Toujours dans le cadre des mutations des personnels, un article vu dans les blogs du Monde. Certes, il commence à dater, mais il est toujours d’actualités.

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Seulement à bien y regarder les barèmes du mouvement inter académique sur différentes années et dans différentes disciplines, il est évident que la plupart des jeunes ou nouveaux enseignants sont envoyés dans les académies les moins demandés.

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Les académies peinant à recruter (l’Express, chiffres 2014)

Et si ils sont célibataires, la seule possibilité d’accumuler un nombre de points suffisants pour accéder à la région où l’académie de leur rêve est la mutation  dans un collège difficile. Seulement l’idée des 320 points au bout de 5 ans n’est pas forcément suffisant pour supporter un quotidien parfois difficile.

Mais comment attirer les professeurs les plus expérimentés dans ces établissements réputés difficiles ?

 

 

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Vu dans un article de Rue 89, une étude sur l’occupation de l’espace dans une cour de récréation. On y retrouve tous les prémices des futurs stéréotypes avec une place proéminente offerte aux garçons.egalite-filles-garconOn peut reprocher à cet article de donner l’impression que le football est la seule activité valable et intéressante pour s’amuser et de mettre totalement de côté les garçons qui n’aiment pas le football pour ne donner la parole ….qu’aux filles.

Néanmoins, les raisons pour lesquels les stéréotypes perdurent viennent beaucoup de ce que les élèves voient tous les jours dans leur environnement. Il ne s’agit pas de retirer aux garçons de l’espace pour le rendre aux filles mais à leur apprendre à le partager de façon efficace.

 

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Depuis leur création en 1990, les Réseaux d’Aides Spécialisées aux Élèves en Difficultés (Rased) ont fait l’objet de très peu d’étude alors que leur efficacité a souvent été questionnée dans le débat public. Celle  de l’IREDU (Institut de Recherche de l’Education) intitulée de Claire BONNARD, Jean-François GIRET et Céline SAUVAGEOT intitulée ”  Quels effets du passage en Rased sur le parcours scolaire des élèves ?” parue en février 2017 ne leur est pas très favorable.

Au contraire, quand on veut se débarrasser de son chien, on dit qu’il a la rage. L’article de Paul Devin sur Médiapart  montre point par point comment cette étude essaie de discréditer les RASED en obtenant, au final, l’effet inverse que celui escompté.

Le plus curieux étant que cette étude a été présentée au cours d’un colloque autour de “l’évaluation, levier pour l’enseignement et la formation” en janvier 2017. Comment ont-ils pu passer de l’évaluation à cette critique des RASED. On pourrait croire que l’aide apportée aux élèves par les réseaux fausserait les résultats des évaluations. Mais il y a certaines choses que l’évaluation ne peut mesurer telle que la prise de confiance en soi ou le bien-être psychologique que peut procurer ce genre d’aide. La tendance n’est plus à de l’aide  individualisée en petit groupe mais plutôt à de l’aide personnalisée dans la classe qui ne peut être que ponctuelle car comment individualiser pour 25 élèves quand l’enseignant est seul à gérer.

Cette approche managériale de l’enseignement où seuls les résultats comptent est très loin de la bienveillance prônée par l’institution.

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Alors que des parlementaires ont proposé dernièrement un rapport visant à reconnaître le Burn-out comme une maladie professionnelle, dans son dernier rapport annuel, le médiateur de l’Education Nationale aborde de front la question des Ressources Humaines dans l’école française, la question  un peu tabou des « risques psychosociaux », facteurs du mal-être enseignant .

Pour l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS)  le burn-out se définit par « un sentiment de fatigue intense, de perte de contrôle et d’incapacité à aboutir à des résultats concrets au travail ». Il  y a 3 phases :

  • Épuisement émotionnel:  manque d’énergie, sentiment que les ressources émotionnelles sont épuisées. La personne n’est plus motivée par son travail qui devient une corvée. Elle n’y arrive plus.Dépersonnalisation ou le cynisme : renvoie au développement d’attitudes impersonnelles, détachées, négatives, cyniques. La personne ne se sent plus concernée par son travail et dresse une barrière qui l’isole de son entourage professionnel comme personnel. Accomplissement : s’exprime par le manque d’accomplissement personnel. La personne dévalorise son travail et ses compétences. La croyance que les objectifs ne sont pas atteints et que le performance est médiocre se développe. Le niveau d’estime de soi et le sentiment d’auto-efficacité diminuent.

Il existe cependant quelques solutions pour éviter de subir cette désagréable situation voir même en guérir.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=EFPzJ0uVclg&w=560&h=315]

Question de  Coco You : “Bonjour, y en a t-il parmi vous qui ont vécu ou vivent encore un burn out, lié évidemment à ce métier de feignasses ?”

Réponse en commentaires 🙂 et vous pouvez en parler librement sur ce groupe Facebook.

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Par Vis ma vie d’instit

“Vous le savez peut-être, mais quand on passe le concours de prof, on peut être admis, recalé, ou être placé sur une liste complémentaire, c’est à dire un peu le cul entre deux chaises. On nous dit qu’on nous appellera si on a besoin (en général, lorsque des admis se désistent, peu importe la raison).
On m’a raconté qu’à Nice, alors qu’il y a plus d’une centaine d’enseignants non remplacés chaque jour (beaucoup de congés maternités ou maladies, notamment dans les quartiers difficiles, peu de remplaçants qui tombent parfois malades eux-aussi), on a préféré dire aux candidats sur liste complémentaire que leur liste n’a jamais existé (ah bon ?) et qu’ils viennent de nommer à la place des contractuels.

Quesquecé, un contractuel ? Bah c’est quelqu’un qui vient, et qui prend la classe, comme ça, du jour au lendemain. En gros.
Je schématise, et certains de ces contractuels sont mille fois plus compétents que moi. Mais pour la majorité (du moins pour leur premier poste), ce sont des gens qui n’ont pas été formés à la pédagogie (je râle sur la formation à l’ESPE, mais là, c’est à des années lumières. On ne leur donne tout simplement RIEN), qui sont parachutés en CDD dans une classe sans la moindre aide.
Ce qui est drôle, c’est qu’on a placé ces contractuels dans des classes de petites sections, là où on ne met pas les stagiaires car trop dur à gérer (30 mômes de 3 ans dans une seule pièce, sans la moindre expérience, ça te dit ?)

Mais du coup, pourquoi mettre des contractuels à la place des candidats sur liste complémentaire ? Parce que le premier peut être remercié plus ou moins à l’envi, et que leurs salaires sont moins élevés/augmentent plus lentement, tandis que le second, une fois dans l’engrenage Educ’ Nat’, devient impossible à virer et coûte très cher. Le contractuel, compétent ou non, est un peu vu par l’administration comme un gros Kleenex bien pratique.

Niveau témoignages, si ça vous intéresse, on en trouve plein sur le net. Un article au hasard : http://www.lemonde.fr/…/les-contractuels-bouche-trous-de-l-…

C’est quand même rigolo de pleurer que les profs sont de plus en plus incapables, et d’accepter ce genre de choses.”

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Dès 2007, un article des cahiers pédagogiques avec une interview de Christian Forestier  mettait notre système éducatif en cause dans la panne de “l’ascenseur social”. En dix ans et après diverses politiques éducatives, les inégalités sociales perdurent voire empirent…

Le Conseil national d’évaluation du système scolaire a publié au mois de septembre un bilan sur l’impact de l’école sur les inégalités sociales. L’école française est devenue la plus inégalitaire de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). L’enquête internationale PISA vient  une nouvelle fois de le rappeler. Les résultats  des élèves défavorisés sont en baisse ,alors que le  niveau des élites monte : le fossé se creuse.

La politique des ZEP/REP, faute de vrais moyens, est inefficace. Les efforts trop dilués. Et il n’ y a plus guère beaucoup de différence entre les établissements classés ou non.

Reste à trouver comment réduire ces inégalités sociales.

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Le manque de reconnaissance, des conditions pas forcément attractives font que l’EN peine  à recruter suffisamment de professeurs pour faire face aux besoins. Elle a donc recours de plus en plus à des contractuels ou des vacataires.

Evolution du recrutement des contractuels de 2004 à 2013

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Source : ministère de l’Education Nationale

Peu voir pas formés, ils ont le gros avantage d’être une main d’oeuvre moins chère et plus malléable. Pour l’avoir vécu, moi-même en ex-contractuelle, il y avait 250€ de moins entre mon salaire de contractuelle et celui de stagiaire pour le même travail et les mêmes horaires, la précarité en plus…

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Pire, selon l’UFAL (Union  des Familles Laïques), certaines organisations parascolaires en profiteraient pour privatiser l’enseignement en proposant leurs propres “mercenaires du professorat”. L’exemple flagrant ci-dessous avec “Teach For France”.

 

 

Et vous que pensez-vous de cette privatisation rampante ?

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