NB : dans ce texte je bannirai le terme de « méthode » et utiliserai les mots « approche » ou « démarche ». En effet, une méthode n’est que la mise en œuvre d’une démarche. Par exemple, si « Taoki » ou « Je lis avec Mona et ses amis » sont bien des méthodes différentes, elles procèdent d’une même démarche et n’ont pas à être différenciées dans ce qui suit.

En cette période où l’approche syllabique est présentée comme la seule valable et où toute autre approche est qualifiée de globale (ou éventuellement de mixte), il me semble bon de faire un point sur toute la richesse des différentes approches de la lecture. Dans cet article, j’utilise la classification de Bruno Germain, qui m’a semblée pertinente. Je me permets également de reprendre une bonne partie de son argumentaire.

Si on veut apprendre la mécanique à une personne, il y a deux approches possibles : Lui faire démonter un moteur pour en comprendre le fonctionnement ou lui donner les pièces de ce même moteur, afin qu’il le construise. De cet exemple on peut déduire deux grandes approches : l’approche analytique et l’approche synthétique. On peut trouver bien des exemples de ces deux approches. La biologie est, par exemple et par essence, analytique, on part d’un organisme vivant et on en recherche le fonctionnement. L’informatique est, a contrario, synthétique, on crée du matériel qui n’existait pas avant au moyen de composants divers.

Il en va de même pour la lecture. On peut confronter l’apprenant à un ensemble complexe (le texte) et travailler à son analyse, afin d’en dégager les composantes (phrases, mots, graphies). Les approches qui procèdent ainsi sont les démarches analytiques. On peut également partir des sons, les faire combiner en mots, puis en phrases pour arriver au texte ce sont les démarches synthétiques. On peut également trouver toute une série de démarches mixtes qui veulent prendre le meilleur des deux mondes.

 

Alors, à ce moment précis, certains se diront : « J’ai tout compris ! L’analytique, c’est la globale, le synthétique, c’est la syllabique ! ». Oui, sauf que c’est plus compliqué que cela.

 

 

 

 

 

 

 

Ces démarches font travailler les apprenants sur des textes, et les amènent à formuler des hypothèses sur le sens et l’écrit. Ensuite, elles visent à faire établir des régularités et à faire découvrir les règles du fonctionnement alphabétique. L’accent est clairement mis sur la compréhension, le décodage arrivant plus tard. On part du principe que la lecture peut être apprise aussi naturellement que la parole. En effet, un enfant n’apprend pas à parler en étudiant les sons, mais en analysant le discours des gens qui l’entourent et en émettant des hypothèses.

On peut, sans viser à l’exhaustivité, dégager trois types de démarches synthétiques : la démarche globale, la démarche idéovisuelle et la démarche naturelle.

 

La démarche globale :

Là voilà, la fameuse méthode globale, repoussoir de l’apprentissage de la lecture et outil politique et médiatique si pratique.

Elle fut créée à l’origine pour apprendre à lire à des sourds profonds pour qui une approche par les phonèmes / graphèmes était impossible. C’est Noam Chomsky, aux Etats-Unis, qui la popularisera sous le nom de « Whole Language approaches ».

Le but est de comprendre globalement le sens d’un texte, l’exactitude n’étant pas le but de la lecture. La forme des mots est mémorisée, c’est l’approche logographique. A force d’hypothèses, l’apprenant finit par découvrir le fonctionnement du code. L’enfant construit lui-même ses apprentissages et l’enseignant est un médiateur.

Cette démarche n’a jamais été appliquée en France, si ce n’est de manière marginale.

 

La démarche idéovisuelle :

En France, elle sera utilisée principalement entre 1970 et 1985.
Cette démarche vise à intéresser l’enfant le plus vite possible en lui donnant l’illusion de reconnaitre des signes ou des mots et de comprendre un texte. Ces mots, reconnus par leur silhouette, sont ensuite classés, comparés, analysés et utilisés. La démarche ne fait pas d’apprentissage systématique du code et se concentre sur le sens.

C’est, encore aujourd’hui, la manière dont les enfants commencent l’apprentissage de la lecture en maternelle ou, pour les plus chanceux, avec leurs parents. Beaucoup d’entre nous utilisons encore l’approche idéovisuelle quand nous faisons produire de l’écrit à nos élèves au moyen de mots-étiquettes ou quand nous utilisons des mots-outils.

 

La démarche naturelle :

La démarche développée par Freinet projette l’apprenant directement dans les textes. Ceux qu’il rencontre ou ceux qu’il produit. Cependant elle utilise des techniques comme l’imprimerie, qui impose une observation du code et de la syntaxe. C’est une vraie méthode analytique qui donne du sens à la lecture tout en se penchant sur les unités composant les mots. C’est une pédagogie active qui place l’apprenant au centre de son apprentissage où il est acteur, les textes étant au plus près de ses préoccupations.

 

Remarques et critiques sur les approches analytiques :

Je crois qu’il ne faut surtout pas nier l’apport des approches analytiques.
Elles sont utilisées par les parents au quotidien quand ils lisent des histoires à leurs enfants, je me souviens, par exemple de mon fils qui ne me laissait jamais finir une histoire, car dès la dernière page tournée, il me désignait le mot « fin » et décrétait l’histoire finie. Chaque parent aura des histoires de loups, de dragons, de fées et de princesses reconnus globalement dans le texte lors de l’histoire du soir.

Les enseignants de cycle 1 et 2 l’utilisent également, souvent sans le savoir. Les étiquettes des prénoms ou du « chaque jour compte », les mots outils (que l’on retrouve même dans les méthodes syllabiques dites pures), les mots-étiquettes qui permettent à l’élève de produire du sens au-delà de ses capacités d’écriture en début de CP et, pour les plus en difficulté, bien au-delà…
Est-ce à dire que les approches globales sont exemptes de défauts ? Bien sûr que non ! On peut les accuser de sous-estimer, voire de nier, l’étude phonémique ce qui fragilise l’autonomie du jeune lecteur. De plus les capacités d’analyse qu’elles exigent peuvent très rapidement mettre en difficulté un enfant ayant une mauvaise maîtrise de la langue orale et de son fonctionnement. La charge mémorielle d’une approche analytique pure est également énorme. On peut aussi soulever le manque de rigueur orthographique impliqué par beaucoup de ces méthodes.

 

 

 

 

 

 

 

Ces démarches partent du principe que c’est par l’étude des sons et des lettres que l’apprenant se dirigera tout naturellement vers des unités de langage plus complexes, les mots, les phrases, les textes. Elles mettent clairement l’accent sur le déchiffrage avant la compréhension. Elles passent par des activités de discrimination et de segmentation, puis de mise en relation entre les composantes les plus simples de la langue.
On peut, à nouveau sans prétention aucune à l’exhaustivité, dégager trois types de démarches synthétiques : la démarche syllabique, la démarche grapho-phonémique et la démarche phonographique. Ces trois démarches peuvent être à entrée graphémique ou phonémique.

 

Un mot sur les entrées graphémiques et phonémiques :

On dit qu’une démarche est à entrée phonémique quand on découvre un son et qu’on en étudie toutes les graphies.

Une démarche a une entrée graphémique quand on étudie une graphie précise, et qu’on laisse les autres graphies à une étude ultérieure.

La plupart des démarches mélangent les deux entrées.

 

La démarche syllabique :

Une démarche syllabique est une approche analytique qui se base sur l’unité considérée comme la plus reconnaissable de la langue : la syllabe. Il s’agit de mettre rapidement en rapport l’oral et l’écrit. Elle s’appuie sur la combinaison de lettres en syllabes et sur leur prononciation orale. On va, par exemple, taper dans les mains pour délimiter les syllabes (pa-pa).

La principale faiblesse de la démarche syllabique est l’inadéquation entre les syllabes orales et écrites. Les syllabes écrites obligent à oraliser le « e » muet, ce qui peut mener à des confusions. Par exemple le mot « pomme » comporte une syllabe à l’oral (pomm’) et deux à l’écrit (pom-me).

Notons également que pour lire 90% d’un texte lambda, il faut maîtriser environ 300 syllabes différentes.

 

La démarche grapho-phonologique :

La démarche grapho-phonologique part de l’écrit pour aller vers l’oral. Elle consiste à apprendre les graphies (130 graphies principales) et retenir comment elles se prononcent. En gros, l’élève apprend à « lire les lettres ».

Le principal problème de cette approche, est que l’apprenant est plongé dans l’inconnu (l’écrit) et doit en dégager du connu (le sens).

 

La démarche phonographique :

Cette méthode part de l’oral et du sens pour aller vers l’écrit. L’enfant apprend à distinguer les 35 phonèmes dans les mots et apprend à les coder en utilisant les principales graphies. Cette approche tend à écrire les sons. On part du sens connu pour aller vers l’inconnu, son codage. A force de codage, l’apprenant acquiert une compréhension du fonctionnement du code et est en mesure de lire. Cette démarche travaille beaucoup la reconnaissance orthographique (ce qui n’a rien à voir avec le global).

La principale difficulté pour cette approche basée sur le codage est de ne pas négliger le travail sur la lecture, tout particulièrement sur la reconnaissance orthographique.

 

Remarques et critiques des approches synthétiques :

Plus personne aujourd’hui ne songerait à nier l’utilité de l’étude systématique du code. Cela fait consensus, tant dans la recherche que sur le terrain. Il importe tout de même de ne pas oblitérer les difficultés qu’impliquent les méthodes synthétiques.

En voici quelques-unes. Les méthodes synthétiques nient ou reportent le travail sur la compréhension. Pourtant, décoder ne suffit pas pour comprendre. On reproche également à ces approches d’être répétitives, abstraites et rébarbatives. Elles sont étrangères à l’enfant qui pratique la langue naturellement sans s’en rendre compte. Pour les apprenants allophones ou n’ayant pas une pratique correcte de la langue française, les approximations phonétiques créent des confusions dans la relation phonème / graphème.

 

 

 

 

 

Les démarches mixtes veulent intégrer le meilleur des deux mondes. Pour qu’une méthode soit considérée comme mixte, il faut que les mêmes supports soient utilisés pour étudier à la fois le code et le sens.
Selon la part accordée à chaque composante et les éléments repris, il existe une infinité de méthodes mixtes, on peut néanmoins les classer en deux grandes catégories : Les démarches mixtes conjointes et les démarches mixtes enchaînées.

 

Les démarches mixtes conjointes :

Ces démarches visent à développer simultanément l’accès au sens en se reposant sur des mots appris (mots-outils et référents) et la découverte du code. On y retrouve donc bien une dimension analytique et synthétique. Une bonne partie de l’année, l’enfant est confronté à des textes indéchiffrables, sur lesquels (ou sur une partie desquels) il doit s’appuyer pour apprendre à décoder.

Cette démarche a bien entendu des faiblesses. L’élève est contraint de combiner deux procédures quand il lit, la reconnaissance des mots-outils et référents et le déchiffrage. Il se peut qu’il soit perdu, ne sachant laquelle privilégier. Une autre chose que l’on peut craindre, c’est que, les textes proposés ayant vocation à servir à la fois à l’enseignement du code et de la compréhension, ne soient finalement adaptés ni à l’enseignement du code (ils ne sont pas intégralement lisibles), ni à l’enseignement de la compréhension (Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi Hélène à l’air d’une reine quand elle met le bonnet sur sa tête ?).

 

Les démarches mixtes enchaînées :

Les démarches mixtes enchainées commencent l’année de manière analytique afin de développer l’appétence pour la lecture. Au bout de quelques mois, elles passent à une approche synthétique du code.

Le reproche que l’on peut adresser à ces approches est que la manière de travailler change en cours d’année, ce qui peut être très déstabilisant, surtout pour les élèves les plus fragiles. L’élève ne comprend plus ce qui est attendu de lui, ce qu’est l’acte de lire.

 

Remarques et critiques des approches mixtes :

Les démarches mixtes sont, il me semble, les plus utilisées. En effet, elles proposent un « pack » qui contient tout et qui guide l’enseignant tout au long de l’année, ce qui est très rassurant. Comme les autres démarches, cependant, elles ne sont pas exemptes de défauts.

Citons-en quelques-uns. On leur reproche d’installer l’apprenant dans une certaine instabilité, car, confronté à un mot, il ne sait plus quelle approche privilégier. De plus, certaines méthodes mixtes, loin de concilier le meilleur de deux mondes, en concentrent le pire. Les textes peuvent être trop complexes pour le code (avec la surcharge mémorielle propre aux méthodes analytiques) et trop pauvres pour la compréhension.

Il est également intéressant de constater qu’aucune méthode mixte ne couvre de manière satisfaisante tous les domaines d’apprentissage (code, compréhension, syntaxe, vocabulaire, écriture, production d’écrit, polyvalence des textes, …) et pourtant, souvent elle y prétend. Il y a un risque énorme (je parle d’expérience), que l’enseignant « sur des rails » avec une méthode qui occupe l’intégralité du temps d’enseignement prévu, se contente de suivre sa méthode, sans pallier à ses manquements.

 

Conclusion :

Arrivés à ce point, vous êtes en droit de vous demander : « Et donc ? Je prends quoi comme démarche de lecture ? »
Loin de moi la prétention d’apporter la réponse à cette interrogation. Nous sommes tous des enseignants et tous nous avons à cœur la réussite de nos élèves. Votre choix, certainement réfléchi et argumenté, vaut le mien.
Quelques généralités, cependant. Pour qu’une démarche (voire une méthode, si vous souhaitez vous orienter vers les manuels du commerce) porte ses fruits, elle doit conjuguer plusieurs choses :

– La démarche doit être bien pensée, efficace, basée sur une progression cohérente et prenant appui sur des supports pertinents.

– L’enseignant doit se sentir en accord avec la démarche choisie. C’est seulement ainsi qu’il pourra la transmettre à ses élèves.

– L’enseignant doit impérativement être au fait des limitations induites par son choix de démarche ou par les manquements de la méthode choisie. Il doit veiller à la mise en place de dispositifs permettant de les contourner.

– Il ne faut jamais (jamais !) croire qu’une approche donnée correspondra à tous les élèves. Certains enfants peuvent ne pas se montrer réceptifs à ce qui leur est apporté. Cela ne fait pas d’eux des cancres. C’est à l’enseignant de trouver un autre chemin.

 

Je sais, c’est plus facile à dire qu’à faire. Mais croyez-moi, nous sommes tous devant les mêmes difficultés.

 

 

 

Je me permets tout de même de vous présenter une dernière approche : l’Apprentissage Intégral de la Lecture (AILE), proposée par Alain Bentolila et son équipe. Leur proposition est simple : apprendre le code au moyen d’une méthode synthétique tout en travaillant la compréhension de manière abondante à côté. Les textes de compréhension sont riches et variés, et leur lecture est effectuée par l’enseignant. Cette lecture est petit à petit (et de manière différenciée) déléguée à l’élève au fur et à mesure que sa maitrise du code le permet. Il importe cependant de ne pas inféoder les textes de compréhension à la maitrise du code.

Tous les enfants travaillent la compréhension en maternelle, pourquoi mettre ce travail en pause sous prétexte qu’ils apprennent à lire ?

 

 

Personnellement (permettez que je parle un peu de moi), je tente de m’inscrire dans cette démarche. Pour l’apprentissage de la lecture, j’ai opté pour une démarche synthétique, phonographique à entrée phonémique : Ecrilu. Cette démarche m’a séduit pour plusieurs raisons :

– Partir de l’oral permet de maintenir l’apprenant dans un univers connu et ayant du sens. Il va du connu vers l’inconnu, décomposant un mot porteur de sens en phonèmes vus, apprenant les différentes graphies. Il ne se trouve pas lâché dans l’inconnu (une bouille de signes) dont il doit ressortir du connu (du sens).

– C’est une démarche basée sur le codage, or le codage est bien plus régulier que le décodage. Par exemple, voir « a » dans un texte, conduit à 12 décodages différents et imprévisibles à moins de s’aider du sens, souvent inaccessible au décodeur débutant. Tandis que si j’entends [a], je peux, sans me tromper le coder au moyen de la lettre « a » dans 85 % des cas.

– Pour lire un mot complexe, par exemple « longtemps », l’enfant peut, le décoder, mais il devra pour cela faire appel  à son lexique mental et inhiber sa lecture à chaque étape : lo-n… longue… longue-t… lont… lonte-m… lontanpe… lontan, dans le cas d’un bon décodeur disposant d’une très bonne capacité d’inhibition. Ou alors il peut aussi avoir codé de manière répétée le mot « longtemps » et le reconnaitre de manière orthographique, ce qui est le graal du lecteur.

Je me rends compte que je pourrais continuer longtemps (tiens…) à argumenter sur les bénéfices de l’approche phonographique en général, mais j’imagine que vous vous demandez « est-ce que ça marche ? ».
Sans hésiter, je vous réponds oui. L’approche que Delacour développe avec Ecrilu est rigoureuse et bien pensée. Je suis pleinement en accord avec cette méthode. Je complète avec des cours de compréhension, de vocabulaire, … Et je n’hésite pas, pour les élèves qui n’accrochent pas, à étayer d’une manière différente. C’est LA démarche qui ME convient.

Je vais m’arrêter, ici, de faire l’article pour Ecrilu, même si j’adorerais vous parler de tous les autres avantages que j’y trouve (l’approche kinesthésique de la lecture, les outils, …), ce n’est pas le propos de cet article. J’en écrirai un autre, à l’occasion qui traitera en détail de ce sujet. J’espère vous avoir donné un peu envie de le lire. Si vous ne pouvez attendre que je trouve le temps de le faire ou si vous avez des questions sur ce qui précède, n’hésitez pas à me contacter sur Facebook ici.

 

Corwin Amber.

 

 

A venir (quand j’aurai le temps) :
– Point sur l’enseignement explicite de la compréhension
– Ecrilu, apprendre à lire par le codage

 

 

Bibliographie :

Les méthodes de lecture – Bruno Germain (2017)
Etude comparative des méthodes de lecture – Bruno Germain (2016)
Apprendre à lire avec Ecrilu (http://apprendre-a-lire.pagesperso-orange.fr/) – textes divers – Delacour.
Lire ou déchiffrer ? – Evelyne Charmeux (2013)
Etude sur la distribution des syllabes en Français – Goodenough, Frankston – Cahiers de linguistique (1978)
« La méthode globale », « Apprentissage de la lecture » (www.wikipedia.org)

 

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L’EN reste un des plus gros budgets de l’Etat : 51,3 milliards d’euros l’an prochain, hors pensions et retraites. Pour 2019, la prévision est de 52,1 milliards et pour 2020 de 52,6 milliards. D’après le magazine Challenges, le budget de l’EN devrait augmenter de 1.3 milliards en 2018.

Mais à quoi va servir cette augmentation ?

Pokemon-GO-worth-thousands

En tous cas, pas à améliorer le salaire des enseignants, le PPCR étant bloqué en 2018. Ni à augmenter les effectifs qui restent stables en 2018. Mais ne soyons pas mauvaise langue : 20 millions d’euros sont prévus dans le budget 2018 pour les personnels  en REP +  qui verront leurs indemnités « progressivement » revalorisées à partir de la rentrée 2018.

Mais pour les projets de Jean-Michel Blanquer :

“On doit savoir faire des économies sur certains sujets pour mieux dépenser sur d’autres. Avec un million d’agents, j’ai des marges de manœuvre. Si j’ai une priorité – j’en ai quelques-unes – la première, c’est l’école primaire”.

Pas de hausse d’effectif

En 2018, le nombre de postes reste stable. Mais alors comment,  le ministère compte-t-il étendre la mesure – coûteuse – des « classes à douze élèves » en éducation prioritaire, ainsi que toutes les autres promesses du candidat Macron (Vous vous rappelez de la fameuse prime de 3000€/an en REP+ ? )

Dédoublement des classes de CP et CE1 dans les quartiers très défavorisés (REP+)

En 2017, seules 2200 classes ont pu être dédoublées. En 2018 cela doit s’étendre au CP en REP, puis aux CE1 de ces zones les années suivantes. A terme, près de 11 000 classes seront concernées.

On se demande juste comment on va pouvoir arriver à cet objectif sachant que la première vague de CP à 12 (pour rappel seulement 2200 classes), a épuisé le vivier de remplaçants et appauvri le dispositif PDQMC. Pour cela,  à la rentrée 2018, de 3 881 postes seront créés.

Création et suppression de postes

Sous le quinquenat Hollande, il avait été promis 60 000 créations de postes pour essayer de combler les 80 000 postes supprimés sous le quinquenat Sarkozy. 54 000 ont été créés.

Mais comment faire pour mettre plus d’enseignants devant les CP/CE1 de REP+ sans exploser le budget ?

shadoksTout simplement par  le jeu des vases communicants. 3881 postes sont créés dans le primaire mais aucune création de poste n’est prévue dans le second degré. 2 600 emplois de stagiaires (à mi-temps) sont supprimés dans le budget 2018. Selon le ministère, il s’agit uniquement de postes non pourvus aux concours 2017 et  leur suppression n’aura aucun impact réel dans les classes. Sauf que sur le terrain, un mois après la rentrée, de nombreux  postes restent malheureusement non pourvus (Si vous en connaissez, n’hésitez pas à les signaler ici).

Par ailleurs, 200 postes de personnels administratifs seront supprimés et cela a déjà commencé avec la suppression des contrats aidés.

Accompagnement des élèves

En 2018,  220 millions d’euros sont prévus pour mettre en œuvre le dispositif « devoirs faits » ( proposé à partir des vacances de la Toussaint aux collégiens volontaires après les cours). Il sera pris en charge par des enseignants volontaires (rémunérés en heures supplémentaires), des assistants d’éducation et des 20000  volontaires “services civiques”.

35 millions d’euros de crédits supplémentaires (contre 15 millions en 2017) sont alloués aux stages de réussite (anciennement RAN) en faveur des élèves les plus faibles.

Accueil des élèves en situation de handicap

A  compter de 2018, un plan quinquennal de recrutement de 22.500 accompagnants d’élèves en situation de handicap est  mis en place, à raison de 4.500 postes par an.

 

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La rentrée scolaire 2017 ne se passe aussi paisiblement que le ministère semble vouloir le faire croire. Un peu partout en France, différents mouvements de grogne s’élèvent contre les conditions dans laquelle se déroule la rentrée. Et chose inédite ce ne sont pas les enseignants seuls qui mènent la grogne mais bien les élus et les parents qui prennent les devants de la contestation

La rentrée dans les DOM-TOM (un prochain article sera consacré aux DOM-TOM, n’hésitez pas à laisser des informations en commentaire) laissait déjà paraître les difficultés rencontrées aujourd’hui.

La fin des contrats aidés pose de nombreux problèmes :

  • De nombreux maires sont dans l’incapacité d’accueillir convenablement et selon les règles de sécurité dans les écoles primaires
  • et de nombreux élèves se retrouvent sans AESH. Dans ces conditions, l’accueil des élèves en situation de handicap en milieu  scolaire ordinaire est impossible sans nuire à l’élève, l’enseignant et la classe
  • Un manque d’assistants d’éducation et d’agents d’entretien se fait ressentir dans de nombreux collèges et lycées
  • Les contrats aidés dans le primaire concernaient des tâche de secrétariat ce qui soulageait la direction et permettait à l’école d’être plus facilement joignable.

Les effets du redéploiement des remplaçants et des maîtres du PDQMC se font cruellement ressentir dans les autres classes : Classes à plus de 35 élèves, fermetures de classe, manque de remplaçants etc…

Ne pouvant traiter chaque situation individuellement, nous avons fait le choix de regrouper les informations de façon géographique sous la forme d‘une carte afin, d’une part d’avoir une vision d’ensemble des mouvements de grève, et d’autre part que chacun trouve l’information locale qui le concerne.

carteN’hésitez pas à signaler en commentaire d’autres situations à rajouter à cette carte ou bien à le faire vous même. Il suffit de mettre une épingle, de mettre le titre et une description. Enregistrez et le tour est joué !

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Le ministère a annoncé dernièrement qu’il souhaitait évaluer tous les élèves de CP en français et maths dès leur entrée en CP. Cette évaluation se passera la deuxième quizaine de Septembre.

Voici les évaluations qui seront proposées aux élèves aisi que les livrets du maître (Source l’expresso du 05/09/2017 du Café Pédagogique).

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Par La maîtresse va craquer

Et blablabla, et blablabla. Euuuh, pardon. Et b.a-ba et b.a-ba. Ca y est, c’est reparti. Comme tous les ans, non ? C’est vrai que chaque année, nous, les gentils instits de CP, on attend impatiemment les consignes de notre ministre pour savoir comment va-t-on bien pouvoir faire pour apprendre à nos petits loulous à apprendre à lire. Parce qu’on ne sait pas, en fait. On n’y a jamais réfléchi, pensez-vous, donc. Dix mois par an, à se confronter à des petits 5/6 ans qui bataillent avec les lettres et les mots, c’est tranquille détendu. Ca glisse, Alice.

blabla

Nan mais oh ! Réveillez vous les gars !

Je sais pas si vous savez depuis combien d’années déjà le débat est clos ? Au moins depuis les 10 ans que je suis en fonction. Au moins… Tout enseignant de CP sait très bien que ce débat, en plus d’être stérile, est complètement idiot. Il n’y a pas qu’une façon pour apprendre à lire, comme il n’y a pas qu’une façon pour apprendre à calculer. Oui, moi aussi, je suis fan de Stanislas Dehaene et de ses recherches en neurosciences sur l’apprentissage de la lecture. Mais je suis aussi fan de Roland Goigoux. Et ouais. Beatles ET Rolling Stones. Le premier sait un peu de quoi il parle quand il dit qu’on ne peut pas zapper le principe alphabétique . Mais le deuxième sait tout autant de quoi il cause et que ce n’est pas parce qu’on connaît le solfège qu’on sait jouer d’un instrument. Tout comme ce n’est pas parce qu’on connaît les nombres qu’on sait résoudre des problèmes.

Apprendre la méthode syllabique est une technique. Mais on fait quoi avec des ba, des be, des bi, des bo et des bu ? Au bout d’un moment ? Hein ? Des mots, me direz-vous.. Oh, et puis, avec les mots, on fait des phrases. Et puis des textes et même des livres… Ouaaah !

Et là, sur le terrain, je vois quoi, moi ? Je vois, depuis 7 ans de CP, des loulous qui savent décoder des mots, des phrases, voire des textes, mais sont strictement infoutus de comprendre ce qu’ils lisent. La cata.

– « Papi…. fume…la…pipe… »
– Alors Juju, il fait quoi papi ?
– Ben.. Ze sais pas… C’est quoi une pipe ?

Alors oui, je vais dans des textes très vite, avec des mots qu’on ne sait pas encore lire, mais qui racontent des histoires, qui provoquent la réflexion, la curiosité, l’envie, la connaissance. L’un n’empêche pas l’autre. Bien au contraire.

Alors, on va dire que c’est l’info telle qu’elle est relayée dans les médias, mais franchement, Jean-Michel, cette façon, un peu présomptueuse, un poil hautaine, de dire :
«Tatatata ! On arrête avec cette connerie de méthode globale ! » me fait hurler de rire à m’en rouler par terre et faire des galipettes, comme chaque année d’ailleurs (ça se voit, non?).

Merci pour le conseil. Mais a priori, on sait ce qu’on fait en CP et on s’adapte. Parce que nous aussi, on sait lire. Nous aussi, on se tient au courant des recherches. Tu devrais venir voir un peu tout ce qui se fait dans les classes… Tu sais qu’on ne porte plus la blouse, au fait ?

Les « experts », c’est aussi un peu nous. Et avant de parler avec les journalistes, ce serait sympa de parler aussi avec les profs…

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Lors de sa conférence de rentrée, Jean-Michel Blanquer a indiqué qu’il allait mettre en place des « évaluations diagnostiques » nationales en français et mathématiques pour les élèves de CP et de 6e. Ces tests seront réalisés dès la rentrée et en novembre pour les classes de 6ème.

fotolia-evaluation462Des évaluations pour évaluer quoi ?

Elles sont censées être une photo des compétences des élèves à un instant T. et ainsi permettre aux enseignants de davantage individualiser «leurs pratiques pédagogiques», selon le ministère.

Dans ces évaluations, on retrouve les classiques attendus en français et Maths, mais la compréhension semble mise de côté.

L’évaluation en CP

Elle se fera en 2 temps :

  • une évaluation diagnostique passée par tous les élèves dans la première quinzaine de septembre. Elle se compose de 3 cahiers :un cahier de français, un cahier de maths et un cahier de consignes pour l’enseignant.
  • une évaluation de fin d’année  aura lieu dans 200 écoles seulement et permettra d’évaluer l’effet du dédoublement. Elle sera passée sur tablette et portera sur le lire écrire compter et aussi le vécu de l’enfant à l’école. On peut légitimement s’interroger sur son contenu et de l’intérêt de la passation sur tablette.

L’évaluation en 6e

En 6ème, les élèves passeront tous en novembre une évaluation en français et maths sur support numérique. Cela signifie que tous les collèges disposent des moyens nécessaires pour cette passation. Quand on connait l’état et les disparités d’équipement numérique suivant les communes où les départements, cela peut complètement fausser ces évaluations car tous les élèves n’ont pas les mêmes chances d’accès au numérique.

Jean-Michel Blanquer et les évaluations

Ce n’est pas la première fois que Jean-Michel Blanquer souhaite mettre en place des évaluations de ce genre. Celles de 2009 ont laissé d’assez mauvais souvenirs puisque loin d’évaluer les compétences des élèves, ces dernières devaient servir à évaluer…les professeurs.

Reste à savoir ce que vont devenir les résultats de ces évaluations.Le ministère promet de ne pas utiliser ces données. Mais les enseignants devront quand même saisir des feuilles Excel et les envoyer à leur IEN.

De plus, aucun des syndicats n’est pour ces évaluations  car elles sont construites sans aucune concertation avec les enseignants et n’apportent rien ni à l’élève, ni à sa famille. Au contraire,  ces tests risquent d’être anxiogènes pour les familles.

Ce ne sont que les premières évaluations, puisque le programme “éducation” d’Emmanuel Macron  indiquait ceci : « Nous introduirons, au début de chaque année, des bilans personnalisés, de la classe de grande section à la troisième, afin que les enseignants disposent d’une base fiable et utile pour mesurer les progrès de chaque élève, et qu’ils choisissent les meilleurs outils pour un enseignement adapté aux besoins de chacun ».

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Par RSS Bègles

Plusieurs écoles en Seine-Saint-Denis, dans le Rhône, le Var ou encore en Seine-et-Marne ont décidé de faire grève pour protester contre la réduction du nombre d’élèves en CP et CE1 dans les REP. Déjà, ces dédoublements ne concernent plus que les CP dans les REP+ alors que les engagements tenaient sur les CP ET les CE1 en REP+ ET en REP ! De plus, la baisse des effectifs en REP+ a pour conséquence l’augmentation des effectifs hors REP+ ! Ou comment déshabiller Pierre pour habiller Paul !

Plusieurs écoles en Seine-Saint-Denis, dans le Rhône, le Var ou encore en Seine-et-Marne ont décidé de faire grève pour protester contre la réduction du nombre d'élèves en CP et CE1 dans les REP. Déjà, ces dédoublements ne concernent plus que les CP dans les REP+ alors que les engagements tenaient sur les CP ET les CE1 en REP+ ET en REP ! De plus, la baisse des effectifs en REP+ a pour conséquence l'augmentation des effectifs hors REP+ ! Ou comment déshabiller Pierre pour habiller Paul ! En effet, pendant que le ministre nous fait de beaux discours, notamment sur le dédoublement des classes de CP en REP+, il faut trouver des enseignants pour mettre en place ce dispositif alors ses services dépouillent les autres secteurs en fermant des classes à tour de bras pour réquisitionner des enseignants, faisant monter les effectifs jusqu'à 36 élèves par classe dans celles qui restent (http://www.lalsace.fr/haut-rhin/2017/06/07/on-n-est-pas-des-sardines) !

Publié par Rrs Bègles sur mercredi 28 juin 2017


En effet, pendant que le ministre nous fait de beaux discours, notamment sur le dédoublement des classes de CP en REP+, il faut trouver des enseignants pour mettre en place ce dispositif alors ses services dépouillent les autres secteurs en fermant des classes à tour de bras pour réquisitionner des enseignants, faisant monter les effectifs jusqu’à 36 élèves par classe dans celles qui restent (http://www.lalsace.fr/…/2017/06/07/on-n-est-pas-des-sardines) !
Rappelons qu’il y a eu 15.000 départs d’enseignants à la retraite en moyenne par an ces dernières années (chiffre du MEN). Sur le dernier quinquennat il y aurait eu environ 50.000 postes crées (54.000 – les démissions) pour 75.000 départs en retraite (5 ans X 15.000 départs par an), soit la suppression de 25.000 postes (75.000 – 50.000) ! Déjà, sous le quinquennat de M. Sarkozy ce sont 80.000 postes d’enseignants qui avaient été supprimés !
Et d’après son programme, M. Macron prévoit “à l’échelle du quinquennat, de créer entre 4 000 postes et 5 000 postes” pour 75.000 nouveaux départs en retraite soit une suppression de 70.000 postes en 5 ans ! Voilà pourquoi on ferme des classes à tour de bras, que les remplacements ne sont plus assurés et qu’il y a de plus en plus de contractuels non formés ! OUVREZ LES YEUX !! 5 ans d’enfumage médiatique ne vous ont-ils pas encore vacciné ? 

départ retraite

“15.000 départs d’enseignants en retraite par an” : Voir RERS 2016, chapitre 9.19, graphique 4, page 307 : http://cache.media.education.gouv.fr/…/depp_rers_2016_61497…


( Sources : “4.000 à 5.000 postes créés sous le quinquennat Macron” : Voir programme éducation de “En Marche !”, “Objectif 2”, première mesure, 2ème point : https://en-marche.fr/emmanuel-macron/le-programme/education )

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Afin de mettre en oeuvre sa mesure “12 élèves en CP”, Jean-Michel Blanquer vient d’annoncer la création de 2500 postes pour l’éducation prioritaire.

éducation

 

Seulement voilà, il y a eu trop de précipitation dans l’annonce de la mise en place des “12 élèves/ CP”. On manque d’enseignants formés  et aptes à enseigner.

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Toutes les places aux précédents concours, y compris à celui exceptionnel de l’académie de Créteil n’ont été pourvues. Certaines académies sont tellement en manque d’enseignants qu’elles refusent les exeats et les temps partiels.La crise du recrutement est belle et bien là et le dispositif PDMQDC va en faire les frais, dans une moindre mesure selon le ministère.

Cette mesure va dans le sens de la grève des enseignants de Seine-Saint-Denis qui réclament plus de profs  et pas moins  d’élèves. Selon eux,  la réforme «100% de réussite au CP», mesure phare du programme de Macron, dont la mise en oeuvre dans le département dégraderait selon eux les conditions d’apprentissage en plus de défavoriser les autres niveaux, qui faute de personnel ne pourraient plus bénéficier du dispositif PDMQDC.

Sans compter que bizarrement, silence radio sur la revalorisation des primes REP+ (alors que cela aurait pu aider au recrutement), autre mesure phare de la campagne d’Emmanuel Macron….

 

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Le ministère a annoncé ce matin qu’une des mesures phares du programme présidentiel d’Emmanuel Macron, à savoir 12 élèves maximum en classe de CP sera mise en place dès la rentrée 2017. 2200 classes de CP et CE1 d’établissements REP et REP+ en bénéficieront.

PDMQDCAfin de mettre cette mesure en place, le ministère compte utiliser les remplaçants . Il est à craindre que faute de recrutement cette utilisation des remplaçants soit préjudiciable au bon fonctionnement des écoles.

Pour pallier à cela le ministère envisage de redéployer les enseignants affectés au dispositif PDMQDC contre l’avis des enseignants très attachés à ce dispositif et aux syndicats.

A la question du personnel, s’ajoutent les contraintes matérielles. Toutes les écoles n’ont pas forcément la place suffisante pour accueuillir chaque classe de 12 élèves. Dans un premier temps, il se pourrait que le 12 élèves par classe se transforme indirectement en PDMQDC avec 2 enseignants par classe.

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Par G.

“Dans la série anecdotes.
Il y a quelques années, j’arrive en CP, mes propres enfants sont grands.
Premier jour
La dame qui fait l’appel cantine arrive excédée car aucune liste n’est correcte et je suis la dernière des 11 classes
Elle crie très fort : “je suis L… du service cantine, ceux qui mangent lèvent la main !”
Tellement pas calmement qu’aucun gamin ne lève la main.
J’arrive à la rescousse : “bon on se lève tous et ceux qui mangent à la maison, chez mamie, chez nounou,… asseyez vous.
Je note les enfants debout.
Elle s’en va et là, il y a un gamin qui dit : ” ben et moi maîtresse ?”
Alors là c’est moi que ça énerve car il faut crier après L… pour quelle revienne mais avec un sourire je lui dis : “ben fallait rester debout !”
Et le mome écarquille les yeux et me dit : “ben je suis debout !”
Oh la la  !!! Bienvenue au CP !

Arrive l’heure de la récré.
Je l’annonce et on avance dans le couloir. Je passe devant, bien besoin de ma pause.
Je longe le long couloir et au bout, je me retourne : aucun n avait emmené son manteau
Demi tour
Et arrivés dans la cour il y en a un qui me dit
“On le prend quand le goûter ?”
Allez demi tour !

“Allez les enfants, on va coller le papier dans le cahier de madame la directrice !”
On colle.
Ouf ça se passe bien .
Arrive 16 h avec son lot de nouveaux papiers (quand comprendra t on la difficulté que cela pose avec des mômes de 5 ans ?)
On reprend les cahiers. Un tiers était collé fermé avec le papier du matin.
Hou la la, bienvenue en CP !

6 ans plus tard je suis retournée au cycle 3 !

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