PES qui démissionnent

Ces PES qui démissionnent dès la Toussaint :
pas fait pour ce métier ou pas formé à ce métier ?

 

Sur les groupes Facebook destinés aux professeurs des écoles stagiaires (PES), une question revient régulièrement : à qui doit-on envoyer sa lettre de démission ?
Moi-même jeune enseignante, je sais que les débuts peuvent être difficiles mais j’ai été surprise de constater que des jeunes collègues envisagent de démissionner dès le début d’année. Comment peuvent-ils en arriver là après avoir fait tant d’efforts pour passer le CRPE ?
Pour comprendre, j’ai engagé la conversation avec plusieurs d’entre eux via les réseaux sociaux.
Si les parcours sont différents, des constantes se dégagent.

 

Une formation incomplète

A la rentrée, les PES font leurs premiers pas dans les salles de classe et de nombreuses questions émergent : comment obtenir l’attention des élèves ? Comment différencier ? Comment préparer son cahier-journal ?

Les cours de l’ESPE leur paraissent bien éloignés de leurs préoccupations immédiates. Ainsi, J. explique :
« La semaine de pré-rentrée de l’ESPE ne m’a pas aidée du tout. En gros, j’ai eu un rendez-vous de 20 minutes avec ma tutrice qui m’a dit si mon cahier journal de la semaine de la rentrée convenait ou pas. Sauf que la réalité est bien différente. On ne nous parle jamais de la gestion de classe. »

Sarah ajoute : « Ici, nous avons eu 2 jours de préparation de classe à l’ESPE avant la rentrée mais au lieu de nous montrer une semaine-type de rentrée, afin de nous focaliser sur la posture, on nous a donné de vagues propositions et rien de très construit. Finalement on nous a demandé d’inventer une journée-type en Grande Section sans même savoir à quoi ressemble un élève de maternelle.»

« L’accent est mis exclusivement sur les fiches de prép, le reste, on en parle très peu. Si la fiche de prép est bonne, le reste devrait passer. Mais la réalité n’est pas si simple. »

Il n’est pas question de remettre en cause l’intérêt des cours didactiques de l’ESPE. Cependant, il est regrettable que la gestion d’un groupe-classe n’y soit pas abordée. Pourtant mener une réflexion sur les routines scolaires est essentielle : comment mettre les élèves en rang ? Comment gérer l’entrée en classe ? Quelles routines mettre en place au début de l’année ? Ces questions font partie du métier de professeur des écoles et ont leur importance pour mener à bien les apprentissages.

S’ajoute parfois le sentiment de recevoir des conseils contradictoires…

 

Des conditions parfois difficiles pour débuter

Anaïs a été affectée dans une classe difficile de CE2 en REP : « Peu après la rentrée, je devais gérer tous les jours un élève qui faisait des crises jusqu’au jour où celui-ci m’a frappé. Quand il y a un enfant à problème ça va, mais quand il y en a 8, c’est ingérable. Le directeur que je déchargeais demande chaque année à ne pas accueillir de PES dans son école car il sait que c’est un environnement très difficile pour commencer. »

 

Beaucoup d’efforts pour peu d’effets…

« La charge de travail est juste dingue » m’explique Marine. En effet, selon une enquête du syndicat Snuipp-FSU réalisée cette année, le temps moyen de travail d’un PES serait de 48h51 par semaine.

Il n’est pas aisé pour les jeunes enseignants de trouver un équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle.

« Quand je vois le temps passé à préparer… Je sais que ça va mieux avec le temps mais je suis tellement perfectionniste et exigeante avec moi-même que j’ai du mal à penser à autre chose. » (J.)

Préparer la classe est extrêmement chronophage ; ce constat est d’autant plus vrai en début de carrière. Cet investissement n’est pas toujours valorisé par les tuteurs lors des visites en classe.
« Ma tutrice est de bon conseil mais je la trouve très exigeante. J’ai trouvé son rapport de visite très négatif. Par exemple, lors de sa venue, j’avais différencié 2 des 3 ateliers de la matinée. Mais dans ses notes, elle est restée focalisée sur le 3ème atelier qui n’avait aucun différenciation. Finalement je vois les visites comme des sanctions et non comme des aides. » (J.)

« Si ma tutrice avait été moins exigeante et m’avait laissé plus de temps, je me serais sentie mieux. » (Marina)

Cela dit, n’allez pas croire que tous les PES démissionnaires ont été découragés par les tuteurs et les conseillers venus les observer. Car c’est la difficulté à gérer le groupe-classe qui mine peu à peu la confiance en eux des jeunes enseignants.

« On se défonce pour préparer nos séances mais on n’arrive pas à les mettre en pratique en classe. C’est démoralisant. »

« Comme on n’est pas tellement fourni niveau séquence, on se disperse à chercher tout et n’importe quoi et on ne se concentre pas du tout sur un autre aspect important de notre boulot : le positionnement, la posture. » (Sarah)

 

La désillusion

Parmi les PES démissionnaires interrogés, certaines étaient en reconversion professionnelle et ont tout simplement décidé de reprendre leurs anciennes activités.
« J’ai pesé le pour et le contre. J’ai préféré revenir à mon ancien métier qui offre de bien meilleures conditions de travail. Professeur des écoles est un super métier, mais dans les conditions actuelles, moi je n’y ai pas trouvé ma place. » (Marina)

 

Pour conclure

Le nombre de démissions des PES a triplé dans le primaire en quatre ans. (pages 36-37 de ce rapport du Sénat).
Certains penseront que ces PES n’étaient pas fait pour devenir enseignant. Je ne suis pas de cet avis. D’ailleurs, les PES avec lesquels je me suis entretenue n’ont pas tenu ce genre de propos.
Enseigner reste et restera toujours un métier difficile. Toutefois je reste convaincue que des actions peuvent être entreprises pour faciliter l’entrée dans le métier des jeunes enseignants. Et vous ?

par Laure (apreslaclasse.net)

 

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Par M.D

“Salut les feignasses! J’espère que la rentrée s’est bien passée pour les collègues de la zone A. J’avais une question qui me taraude depuis quelques mois: quels moyens avons-nous pour envisager une reconversion? Vers qui se tourner? Parce que sincèrement ça fait 3 ans et j’en ai déjà ras le bol alors oui on va me dire “c’est normal c’est le début, il faut attendre d’avoir fait sa place tu verras c’est beaucoup mieux etc” mais sincèrement je ne me sens pas le courage d’attendre 10 ou 15 pour me fixer dans la zone que je recherche. Alors quels choix avons-nous? Qui peut nous conseiller?”

A vos claviers en commentaires !

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Il arrive qu’un jour ou l’autre on ait besoin de changement. Et un professeur est un être humain comme les autres : il a le droit de vouloir voir autre chose . Mais quelle solution s’offre à lui si il veut changer de carrière ?

demission9

En tant que fonctionnaire et professeur, il peut :

  1. Passer des concours  pour évoluer dans la fonction publique

    Il en existe des divers et variés :

    • Le PERDIR : pour être chef d’établissement (ou proviseur) d’un lycée général ou d’un lycée professionnel. Si on n’est pas sûr d’être fait pour ce type de poste, il y a la possibilité de faire un essai en “faisant fonction”. Pour cela, il faut répondre à un appel à candidature comme celui-ci.
    • Devenir inspecteur de l’Éducation Nationale (IEN) ou inspecteur pédagogique régional (IPR)
    • Intégrer la fonction publique territoriale
    • Devenir CPE (conseiller principal d’éducation) ou COP (conseiller d’orientation psychologue)

      2.Etre en  détachement 

      Il est ainsi possible de changer de ministère. Des offres d’emplois, de stage et d’apprentissage publiées par les employeurs de la fonction publique de l’État, territoriale et hospitalière sur le site de la Bourse Interministérielle de l’Emploi Public (BIEP). Les annonces sont classées par ministère, lieu d’exercice, niveau d’études…

      Dès lors, il s’agit de travailler pour une autre structure. Par conséquent, c’est le nouvel employeur qui rémunère l’agent. Les  cotisations  pour la retraite sont les mêmes que pour un enseignant et les droits à l’avancement sont conservés.Le détachement dure de 1 à 5 ans mais peut aussi être renouvelable.

      Cette option est accessible à tous les fonctionnaires de l’État. Elle peut parfaitement convenir pour découvrir un éventuel futur métier mais sans quitter définitivement son emploi d’enseignant.

      Il existe précisément 15 cas de détachement. Les plus fréquents chez les professeurs  sont  :

      • auprès d’une administration ou d’un organisme d’État (exemple : adjoint administratif au Ministère de la Défense)
      • auprès d’une collectivité territoriale ( exemple : attaché territorial)
      • auprès d’un établissement public ou sous tutelle de l’Éducation nationale (exemple : au CNED)
      • pour exercer une fonction élective (exemple : député ou maire)
      • pour accomplir sa scolarité en vue d’un emploi titulaire permanent de l’État (magistrature, police, ENA)

      À la fin du détachement, trois possibilités :  un nouveau détachement ; un renouvellement ou bien la  réintégration en tant que prof.

      3.Faire une demande de mise en disponibilité pour exercer une activité professionnelle pendant une certaine période

      4.Demander un Congé de formation (CIF)

      Il est inscrit dans le cadre du  Compte Personnel de Formation (CPF, ex-DIF). Au cours d’un CIF, la rémunération est de 85% du  salaire d’origine.Pour y prétendre, il faut  :

      • avoir exercé pendant au moins trois ans à temps plein
      • formuler sa demande au moins cent vingt jours avant le début de la formation
      • pour une durée maximale de 3 ans consécutifs ou répartis en plusieurs fois

       

      5. Changer d’affectation

Plusieurs possibilités :

  • Muter dans une autre ville ou à l’étranger. Pour cela, il faut guetter les périodes de mouvements inter et intra-académiques ainsi que les campagnes de recrutement de l’AEFE.
  •  Changer de discipline. Cela dépendra des  compétences professionnelles et de la  motivation du candidat.

6.Faire une demande de démission à l’administration

Cette décision est définitive et irrévocable. Il faut être sûr de son choix et de sa future orientation professionnelle.

La  demande de démission  est à faire par écrit auprès de l’inspecteur d’académie ou du recteur qui a le pouvoir de l’accepter ou de la refuser et  qui fixera la durée du préavis.

Il est toujours possible de  devenir fonctionnaire à nouveau, il  faut alors repasser les concours.

7.Faire une demande de cumul d’activité pour exercer une activité à titre accessoire

 

 

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Cette semaine, nous vous avions proposé une revue de presse sur les articles en ligne parlant de la hausse des démissions chez les enseignants.

Celui-ci nous donne plus de précisions sur les raisons de ces démissions :

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Le métier d’enseignant est un métier solitaire même s’ il est entouré de monde-élèves, hiérarchie, collègues, parents-, il est seul face à la classe, à ses préparations de cours. Et contrairement à d’autres professions, il ramène du travail chez lui. D’où la réelle difficulté à faire la coupure vie privée/vie professionnelle.

Il se sent seul quand le système de mutation le laisse loin de chez lui, avec très peu d’espoir de retour, ou alors pas avant de longues années d'”exil”.

Il gère de l’humain et souvent face à certaines situations familiales ou sociales de ses élèves, il est difficile d’avoir un réel recul affectif. La bienveillance n’est pas toujours facile à garder en tête, comme par exemple face à un élève violent.

Il a besoin de se sentir soutenu par sa hiérarchie, par les parents, son entourage.

Les différentes réformes ont accentué ce sentiment d’absence d’écoute des vrais besoins du terrain, d’abandon. Il a l’impression qu’il ne dispose plus de la liberté pédagogique autant qu’il le souhaiterait.

Et vous quelles raisons pourraient vous faire quitter l’EN ?

 

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Face au nombre d’articles dans les médias sur la hausse des démissions dans l’Education nationale, il est difficile d’éviter ce sujet.

Tout a  commencé par un rapport sénatorial de Jean Claude Carle (LR) et Françoise Férat (UDI) et reprise par le Café pédagogique. Dans ce rapport, ils révèlent« une progression inquiétante du phénomène auprès des enseignants stagiaires, particulièrement dans le premier degré ».

Selon les Echos, les démissions auraient été multipliées par trois depuis 2012. Ce sont surtout les stagiaires qui démissionnent. Cela s’explique par le fait que de nombreux candidats passent le concours pour diverses raisons telles que sortir du chômage etc.. et découvrent que finalement ce métier n’est pas pour eux ou qu’il ne leur apporte pas la reconnaissance espérée. Et pour  France Inter  , quand vous vous engagez à embaucher 60 000 personnes, il faut s’attendre à avoir un niveau de désaffection en adéquation.

Dans son article sur Alteréco, Philippe Watrelot rappelle pourquoi ces démissions progressent mais sont à relativiser. En effet, comparées à la masse totale des professeurs tout degrés confondus, les démissions ne sont pas si nombreuses.

Dans l’ensemble des articles parus sur ce sujet, il n’est question que de chiffres et d’arguments. Seul, 20 minutes fournit un témoignage direct d’un stagiaire qui a finit par craquer.

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