Par Anonyme

Suite aux résultats du 1e tour de l’élection présidentielle, nous avions reçu cet message :

“J’ai une question à vous poser. Pas de polémique ou de politique à la con svp. Je veux des idées, des conseils, des témoignages peut être….

Au moment de l’élection de Donald Trump, une élève qui n’est pas française black et musulmane est venue me demander: “Madame, si Trump est élu ,c’est vrai que je vais devoir partir?”. Comment dire, elle m’a brisée le cœur la choupette.
Si elle me redemande ça en fonction des résultats du premier tour, je lui réponds quoi?Merci pour vos lumières.”

Nos membres ont bien essayé de répondre à cette question épineuse…Mais la plus belle réponse pleine d’humanité vient dans le post  ci-dessous :

“Bonsoir
Pour ceux qui se souviennent de mon précédent post, ma petite élève est bien venue me voir en pleurs lundi à la récré paniquée en me disant: “Madame est ce que je vais devoir quitter la France dans 15 jours”.
Je m’étais préparée à lui répondre mais coup de chance le principal était derrière moi et m’a demandé de traduire ce qu’elle me disait. j’ai donc traduit et il nous a demandé de le suivre dans son bureau.
Ma petite élève était décomposée et moi j’avoue mon coeur battait très vite.
Une fois dans le bureau, le principal a montré à mon élève une lettre écrite de sa main et de l’équipe de direction qui disait qu’ils ne la laisseraient pas tomber. Que tous les adultes étaient là pour elle et que si ils voulaient venir la gicler ils nous trouveraient en face avec des avocats en face si besoin.

J’ai tout traduit à ma petite élève qui a fondu en larmes dans mes bras, sacrée choupette. Puis elle est repartie avec des ampoules pour remplacer ses yeux…. Quel plaisir, le principal et moi en avions à notre tour les larmes aux yeux.

Je ne sais pas ce que l’avenir dira, mais se fermer à tout le monde et le repli sur soi n’est jamais une solution.

P.S: pas de politique svp, je raconte juste une histoire dans un contexte”

Bravo à ce monsieur pour sa réponse pleine de d’humanité.

0

Par P.

“Billet d’humeur pour illustrer l’inhumanité de nos responsables des ressources humaines. Une histoire parmi tant d’autres hélas.

Je suis Professeure des écoles, Brigade, c’est à dire affectée à des remplacements longs. Actuellement je remplace une jeune maman. Cette jeune femme a été affectée à ce poste à la rentrée de septembre à titre provisoire (elle doit avoir 1 ou 2 ans d’ancienneté donc pas assez de points pour avoir un poste fixe au mouvement). Poste qui se situe à 60 km de son domicile.

Les services de l’EN étaient au courant de son état de femme enceinte en septembre. Première aberration. Classe pas facile + temps de transport + fatigue, ma collègue s’est arrêtée plusieurs fois, puis définitivement, puis en congé maternité. La classe a donc eu droit à divers remplaçants, jusqu’à moi qui ai pris en charge la classe depuis janvier. L’école est dans ma commune de résidence. Pour moi tout va bien. Mais ma jeune collègue, qui doit reprendre après les vacances de printemps , a essayé de demander à être affectée sur un autre poste ou à faire ZIL pour ne pas s’éloigner trop de son domicile. Que nenni ! Elle devra revenir à son poste.

J’ai eu 3 enfants et je m’imagine l’angoisse de cette jeune maman, qui doit trouver une solution de garde pour laquelle une bonne partie de son salaire va y passer, qui va parcourir tous les jours 120 km et des heures en transport (en région parisienne).

Alors qu’avec un peu de volonté et d’humanité une autre solution aurait certainement pu être trouvée. Ce n’est pas à moi que je pense, c’est à ma collègue et aussi aux élèves. Car qu’est-ce qu’il va se passer ? A nouveau la valse des ZILs ?

Tout le monde y perd dans l’histoire. Les services de remplacements vont s’arracher les cheveux avec des absences à répétition, les élèves seront ballottés et désorientés, ma collègue sera stressée et épuisée, les parents seront en colère et inquiets. En me laissant sur le poste jusqu’à la fin de l’année tout cela aurait pu être évité. Était-ce si difficile à décider ? Et c’est cette institution qui n’a plus que le mot « bienveillance » à la bouche ? écœurant.”

0

Par Laura G-S

“Avant-veille de vacances:
7H50 arrivée au lycée, discussion sur un projet MPS, et sujet donné à la vie scolaire pour un DS de rattrapage pour les absents
8H10: cours de terminale S: 5 élèves en suivi, pb familiaux , pb psy – TS la semaine d’avant, et une conciliation entre mère et fille très difficile (forte inquiétude du retour)
10H: pause …
discussion tendue avec J qui ne comprend pas son 0 pour un DM non rendu
discussion avec M pour des absences non justifiées
discussion avec E pour sa TS
discussion avec L et M pour un projet tutorat
pause finie 🙁
10H15-10H30: essai de TP pour les ECE
10H30-11H15: intendance, gestion des stocks, suite de l’audit sécurité
11H15-12H00: anonymat des copies de bac blanc, répartition …
12H00-12H15: photocopies
12H20: retour chez soi, repas, mari parti bosser à 12H (pas vu) gosses à la cantine
12H50: retour au lycée
13H00: séparation de 3 secondes en train de se bousculer très fortement dans les couloirs puis TP
14H30: pause – retour à l’intendance
14H35: Tp du groupe 2
16H00: pause: discussion sur le projet MPS …
16H10: MPS: suivi des élèves, c’est dense
17H30: entretien avec une élève qui s’est faite virer de l’atelier danse
17H45: entretien avec proviseur sur les projets de fin d’année (APB, tutorat, immersion, …)
19H30: je rentre à la maison!
encore une journée qui m’explique pourquoi les profs ont besoin de vacances toutes les 6 semaines!

0

Par Nicolas  Rayez.

“Comment est-ce possible que l’on puisse sacrifier aujourd’hui notre jeunesse.

Je ne comprends pas pourquoi les élèves se retrouvent à 36 par classe au lycée alors qu’il n’y a qu’une personne en face pour les aider.

Je ne comprends pas pourquoi on supprime des conseillers d’orientation alors que nos jeunes sont de plus en plus perdus.

Je ne comprends pas pourquoi on veut faire des classes avec tous les niveaux alors qu’en faisant cela on empêche chaque élève d’évoluer à son rythme !

Je ne comprends pas pourquoi les mathématiques sont encore considérées comme une matière supérieure à l’EPS par beaucoup de monde alors qu’il faut aussi comprendre notre corps.

Je ne comprends pas pourquoi la filière scientifique se sent si intelligente face à la filière professionnelle.

Je ne comprends pas pourquoi l’école est parfois si loin de la réalité alors qu’il faudrait les aider à la comprendre.

Je ne comprends pas pourquoi l’élève n’est qu’un numéro, qu’une note aux yeux du système ou bien de ses parents alors que nous même ne l’avons pas forcément toujours bien vécu.

Je ne comprends pas pourquoi nos jeunes sont assis aussi longtemps sur une chaise par jour alors qu’on ne pourrait plus le faire.

Je ne comprends pas pourquoi la place des loisirs ou de la vie de famille passe après les nombreux devoirs journaliers alors que dans la journée ils sont déjà à l’école.

Je ne comprends pas pourquoi l’école se forme essentiellement au numérique alors que de nombreuses personnes ne savent pas encore lire ou compter correctement.

Je ne comprends pas pourquoi un enseignant est souvent livré, abandonné devant une classe alors qu’il débute.

Je ne comprends pas pourquoi certains parents veulent faire de leurs enfants des machines alors qu’ils ont d’abord besoin de s’épanouir.

Je ne comprends pas pourquoi l’école est parfois devenue si inintéressante alors qu’il y a un tas de choses à apprendre. Je ne comprends pas pourquoi un élève sait appliquer le théorème de Pythagore alors qu’il a du mal à faire une réduction de 20 %.

Je ne comprends pas pourquoi certains se révoltent contre l’enseignement alors qu’il faudrait l’aider. Je ne comprends pas pourquoi nos politiciens abordent uniquement le nombre de profs ou les zones prioritaires alors qu’il y a un tas d’autres questions à répondre.

Je ne comprends pas pourquoi le ministre de l’éducation n’a jamais été prof alors qu’il doit les diriger.

Je ne comprends pas pourquoi l’école doit dire amen à tout alors qu’elle doit soit disant les former.

Je ne comprends pas pourquoi certains élèves ne pourraient pas partager leurs compétences musicales ou autres…

Je ne comprends pas pourquoi l’élève n’aime pas l’école alors qu’il y passe ses journées.

Je ne comprends pas pourquoi autant de profs démissionnent ou font un burn-out alors qu’il faudrait se battre.

En fait … Si je comprends. Je comprends pourquoi …
Je comprends que le jour où l’élève sera considéré comme unique et non plus 1/36ème on aura la capacité de le faire évoluer.

Je comprends que le jour où tout le monde travaillera pour faire évoluer l’enseignement on progressera.

Je comprends que le jour où l’enseignant ne sera pas pointé du doigt pour une broutille mais soutenu pour son travail, le système éducatif évoluera.

Je comprends que notre école va mal et qu’elle doit évoluer alors que nous avons tous les acteurs pour réussir.

Je comprends que le métier d’enseignants fasse aussi peur aujourd’hui …

Mais je comprends que des centaines de milliers d’enseignants font un travail super chaque jour et qu’il ne faut surtout rien lâcher !

Et je comprends également que nos jeunes sont les principaux acteurs de demain et qu’il faut les aider à avancer.”

0

Par anonyme

“Fatiguée!!!
Dans ma classe de GS, j’ai un petit trisomique, tout se passait bien, il fait quelques progrès (niveau PS), jusqu’à ce que son AVS soit en arrêt depuis 2 mois! pas de remplacement d’AVS de prévu!!
Alors, comment fait-on ?! il faut lui changer ses couches plusieurs fois par jours, il met tout à la bouche, il se sauve, et a besoin de quelqu’un qui reste près de lui en permanence!
L’Atsem s’en occupe par moments au détriment de la 2ème classe dont elle s’occupe et de mes ateliers! La directrice le prend 1h l’après-midi au détriment du décloisonnement pour les 2 classes de maternelle ! Et je m’en occupe seule le reste du temps (je ne suis dans cette classe que 2 jours par semaine, ouf!)
Proposition de l’inspection:

  • une AVS prêtée par une autre école 3 matinées dans la semaine: bien. Sauf que cette AVS a fait plein de courriers pour se plaindre de cette situation (ne trouve pas ça normal de changer les couches, de lui courir après, de le porter quand il s’allonge par terre,…) , ils l’ont donc retirée de la classe.
  • Autre solution: une AVS est libre dans la circo, donc elle va venir dans ma classe.
    Et comme j’ai un élève relevant d’IME avec une notification en attente d’AVS, elle s’occupera des 2 en même temps… Bon, vu les 2 cas lourds, ça va être très difficile…mais soit..  

Par contre, cette AVS ne comprend pas trop les consignes, et n’a pas l’habitude de s’occuper des enfants, ça ne se passe pas souvent bien, il faudra rester souvent avec elle, l’accompagner au maximum. ha?!! blague?! non!
Tout ça, dans une classe très difficile, qui concentre les élèves avec des problèmes de comportement,sans parler des élèves en grandes difficultés! “ 

0

Par Jean-Paul M.

“PROF ET PARENT EN COLERE : je vois dans mon collège et dans celui de mon fils les mêmes aberrations pour le DNB blanc !

Lorsqu’un élève a une AVS désignée comme scripteur-lecteur, l’AVS est bien avec lui dans la salle d’examen, mais elle est utilisée pour la surveillance de la salle des tiers-temps ! Donc, impossible de lire pour l’élève et surtout d’écrire pour lui !

J’ai un élève qui s’est planté au DNB blanc dans mon collège, et cela n’a gêné personne ! Et aujourd’hui, c’est au tour de mon fils ! Même situation dans son collège ! Ils ne veulent pas qu’un prof de plus rate ses cours, pour ajouter un surveillant de plus, et ils profitent de la présence de l’AVS qui n’ose pas refuser.

Ma femme va avec lui ce matin à 8h, et envoi d’un mail hier (on n’était évidemment pas informés de ces modalités douteuses, mon fils a posé la question hier) : hors de question qu’il participe à un simulacre de DNB blanc s’il n’est pas seul dans une salle avec son lecteur scripteur, que l’établissement mette ou non un surveillant en plus.

Et que dire des nouvelles épreuves ? On a rajouté des matières, bien, mais le DNB toujours sur 2 jours ! Donc, qui trinque ? Les tiers-temps ! Ils commencent avant les autres, et à 10h, pas de pause pour eux (les autres ont une pause). Ensuite, ils finissent après les autres et n’ont que 30 min de pause pour manger, les autres ayant plus !

Juste un rappel : ce sont les tiers-temps qui sont les plus fatigables ! Ils veulent augmenter le nombre de matières, qu’ils mettent le DNB sur 3 jours ! Mais non voyons, cela coûterait trop cher !

0

Par anonyme

“À mon tour de raconter: je prends ma classe pour aller en cours (les 5emes chez nous attendent dans la cour) et en montant je me baisse pour rattraper quelque chose.

Je reçois un violent coup à la tête . Je me relève un peu sonnée, l’élève coupable est rouge écarlate et clame qu’il s’est trompé qu’il a réagi instinctivement car quelqu’un a touché son sac, il a donc balancé sa jambe derrière.
À moitié sonnée, je prends son carnet (il me le donne avec peine) et je monte faire mon cours.
Je suis vraiment sonnée, à tel point que je fais appel à  garder  à un surveillant pour garder mes élèves et je me traîne à l’infirmerie en vomissant au passage.

J’apprends 2h plus tard que je suis convoqué demain dans le bureau du principal. La raison est que j’aurai traumatisé le gosse en demandant son carnet, qu’il aurait appelé ses parents en pleurs. Et bla-bla-bla……

Vous en pensez quoi ?”

0

par M.

Allez, après C., c’est à mon tour de vous raconter mes déboires avec une maman d’élève particulièrement virulente.
Depuis le début de l’année, j’ai eu droit à 6 visites toutes plus sympathiques les unes que les autres :
“Les AUTRES n’arrêtent pas de chahuter mon fiston et de lui voler son bonnet” .
“Il s’ennuie, je veux qu’il passe au CE1″ .
” Il regrette de vous avoir demandé de retourner au CP, il veut rester au CE1″ .
“Les AUTRES l’ont embêté mardi et je voudrais des explications” .
…..
Je vous la fais courte. Aujourd’hui, mot dans le carnet de liaison du petit bonhomme : demande d’entrevue avec la directrice, un délégué de parent d’élève, elle-même et Bibi !
J’ai répondu positivement et cordialement à chacune de ses attentes. Le problème, c’est qu’elle vient avec ses questions et les réponses qui vont avec.
Aucune écoute, aucune confiance !
J’en ai donc marre également de ce magnifique boulot pollué par les réclamations incessantes et injustes de certains parents d’élèves.
Je vais bientôt assister à mon procès….et certainement à ma mise à mort !
Adieu chers collègues !

0

(Texte trouvé sur le site Mediapart et datant de 2014).
Un collègue au bord de la rupture à un an de son départ à la retraite. 
“Monsieur l’Inspecteur, vous me prévenez par courriel d’une inspection imminente. Je sais que vous êtes en droit de venir vérifier si j’exerce convenablement ma fonction et c’est bien là ce qui me gêne en l’étrange situation où je me trouve. Je ne puis accepter d’être jugé sur un travail que je ne fais pas comme il se devrait et je me vois contraint de vous refuser ma collaboration. Je complète mon mail sibyllin par une missive plus explicite sur les raisons de mon refus actuel.
Je ne fais pas classe ;je gère au jour le jour un groupe totalement déstructuré, perturbé par des années de dérives disciplinaires et fracassé par l’intrusion de la justice dans son environnement. Chaque jour naissent des conflits, des histoires, des crises qui submergent les esprits et éloignent ces jeunes des préoccupations scolaires.
Je n’enseigne pas : je joue un rôle d’éducateur qui cherche à calmer le jeu, qui donne à comprendre la loi et la règle, qui modère les propos, qui adoucit les querelles. Je régule, je pondère, je calme et je ne fais pas cours comme il est prévu que je devrais le faire . C’est ainsi, et j’avoue que ce programme m’épuise et m’use au-delà de ce qui est supportable.
Avec eux , j’ai depuis longtemps renoncé à coucher sur le papier une de ces préparations modèles que vous préconisez. Je viens avec quelques idées en tête, des supports en réserve et je juge de leur état. Parfois, il est possible de s’écouter et d’échanger dans le calme. Nous avançons sur des sujets qui sont plus des activités que des cours. Il faut survivre au jour le jour, et ce n’est pas, je le suppose , ce que vous venez constater …
D’autres fois, c’est l’effervescence, le désordre le plus total. Les élèves ne s’écoutent plus ; ils sont plongés dans leurs difficultés psychologiques et la classe est en ébullition. Je sais que vous êtes venu inspecter une collègue: durant une heure, ils vous ont montré un visage apaisé car ce ne sont pas des monstres ; ils savent se montrer dignes et respectueux quand les circonstances l’imposent de manière parfaitement artificielle.
Je ne souhaite pas me prêter à ce jeu : il ne correspond pas à la réalité du quotidien. À quoi sert de vous leurrer en vous donnant à juger une réalité qui n’est pas la nôtre ? J’ai passé l’âge, à un an de déposer mon tablier, de vous faire des grimaces. Sanctionnez-moi mais ne me jugez pas sur un mensonge.
Je ne vais pas inventer de jolis documents alors que mes chers élèves ne rangent rien, égarent les feuilles ou les détruisent au sortir de la séquence. Je ne vais pas vous parler de progressions quand il faudrait, hélas, évoquer plutôt le récit de quelques escalades périlleuses si ardues à gravir au quotidien.
Ce n’est pas le métier d’enseignant que j’exerce cette année mais tout autre chose, et je pense le faire de mon mieux en ayant même réussi quelques belles activités. Hélas, chaque jour, il faut remettre en cause ce qui a été obtenu la veille ; il faut maintenir un équilibre qui peut se rompre à tout moment. Je n’ai pas besoin que vous veniez me faire le reproche d’être bien loin des obligations de ma charge. C’est ainsi ; je me contente de travailler sur le groupe en demandant aux enfants de réfléchir à ce qu’ils sont, à ce qu’ils font et aux moyens d’envisager des lendemains plus sereins.
Monsieur l’Inspecteur, je ne suis pas en état de vous recevoir pour vous présenter un pauvre simulacre d’enseignement modèle. Vous allez juger ma démarche cavalière et irrévérencieuse, je vous l’accorde. Elle s’inscrit cependant dans un souci de clarté et d’honnêteté. Je vis une année comme jamais je n’en ai vécu et j’estime que le moment n’est absolument pas propice à vous rendre compte d’un travail que je ne parviens pas toujours à faire selon les canons de votre administration et de ma fonction.
Autant être clair et conséquent. J’estime avec ce groupe, avoir atteint mes limites et j’en ai pleinement tiré les conséquences. Je viens de demander ma mutation car il est hors de question de poursuivre avec eux une aventure qui me laisse sans ressources et sans motivation . Aller à leur rencontre est un effort qui demande trop d’énergie en regard des résultats obtenus. J’ai échoué et le reconnais bien volontiers.
Je vous serais reconnaissant de ne pas venir ajouter à la honte et au désespoir que je vis chaque jour, vos remarques inévitables : elles ne seraient que vinaigre sur une plaie. Je n’en ai nul besoin pour connaître la triste réalité du moment. Je vous prie donc de surseoir à cette inspection afin de ne pas me contraindre à la falsification et au faux-semblant. Vous pouvez tout aussi bien me sanctionner en me déplaçant immédiatement de cet endroit charmant ; ce ne serait certes pas très sympathique pour le collègue qui prendrait la place. Mais je m’en remets à votre décision et ne vous fermerai jamais la porte car elle demeure ouverte à tous.
Acceptez mes salutations
Administrativement vôtre.”

0