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30 ans, 8 mois, 13 jours au service de sa majesté “Education Nationale”.

Et…

(Si, si, je suis bien en vacances. C’est à dire que je travaille (oui, M et Mme Toulemonde, élus, commerçants, retraités (y’en a un qui m’a énervée en interpellant son petit fils qui n’allait pas assez vite à son goût: “T’es fonctionnaire ou quoi?”) les instits travaillent pendant les vacances) au calme, sans les élèves, avec de la musique…)

Et je suis irritée à mon boulot.

Ça me démange, ça me serre, ça m’étouffe, ça me rend malade.

Encore.

30 ans, 8 mois et 13 jours (c’est mon dossier I-prof qui le dit) et voilà une nouvelle vague de réforme, rénovation, refondation,… Ça recommence, encore, et encore, d’accord, d’accord (en fait, non, pas d’accord et c’est le propos). A chaque ministre, à chaque lubie (au max tous les 3 ans) une nouvelle rafale dans les pattes.

Par presse interposée (nous pourrons attendre longtemps, je pense, les livres orange que doit nous adresser le ministre. Nous recevrons plutôt, peut être, des injonctions à aller lire en ligne, sur l’ergonomique et le sublime site de l’éducation nationale (qui plantera sous l’affut de professionnels passionnés) la “bonne” parole de Jean-Michel Blanquer).

Nous sommes mauvais.

Ouaip! Mauvais. Nous n’arrivons pas à enseigner correctement la lecture, l’écriture et les maths aux petits français dont nous avons la charge.

Nous n’arrivons pas à effacer la fracture sociale.

C’est de notre faute.

Nous sommes mauvais.

Nous employons de mauvaises méthodes.

Le ministre a la recette lui: calcul mental, tous les jours, dictée, tous les jours, méthode syllabique, pour tous.

Et à venir une liste des “bons manuels” (bons pour les finances des éditeurs?).

Nous ne sommes pas… Bons.

Nous nous plions au calendrier du tourisme, aux rythmes qui conviennent aux uns, ou aux autres (mais pas aux élèves) et si l’on parle de fatigue on nous regarde de travers. Nous avons les vacances quand même! Y’en a même pour exiger que l’on travaille 35 heures (j’adorerai ne travailler que 35 heures).

Nous accueillons tous les élèves. Tous, et c’est juste, et c’est bien, et c’est dans la loi.

Tous, sans formation.

Sans formation au handicap.

Sans formation à la gestion de crise.

Sans soutien de spécialistes.

Sans temps supplémentaire.

Sans allègement des effectifs (je n’ai pas besoin de vous expliquer que certains “prennent plus de place” que d’autres, n’est ce pas?).

Et c’est une souffrance.

L’inclusion dans ces conditions.

Pour l’enfant qui ne reçoit pas ce dont il a besoin pour se développer, pour les parents à qui l’on a fait miroiter la “normalité”, pour l’enseignant qui lutte pour se maintenir à flot (et je ne parle pas des camarades de classe).

Nous n’utilisons pas les “bonnes” méthodes, qui fonctionnaient si bien “avant”.

Ah?

Avant quel était le pourcentage de gosses qui avaient le BAC?

Et puis, et puis…

Avant combien d’heures passaient-ils, les élèves, devant la TV (avec la TV comme berceuse, pour s’endormir, dans la chambre), devant des écrans, devant des contenus violents…?

Combien étaient nourris au gras, au sucré, aux additifs provoquant l’hyperactivité (et je ne parle pas de la violence, de la pauvreté dans les familles)?

Nous recevons pour tout soutien des injonctions à la bienveillance (c’est bien connu, les instits sont malveillants de nature, tout le monde se souvient avoir été martyrisé à l’école. Et quand les gosses vont mal c’est toujours la faute de l’école).

Nous n’utilisons pas les bonnes méthodes.

A moins que ce soit une question de temps, de priorités?

Un attentat? L’école de la république a failli.

La drogue? Les grossesses précoces? Les violences urbaines? Les incivilités? Le racisme? L’école n’a pas assuré la prévention.

Trop occupée qu’elle était à valider (attention, à partir d’ici je vais utiliser des acronymes dont même moi je n’arrive pas à retenir le sens. Le début de la sénilité, sans doute.) l’APER, l’APS, l’ASSN, le (à moins que ce soit la?) PSC1, le niveau A1 en langue vivante…

Tout cela sans formation premier secours pour l’enseignant, qui peut très bien ne pas avoir son permis, ne pas savoir nager (dans mon cas je sais nager la brasse sur 15/20 mètres mais personne ne m’a jamais rien demandé), ne pas savoir aligner deux mots en anglais (ou en allemand, ou en swahili..).

Le maître mot: formation continue…

Rires!!! Jaunes les rires.

Notre temps de formation continue est gaspillé en réunions pédagogiques essentiellement basées sur les échanges de pratique.

Jamais, jamais de recul possible. De respiration.

Et l’on se doit d’utiliser les beaux, si beaux outils que nous offre le numérique.

LSU, ENT et j’en passe…

On doit.

On doit se former seul. Utiliser des outils au rabais, sans raccourcis clavier, qui plantent.

C’est censé nous simplifier la tâche…

Le TBI qui se désynchronise, l’ordi portable (perso, la plupart du temps) qui flanche.

Oui, nous ne sommes pas bons.

Et cela ne va sans doute pas s’améliorer.

Il n’y a pas foule pour embrasser la “carrière” (la voie sans issue) de prof.

Et ce n’est pas notre médecine du travail (de prévention) qui peut nous aider (quand je clique sur la rubrique santé au travail sur la page de mon académie je tombe sur un message d’erreur 404).

La presse relaye la voix du ministre: “La liberté pédagogique n’a jamais été l’anarchisme”.

Parce que, c’est sur, c’est de cette liberté que découle tous les maux de notre école (de notre société?).

Mouaip!

30 ans, 8 mois, 13 jours et…

Heureusement je suis en vacances (au travail mais en vacances, et tout cela ne m’a pas avancée dans mes corrections, “mon” LSU, mes programmations, la rédaction des projets pédagogiques, l’organisation de la classe de découverte (“une connerie” décrète un papa, qui sait, lui, ce qu’il faut faire à l’école. Il y a été à l’école, alors..)).

Je suis en vacances.

Par Anne Allet

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Voici les notes d’une de nos collègues qui a assisté aux Assises de la Maternelle  (27 et 28 mars 2018).

 

J-M BLANQUER
Il faut renforcer le rôle de l’Ecole Maternelle et la formation des enseignants : tâches spécifiques, compétences particulières.
On ne doit pas opposer épanouissement et connaissance.

 

Boris CYRULNIK
Le développement des enfants a changé : ils sont plus grands, ont un développement plus rapide et des processus d’apprentissage différents.
Les foyers ne sont plus du tout les mêmes, les femmes accouchent de leur 1er enfant vers 30 ans et travaillent.
Il faut que l’éducation précoce de la maternelle s’adapte. Elle joue un rôle majeur.

La parole se prépare émotionnellement. La « niche sensorielle » amène la parole de l’enfant.
C’est la sécurité affective qui amène l’enfant au langage.
1 enfant sur 3 est insécure (précarité sociale, violences conjugales etc.).
C’est l’espace, l’accueil affectif et verbal des enseignants et des ATSEM qui tissent des liens d’attachement.

La formation des PES n’est sans doute pas adaptée.
Il faut développer la créativité des enfants, apprendre par le jeu, associer le plaisir à l’acte d’apprendre.

 

Emmanuel MACRON
L’Ecole Maternelle sera un élément fondateur.
Je rends l’instruction obligatoire à partir de 3 ans dès la rentrée 2019.
C’est une reconnaissance.
Cela doit permettre de corriger les inégalités, particulièrement celles liées au langage.
La plasticité du cerveau de l’enfant est propice à l’acquisition du langage.

Le dernier défi à relever est d’ordre affectif. Attachement, socialisation (société brutale).
L’école maternelle est le lieu de la sécurité émotionnelle et d’épanouissement.

Dialogue entre le sensible et l’intellect.
La créativité, la musique, doivent avoir une place centrale.

Nous avons besoin des ATSEM (compétences, savoir-faire).
C’est un personnel clé (reconnaissance, formation, salaire).

L’Ecole Maternelle est un lien de confiance indispensable entre la famille et l’école.

Il s’agit d’enraciner dès la petite enfance.
Ouvrir l’école avant 3 ans c’est nécessaire là où c’est pertinent.

Ecole inclusive, école de la bienveillance.

On construit une nation dans l’Ecole.

On attribue à Victor Hugo ces mots : « A chaque fois qu’on ouvre une école, on ferme une prison. »

Il s’agit de former des citoyens éduqués et épanouis.

 

 

Francis EUSTACHE directeur d’études, unité neuropsychologie et imagerie cérébrale
Le développement de la mémoire chez l’enfant :

Les gènes et l’environnement interagissent au cours du développement cérébral.
Au cours du développement l’environnement prend peu à peu le pas sur le programme génétique.

La mémoire de travail et les fonctions exécutives progressent jusqu’à la fin de l’adolescence.

L’enfant ne dispose pas encore de la mémoire épisodique (souvenirs personnels qui permettent le voyage mental).
Elle est parcellaire et se met en place vers 5, 6 ans. C’est l’âge des 1ers souvenirs construits (souvenirs situés dans l’espace te dans le temps. Quoi ? Où ? Quand ?)

Chez le jeune enfant c’est l’absence de verbalisation qui empêche de fixer le souvenir.

Si on malmène le sommeil des petits on empêche la construction de la mémoire.

Il y a un lien entre mémoire et espace.

Les connaissances du fonctionnement et de l’évolution de la mémoire chez l’enfant doivent être très importantes dans la formation des PE.

 

 

Agnès POMMIER DE SANTI doctorante en sciences de l’éducation et PE
L’école maternelle, la relation affective et les apprentissages :

La relation affective est un aspect inhérent de la relation d’apprentissage.
La théorie de l’attachement facilite l’adaptation et la réussite scolaire.

Les dimensions de la relation positive de qualité :
Proximité physique
Contact physique
Empathie

Les enfants sécures et insécures s’opposent :
L’enfant sécure : en confiance, en sécurité. Aptitudes face à la tâche : Attention, engagement, estime de soi.

L’enfant insécure : Pratique de « l’accrochage », hyperactivation des comportements d’attachement. Fuit la tâche au profit de la relation avec l’enseignant.
Ou bien : Attachement évitant, détaché : Evite la proximité physique de l’enseignant et le contact oculaire. Compulsivement autonome.
Ou bien : Attachement désorganisé, désorienté : très agité, provoquant.

Importance de la régulation émotionnelle entre pairs : Les enfants sécures peuvent apaiser des tensions.

 

 

Marc GURGAND professeur à l’école d’économie de Paris et directeur de recherche
Et Franck RAMUS professeur attaché à l’Ecole normale supérieure et directeur de recherche

Quels liens entre capacités de langage et inattention, hyperactivité ?
Les 2 sont liés.
Des difficultés de langage au départ (3 ans) entraînent inattention, hyperactivité à 5 ans.
Le langage est un outil de régulation de l’enfant.

Le langage oral est crucial.
Les effets du niveau socio-économique ne sont pas une fatalité.

82% des enfants ayant un retard de langage à 30 mois ne le rattraperont pas.
20% auront un trouble du langage persistant.
30 à 50% auront une difficulté en langage écrit.

Ce retard impacte aussi les régulations émotionnelles et les compréhensions exécutoires.

Il ne faut pas hésiter à intervenir très tôt.

L’entrainement de la conscience phonémique a un effet important sur la lecture.
Les effets sont persistants.

La mémoire verbale (poésies, comptines) est prédictrice de réussite scolaire.

Dès l’entrée à la maternelle il y a des inégalités : Génétiques, prénatales, familiales, sociales.
Peu importe les causes. On ne peut pas changer le passé de l’enfant mais on peut changer son présent et son avenir.

 

 

Anne-Marie FONTAINE maître de conférences en psychologie de l’enfant et formatrice à l’institut petite enfance

L’écologie développementale étudie l’environnement écologique de l’enfant (son environnement : famille, crèche, école).
L’objectif est d’identifier les caractéristiques de l’environnement physique et humain de l’enfant.

Quels choix font les enfants ? Ils nous envoient des messages qui nous renseignent sur leurs besoins.

Quelques résultats de recherche concernant les enfants de 2 à 3 ans :
Il faut privilégier les espaces de jeu délimités, c’est ce que les enfants préfèrent (Communication non verbale facilitée, attention plus facile).

Les enfants ont besoin d’un accès visuel à toute la pièce. Pas de meubles plus hauts qu’eux.
Les barrières visuelles augmentent les activités de repli et les conflits.

L’espace loin des adultes est le moins utilisé. Il y a plus d’enfants dans les zones où on voit l’enseignant.

Le positionnement des adultes est déterminant.
Si les adultes se répartissent, les enfants aussi.

Les adultes sont des « phares ». Les zones éclairées par la présence des adultes sont celles qui sécurisent les enfants. Ne pas tourner le dos aux jeunes enfants, sinon on existe plus. Importance du regard.

Le « phare allumé » c’est une présence physique, un regard tranquille, posé, bienveillant. C’est un acte professionnel majeur.

Le « phare éteint » : pas de regard sur l’enfant, tâches diverses, discussions entre adultes, rangement. L’attachement à une base sécurisante permet à l’enfant l’exploration autonome de l’espace et l’activité.

Les jouets en double favorisent les échanges imitatifs et suppriment les conflits (prendre le jouet de l’autre).

Ce sont les jeux moteurs qui suscitent le plus d’interactions suivis des jeux d’imitation.

Attention à trop d’affichage en classe. L’attention est meilleure si les murs sont nus.
Privilégier plutôt le fond de la classe pour afficher.

 

 

Lyliane NEMET-PIER psychologue clinicienne et psychanalyste
Et Sabine PLANCOULAINE responsable scientifique chargée de recherche sur la thématique du sommeil de l’enfant au sein de l’équipe Inserm-Orchad
Le sommeil du jeune enfant :
Le sommeil se prépare en amont.
La sieste est indispensable à 3 ans, voire à 4, 5, 6 ans.
Le sommeil de groupe consolide les apprentissages du matin.

Il s’agit d’un sommeil lent qui ne fait pas peur parce qu’il dure peu, qu’il fait jour dehors, que les adultes restent éveillés et que tous les autres dorment aussi (on n’est jamais seul).

La sieste permet la digestion des émotions.
C’est en respectant ce temps de sieste que les enfants dormiront mieux le soir. Sinon ils n’apprennent pas à reconnaître les signes de fatigue.
Leur parler du « petit train du sommeil » (reconnaître les signes : bâillements, yeux qui se ferment).

Dormir n’est jamais du temps perdu pour un enfant, bien au contraire.

Penser l’aménagement des espaces de sieste :
Besoin d’une niche sensorielle : son lit, ses objets fétiches, son panier de vêtements.
Personnaliser chaque lit (photo) pour marquer son territoire, son espace individuel, douillet.
Ne pas oublier qu’un dortoir est angoissant s’il ne renvoie pas à un plaisir. Il faut que le dortoir soit habité, coloré avec des fresques, des dessins d’enfants.

Le mot dortoir n’est peut-être pas heureux. Pourquoi pas la chambre des siestes ?

Installer une douce pénombre, baisser peu à peu la musique douce.

On ne doit jamais dévaloriser le fait de dormir. Le dortoir n’est pas un lieu de punition.

On ne réveille pas un enfant qui dort. Organiser un réveil progressif et échelonné.

Mais si un enfant dort 3 heures, il faut s’interroger sur le sommeil à la maison.

Le sommeil est une des fonctions les mieux conservées au cours de l’évolution.

Prévoir de pouvoir proposer une sieste aux MS, voire à certains GS qui en ont besoin.
On peut installer un « coin repos » dans les classes de MS et de GS, sans moquerie, sans punition.

Le sommeil de la sieste de l’enfant n’est pas le même que celui de la nuit (cycles courts, pas de rêve).

Si les réveils nocturnes sont trop fréquents il faut consulter.
Les principaux facteurs de risque sont : Habitudes de coucher/Tabagisme passif/Ecrans.

 

 

Pierre LEMARQUIS neurologue
Et Bruno SUCHAUT directeur de l’unité de recherche pour le pilotage du Canton de Vaud (Suisse)
Sommeil et cognition :
Les enfants qui font la sieste ont une amélioration de la mémoire, du vocabulaire et des fonctions exécutives.
Il semble que les troubles du sommeil sont associés à : troubles du comportement, de la conduite.

Musique et langage :
Les bébés crient dans leur langue maternelle.
Il babille dans sa langue.

Musique, langage et émotions : La musique nourrit les apprentissages.
C’est la base de l’empathie, rien de plus jubilatoire pour un enfant que de faire la même chose en même temps. Dans la chorale chacun garde sa personnalité mais œuvre avec les autres. C’est une dimension sociale et une dimension symbolique.

 

 

Caroline MOREAU-FAUVARQUE Inspectrice générale
Il faut s’intéresser à toutes les dimensions du développement de l’enfant : Santé, sommeil, sécurité affective, dimension sensorielle et motrice, dimension cognitive.

Qu’est-ce que peut apporter la recherche à l’Education ?
L’acquisition du langage depuis la recherche jusqu’à la salle de classe pour servir l’enfant.

 

 

Gislhaine DEHAINE – LAMBERTZ directrice de recherche au CNRS
Il n’y a pas de séparation entre émotion et cognition.
J’entends parler, je vois parler, je parle moi-même
Les nourrissons reconnaissent leur langue maternelle.
Un enfant bilingue continue à 8 mois à percevoir en regardant un visage en quelle langue il parle.
L’imitation est un puissant moyen pour apprendre à parler.

L’enfant a une compétence naturelle pour parler mais il faut l’alimenter.
Cette compétence naturelle débute au 3ème trimestre de la grossesse.
Le nourrisson apprend dès les premiers jours de la vie les caractéristiques de sa langue maternelle (orale, gestuelle) en combinant des infos auditives, gestuelles et motrices.
Il peut le faire parce que le cerveau humain a évolué pour la communication et parce qu’il veut communiquer.

 

 

Ranka BIJELJAC-BABIC psycholinguiste et maître de conférences, CNRS

60% de la population mondiale est bilingue.
Certains bilinguismes sont stimulés et valorisés (anglais, allemand, espagnol, chinois), d’autres sont dévalorisées (arabe, turc, langues africaines).

Le développement du langage en bilinguisme suit les mêmes étapes selon le même calendrier.

Les bébés en bilinguisme différencient les langues parlées par la mère dès la naissance.
Très vite ils discriminent les langues, entendues et étrangères sur la base de la parole silencieuse (en observant seulement la bouche).
Ils différencient les structures syntaxiques des langues.

Il y a des avantages cognitifs.
Les bilingues ont de meilleurs résultats dans les tâches qui demandent l’implication des fonctions exécutives.
Le bénéfice est observé toute la vie.
La pratique de la langue maternelle renforce l’ancrage des enfants dans leur filiation culturelle faite de diversité.

 

 

Laurent LIMA Directeur du département des sciences de l’Education à l’université de Grenoble-Alpes et maître de conférences
Le langage joue un rôle majeur dans la compréhension de l’écrit.
L’influence du niveau social ne diminue pas avec le temps.
L’Ecole Maternelle peut jouer un rôle dans la réduction des inégalités sociales.

Ce qui progresse le moins dans les études c’est la compréhension de l’oral pour les milieux défavorisés.

La lecture régulière d’albums développe le langage oral et le vocabulaire, favorise la compréhension en lecture à l’école élémentaire et le plaisir de lire (exprimés par les enfants de CM).
La qualité et la diversité des interactions langagières utilisées par les parents est décisive. Elles doivent susciter l’action de l’enfant.

On améliore le vocabulaire et les capacités narratives si :
-Plusieurs lectures du même album
-Lecture interactive
-Lecture en dialogue très structuré (questions ouvertes : Qui ? Quoi ? Quand ? Pourquoi ? Anticiper la suite de l’histoire, relier).
-Félicitations à l’enfant

 

 

Caroline HURON Chargée de recherche à l’inserm
et Valérie GREMBI Directrice et coordinatrice pédagogique du Cartable fantastique
Les troubles de la coordination :
La dyspraxie est une difficulté à la gestion des gestes, de la vue.
Les signes d’appel :
-Refus de jeux moteurs
-Difficultés graphiques, de découpage, de collage, dessin pauvre
-Difficulté à s’habiller
-Difficulté à se moucher
-Tombe beaucoup
-Maladroit
-Manque d’aisance
-Difficultés de repérage temps/espace

La dyspraxie est un trouble invisible avec répercussions transversales dans la plupart des activités sauf le langage.
Toutes les activités de la maternelle deviennent compliquées.
Il faut s’appuyer sur le langage, ne pas évaluer selon la norme des autres.
Alerter rapidement.

 

 

Alain BENTOLILA Linguiste, Professeur à l’université Paris Descartes
La priorité de la Maternelle doit être la maîtrise partagée du langage.
Réhabilitation linguistique : conquête du sens, plaisir, jeu, labeur, parcours précis.

Objectifs prioritaires :
-Prendre conscience de la segmentation de l’oral : prise de conscience des mots, articulation, reconnaissance des syllabes, des sons voyelles (pas les consonnes occlusives)
-Droit et devoir de la communication : Dire aux enfants quand on n’a pas compris. Demander des précisions.
-découverte des principes syntaxique (la phrase change, le monde change).
Faire des phrases insolites à réorganiser.
-Découverte du principe syllabique
-Acquisition du vocabulaire : On n’apprend pas de liste de mots, ça ne sert à rien. En revanche on peut proposer de travailler sue l’univers d’un mot (ex : forêt : C’est quoi ? Qui y habite ? Qui peut y aller ?…)
-Savoir ce que c’est de lire et de savoir lire. Il faut prendre le temps une fois le texte lu de recueillir les commentaires des enfants.

Les assises portent avec courage la lutte contre les inégalités par la maîtrise de la langue.

Il faudra la mise en place de moyens.
On ne travaille pas sur la langue avec 20 enfants mais en tout petit groupe (dédoublement des classes).

Il faut une formation spécifique des PE de maternelle. C’est le même don à l’autre mais ce n’est pas la même manière de faire, pas les mêmes compétences.

Il faut en savoir beaucoup sur la construction du langage.

L’Ecole Maternelle commence à former des intelligences qui sauront résister plus tard à la manipulation et à la barbarie.

On construit de la résistance intellectuelle qui permet d’inhiber, de refuser un certains nombres de choses.

La maternelle n’est pas un mini CP où on essaie de prendre de l’avance.

Il faut spécialiser dès l’université.
Et intervenir en binôme dès l’ESPE (demande d’humilité de la part des chercheurs qui doivent écouter le terrain).

 

 

Table ronde :

J-Y BESSOL IA-DASEN
Sabine CAROTTI IGEN responsable ministériel de l’audit interne
Annie CERF IEN
Philippe DEBROSSE IGA responsable ministériel de l’audit interne
Frédérique HIRN psychologue clinicienne
Gaëlle LE NOTRE collectif ATSEM de France
Yvan MOULIN formateur en ESPE
Mathilde ROY adjointe au maire d’Amiens

Le travail coordonné en classe entre enseignants et ATSEM :
Analyse de la situation des ATSEM (rapport IGEN/IGA) :
Temps de présence très long.
Des missions qui changent
Double hiérarchie (directeur, collectivité)

Le décret du 1er mars 2018 modifie leur statut.

Il faut s’atteler à la rédaction de Chartes.

Il y a un vrai besoin de concertation, de cohésion, qui est difficile à mettre en place car 2 personnes partagent le même temps, le même lieu, avec les mêmes enfants.
D’où la nécessité de clarifier les rôles.

Nécessité d’une formation conjointe PE et ATSEM
Pour croiser les compétences, les regards (hybridation des connaissances).
Pour accompagner le développement du jeune enfant,
par exemple :
Quelles postures au quotidien.
Quels mots pour on va utiliser en cas de conflit.
Quels mots pour accompagner les émotions.

Pour savoir comment agir il faut comprendre.
Il faut par exemple connaître la théorie de l’attachement.
Après, au quotidien, il faut passer du savoir au savoir-faire et savoir-être.

Il s’agit d’acquérir des postures professionnelles.
C’est pourquoi la formation est un outil fondamental mais pas suffisant.
Pour pouvoir offrir une sécurité affective, il faut soi-même se sentir en sécurité.

Possibilité de mettre en place des évènements : Des conférences thématiques (développement de l’enfant, pratique en partage, bien-être à l’école).

Il faudrait présenter le monde de l’école aux familles
Entrer dans la famille de l’école ne signifie pas renoncer à sa famille, nécessité de l’expliciter.

Nécessité d’adultes stables avec glissement des temps scolaires et périscolaires. Les ATSEM représentent cette stabilité.

Nécessité de repenser la continuité de tous ces temps avec les équipes du périscolaire et de la petite enfance.

Complémentarité entre PE et ATSEM et périscolaire, oui mais pas mimétisme.

Il faut aussi repenser les liens entre petite enfance et école.

Des villes salarient des auxiliaires de puériculture pour former un trio (PE, ATSEM, auxiliaire).

Importance de co réfléchir avec des spécialistes.

Difficulté à organiser des formations communes car problème de temporalité (on ne travaille pas forcément sur les mêmes temps).

Intervention de Gaëlle LE NOTRE du collectif des ATSEM de France
Les ATSEM sont maintenant membres à part entière de la communauté éducative mais ce n’est pas toujours reconnu.

Les ATSEM sont favorables à des formations communes (PE/ATSEM).

L’oeil bienveillant et expérimenté de l’ATSEM peut être une aide précieuse pour les PE débutants.

L’ATSEM a des compétences pour veiller au bien-être des enfants.

Il doit s’adapter aux enseignants, au nombre d’enfants variable, jongler entre les temps périscolaires, en responsabilité, et scolaires, pas en responsabilité.

Ils appartiennent à la communauté éducative et souhaitent que leur rôle soit reconnu, par exemple qu’ils aient leur place :
Au conseil d’école
Dans les équipes éducatives (ils connaissent chaque enfant et sur des temps qui échappent aux PE, repas, sieste par ex.)
Dans les projets d’école.

Il y a un problème de salaire qui n’est pas à la hauteur des compétences et de l’expertise.
Bienveillants mais bien traités.

Nécessité d’une reconnaissance de la complémentarité avec l’enseignant (enlever l’autorité d’une personne sur l’autre).
Le directeur doit aider à bien intégrer les ATSEM.

Avec des journées de 10 h par jour, il est difficile de se réunir avec l’équipe enseignante.

Suite des interventions :

Exemple de l’académie de Lille :
Mise en place de stages de formation continue PE/ATSEM.
Les ATSEM sont libérés le temps de la formation.
Le dispositif s’est adapté aux besoins des territoires.
Le stage doit correspondre à une problématique de territoire.

Une collectivité territoriale qui s’engage avec l’Education Nationale s’engage à mettre les moyens de remplacements.

L’engagement des collectivités territoriales est absolument nécessaire.

Peu de lien entre le personnel de crèche et les ATSEM qui ont pourtant un projet commun.

Proposition : changer le nom des ATSEM qui n’évoque rien.

Même besoin de formation pour les animateurs qui interviennent sur la petite enfance.

 

 

Boris CYRULNIK
Vers l’école maternelle de demain : orientations, perspectives d’évolution
L’accès au savoir est le 1er pas vers la démocratie.
En entourant l’enfant on active le cortex préfrontal.
Même s’il y a eu privation affective donnant l’impression que les synapses se sont atrophiées, c’est résiliable.
On peut déclencher un processus de résilience si on prend soin de l’enfant, ça resynaptise le lobe préfrontal.
Donc s’occuper de l’enfant à l’école maternelle c’est beaucoup plus que de la parole.

Dans les quartiers défavorisés, c’est à l’école que les enfants rencontrent la parole.

Dans les enfants de migrants, un enfant qui parle 2 langues s’adaptera.
On accède tous au langage mais pas de la même façon. Par exemple dans certaines on ne parle pas aux enfants. Mais à l’école ils peuvent rattraper grâce à leur plasticité cérébrale.

L’enjeu de la maternelle n’a jamais été aussi fondamental. Il y a un nouvel enjeu social avec énormément de bénéfices.

 

 

Discours de clôture par un représentant du ministre, qui n’a pas pu venir :
Ces assises signent un moment historique.
Le président de la République a consacré la place pleine et entière de l’école maternelle.
L’instruction obligatoire à 3 ans c’est une mesure d’égalité sociale.
Il faut faire de l’école maternelle l’école du langage et de l’épanouissement, une école qui protège, qui prend en compte la santé, le bien-être de l’enfant.

Le rôle des collectivités territoriales est éminemment important.
Il faut renforcer les liens avec la petite enfance.
Les parents doivent être des alliés au quotidien dans des relations de confiance.
Nous partageons une conception humaniste de l’école.

 

Merci infiniment à Marilyn Buisson pour ce partage.

(IMF, auteure chez RETZ)

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La sécurité dans les établissements scolaires est importante. Il y a un certain nombre de règles à suivre que l’on retrouve dans ce guide d’élaboration du PPMS.

Afin d’aider les directeurs d’école il existe un guide de la Dgesco datant de 2008.

En voici un petit aperçu

soins primaire

Pour les élèves faisant l’objet d’un projet d’accueil individualisé (PAI), penser à se munir de leur traitement spécifique.

Concernant la sécurité des personnels, il est à regretter qu’il n’existe pas de médecin du travail.  En cas de situation de mise en danger , il ne faut pas hésiter à remplir le registre CHST présent dans tous les établissements.

 

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L’association des maires de France (AMF) propose une carte exclusive sur le rythme scolaire dans les écoles.

Sur cette carte on se rend bien compte des disparités territoriales :

  • Sur les 21 735 communes (hors communes déléguées), 9 430 ont choisi de revenir à la semaine 4 jours à la rentrée, soit 43,38 %.
  • Dix académies de métropole sont au-dessus de 50 % de retour aux 4 jours : Aix-Marseille, Amiens, la Corse, Créteil, Dijon, Lille, Montpellier, Nice, Rouen et Versailles.
  • Dans les académies d’outre-mer, les communes ont très majoritairement choisi de ne pas modifier l’organisation du temps scolaire : à La Réunion, à Mayotte et en Guyane, aucune commune n’est revenue à 4 jours. Seules font exception la Martinique et la Guadeloupe, avec respectivement 88,2 % et 59,2 % de retour aux 4 jours
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Par Virginie

Nouvelle casquette aujourd’hui : scénariste de film catastrophe !!! En effet, en réunion pour remettre à jour le ppms, il nous a fallut imaginer ce que l’on ferait s’il y avait une intrusion dans l’école. ..

Par Jacques Risso

J’ai fini par une crise de fou rire à pleurer, en m’imaginant sortir de la classe en rampant, après avoir pris une balle entre les deux yeux, pour aller déclencher l’alerte intrusion, puis revenir, éteindre les lumières, récupérer mon portable au passage pour communiquer avec les collègues, se coucher par terre avec les enfants après avoir fermé à clé toutes les portes ( vitrées ! ) et tiré un meuble de 200 kg devant celle de la classe . Et tout ça dans le plus grand silence, parce qu’il ne faut pas que l’intrus sache qu’on est là !!! En même temps, dans une école en pleine journée, normalement il y a des élèves et des enseignants !
Ah oui, j’allais oublier : en cas d’envie pressante, il y a le seau !!!!
Bref : un grand n’importe quoi !!!😁

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Emmanuel Macron a affirmé à de nombreuses reprises que la question de l’éducation serait au centre de ses priorités. La nomination de M. Blanquer comme ministre de l’Éducation nationale inquiète cependant. Certains voient en lui l’homme du retour aux méthodes du passé tandis que d’autres s’interrogent sur la libéralisation de l’école avec notamment l’autonomie des établissements. Et les annonces faites ces derniers jours ne sont pas faites pour rassurer le mondede l’éducation : distribution des fables de La Fontaine, casiers à portable, chorale d’accueil de rentrée etc…

Dans ses chroniques, Jacques Sapir interroge deux spécialistes de l’éducation et des questin de société : Natacha Polony, journaliste et essayiste, spécialiste des questions de société et d’éducation et François Durpaire, maître de conférences en sciences de l’éducation à l’université de Cergy-Pontoise auteur notamment du livre « La Fin de l’école » chez PUF.(début de la vidéo à 4:38)

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=8UGNpDRVgwc&w=560&h=315]

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Une autre mesure phare du programme “Education” d’Emmanuel Macron  pose autant d’interrogation que celle de la mise en place des 12 élèves par classe en CP en éducation prioritaire.

reforme-des-rythmes-scolaires

En effet, il était question que chaque commune décide ou non des rythmes scolaires dans leurs écoles.

Lors d‘une entrevue entre notre ministre et l’association des maires de France, le propos a été nuancé : Le choix du rythme scolaire devra se faire en collaboration avec les services de l’EN dont dépend chaque école à savoir l’IEN de secteur.

Le délai étant un peu court pour organiser ces discussions et trouver également le financements nécessaires aux communes souhaitant continuer à proposer des TAP, cette nouvelle réforme serait reportée à la rentrée 2018.

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Lors du mouvement de grève en Guyane, nous vous avions parlé de l’état de l’école là-bas. Nous proposons maintenant une petite vidéo sur la vie quotidienne  à l’école à Maripasoula, au coeur de la Guyane française, réalisée par Daniel Ledeau.

Maripasoula, commune dont les ressources dépendent du fleuve, commune attachante par son enclavement, commune attirante par ses communautés, commune dans laquelle il faut séjourner pour comprendre ce que le fleuve apporte aux maripasouliens. Bonne projection.

Publié par Michel Deleau sur lundi 15 mai 2017

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