Catégorie : Témoignages

Depuis la rentrée, depuis que j’ai pris mon nouveau poste, le lundi c’est jour de bureau. Jour de direction, enfin, jour de tâches administratives, parce que directrice je suis tout au long de la semaine, que je sois en classe ou pas…
Depuis la rentrée, le lundi, je tâche de m’avancer dans les piles de papiers demandés, dans les brassées d’injonctions, dans la recherche de signification de certaines demandes, dans la traduction d’acronymes abscons et obscurs. Ce qui, je l’espère toujours, me permettra ensuite de me consacrer à ma classe très “prenante”.
Et parmi les “urgences” je devais rendre pour le 29 septembre un double document (je veux dire à deux volets), de plusieurs pages, avec des annexes rédigées en langage administratif de base (le genre de langage qui fait douter de mon degré de maîtrise de ma langue maternelle).
Un document pour lequel j’ai “bénéficié” d’une journée de stage. Qui m’a grillé ma journée de direction. Je devrai donc y consacrer du temps… Autre.
Donc hier, lundi 9 octobre, 10 jours après la date butoir pour rendre le dit document, j’étais en stage. En stage PPMS.

PPMS?
Allez trouvez moi quelques manières rigolotes de traduire cela!
Voui… J’étais en stage avec une douzaine d’autres directeur.trice.s de “grosses” écoles (“il faut bien commencer par quelque part, nous faisons avec les moyens qu’on nous donne, au détriment, malheureusement, d’autres priorités plus pédagogiques”), bien à l’abri derrière des grilles à gâchette électrique, derrière un sas et une porte sans poignée extérieure, dans une salle de réunion avec des barreaux…
Pour parler de sécurité.
Dans nos écoles ouvertes, au milieu de la cité. Qui doivent l’être vers l’extérieur, ouvertes aux parents.
Pour parler responsabilité.
La nôtre.
Directeur.trice.s d’école.
Celle que l’État nous délègue.
Oui, ce “debriefing”, qui nous a laissé sur notre “faim”, nous a au moins permis de constater que nous partageons ce sentiment que la barque “direction” est toujours plus chargée. Toujours plus lourde. Et de plus en plus laissée à notre responsabilité. Au milieu d’une mer de mails, de documents obligatoires (à créer soi même), de stats, de LSU dans une ENT (à vous! Soyez créatifs!) à explorer tout seuls (mais si c’est facile! C’est fait pour vous faciliter le travail (et surtout pour faire des stats, c’est bon pour ce que vous avez, les stats))…
Voilà, voilà…
Je ne suis même pas en colère, j’ai apprécié de manger en terrasse avec des collègues, je me sens moins seule. J’ai apprécié ce pas de coté même si je ne pense qu’il ait été réellement formateur.
J’ai bien compris, et je pense que c’était uniquement le but de cette “formation”, que je devais communiquer aux parents et aux usagers la bonne parole: nous avons tout prévu, nous avons été formés à toute éventualité.
“L’État” prend ses responsabilités.

par Anne

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Par Anna

A voir passer les sujets sur les arrêts maladie, je me décide à livrer mon témoignage. Vous savez, vous les feignasses, alors vous comprendrez…
J’ai commencé le métier dans la peur de mal faire, c’était tellement compliqué de tout gérer pour moi, la perfectionniste. Chaque année c’était l’angoisse, une école loin de chez moi, des élèves difficiles mais j’y allais, sans jamais être arrêtée.
Et puis une année, enfin un super poste: peu de route, un niveau que j’aime, des élèves sympas, j’étais ravie ! Malheureusement cette année là, c’est la collègue que je complétais à mi-temps qui a décidé de pourrir mon année. Une personne jalouse et immature.

En janvier, on me trouvait une tumeur de 12 cm sur 7.5, lymphome ( cancer des ganglions ), 8 cures de chimio lourde. J’avais 30 ans et 2 enfants de 2 et 4 ans.

Aucun mot de soutien de l’inspection quand j’ai bêtement précisé ma maladie pour signifier que mon arrêt allait être long.
Je sais que cette maladie est, en autre, dûe au boulot, j’ai vu la mort tout près et je vous assure que le boulot, ce n’est pas la vie.
Prenez soin de vous les feignasses et écouter votre corps quand il essaie de vous faire passer un message…

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A l’approche de la rentrée, de nombreux nouveaux collègues sont confrontés à un problème pratico-pratique : Se loger.

Les affectations souvent tardives ne permettent de prévoir à l’avance le point de chute du stagiaire/néo-titulaire/TZR/Remplaçant/contractuel (Rayer la mention inutile  ).

A cela s’ajoute les difficultés administratives et financières. Le stagiaire n’a bien sûr pas encore de bulletin de salaire, doit payer de sa poche son déménagement et trouver un logement rentrant dans son budget. Et le salaire d’un stagiaire en région parisien lui permet à  peine d’envisager de louer un logemet de la taille d’une boîte à chaussures. Voici donc un témoignage intéressant.

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Quand les jeunes profs galèrent à trouver un logement, à quelques jours de la rentrée

 

Et vous trouverez un peu d’aide et de réconfort ici 

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Par Bénédicte Bousquet

Coup de fil de l’IA cet après-midi sur le portable perso de notre EVS (secrétaire de direction en école primaire) , pour lui dire “demain restez chez vous, contrat terminé, merci”
Non mais OOOOOOOH ??????? Elle vient d’avoir 60 ans y a 10 jours, l’IA lui avait fait signer son contrat prolongé début juillet et hop, terminé, tu dégages! Alors que normalement, vu son âge elle avait l’assurance d’être prolongée jusqu’à l’âge de la retraite……..mais Emmanuel en a décidé autrement…….Je n’ai jamais vu un truc aussi violent! On te dit “demain t’es au chômage”……mais ça va pas bien non?
Si un patron faisait ça à un employé, il finirait aux prud’hommes direct! Là ça ne choque personne????? On les vire tous sans préavis ?????
Je suis sincèrement écoeurée……..et surtout impuissante……

 

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par Geneviève Bobillon

“Ahhh la dernière journée d’école.. .

Les livrets d’évaluation sont rendus, les pires élèves sont partis en vacances anticipées, ceux qui sont là profitent, savourent, sont pris de nostalgie…
Les Cm2 ont les yeux humides de ceux qui quittent pour toujours le monde protégé de l’enfance…
Ils passent de classe en classe faire leurs adieux aux maîtresses qui les ont accompagnés une année dans leur parcours, ils font des promesses : “On reviendra vous voir quand on finira plus tôt”
Ce dernier jour, ce n’est que de l’amour!
Les enfants investissent le tableau blanc pour écrire les plus belles déclarations à leur maîtresse adorée, “la meilleure du monde”, celle qui leur “a tant appris”; la maîtresse savoure ces mots en occultant les fautes d’orthographe qui lui feraient douter de l’efficacité de sa pédagogie… 

genevieve
Le compte à rebours est lancé : plus que quelques minutes avant les grandes vacances! Les larmes coulent, les filles pleurent à gros sanglots, les garçons se laissent prendre par l’émotion sans plus chercher à jouer les durs. La maîtresse ouvre ses bras pour un gros câlin collectif.
Ses élèves, à ce moment, elle les aime plus que tout. Elle les a guidés, vu évoluer, elle a été sévère, bienveillante, elle les a encouragés, félicités, elle a pris en compte les spécificités de chacun, a cherché comment les rendre heureux de venir chaque jour à l’école, comment leur faire croire en eux, comment leur donner envie de donner le meilleur d’eux même.
Ce sont SES élèves et pourtant ils partent…
Ce dernier jour, ce n’est que de l’amour…😊😊😊😊😊😊”

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par anonyme

“Après 10 années de loyaux services dans l’éducation nationale et dans le 93, et en attente de mutation me voici au pied d’un mur de questions qui me font cogiter jours et nuits…
Et ce genre de témoignage où je me reconnais totalement me perturbe encore plus car ce système, la façon dont nous sommes traités par les inspecteurs, par certains conseillers pédagogiques, par certains ou certaines directrices, par certains collègues, par certains parents… Ces heures de réunions qui ne mènent nulle part (108h au total) que nous devons faire en plus de nos heures de classe…

Tout ceci finit par effacer la priorité de ce métier qui est d’instruire, d’enseigner avec méthode et pédagogie à des enfants en instaurant un climat de respect et de confiance dans la classe (c’est ça qui me passionnait, qui me transcendait, qui me faisait lever le matin avec envie et energie).

Mais aujourd’hui, je n’arrive plus à me lever le matin sans avoir une boule au ventre…”

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Par Soso Dany

“Ce soir, je prends ma voiture pour rentrer après une longue, très longue journée d’oraux. Comme je suis une prof sérieuse, hein, j’écoute France info dans la voiture (et puis ça fait bien devant les élèves…). Ça bouchonne un peu alors je peux écouter les infos tranquillou. Grosse envie de m’énerver! Il va falloir faire des économies. Alors la cour des comptes se creuse la tête. Oh mais oui mais bien sûr ! Les fonctionnaires! Et si on gelait leur point d’indice?
Autre info notable : plus de 100 000 futurs bacheliers sont sans affectation pour la rentrée. Y a pas de place… Oui mais pourquoi? Parce qu’on a fait des économies sur leur dos.
Y a un moment, Versailles et compagnie, c’est vraiment nécessaire? Parce que dans mon village, y a une salle des fêtes et c’est pas cher. Promis, les élus du peuple, je vous ferai une piémontaise!”

enervé

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par Auré Lie

“Maîtresse en CM1/CM2, hier soir avait lieu la représentation théâtrale partie de quelques idées en début d’année… Un metteur en scène, une artiste plasticienne, 24 élèves hyper motivés, des heures de travail et quelques mois plus tard : un résultat merveilleux ! Des enfants heureux, émus aux larmes sous les applaudissements du public, qui crient : “Maîtresse ! Maîtresse ! ” et moi qui pleure aussi évidemment 😊
C’est aussi ça le bonheur de notre métier !!
Bonne fin d’année scolaire à vous tous les feignasses 😘”

happy_joie_mot

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par Soso Dany

“Expérience…
Question orientation, y en a pleins qui se posent des questions… et ils ont raison. C’est difficile de faire un choix à 15 ans et surtout de leur faire confiance dans leur choix à ces morveux de 15 ans…
En troisième, mon fiston m’annonce qu’il ne se plaît pas en voie générale. Quoi?! me dis-je, désespérée d’avoir enfanté un être malformé intellectuellement. Jetez-moi la pierre pour cette pensée si vous le souhaitez mais écoutez avant cette tranche de vie-réalité.
Mon fiston partit en bac pro menuiserie. Par fierté et désir de lui montrer que cohérente je suis dans mes propos question orientation, j’acquiesçai sans trop y croire à son projet. En effet, mention bien au brevet, et un bulletin scolaire qui me satisfaisait, je ne donnais pas cher à son souhait qui me paraissait fortement désuet. “Tu devrais t’assurer un avenir avec la voie générale! ” Tel était mon désir mais pas le sien. Après tout chacun a le droit de se tromper, aussi le laissai-je partir en lycée pro non sans m’être assurée auparavant un passage en seconde G.
Qui s’est fourvoyé d’après vous?
D’un bulletin moyen au collège (donc voie générale), il est passé à des bulletins excellents (dans la voie qu’il a choisie). Après? Le bac? On ne se pose aucune question hormis quelle va être sa mention… Parce qu’en bac pro, les mentions sont aussi difficiles à obtenir. En attendant, demain, il entre dans une grande école à Paris. Et cela fait trois ans que je me réjouis de l’avoir écouté, ce petit morveux qui refusait la voie G.
J’ai fait ce témoignage de mon passé réel vécu d’aujourd’hui après trois ans d’incertitudes et de doutes sans vous raconter les pressions de mes collègues ni celles de ma direction concernant le choix de mon fiston (il faut remplir les classes pour sauver le lycée). Je suis passée pour une inconsciente qui gâche la vie de ses gosses… Aujourd’hui, PP de seconde, je vois le mépris pour la voie pro et je plains tous ces gosses qui suivent un mouvement qui n’est pas le leur.”

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par P.

“Bonsoir,

Cette année plusieurs dizaines de stagiaires ont été mis en responsabilité sur la même classe dans le 93.
Comme il n’y a pas encore eu de “Conseil de formation” cette année en Seine-Saint-Denis, aucun bilan de ce type d’organisation n’a été fait par l’institution.

C’est grâce à une « question diverse » posée au DASEN en CAPD par le SNUipp-FSU 93 que nous avons appris sa volonté de généraliser les binômes de stagiaires en responsabilité d’une même classe dès la prochaine rentrée. (source SNUipp)

Jusqu’à présent, les stagiaires étaient complétés par des TRS, enseignants titulaires qui pouvaient donc se retrouver sur deux classes. A noter qu’avant ça, les EFS étaient à temps plein et les TRS complétaient les décharges de directeur ou les temps partiels (rares puisque systématiquement refusés).

Du coup, moi, TRS n’ayant rien obtenu au mouvement, je me pose la question existentielle suivante : qu’est-ce qu’on va faire de moi l’année prochaine si les EFS n’ont plus besoin de mes services vu qu’il est évident qu’il n’y aura pas assez de décharges ?

Quelqu’un en sait-il plus ? ( Réponse en commentaire possible).

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