressources sont hébergées sur des serveurs distants, qui ne présentent pas les garanties nécessaires en matière de protection des données personnelles des élèves (L’EN ayant ouvert l’accès à ses données ).

La CNIL propose à tous les enseignants et personnels de l’EN qui le demandent  une formation à la protection des données personnelles. Cette formation n’est pas individuelle mais peut être une formation d’établissement ou académique. Pour cela il suffit d’en faire la demande ici.

Les élèves en situation de handicap ont-ils leur place à l’école ?

Par Natacha

Les élèves en situation de handicap ont-ils leur place à l’école ?
Derrière cette question, volontairement provocatrice, existe un véritable questionnement de parents, d’enseignants, d’élèves …….

handicap

La loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées a défini le handicap de la façon suivante : « Constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive, d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant » (article L114 du code de l’action sociale et de la famille). Ainsi, outre les handicaps moteurs et les privations de sens, les troubles des apprentissages (dyslexie, dyspraxie, dysphasie, dysgraphie, dyscalculie), les troubles d’attention (TDA/H), les troubles du spectre autistique relèvent du handicap.

Cette loi stipule également que « Toute personne handicapée a droit à la solidarité de l’ensemble de la collectivité nationale, qui lui garantit, en vertu de cette obligation, l’accès aux droits fondamentaux reconnus à tous les citoyens ainsi que le plein exercice de sa citoyenneté. (…) A cette fin, l’action poursuivie vise à assurer l’accès de l’enfant, de l’adolescent ou de l’adulte handicapé aux institutions ouvertes à l’ensemble de la population et son maintien dans un cadre ordinaire de scolarité, de travail et de vie. Elle garantit l’accompagnement et le soutien des familles et des proches des personnes handicapées. »https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do…

Le code de l’éducation stipule que « … le service public de l’éducation assure une formation scolaire, professionnelle ou supérieure aux enfants, aux adolescents et aux adultes présentant un handicap ou un trouble de la santé invalidant. Dans ses domaines de compétence, l’Etat met en place les moyens financiers et humains nécessaires à la scolarisation en milieu ordinaire des enfants, adolescents ou adultes handicapés. »

Cette obligation légale amène de plus en plus d’élèves – avec handicaps moteurs, troubles des apprentissages, troubles du spectre autistique – en classe ordinaire. Cette inclusion d’enfants à besoin spécifiques, quoique certains puissent en penser, ne ralentit pas le rythme d’apprentissage des élèves « classiques ». Au contraire, elle profite, et peut être même avant tout, à la majorité des élèves des classes ordinaires, en mettant l’accent sur la différenciation des pratiques pédagogiques. Le principe de compensation, incontournable pour les élèves handicapés, devient ainsi un outil pédagogique précieux.
Nombre de ces élèves ont en effet besoin d’aménagements ou d’aide humaine, ressentis régulièrement comme un coup de pouce inégalitaire. Se poserait-on cette question pour un enfant porteur de lunette? Non, en tout cas plus depuis un certain temps… Ces aménagements n’ont pour but que de faciliter l’accès aux apprentissages, de donner les outils manquants permettant d’accéder aux savoirs.

Se pose une ultime question et non des moindres : les enseignants sont-ils formes et compétents pour enseigner à des élèves en situation de handicap ?
Formés, non, en tout cas de manière systématique et généralisée. Les enseignants doivent se former par eux-mêmes via les ressources mises à leur disposition comme Eduscol. Cela reste une problématique plus que conséquente
Compétents, sans aucun doute, tant que la bienveillance est le maître-mot et que la coéducation entre les enseignants, les professionnels suivant l’enfant et les parents est effective.

Derrière cette obligation légale, il y a également une obligation « sociétale ». Ces élèves en situation de handicap, sont avant tout des enfants qui, pour devenir des adultes responsables et autonomes participant au monde économique et social, doivent y être inclus dès l’école.

Comme le dit cette enseignante « …avoir un enfant handicapé dans sa classe est une chance d’approcher la différence de manière vivante, éducative. Cela demande à chaque élève d’apprendre à développer ses capacités d’écoute de l’autre dans sa différence, avec ses besoins spécifiques, différents des nôtres obligatoirement. »

Apprenons à nos enfants à côtoyer chaque jour la différence, à la respecter, à la vivre et surtout à ne plus en avoir peur et ne plus la rejeter.

L’accompagnement des enfants « à besoins éducatifs particuliers »…version 2017+

Par notre envoyée très spéciale Agnès Laroche

L’accompagnement des enfants « à besoins éducatifs particuliers »…

version 2017+

 

            Dans les établissements scolaires depuis la loi de 2005, tous les enfants sont supposés être scolarisés quelle que soit leur situation (ils passent par leur école de secteur avant de bénéficier d’orientation spécifique le cas échéant, excepté les cas lourdement médicalisés précocément/pour résumer).

            Depuis des décennies déjà, les enseignants du 1er degré avaient des formations de spécialisation qui étaient-historiquement- le CAEI devenu CAPSAIS (adaption et INTEGRATION scolaire) devenu à son tour CAPA-SH (Adaptation aux situations de handicap) aujourd’hui transformé en CAPPEI qui  signifie : « certificat d’aptitude professionnelle aux pratiques de l’éducation inclusive. »

La grande nouveauté du CAPPEI (outre sa signification subtile) c’est que les enseignants du 2d degré, maintenant, ont cette même formation de spécialistes ( le précédent 2CA-SH était sur temps perso et très peu répandu).

Le problème c’est que depuis le CAEI, on est passé d’un temps de formation continue à un temps plein puis de 2 ans à 1 an puis alternance 50/50 sur poste et sur 1 an et  maintenant on est à 1/3 de formation 2/3 de poste (je compte laaaarge) sur une année avec des heures à prendre + tard si elles existent (au niveau national).

            Les enseignants ainsi spécialisés avaient des options handicaps A-B-C-D ( dans l’ordre A-visuel-formation avec Braille/B-auditif formation avec langue des signes /C-moteur/D-cognitif-mental) + par endroit D’  (oui : « D-prime ») pour les profils du spectre autistique+).

            Les autres options E.F.G pour la difficulté scolaire E en RASED dans les écoles spécialistes du code lecture/math difficultés pédagogiques, F en SEGPA-6>>3ème  spé en collège et les G en rééducation aide + axée sur les  attitudes/comportements/acceptation/blocage , en mode réconciliation avec l’école et les apprentisages-travailler le rapport à l’école et aux apprentissages  « de l’enfant à l’élève »…

 

Toutes ces options disparaissent pour prendre des noms à rallonge (je vous mets là le lien pour la grille de lecture (lire la lsite en bas de page et cliquer sur les annexes) ).  http://www.education.gouv.fr/pid285/bulletin_officiel.html?cid_bo=113028

Surtout les enseignants spécialisés sont, à priori, formés pour devenir des personnels ressources pour venir donner des conseils dans les classes et faire de la co-intervention.

 

Il faut lire le B.O. à ce sujet et les contenus des blocs de formation qu’ils soient de tronc commun aux différentes options, ou de spécificité. Il ne s’agit plus- puisque c’est  l’école inclusive– de sortir les enfants des classes pour leur apporter, au cas par cas, des aides spécifiquement adaptées et évaluées au plus près de leurs besoins individuels , comme l’ont fait des années durant des RASED (disséminés depuis 2008/2009) mais il s’agit d’accompagner les enseignants dans leurs pratiques avant tout.

 

Sachant que les enseignants ont de moins en moins de formation initiale-voire pas du tout de formation didactique, mais énormément de formation administrative et que les spécialistes risquent de recevoir une  formation spécialisée très administrative également avec beaucoup de ficelles sur les options possibles externes aux systèmes scolaires…

 

Donc les stagiaires du CAPPEI se destinent à devenir des spécialistes EXPERTS en adaptation et pédagogies (rééxpliqué en réunion de M1/autre  topo en cours de préparation) : ils sont invités à venir en classe observer et proposer les aménagements aux enseignants, les aider à construire autrement les séances… Bien entendu ce n’est pas écrit comme ça dans le B.O mais ces 52 pages sont très instrutives…

 

Quand le MEDEF décide de s’occuper de l’éducation

Pendant la campagne présidentielle, le MEDEF en a profité pour faire partager sa vision de ce que devrait être l’école selon eux.Medef éducation

A l’aide d’un livret de 43 pages, d’un site internet et d’une video, il essaie de faire passer le message que 100% de la population soit « employables ». On oublie de former un citoyen critique et éclairé. Il doit être juste être une main d’oeuvre plutôt souple.

medef 2

La vidéo que propose leur site   donne bien le ton.

 

La grève d’enseignants stagiaires se poursuit à Grenoble

Nous vous avions relayés le mouvement de grèves des étudiants et des professeurs stagiaires de l’ESPE de Grenoble ainsi que qu’une pétition pour dénoncer au niveau national leurs conditions de formation.

Ils ont été également tenté de rendre ce mouvement national et ont donc pour cela mis en place une enquête en ligne sur les formations proposées par les ESPE (Ex-IUFM).

La situation ne s’est pas arrangée même si ils sont soutenus par les syndicats. La seule (et maigre) avancée étant…de ne plus être obligé de signer la feuille d’émargement de présence….Alors que les revendications vont bien plus loin que ça.

En effet, les professeurs stagiaires ne bénéficient pas au niveau national de la même formation. Chaque ESPE a sa formation propre alors que les programmes à appliquer par les enseignants stagiaires sont nationaux. On en arrive à des situations où certaines formations proposées sont de qualité et adaptées et d’autres où les enseignants ont l’impression de perdre leur temps.

De plus, le travail demandé depuis la mastérisation en plus des heures en poste en établissement est énorme. Et beaucoup craquent et démissionnent.

Tout cela participe à la crise de recrutement de l’Education Nationale.

Et vous comment avez-vous vécu votre formation ?