16 septembre 1978 , je suis instituteur remplaçant sur liste collège,  en math et physique. Je reçois un appel téléphonique du rectorat,  on me propose un poste à l’année à la prison de Fresnes. Quand tu es remplaçant et que tu entends “à l’année ” tu ne réfléchis pas longtemps,  tu dis oui !
J’ai rendez-vous le lendemain matin devant la porte piétons du grand quartier. J’entre dans le domaine de la prison en voiture après un contrôle de police. En face, l’hôpital pénitentiaire,  à droite,  une allée bordée de tilleuls. Je trouve une place pour me garer et je me dirige vers l’entrée : un grand portail pour filtrer les véhicules,  et une petite porte à droite de celui-ci  pour les piétons. C’est Yves, le prof d’anglais qui m’accueille. Je présente ma carte d’identité,  le surveillant cherche mon nom sur sa liste,  c’est bon, je peux y aller ! Dans le sas, pas de portique,  juste un appareil à rayons X sur le tapis duquel je dépose mon cartable.
La porte du sas s’ouvre sur la cour d’honneur : c’est là que les véhicules de police viennent déposer ou prendre en charge les détenus. C’est là aussi qu’ont lieu les exécutions capitales,  Robert Badinter n’y mettra fin que dans 4 ans ! Quelques marches à escalader, et nous arrivons devant une immense grille. A gauche se trouvent  le bureau du directeur et celui de son adjoint,  à droite des bureaux pour le personnel administratif.
Un surveillant ouvre une porte incluse dans la grille,  le couloir est démesuré: 5 mètres de hauteur,  8 mètres de large,  200 mètres de long. Les murs sont fissurés, peints en jaune crème, le sol est couvert du parquet en chêne d’origine  (1890). Une courte sonnerie retentit,  le surveillant nous fait signe de nous écarter, et pendant un instant, je me retrouve un siècle en arrière : une vingtaine de détenus sortent d’une petite porte à 30 mètres de nous,  attachés deux par deux : chaque binôme est lié par une paire de menottes,  et une paire d’entraves aux pieds , lesquelles sont fixées à une chaîne mesurant une vingtaine de mètres,  dans ce couloir qui résonne  … Pour mon baptême du feu,  ça commence bien !
Nous attaquons la montée  (le couloir est en pente. Il y a 3 divisions,  une grille à franchir à chacune d’elles,  nous allons en troisième division. Le couloir continue sur une trentaine de mètres : au fond se trouvent,  à gauche la  chapelle,  à droite le quartier disciplinaire  (le mitard). Nous pénétrons dans l’aile nord. C’est comme au cinéma : du rez-de-chaussée, on voit jusqu’au troisième étage,  une coursive à gauche,  une coursive à droite à chaque étage,  et l’alignement des portes des cellules. Les cellules du rez-de-chaussée servent de bureaux,  nous avons le nôtre près d’une porte sur laquelle est écrit : centre scolaire. Nous passons cette porte,  un autre couloir, étroit nous conduit à l’air libre: à gauche,  des cours de promenade,  à droite, la bibliothèque, puis  8 salles de classe . Un petit jardin fleuri est entretenu par un détenu entre les salles et le mur du bâtiment de détention. Quelques rats se promènent et s’enfuient à notre arrivée.
Un surveillant a son bureau dans la bibliothèque,  c’est lui qui s’occupe des mouvements des détenus. Les cellules des troisième et quatrième étage sont réservées aux élèves,  et sont individuelles,  un luxe dans cet établissement qui compte 2 800 détenus pour 1 200 places.
Yves m’explique comment sont recrutés les élèves,  comment fonctionne le centre scolaire, et en fin de matinée, nous prenons le chemin de la sortie.
C’est l’heure du retour du sport : les détenus sont alignés au milieu du couloir,  en silence, on ne rigole pas avec la discipline !
Attente à la grille du grand couloir : un détenu est emmené au mitard . Il est accompagné de 3 tortues ninja : c’est le nom que donnent les détenus à ces surveillants casqués et bardés de protections. Tout est bloqué jusqu’à ce qu’ils aient atteint le bout du couloir. Enfin,  nous pouvons y aller.
Yves me demande mes premières impressions : je suis prêt à tenter l’expérience. J’y resterai 33 ans …

Marc Ardhuin

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Directeur d’école d’un établissement ayant perdu le statut d’éducation prioritaire (on se demande bien pourquoi…), demi-déchargé, j’ai arrêté de compter mes heures hebdomadaires en octobre, trop déprimé, aux alentours de 60 H en septembre…
On m’insulte donc en me faisant passer pour une feignasse, je serais en vacances 6 mois par an ?
Outre le fait que je suis allé à l’école les deux premiers jours des vacances pour travailler, qu’il me reste encore les évaluations à corriger, des cours à ranger, des cours à préparer, sans compter les sollicitations administratives incessantes (simplification administrative ?).
Bref, lassé de ce manque criant et injuste de respect envers les enseignants…

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Je fais partie des 800 000 feignasses mais plus pour longtemps… et oui à force d’avoir glander pendant tant d’années, j’arrive à la retraite et je vais pouvoir enfin TRAVAILLER… Comme ça fait du bien de prononcer ce mot !
Je n’aurai plus à dire que je suis prof en me cachant sous une table parce que je vais entendre “Ah les vacances…” et que du coup j’ai une envie irrépressible de filer de grandes tartes dans la gueule à ceux qui ricanent mais qui avec leur RTT, finalement, arrivent à 2 mois de “vacances” mais qui, par contre, gagnent 2 à 3 fois plus que moi… et qui peuvent partir en vacances quand ils veulent en économisant 30 % au moins sur les prix “hors périodes chaudes”.
Je n’entendrai plus non plus de mon propre père “Tu es fatiguée ? Mais de quoi ?” ou d’une copine qui ne travaille pas “Passe, toi, moi je n’ai pas le temps”.
Mais du coup je pourrai dire comme tous les retraités “Ppfiou depuis que je suis à la retraite je n’ai plus le temps de rien faire”.
Mais par contre je continuerai à penser à vous les feignasses, aux 3-4h/semaine que vous passez à corriger les 33 copies des élèves qui vous trouvent parfois nulles, aux 2-3h/semaine que vous mettez à remplir les cahiers de textes en ligne (quand tout marche bien… hein, parce que des fois…) que des parents/élèves ne regardent jamais sauf pour vous dire qu’il n’est pas à jour, aux 10-15h que vous passez à préparer des cours ou des évaluations, et aussi aux réunions en tout genre, aux RV avec des parents plus ou moins bien disposés et j’en passe…
Enfin je vais pouvoir glander sans passer pour une feignasse !!!
Ravie au final de quitter ce métier qui a fait de nos hommes politiques ce qu’ils sont, parce que, soyons réalistes, si nous n’étions pas là, ils ne seraient pas là non plus, hein..
Et là quand même quand je vois ce qu’ils sont devenus : menteurs, tricheurs, fourbes, abrutis, mégalos, mythos et j’en passe, je me dis qu’on a raté qlq chose dans leur éducation…

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Les profs travaillent six mois par an… paraît-il…
Donc donc donc… récapitulons:
Je bosse devant élèves, je bosse le week-end pour préparer ma semaine, je bosse comme cet été jusqu’au 6 juillet avec élèves, et ensuite jusqu’au 25 juillet chez moi car il faut bien préparer sa rentrée, je recommence fin août, vers le 25, pour la paperasse des réunions, je bosse les lundis soir avec les élèves qui ont des difficultés jusqu’à 17h30 et ensuite j’enchaîne avec les rdv parents jusqu’à 18h y compris en semaine car les parents ne sont dispos que tard ce qui induit de rester plus tard aussi et je bosse durant minimum 6 jours lors des vacances dites intermédiaires…

Je dois subir la vindicte des parents et dieu sait si avec la crise ils sont agressifs… Sans compter les réunions et les papiers pour la direction ou l’inspectrice… Je suis la première à dire que le système est mal fait comme pour la rentrée de cette année scolaire où je n’ai eu les élèves que deux heures alors que j’ai passé la semaine à l’école (j’ai bossé bien entendu mais pour la paperasse…).

On croule littéralement sous les documents à lire, les nouveaux programmes pondus on ne sait comment, sous les dossiers et les demandes administratives et de ce fait on est mort avant d’avoir atteint la classe…

J’aime mon métier mais… J’ai un bac plus 5… qu’on ne vienne pas me dire que c’est pour le fric ou les vacances que je fais ce métier car… Même en vacances, on reste prof et on travaille !

J’invite ceux qui pensent qu’on est des glandeurs à passer une journée dans des classes.

On verra votre patience et votre courage !

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Le temps alloué aux réunions ne suffit pas à couvrir le temps réel passé en réunion avec les collègues et surtout avec les parents.

Plus la classe comporte d’élèves en difficulté, plus le temps de réunion augmente (rencontres avec les parents, rdv téléphoniques avec les orthophonistes, psy, anciennes écoles, ergothérapeutes, psychomotriciens, etc…). L’institution pousse le vice jusqu’à nous faire organiser des équipes éducatives sur le temps scolaire : on répartit toute la classe chez les collègues pour une heure au moins, et on discute du cas d’un seul pendant ce temps ! Bien-sûr la réunion dure souvent plus longtemps, et prend sur le temps du déjeuner, mais elle ne figure pas dans le temps total de réunion, sinon il faudrait nous payer des heures supplémentaires, ce qui n’existe pas dans une école classique…

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– PE, c’est un super métier ! De 8h20 à 11h30 (voire 12h15 avec l’APC), puis de 13h20 à 16h30, nous sommes sur le pied de guerre. Pas de pause car je dois surveiller la récréation, ce qui est souvent le cas dans les écoles élémentaires de petite taille ou les écoles maternelles. Je crois que c’est l’un des très rares métiers (avec grutier, astronaute et pilote de chasse) où l’on n’a pas le droit d’aller pisser pendant près de quatre heures d’affilée.

– Tu oublies de rajouter que si tu as de la chance il y a une réunion entre midi et 14h qui te laisse à peine le temps de manger. Dans mon école tous les profs sont tous de surveillance à toutes les récrés…

– C’est vrai…Maintenant je mange pendant les réunions. Si je me contente de déjeuner en 10 minutes de 13h10 à 13h20 tout en faisant les photocopies, je risque de manquer de bienveillance avec les gamins après.

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Faut quand même que je la raconte celle là ! J’ai entendu, il y a quelques années, un papa qui grondait sa fille lui dire :
“Faut travailler à l’école, sinon, quand tu seras grande, tu ne pourras pas avoir un métier de princesse comme la maîtresse.  Tu devras travailler dur !”
Feignasse ou Princesse Glandouille ?  Qui dit mieux ?

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En tant que prof du secondaire et grosse feignasse de prof de musique, j’admire énormément les PE qui font plus d’heures que nous, qui corrigent tous les jours et doivent travailler avec la même classe pendant 1 an !! Cass’dédi à vous les collègues !!!

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