Cette semaine, nous vous avions proposé une revue de presse sur les articles en ligne parlant de la hausse des démissions chez les enseignants.

Celui-ci nous donne plus de précisions sur les raisons de ces démissions :

prof

Le métier d’enseignant est un métier solitaire même s’ il est entouré de monde-élèves, hiérarchie, collègues, parents-, il est seul face à la classe, à ses préparations de cours. Et contrairement à d’autres professions, il ramène du travail chez lui. D’où la réelle difficulté à faire la coupure vie privée/vie professionnelle.

Il se sent seul quand le système de mutation le laisse loin de chez lui, avec très peu d’espoir de retour, ou alors pas avant de longues années d'”exil”.

Il gère de l’humain et souvent face à certaines situations familiales ou sociales de ses élèves, il est difficile d’avoir un réel recul affectif. La bienveillance n’est pas toujours facile à garder en tête, comme par exemple face à un élève violent.

Il a besoin de se sentir soutenu par sa hiérarchie, par les parents, son entourage.

Les différentes réformes ont accentué ce sentiment d’absence d’écoute des vrais besoins du terrain, d’abandon. Il a l’impression qu’il ne dispose plus de la liberté pédagogique autant qu’il le souhaiterait.

Et vous quelles raisons pourraient vous faire quitter l’EN ?

 

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Message d’une collègue :

Marre de l’ EN !!!

Le 1/12/16 nous recevons une note de service sur I-Prof nous informant de modifications au sujet des permutations. Ainsi une lueur d’espoir apparaît au bout de ces 12 années à demander la lune, ah non l’Essonne…..

Lundi 9 /01/17 je reçois un courrier de Mr L de l’IA m’informant que mon dossier est rejeté, que j’ai mal compris la note de service. Je l’appelle car j’ai imprimé cette note de service qui, comme par hasard, n’est plus accessible sur I-prof !!! Il m’informe que nous sommes 1500 dans ce cas …. que le ministère en voyant le nombre de dossiers arriver a modifié une nouvelle fois la note de service en sa faveur mais cette fois aucun courrier officiel pour nous en informer sur iprof! !!!!!!!!!!!!!!!!!

Seul recours: le contentieux admnistratif mais qui n’aboutira pas puisque décision ministérielle !!!!!!!!!!! sommes nous fonctionnaire d’une démocratie ou d’une dictature !!!!!!!!!!!! Pauvre France !!!

Marre je suis fatiguée d’être traitée ainsi. Impossible de joindre les syndicats aujourd’hui et rien à ce sujet sur leur site……….no comment !!!! Je pleure de rage…..et j’irai bosser demain …. avec moins de foi…

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Par Béa

Petite constatation du jour…. L’éducation nationale est un des employeurs le plus important. Hélas, voulu ou pas, si nous étions un peu plus solidaires…. Je ne Veux pas généraliser mais il y a Trop d’individualisme…. surtout en cas de problème !!! Se soutenir y compris avec la direction nous donnerait une qualité de vie meilleure et Tellement moins de stress!!!! Un exemple flagrant: on est incapable par notre nombre d’avoir une mutuelle qui est performante certes mais avec un prix négociable!!! Quand de plus petites entreprises Négocient cet avantage avec moins de salariés !!! Quel dommage… l’union fait la force. Grande faille de l’éducation nationale. Et nous sommes tous responsables. À méditer… peut-être ensemble pourrions-nous avancer? À vos idées. Bonne semaine à tous.

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Par Manon Kenny Omm’nesse

Aujourd’hui, j’ai lu l’article de Brighelli sur le groupe  Facebook des 800 000 Feignasses.

Faut arrêter de poster ce genre d’articles les copains…Vraiment.Je vais finir par pleurer là…..
Je n’en peux plus des lieux communs, de l’image véhiculée par l’école, de celle que nous avons, nous les profs, auprès de la population.
Plus possible d’entendre ces propos quand on fait notre travail en y mettant tout notre cœur et nos ressources.
Quand il prend tant de place dans nos vies.
Plus possible d’être pris pour des imbéciles qui ont besoin qu’on leur ré explique leur métier, qu’on leur supprime leur liberté pédagogique et leurs “vacances à rallonge” ou je-ne-sais-quelle-autre-mesure-infantilisante.
J’aime mon travail, j’aime l’école et ses enseignants qui se battent pour la faire vivre. J’aime voir les progrès, les quelques inégalités qu’on arrive à gommer.
Je voudras qu’on nous foute la paix et qu’on nous laisse bosser.
Aujourd’hui j’ai perdu 15 minutes de travail perso à cause de cet article, 15 minutes que j’aurais mieux fait de consacrer aux progrès de mes loulous. Si c’est pas dommage ça…
Je suis peinée

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Notre gentil génie de l’éducation attend avec impatience vos voeux pour l’école en 2017.

Vous pouvez lui dire tous vos rêves les plus fous, réalistes ou non pour l’école de vos rêves sur le mur virtuel ci-dessous. Pour cela, deux possibilités :

  • Cliquer sur le +
  • ou commenter un voeu déja existant

A vos claviers !

https://padlet.com/800kfeignasses/sb7harajpqex

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“Chères feignasses,
L’année 2016 a apporté son lot de difficultés et d’absurdités dans notre métier. Et, au détour d’une phrase assassine et provocatrice, une énième pique à l’encontre de ce que nous sommes, a encore enfoncé le clou. Nous aurions pu à nouveau courber l’échine et ne pas relever la tête.
Mais non, une tribu d’indomptables feignasses a levé son bâton de pèlerin et s’est écrié : « Vous ne passerez pas, préjugés à la noix ! ». Le groupe des 800 000 feignasses était né.
Fort de plus de 17 000 membres aujourd’hui, le mouvement ne cessera pas grâce à vos témoignages, vos réflexions et votre volonté de redorer le blason du « plus beau métier du monde ». Nous avons un objectif : donner NOTRE vision du métier et toucher le plus grand nombre.
C’est pourquoi, l’équipe vous souhaite une belle et prolixe année 2017. Qu’elle soit empreinte de petits bonheurs, de perles d’élèves, de fous-rire, de créativité, d’imagination, de persévérance et de reconnaissance.
Gardez le cap, ne vous désarmez pas. Nous sommes une force qui peut se faire entendre.
Belle et heureuse année 2017 !”

Et pour bien débuter 2017, les 800 000 feignasses vous proposent d’écrire sur ce mur virtuel vos vœux pour l’école en 2017. Pour cela, vous avez le choix :

  • Ecrire vos vœux directement sur le mur
  • Télécharger un document texte, son, ou image.

A vos plumes !

https://padlet.com/800kfeignasses/sb7harajpqex

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par Véronique Théry (avec son aimable autorisation)

Mes amis,

  C’est une catastrophe. Vous aurez, sans doute, remarqué que j’écris bien peu. A cause du travail, me direz-vous ? Que nenni ! Je suis fonctionnaire. Vous savez, une nantie qui ne fiche rien de toute sa journée. Et la pire de toutes ! Une prof !

Oui, mesdames, messieurs, je le confesse en ce lieu. Je suis une de ces “happy few”, qui, selon un ex-président, travaille 18h par semaine, 6 mois de l’année. Autant dire qu’avec autant de temps libre, je pourrais écrire des livres de la taille d’un annuaire téléphonique !  En espérant évidemment que cela soit un iota plus intéressant.

Certains d’entre vous s’en doutent un peu. La vie d’un prof n’est pas aussi désespérément vide qu’un cerf-volant en quête d’un nouveau souffle. Ne comptez pas sur moi  pour me lancer dans un dithyrambique portrait de nos états de service. Je préfère laisser chacun libre de ses pensées. Libre de croire que le boulanger est un ignoble fainéant, vu que sa boutique n’ouvre qu’à 7h30 et que son pain, ses brioches et autres viennoiseries sont nés tous seuls par l’opération de Saint-Honoré. Que le journaliste du 20h ou du 13h ne travaille que durant les 30 minutes de son face-à-face avec le spectateur affamé de nouvelles fraîches. Et que le comédien qui s’époumone sur scène a bien de la chance de ne jouer que durant deux heures. La Sainte Eglise avait bien raison de les placer sur le même rang que les sorciers, vu qu’aujourd’hui encore, ces charlatans gagnent des fortunes en ne montant sur scène que 8 heures par semaine.  Apprendre les textes et les répéter n’est pas nécessaire, quand on est habiles farceurs.

Il en est de même dans notre corporation.  Nous sommes de “purs esprits”. Inutile de préparer un cours sur Chateaubriand, les théorèmes de Pythagore ou le prétérit en anglais. Tout ceci est inné chez l’enseignant. Ainsi, ma collègue déclamait du Shakespeare dès sa naissance ! Vous n’imaginez pas la tête que fit sa mère, lorsqu’elle entendit son enfant prononcer ces vers :

“Tis not alone my inky cloak, good mother,
Nor customary suits of solemn black,
Nor windy suspiration of forc’d breath,
No, nor the fruitful river in the eye,
Nor the dejected haviour of the visage,
Together with all forms, moods, shapes of grief,
That can denote me truly.”

  Moi-même, j’interpellais la sage-femme afin de lui demander si elle pratiquait la maïeutique en hommage à Socrate, l’accoucheur d’âmes. A deux ans, je faisais faire des dictées aux invités de mes parents et leur interdisais tout dessert s’ils ne parvenaient pas à trouver les réponses aux questionnaires de lecture que je leur concoctais. Je les encourageais, en feignant l’ignorance :

“Je ne sais pas l’endroit ; mais un peu de courage
Vous le fera trouver, vous en viendrez à bout.”

  Oui, sans le savoir, déjà, je faisais preuve de pédagogie. Autre talent inné dont nous sommes pourvus. Nul besoin de stages et de formations ! Toute la didactique coule dans nos veines, irriguées dans ce cœur d’enseignant.

  Bien entendu, il reste les copies. Quelques irréductibles en sont encore à penser que nous les jetons du haut d’un escalier dont chaque marche équivaudrait à une note. Jeu extrêmement dangereux, puisqu’il rendrait ledit escalier particulièrement glissant. Je vous vois venir ricaner que cela expliquerait le pseudo absentéisme des professeurs. Pseudo, mais oui. L’excellent Figaro a fait paraître, le 19 mars dernier, les résultats d’une enquête prouvant que les enseignants étaient moins absents que la moyenne des salariés, y compris ceux du secteur privé.

  Alors, mes amis, si mon absence de ce site n’est pas due au travail, à quoi, me direz-vous, ai-je passé mon temps ? Hé bien, j’ai fermé les yeux et j’ai rêvé. D’une société où les clichés avaient disparu, où les préjugés s’étaient envolés. Et puis, je me suis réveillée et j’ai allumé ma télé. Une voix disait : “18 h par semaine, 6 mois l’an” et j’ai compris que j’avais bien rejoint la réalité…

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