J’irai dormir chez une feignasse

Suite à un post nocturne délirant sur notre groupe Facebook est née l’idée d’échanger entre feignasses nos maisons /appartements entre enseignants. Avec l’idée que nos chers animaux domestiques pourraient passer tranquille des vacances chez eux grâce à des nounous volontaires logées.

Les vacances approchant et n’ayant pas eu le temps de mettre en place une vraie page d’annonces entre feignasses, nous vous proposons, comme pour les sorties pédagogiques, une carte interactive. Cette carte n’est pas obligée de se limiter à la France.

Grace à la loupe, vous pouvez rechercher le lieu. Puis à l’aide de marqueur, vous indiquez le nom du lieu, et si possible une petite description dans le champ « description ». Pour finir n’oubliez pas de cliquer sur « enregistrer ».

carte échange

Pétition pour l’ouverture d’un réel débat national sur l’école menant à une réforme ambitieuse

Afin d’interpeller l’Assemblée Nationale, le Sénat et le Ministère de l’Education Nationale sur la nécessité de prendre en compte les vrais besoins du terrain avant de songer à la prochaine réforme, les 800 000 Feignasses ont lancé une pétition accessible ci-dessous.

 pétition

 

Quelle école voulons-nous ?

Alors que nous nous apprêtons à vivre notre troisième changement de rythmes scolaires en 8 ans, nous enseignants, souhaitons que notre parole soit enfin prise en compte et que les décisions ne se prennent pas à l’aune des seules capacités et volontés financières des communes. Nous affirmons que seul devrait primer l’intérêt des élèves et donc les conditions d’enseignement qui y sont étroitement liées. Nous souhaitons que, pour une fois, la question soit envisagée dans sa globalité.

 

Améliorer la qualité d’accueil des élèves

Toute réflexion sur les rythmes scolaires nous semble vaine tant que la qualité de vie au sein de la classe n’est pas améliorée. Les conditions d’accueil actuelles sont source de stress et de mal-être pour les élèves et les enseignants. Comment apporter à chacun le suivi et la bienveillance nécessaires dans des classes surchargées ? Comment accueillir convenablement les élèves présentant de forts troubles d’apprentissage ou du comportement inclus dans ces mêmes classes ? Comment permettre aux élèves d’apprendre sereinement dans un contexte de précarisation galopante des familles avec une montée des violences physiques et verbales ? Les enfants ne laissent pas la violence sociale à la grille de l’école…

Tout ceci participe d’un climat scolaire délétère. Le dévouement et l’implication du personnel enseignant ne suffiront bientôt plus à faire illusion. En témoigne l’augmentation en flèche des démissions au sein de l’Education Nationale…

Repenser les programmes scolaires de manière réaliste :

Depuis 2002, si les intitulés ont été modifiés, si la philosophie d’approche des apprentissages a évolué, les contenus restent quasiment inchangés. Pire, de nombreux ajouts s’y sont greffés. Or, nous sommes passés de 26 à 24 heures hebdomadaires de temps de classe. A l’heure de programmer les apprentissages, nous butons chaque année sur l’impossibilité de résoudre la quadrature du cercle.

Le fait que le temps de récréation n’y soit pas inclus (1h30 à 2h par semaine, soit l’équivalent d’une « petite » matière !), ajouté au temps dédié à la régulation de classe (qui augmente de façon exponentielle avec le nombre d’élèves) font qu’il est quasiment impossible de faire tenir l’ensemble du programme sur une année scolaire, ou alors de manière superficielle, ce qui n’est pas une solution acceptable. Nous nous retrouvons donc à trier ce qui est indispensable de ce qui l’est moins et à devoir avancer à marche forcée en laissant certains élèves sur le bord de la route…

A chaque nouvelle mouture des programmes, nous faisons le même constat : contrairement à ce qui est affirmé, la place des « fondamentaux » reste énorme, et les ajouts de notions sont en constante augmentation. Et si nous changions de paradigme ? « Moins mais bien » permettrait de revenir à l’essence de notre école républicaine ; tendre à la réussite de tous en assurant la possibilité à chacun de maîtriser une base commune avant le passage au niveau supérieur. A l’exception de quelques cas notables, la réussite scolaire des élèves est étroitement liée à leur condition sociale. Les enfants issus des classes sociales élevées sont ainsi quasiment les seuls qui y trouvent leur compte.

Prendre en compte le quotidien des élèves

Chaque enfant est tributaire des horaires de ses parents. Or, ceux qui ont encore la chance d’avoir un emploi sont soumis à de plus en plus de contraintes horaires pour assurer le travail non fait résultant des diverses « coupes budgétaires » et « plans sociaux ». Un trop grand nombre d’enfants passe ainsi davantage d’heures en collectivité qu’à la maison. A cela s’ajoutent les enfants livrés à eux-mêmes ou confiés aux grands-parents le week-end du fait de l’augmentation du travail le samedi et le dimanche… Le nombre d’heures quotidiennes passées face aux écrans, mode de garde le plus répandu, participe également à la détérioration des capacités de communication, de concentration et d’apprentissage des élèves. Comment, dans ces conditions, avoir des élèves disponibles, sereins, reposés ?

Revoir le temps d’enseignement :

Si la semaine de 4 jours est la plus courte des pays de l’OCDE, la durée des vacances en France reste tout à fait dans la moyenne. En revanche, nous sommes parmi les champions pour le nombre d’heures à l’année ! Le modèle Allemand sur 5 jours ne comprend, par exemple, que 5 demi-journées (et non 9 demi-journées comme en France…). Cela équivaut à 2 journées et demi de classe avec nos horaires actuels…

En moyenne, les pays de l’OCDE ont entre 650 et 750 heures d’enseignement annuel, alors qu’en France nous sommes à 918 heures (source OCDE) soit 22 à 41% de temps d’enseignement supplémentaire ! Si nous nous alignions sur nos voisins européens, environ 160 heures annuelles devraient être retirées. Soit entre 4 et 5 heures par semaine… Ainsi, même en faisant travailler nos élèves 18h par semaine nous resterions dans la moyenne européenne… Gageons que la semaine de 5 jours, avec des journées d’enseignement de 3h30 à 4 heures n’aurait probablement pas généré autant de tensions ni de débats quant à la fatigue des enfants…

Construisons le modèle scolaire à la française !

Le débat autour d’une semaine à 4 jours ou 4 jours et demi est donc un faux débat. En réalité, si l’on veut réellement améliorer notre école, nous devons réinterroger sa place dans notre société. Souhaitons-nous une école basée sur les modèles nordiques, au risque de sacrifier l’emploi des femmes comme en Allemagne ? Souhaitons-nous une école de la performance comme en Corée ou au Japon, au risque d’avoir des générations d’enfants sous pression et faisant l’expérience du burn-out dès leur plus jeune âge ? Ou bien souhaitons-nous créer le modèle français ? Celui d’un pays qui porte l’égalité au cœur de sa devise républicaine ?

Nous affirmons que l’avenir du modèle scolaire français passe par un investissement massif pour l’enfance. Il est indispensable que le volume horaire hebdomadaire scolaire diminue et que des activités, organisées dans un cadre national et par des professionnels formés, viennent compléter les apprentissages scolaires le reste de la journée, et ce gratuitement afin de garantir une égalité des chances sur l’ensemble du territoire et sans pénaliser l’emploi des femmes. Il est tout aussi indispensable d’encadrer nationalement l’effectif des classes à un maximum de 20 élèves, toutes zones confondues, avec plus de maîtres que de classes, tout en renforçant les liaisons et les accompagnements avec les travailleurs sociaux afin de ne pas se retrouver isolé dans sa classe face aux difficultés.

Nous demandons, nous enseignants, soutenus par toutes les personnes soucieuses du bien-être et de l’avenir de tous les enfants, l’ouverture d’un réel débat national sur l’école menant à une réforme ambitieuse au profit de l’amélioration de l’apprentissage des enfants et donc des conditions d’enseignement.

Pétition émanant des 800 000 feignasses, sur la base d’un texte de Julien Arhan.

Vive les feignasses !

Par Ma Rion

« Partir en voyage en Irlande en bateau, ça c’est détente!!! Et croiser une prof avec ses eleves de la seconde à la terminal qui est en vacances et part sur ses vacances avec ses eleves? Mega detente!!!!! Et fière (même si c’est pas moi!!) et vive les feignasse!!! »

Pourquoi les profs ont besoin de vacances toutes les 6 semaines

Par Laura G-S

« Avant-veille de vacances:
7H50 arrivée au lycée, discussion sur un projet MPS, et sujet donné à la vie scolaire pour un DS de rattrapage pour les absents
8H10: cours de terminale S: 5 élèves en suivi, pb familiaux , pb psy – TS la semaine d’avant, et une conciliation entre mère et fille très difficile (forte inquiétude du retour)
10H: pause …
discussion tendue avec J qui ne comprend pas son 0 pour un DM non rendu
discussion avec M pour des absences non justifiées
discussion avec E pour sa TS
discussion avec L et M pour un projet tutorat
pause finie 😦
10H15-10H30: essai de TP pour les ECE
10H30-11H15: intendance, gestion des stocks, suite de l’audit sécurité
11H15-12H00: anonymat des copies de bac blanc, répartition …
12H00-12H15: photocopies
12H20: retour chez soi, repas, mari parti bosser à 12H (pas vu) gosses à la cantine
12H50: retour au lycée
13H00: séparation de 3 secondes en train de se bousculer très fortement dans les couloirs puis TP
14H30: pause – retour à l’intendance
14H35: Tp du groupe 2
16H00: pause: discussion sur le projet MPS …
16H10: MPS: suivi des élèves, c’est dense
17H30: entretien avec une élève qui s’est faite virer de l’atelier danse
17H45: entretien avec proviseur sur les projets de fin d’année (APB, tutorat, immersion, …)
19H30: je rentre à la maison!
encore une journée qui m’explique pourquoi les profs ont besoin de vacances toutes les 6 semaines!