Catégorie : Témoignages

Comment est-ce possible que l’on puisse sacrifier aujourd’hui notre jeunesse. Je ne comprends pas pourquoi les élèves se retrouvent à 36 par classe au lycée alors qu’il n’y a qu’une personne en face pour les aider. Je ne comprends pas pourquoi on supprime des conseillers d’orientation alors que nos jeunes sont de plus en plus perdus. Je ne comprends pas pourquoi on veut faire des classes avec tous les niveaux alors qu’en faisant cela on empêche chaque élève d’évoluer à son rythme ! Je ne comprends pas pourquoi les mathématiques sont encore considérées comme une matière supérieure à l’EPS par beaucoup de monde alors qu’il faut aussi comprendre notre corps. Je ne comprends pas pourquoi la filière scientifique se sent si intelligente face à la filière professionnelle. Je ne comprends pas pourquoi l’école est parfois si loin de la réalité alors qu’il faudrait les aider à la comprendre. Je ne comprends pas pourquoi l’élève n’est qu’un numéro, qu’une note aux yeux du système ou bien de ses parents alors que nous même ne l’avons pas forcément toujours bien vécu. Je ne comprends pas pourquoi nos jeunes sont assis aussi longtemps sur une chaise par jour alors qu’on ne pourrait plus le faire. Je ne comprends pas pourquoi la place des loisirs ou de la vie de famille passe après les nombreux devoirs journaliers alors que dans la journée ils sont déjà à l’école. Je ne comprends pas pourquoi l’école se forme essentiellement au numérique alors que de nombreuses personnes ne savent pas encore lire ou compter correctement. Je ne comprends pas pourquoi un enseignant est souvent livré, abandonné devant une classe alors qu’il débute. Je ne comprends pas pourquoi certains parents veulent faire de leurs enfants des machines alors qu’ils ont d’abord besoin de s’épanouir. Je ne comprends pas pourquoi l’école est parfois devenue si inintéressante alors qu’il y a un tas de choses à apprendre. Je ne comprends pas pourquoi un élève sait appliquer le théorème de Pythagore alors qu’il a du mal à faire une réduction de 20 %. Je ne comprends pas pourquoi certains se révoltent contre l’enseignement alors qu’il faudrait l’aider. Je ne comprends pas pourquoi nos politiciens abordent uniquement le nombre de profs ou les zones prioritaires alors qu’il y a un tas d’autres questions à répondre. Je ne comprends pas pourquoi le ministre de l’éducation n’a jamais été prof alors qu’il doit les diriger. Je ne comprends pas pourquoi l’école doit dire amen à tout alors qu’elle doit soit disant les former. Je ne comprends pas pourquoi certains élèves ne pourraient pas partager leurs compétences musicales ou autres… Je ne comprends pas pourquoi l’élève n’aime pas l’école alors qu’il y passe ses journées.
Je ne comprends pas pourquoi autant de profs démissionnent ou font un burn-out alors qu’il faudrait se battre.
En fait … Si je comprends.
Je comprends pourquoi …
Je comprends que le jour où l’élève sera considéré comme unique et non plus 1/36ème on aura la capacité de le faire évoluer.
Je comprends que le jour où tout le monde travaillera pour faire évoluer l’enseignement on progressera.
Je comprends que le jour où l’enseignant ne sera pas pointé du doigt pour une broutille mais soutenu pour son travail, le système éducatif évoluera.
Je comprends que notre école va mal et qu’elle doit évoluer alors que nous avons tous les acteurs pour réussir.
Je comprends que le métier d’enseignants fasse aussi peur aujourd’hui …
Mais je comprends que des centaines de milliers d’enseignants font un travail super chaque jour et qu’il ne faut surtout rien lâcher !
Et je comprends également que nos jeunes sont les principaux acteurs de demain et qu’il faut les aider à avancer.

N.R. 

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Coup de gueule d'un enseignant. Comment est-ce possible que l'on puisse sacrifier aujourd'hui notre jeunesse. Je ne…

Publié par Niko Las sur lundi 3 avril 2017

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Tranche de vie, aujourd’hui, à la Maison d’arrêt des hommes…

R. choisit deux livres parmi ceux que je lui propose, puis me dit : “Madame, quand je sortirai, j’arrêterai la télé et je me mettrai à lire ! C’est que des conneries à la télé !” 🙂
S. a très peu confiance en lui; je travaille sur cela avec lui. Nous travaillons sur l’écriture d’une nouvelle fantastique. Nous faisons un exercice à partir d’une image, il faut trouver une banque de mots pour ensuite écrire un petit épisode fantastique. S. part défaitiste : “J’y comprends rien, c’est trop dur, c’est impossible à faire !” Je l’aide, lui donne des pistes et il se débloque peu à peu. Puis à la fin du cours : “Madame, on continue l’écriture la semaine prochaine, hein ! J’aime bien en fait !”. Au final, travailler l’écriture, c’est travailler sur soi… C’est dans ces moments là qu’on sait qu’on est à notre place.

par Ally V.

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C…
Elle a des poux, C… .
Les ongles noirs, un anorak de ski alors qu’on dépasse les 25 °C dehors, un seul cahier pour toutes les matières (c’est plus pratique), et l’autre jour, c’est des pétales de rose qu’elle a sorti de sa poche pour se les étaler sur les bras pendant le cours de SVT. Sans doute a-t’elle trouvé ça fort à-propos…
Attèle… Elle a tout le temps des bobos, C…
Heurtée par une voiture il y a quelques mois, mal au poignet, une attèle qu’elle porte sur le tibia en ce moment, pas d’bol la puce.
C’est pas facile à la maison. ‘Paraît que leur père enferme les gosses à la cave quand ils l’exaspèrent. Ca a été signalé voilà longtemps, mais visiblement, ça ne préoccupe pas grand monde.
Elle énerve beaucoup de monde, C… . Moi aussi, souvent, je l’avoue.
‘Faut toujours qu’elle intervienne à tort et à travers, qu’elle joue aux lego avec son matériel scolaire (bien rudimentaire, cela dit. Quand on n’a qu’un seul cahier…), qu’elle gribouille, déchire, révasse, etc… Mais ça ne l’empêche pas d’avoir de bonnes notes. Très bonnes même, vu le peu de travail qu’elle fournit en classe, trop occupée à ses fabricoles, et ses conditions de travail à la maison…
C’est pas facile d’être la mère en second…
Elle est gentille, C… . Toujours d’une politesse exemplaire, même quand on la houspille.
Jamais elle n’oserait répondre, faire son effrontée ou même prendre une mine renfrognée.
Elle ne fait jamais la tête d’ailleurs. Toujours cet air paisible sur le visage, comme si son esprit et son corps ne faisaient pas partie d’un même tout.
Elle a besoin d’exister cette petite ; d’où son attitude en classe, ses petits bonjours qu’elle vient faire entre deux cours, ses gros mensonges qu’elle essaie de nous faire gober (« maman vient d’avoir un bébé…» démenti la semaine suivante…, « on m’a volé l’argent de la tombola de l’école », etc…), ses interventions « lunaires » en classe, comme pour dire « youhou ! J’suis là ! J’aimerais bien qu’on s’occupe de moi… Avoir des copines avec qui passer mes récrés, ne plus voir les adultes froncer le nez dès que je m’adresse à eux. Je voudrais bien qu’on soit fier de moi, qu’on m’achète un joli blouson de printemps plutôt que de m’envoyer au sous-sol… ».
Alors ouais, je fais dans le « pathos », comme on dit. Ca fait très « petite maison dans la prairie » tout ça, je sais. Sans doute ma nunucherie légendaire qui me pousse à m’attendrir plus que de raison pour cette enfant… Mais quand tu bosses avec des gosses que la vie cabosse depuis longtemps déjà, bah… ça ne peut pas t’indifférer, si ?
Alors ‘paraît qu’il n’y a pas de place pour l’affect dans ce boulot, comme ils disent en haut de la pire-amide… Je peux comprendre ça. Mais quand même, un môme, c’est pas un réverbère !
Comment on fait pour poser les yeux sur C… sans se dire qu’elle est mal barrée, la puce ?…
On fait comment pour ne rien éprouver quand on la voit sortir à pas traînants vers la cour de récré où elle va, à nouveau, affronter la populace des méchants prêts à lui lancer des banderilles verbales ?…
J’aime pas la cour-rida… Désolée.

par Carole M.

 

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Depuis la rentrée, depuis que j’ai pris mon nouveau poste, le lundi c’est jour de bureau. Jour de direction, enfin, jour de tâches administratives, parce que directrice je suis tout au long de la semaine, que je sois en classe ou pas…
Depuis la rentrée, le lundi, je tâche de m’avancer dans les piles de papiers demandés, dans les brassées d’injonctions, dans la recherche de signification de certaines demandes, dans la traduction d’acronymes abscons et obscurs. Ce qui, je l’espère toujours, me permettra ensuite de me consacrer à ma classe très “prenante”.
Et parmi les “urgences” je devais rendre pour le 29 septembre un double document (je veux dire à deux volets), de plusieurs pages, avec des annexes rédigées en langage administratif de base (le genre de langage qui fait douter de mon degré de maîtrise de ma langue maternelle).
Un document pour lequel j’ai “bénéficié” d’une journée de stage. Qui m’a grillé ma journée de direction. Je devrai donc y consacrer du temps… Autre.
Donc hier, lundi 9 octobre, 10 jours après la date butoir pour rendre le dit document, j’étais en stage. En stage PPMS.

PPMS?
Allez trouvez moi quelques manières rigolotes de traduire cela!
Voui… J’étais en stage avec une douzaine d’autres directeur.trice.s de “grosses” écoles (“il faut bien commencer par quelque part, nous faisons avec les moyens qu’on nous donne, au détriment, malheureusement, d’autres priorités plus pédagogiques”), bien à l’abri derrière des grilles à gâchette électrique, derrière un sas et une porte sans poignée extérieure, dans une salle de réunion avec des barreaux…
Pour parler de sécurité.
Dans nos écoles ouvertes, au milieu de la cité. Qui doivent l’être vers l’extérieur, ouvertes aux parents.
Pour parler responsabilité.
La nôtre.
Directeur.trice.s d’école.
Celle que l’État nous délègue.
Oui, ce “debriefing”, qui nous a laissé sur notre “faim”, nous a au moins permis de constater que nous partageons ce sentiment que la barque “direction” est toujours plus chargée. Toujours plus lourde. Et de plus en plus laissée à notre responsabilité. Au milieu d’une mer de mails, de documents obligatoires (à créer soi même), de stats, de LSU dans une ENT (à vous! Soyez créatifs!) à explorer tout seuls (mais si c’est facile! C’est fait pour vous faciliter le travail (et surtout pour faire des stats, c’est bon pour ce que vous avez, les stats))…
Voilà, voilà…
Je ne suis même pas en colère, j’ai apprécié de manger en terrasse avec des collègues, je me sens moins seule. J’ai apprécié ce pas de coté même si je ne pense qu’il ait été réellement formateur.
J’ai bien compris, et je pense que c’était uniquement le but de cette “formation”, que je devais communiquer aux parents et aux usagers la bonne parole: nous avons tout prévu, nous avons été formés à toute éventualité.
“L’État” prend ses responsabilités.

par Anne

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Par Anna

A voir passer les sujets sur les arrêts maladie, je me décide à livrer mon témoignage. Vous savez, vous les feignasses, alors vous comprendrez…
J’ai commencé le métier dans la peur de mal faire, c’était tellement compliqué de tout gérer pour moi, la perfectionniste. Chaque année c’était l’angoisse, une école loin de chez moi, des élèves difficiles mais j’y allais, sans jamais être arrêtée.
Et puis une année, enfin un super poste: peu de route, un niveau que j’aime, des élèves sympas, j’étais ravie ! Malheureusement cette année là, c’est la collègue que je complétais à mi-temps qui a décidé de pourrir mon année. Une personne jalouse et immature.

En janvier, on me trouvait une tumeur de 12 cm sur 7.5, lymphome ( cancer des ganglions ), 8 cures de chimio lourde. J’avais 30 ans et 2 enfants de 2 et 4 ans.

Aucun mot de soutien de l’inspection quand j’ai bêtement précisé ma maladie pour signifier que mon arrêt allait être long.
Je sais que cette maladie est, en autre, dûe au boulot, j’ai vu la mort tout près et je vous assure que le boulot, ce n’est pas la vie.
Prenez soin de vous les feignasses et écouter votre corps quand il essaie de vous faire passer un message…

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A l’approche de la rentrée, de nombreux nouveaux collègues sont confrontés à un problème pratico-pratique : Se loger.

Les affectations souvent tardives ne permettent de prévoir à l’avance le point de chute du stagiaire/néo-titulaire/TZR/Remplaçant/contractuel (Rayer la mention inutile  ).

A cela s’ajoute les difficultés administratives et financières. Le stagiaire n’a bien sûr pas encore de bulletin de salaire, doit payer de sa poche son déménagement et trouver un logement rentrant dans son budget. Et le salaire d’un stagiaire en région parisien lui permet à  peine d’envisager de louer un logemet de la taille d’une boîte à chaussures. Voici donc un témoignage intéressant.

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Quand les jeunes profs galèrent à trouver un logement, à quelques jours de la rentrée

 

Et vous trouverez un peu d’aide et de réconfort ici 

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Par Bénédicte Bousquet

Coup de fil de l’IA cet après-midi sur le portable perso de notre EVS (secrétaire de direction en école primaire) , pour lui dire “demain restez chez vous, contrat terminé, merci”
Non mais OOOOOOOH ??????? Elle vient d’avoir 60 ans y a 10 jours, l’IA lui avait fait signer son contrat prolongé début juillet et hop, terminé, tu dégages! Alors que normalement, vu son âge elle avait l’assurance d’être prolongée jusqu’à l’âge de la retraite……..mais Emmanuel en a décidé autrement…….Je n’ai jamais vu un truc aussi violent! On te dit “demain t’es au chômage”……mais ça va pas bien non?
Si un patron faisait ça à un employé, il finirait aux prud’hommes direct! Là ça ne choque personne????? On les vire tous sans préavis ?????
Je suis sincèrement écoeurée……..et surtout impuissante……

 

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par Geneviève Bobillon

“Ahhh la dernière journée d’école.. .

Les livrets d’évaluation sont rendus, les pires élèves sont partis en vacances anticipées, ceux qui sont là profitent, savourent, sont pris de nostalgie…
Les Cm2 ont les yeux humides de ceux qui quittent pour toujours le monde protégé de l’enfance…
Ils passent de classe en classe faire leurs adieux aux maîtresses qui les ont accompagnés une année dans leur parcours, ils font des promesses : “On reviendra vous voir quand on finira plus tôt”
Ce dernier jour, ce n’est que de l’amour!
Les enfants investissent le tableau blanc pour écrire les plus belles déclarations à leur maîtresse adorée, “la meilleure du monde”, celle qui leur “a tant appris”; la maîtresse savoure ces mots en occultant les fautes d’orthographe qui lui feraient douter de l’efficacité de sa pédagogie… 

genevieve
Le compte à rebours est lancé : plus que quelques minutes avant les grandes vacances! Les larmes coulent, les filles pleurent à gros sanglots, les garçons se laissent prendre par l’émotion sans plus chercher à jouer les durs. La maîtresse ouvre ses bras pour un gros câlin collectif.
Ses élèves, à ce moment, elle les aime plus que tout. Elle les a guidés, vu évoluer, elle a été sévère, bienveillante, elle les a encouragés, félicités, elle a pris en compte les spécificités de chacun, a cherché comment les rendre heureux de venir chaque jour à l’école, comment leur faire croire en eux, comment leur donner envie de donner le meilleur d’eux même.
Ce sont SES élèves et pourtant ils partent…
Ce dernier jour, ce n’est que de l’amour…😊😊😊😊😊😊”

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par anonyme

“Après 10 années de loyaux services dans l’éducation nationale et dans le 93, et en attente de mutation me voici au pied d’un mur de questions qui me font cogiter jours et nuits…
Et ce genre de témoignage où je me reconnais totalement me perturbe encore plus car ce système, la façon dont nous sommes traités par les inspecteurs, par certains conseillers pédagogiques, par certains ou certaines directrices, par certains collègues, par certains parents… Ces heures de réunions qui ne mènent nulle part (108h au total) que nous devons faire en plus de nos heures de classe…

Tout ceci finit par effacer la priorité de ce métier qui est d’instruire, d’enseigner avec méthode et pédagogie à des enfants en instaurant un climat de respect et de confiance dans la classe (c’est ça qui me passionnait, qui me transcendait, qui me faisait lever le matin avec envie et energie).

Mais aujourd’hui, je n’arrive plus à me lever le matin sans avoir une boule au ventre…”

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