Par A.G

Parfois il est bon de rappeler que: de 2 ans à quasi-plein-temps, la formation initiale des instituteurs est passée à celle des PE en IUFM, puis en ESPE , en alternance sur 2 ans puis sur 1 an, et maintenant à une classe en responsabilité en alternance de cette formation sur moins d’un an au final.formation 2

En parallèle de ceci, la formation CONTINUE a totalement disparu, les formations pour les enseignants spécialisés des RASED (qui sont en train de disparaître) sont passées de +700h à – de 350h, toutes options confondues voire moins dans certaines académies. 

Sur toutes ces questions, quand on parle de mobilisation passée et à venir, on réalise que ça ne mobilise finalement pas du tout la profession dans son ensemble, mais principalement les collègues directement concernés et souvent +/- l’année où ils sont touchés…et que tout le monde admet faire “sans” le reste du temps… et donc, là les critiques sans fin de tous les autres éléments insupportables d’effectifs/de contenus des programmes /de mise à jour diverses des sujets qui fâchent au sein de la société :

  •  de la bienveillance indispensable
  • des relations avec les parents
  • de l’existence de notes ou pas
  • des non-remplacements
  • des vacations en augmentation
  • de fermetures
  • des budgets
  • de l’entretien
  • des AVS/MDPH

Des manques cruels en tous genres, etc etc… ne sont que des éléments de + qui empoisonnent notre quotidien, notre métier et l’avenir scolaire de tous nos élèves, l’école publique en général…on fait avec? On continue jusqu’à la territorialisation des PE ?… on est quand même assez nombreux pour se faire entendre, non? combien de métiers qui prennent en charge les humains se passent de formation digne de ce nom?

 

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Par M.S

“Petit calcul d’une feignasse d’espanol en lycée qui n’a rien à faire le dimanche:

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-Semaines de cours par an: 36
-heures de cours devant élèves 18 soit 36×18= 648h
-Préparations de séquences, recherches de documents, élaboration de contenus, création de grilles d’évaluations: 1h de préparation minimum pour 1 h de cours soit: 36X18= 648h
– Corrections de copies: 2 par trimestre et par classe. 8 classes en moyenne 28 élèves par classes et environ 8 minutes par copie en 1eres et terminales: (2 éval× 3 trim×8 classes × 28 élèves ×8 minutes) /60= 172 heures
– Saisie cahier de texte en ligne: 1/4 d’heure tous les soirs, 4 soirs, 36 semaines: 36h
– Saisie des appréciations des bulletins 1h par classe et par trimestre: 8h x 3 trimestres = 24h
– Réunions de pré-rentrée: 7h
– 3 réunions pédagogiques/an : 3X7h= 21h
– conseils de classes: 8 classes, 3 conseils d’1h30 = 36h
– Réunions parents de rentrée: 4 soirée de 3h = 12h
– Réunions parents-professeurs: 4 soirées de 3h = 12h
– Organisation voyage scolaire: 3 mois à raison de 2h au moins par semaine= 24h
– Départ du voyage le samedi avec les élèves 24h
– Organisation projet etwinning avec lycée espagnol au moins 20h
– RDV parents, 2-3 élèves par classes et par an environ 1/4 d’heures: 4h
– Journée portes ouvertes: 7h
– Oraux baccalauréat 8h X 3 jours: 24h

TOTAL 1719 heures

Autres salariés:
35h x 46 semaines = 1610h

Mais prof c’est vraiment un métier de grosses feignasses, toujours en vacances, 18h de cours par semaine… bizarrement les concours ne font pas le plein, on se demande vraiment pourquoi !!!!!”

 

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Par Béa

Trouvez-vous normal que l’on ne parle des enseignants QUE sur la base des heures effectuées devant élèves ?? On ne dit pas 0h pour les personnes qui travaillent dans un bureau…. La loi impose l’horaire effectif…. pourquoi ne s’applique-t-elle pas aux enseignants ? Pourquoi cette Injustice? Pourquoi ce refus de reconnaissance? Cela n’est-il pas méprisant???…. La reconnaissance et la considération de notre métier commence peut-être par la prise en compte de TOUT notre travail effectué.

reconnaissance

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Par le Monde selon Smig

de-léducation-nationale-ou-de-ce-quil-en-reste

Il manque des enseignants. Chaque année, x enseignants sont manquants ou ne sont pas remplacés. Triste constat. J’ai été, pendant 8 ans, contractuel dans l’enseignement privé sous contrat. Donc, tout dans la légalité et toussa toussa… Balancé d’un établissement à un autre, la plupart du temps assez maltraité puisque tu récupères tout ce que les collègues (peut-on parler de collègues au final?) ne veulent pas. Les classes surchargées, indisciplinées, avec les horaires les plus ingérables… le vendredi en dernière heure ou le lundi en première et tout cela pour 1300 euros. Tous les ans, tu es convoqué dans les premiers pour corriger le bac et pour surveiller. Et les titulaires trouvent ça normal, à peine montrent ils, parfois, pour certains, une lointaine compassion quand ils apprennent ton salaire alors qu’ils sont déjà parfaitement au courant. Du coup, tu acceptes toutes les heures supplémentaires possibles. Tu fais les BTS alternance, les AP, la cantine, les récrés, les chiottes… tu arrives à peine à 2000 euros en étant, dans l’établissement, du lundi 8 heures au vendredi 17.30. Toutes tes heures sont prises et tu fais 45 heures par semaine dont 40 devant élèves. Et surtout, tu dois te taire.

La suite se trouve ici

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Par Anne Humblot Lagarde

Lettre ouverte à Monsieur Emmanuel Macron, Président de la République…
Monsieur le Président,

Je vous fais une lettre, que vous lirez peut-être, si vous avez le temps et si elle parvient jusqu’à vous.

Au moment des élections présidentielles, en tant qu’enseignante, j’ai suivi attentivement vos propositions concernant l’Education Nationale, mon ministère de tutelle. Certaines idées, et surtout l’importance que vous disiez attacher à la scolarisation des élèves handicapés me semblaient de bon augure.

La nomination de Jean-Michel Blanquer au poste de Ministre de l’Education nationale m’a laissée espérer que nous prenions enfin un chemin qui allait me permettre de travailler l’esprit plus tranquille sous la direction d’un homme aux idées novatrices. La confiance qu’il disait vouloir redonner aux enseignants en tant que personnes les mieux à même de juger sur le terrain de ce qui est bon pour leurs élèves, et la scolarisation des élèves handicapés à laquelle il voulait donner un nouveau souffle, entre autres par la pérennisation de ces emplois précaires d’AVS (individuelles ou collectives) qui sont devenus les auxiliaires indispensables à la bonne inclusion de ces enfants dans les écoles, collèges et lycées. Ces deux points, pour ne parler que de ceux-là, étaient pour moi d’une importance capitale.

Et puis le 1er septembre, jour de pré rentrée, je suis retombée dans la dure réalité de mon quotidien d’enseignante, de petite fonctionnaire jugée tout juste bon à fonctionner…

Cette année, pour la 10ème rentrée consécutive, j’ai repris un poste dans l’ASH (Adaptation et Scolarisation des Handicapés). Plus précisément dans une classe d’ULIS école, dans une petite ville de la banlieue parisienne. Dans ces classes, plus que jamais, au regard du profil des élèves qui nous sont confiés, la présence d’une AVSCo est indispensable. Celle-ci doit être formée, compétente et professionnelle pour faire face aux multiples tâches qui lui incombent dans nos classes aux profils tellement divers.

Au cours de ces 10 années en CLIS d’abord puis en ULIS école depuis 2 ans, j’ai formé 4 AVSCo. A deux reprises, j’ai été seule dans ma classe faute de pouvoir recruter une personne compétente sur ce poste difficile. Ce travail de formation que j’ai effectué, je l’ai effectué bénévolement puisque rien dans ma fonction n’indique que je doive être formatrice. J’ai eu la chance de côtoyer des personnes formidables, volontaires, compétentes, avides d’apprendre à faire leur travail du mieux possible, ne comptant pas leurs heures. Chaque fois, au bout de deux ans, on m’a indiqué que ces personnes ne pouvaient pas continuer à exercer ce métier pour lequel je les avais formées et qu’elles aimaient. Docilement, je suis repartie à zéro. J’ai accueilli la nouvelle personne que je n’avais pas choisie, pour laquelle je n’avais d’autre choix que de « faire avec ».

Il y a deux ans, j’ai accueilli dans ma classe une nouvelle personne qui suivait en parallèle une formation diplômante. Elle a fait partie des premières personnes à pouvoir choisir l’option lui permettant d’obtenir un diplôme d’AMP (Aide Médico-psychologique) avec option AESH. Je m’en suis réjouie, d’abord pour elle qui allait pouvoir exercer un métier qu’elle aimait grâce à ce diplôme, pour mes élèves qui allaient enfin pouvoir bénéficier de l’aide d’une personne motivée et qualifiée, et enfin, égoïstement, aussi pour moi qui allait enfin pouvoir travailler l’esprit plus serein avec une personne de qualité et d’expérience.

C’était sans compter avec l’incohérence de mon ministère de tutelle… Adieu les belles phrases sur la scolarisation des élèves handicapés, aux oubliettes la confiance faite aux enseignants pour prendre des décisions et des initiatives pour le bien de leurs élèves.

En effet, je me suis vue signifier l’impossibilité qu’il y avait à embaucher la personne diplômée que j’avais formée. Par la décision de je ne sais qui, les AESH ne peuvent pas travailler dans les ULIS dans notre beau département de Seine et Marne. La magie de Facebook et un sondage auprès de multiples enseignants d’ULIS m’a montré la disparité des situations, mais aussi démontré que dans de nombreux départements,des ULIS bénéficient d’AESHCo, en CDI, qui travaillent dans la même classe depuis 3, 4 voire 5 années consécutives. Les enseignantes se félicitent de ce partenariat qui leur permet d’exercer pleinement leurs missions de coordonnatrice de dispositif.

Mais je ne pourrai pas moi-même bénéficier de la même chance. Une AVSCo en CUI, vous savez, ces emplois précaires que vous dénoncez, vient d’être recrutée pour mon dispositif. Et je dis bien « vient d’être recrutée ». En effet, bien que la fiche de poste ait été éditée en juin 2017, les entretiens de recrutement ont eu lieu le 8 septembre. Ce qui m’a permis de faire ma rentrée le 4 septembre seule dans ma classe avec mes 12 élèves dont deux à profil autistiques, 3 nouveaux très déficients qui n’ont aucune autonomie, 1 hyper actif avec TED, et je ne parle pas des autres qui sont des « anciens » qui connaissent bien mes habitudes de travail et ont été assez gentils pour ne pas me poser trop de problèmes la première semaine. Maintenant que cette personne est recrutée, il va me falloir attendre qu’elle ait signé son contrat, sans doute pas avant une bonne semaine, avant qu’elle arrive dans ma classe, toute neuve et sans qualification, sans doute très motivée par ce travail, mais… demandant très légitimement à être formée pour celui-ci.

Alors ce soir, j’ai pris ma plus belle plume de maîtresse d’école pour vous faire savoir mon ras le bol d’être traitée avec mépris, de voir le travail que j’effectue être jeté à la poubelle sans aucun état d’âme. Où est cette bienveillance que vous nous demandez d’exercer à l’égard de nos élèves et que l’on nous manifeste si peu à nous, enseignants ?

Je n’espère pas faire changer quoi que ce soit par ce courrier, juste vous faire savoir que moi aussi, à 55 ans, après 35 années consacrées à l’Education nationale, il me vient des envies de déserter…

Anne HUMBLOT

Enseignante en ULIS Ecole à l’école des Rossignots à Nangis.

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Par La maîtresse va craquer

Et blablabla, et blablabla. Euuuh, pardon. Et b.a-ba et b.a-ba. Ca y est, c’est reparti. Comme tous les ans, non ? C’est vrai que chaque année, nous, les gentils instits de CP, on attend impatiemment les consignes de notre ministre pour savoir comment va-t-on bien pouvoir faire pour apprendre à nos petits loulous à apprendre à lire. Parce qu’on ne sait pas, en fait. On n’y a jamais réfléchi, pensez-vous, donc. Dix mois par an, à se confronter à des petits 5/6 ans qui bataillent avec les lettres et les mots, c’est tranquille détendu. Ca glisse, Alice.

blabla

Nan mais oh ! Réveillez vous les gars !

Je sais pas si vous savez depuis combien d’années déjà le débat est clos ? Au moins depuis les 10 ans que je suis en fonction. Au moins… Tout enseignant de CP sait très bien que ce débat, en plus d’être stérile, est complètement idiot. Il n’y a pas qu’une façon pour apprendre à lire, comme il n’y a pas qu’une façon pour apprendre à calculer. Oui, moi aussi, je suis fan de Stanislas Dehaene et de ses recherches en neurosciences sur l’apprentissage de la lecture. Mais je suis aussi fan de Roland Goigoux. Et ouais. Beatles ET Rolling Stones. Le premier sait un peu de quoi il parle quand il dit qu’on ne peut pas zapper le principe alphabétique . Mais le deuxième sait tout autant de quoi il cause et que ce n’est pas parce qu’on connaît le solfège qu’on sait jouer d’un instrument. Tout comme ce n’est pas parce qu’on connaît les nombres qu’on sait résoudre des problèmes.

Apprendre la méthode syllabique est une technique. Mais on fait quoi avec des ba, des be, des bi, des bo et des bu ? Au bout d’un moment ? Hein ? Des mots, me direz-vous.. Oh, et puis, avec les mots, on fait des phrases. Et puis des textes et même des livres… Ouaaah !

Et là, sur le terrain, je vois quoi, moi ? Je vois, depuis 7 ans de CP, des loulous qui savent décoder des mots, des phrases, voire des textes, mais sont strictement infoutus de comprendre ce qu’ils lisent. La cata.

– « Papi…. fume…la…pipe… »
– Alors Juju, il fait quoi papi ?
– Ben.. Ze sais pas… C’est quoi une pipe ?

Alors oui, je vais dans des textes très vite, avec des mots qu’on ne sait pas encore lire, mais qui racontent des histoires, qui provoquent la réflexion, la curiosité, l’envie, la connaissance. L’un n’empêche pas l’autre. Bien au contraire.

Alors, on va dire que c’est l’info telle qu’elle est relayée dans les médias, mais franchement, Jean-Michel, cette façon, un peu présomptueuse, un poil hautaine, de dire :
«Tatatata ! On arrête avec cette connerie de méthode globale ! » me fait hurler de rire à m’en rouler par terre et faire des galipettes, comme chaque année d’ailleurs (ça se voit, non?).

Merci pour le conseil. Mais a priori, on sait ce qu’on fait en CP et on s’adapte. Parce que nous aussi, on sait lire. Nous aussi, on se tient au courant des recherches. Tu devrais venir voir un peu tout ce qui se fait dans les classes… Tu sais qu’on ne porte plus la blouse, au fait ?

Les « experts », c’est aussi un peu nous. Et avant de parler avec les journalistes, ce serait sympa de parler aussi avec les profs…

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Par Natacha

Les élèves en situation de handicap ont-ils leur place à l’école ?
Derrière cette question, volontairement provocatrice, existe un véritable questionnement de parents, d’enseignants, d’élèves …….

handicap

La loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées a défini le handicap de la façon suivante : “Constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive, d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant” (article L114 du code de l’action sociale et de la famille). Ainsi, outre les handicaps moteurs et les privations de sens, les troubles des apprentissages (dyslexie, dyspraxie, dysphasie, dysgraphie, dyscalculie), les troubles d’attention (TDA/H), les troubles du spectre autistique relèvent du handicap.

Cette loi stipule également que « Toute personne handicapée a droit à la solidarité de l’ensemble de la collectivité nationale, qui lui garantit, en vertu de cette obligation, l’accès aux droits fondamentaux reconnus à tous les citoyens ainsi que le plein exercice de sa citoyenneté. (…) A cette fin, l’action poursuivie vise à assurer l’accès de l’enfant, de l’adolescent ou de l’adulte handicapé aux institutions ouvertes à l’ensemble de la population et son maintien dans un cadre ordinaire de scolarité, de travail et de vie. Elle garantit l’accompagnement et le soutien des familles et des proches des personnes handicapées. »https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do…

Le code de l’éducation stipule que “… le service public de l’éducation assure une formation scolaire, professionnelle ou supérieure aux enfants, aux adolescents et aux adultes présentant un handicap ou un trouble de la santé invalidant. Dans ses domaines de compétence, l’Etat met en place les moyens financiers et humains nécessaires à la scolarisation en milieu ordinaire des enfants, adolescents ou adultes handicapés.”

Cette obligation légale amène de plus en plus d’élèves – avec handicaps moteurs, troubles des apprentissages, troubles du spectre autistique – en classe ordinaire. Cette inclusion d’enfants à besoin spécifiques, quoique certains puissent en penser, ne ralentit pas le rythme d’apprentissage des élèves “classiques”. Au contraire, elle profite, et peut être même avant tout, à la majorité des élèves des classes ordinaires, en mettant l’accent sur la différenciation des pratiques pédagogiques. Le principe de compensation, incontournable pour les élèves handicapés, devient ainsi un outil pédagogique précieux.
Nombre de ces élèves ont en effet besoin d’aménagements ou d’aide humaine, ressentis régulièrement comme un coup de pouce inégalitaire. Se poserait-on cette question pour un enfant porteur de lunette? Non, en tout cas plus depuis un certain temps… Ces aménagements n’ont pour but que de faciliter l’accès aux apprentissages, de donner les outils manquants permettant d’accéder aux savoirs.

Se pose une ultime question et non des moindres : les enseignants sont-ils formes et compétents pour enseigner à des élèves en situation de handicap ?
Formés, non, en tout cas de manière systématique et généralisée. Les enseignants doivent se former par eux-mêmes via les ressources mises à leur disposition comme Eduscol. Cela reste une problématique plus que conséquente
Compétents, sans aucun doute, tant que la bienveillance est le maître-mot et que la coéducation entre les enseignants, les professionnels suivant l’enfant et les parents est effective.

Derrière cette obligation légale, il y a également une obligation “sociétale”. Ces élèves en situation de handicap, sont avant tout des enfants qui, pour devenir des adultes responsables et autonomes participant au monde économique et social, doivent y être inclus dès l’école.

Comme le dit cette enseignante “…avoir un enfant handicapé dans sa classe est une chance d’approcher la différence de manière vivante, éducative. Cela demande à chaque élève d’apprendre à développer ses capacités d’écoute de l’autre dans sa différence, avec ses besoins spécifiques, différents des nôtres obligatoirement.”

Apprenons à nos enfants à côtoyer chaque jour la différence, à la respecter, à la vivre et surtout à ne plus en avoir peur et ne plus la rejeter.

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Par René Chiche

Cédant à la détestable manie des politiques de se servir de la presse pour lâcher des slogans et tester les réactions de l’opinion publique, le ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer a récemment fait part de sa volonté de s’attaquer aux vacances scolaires. « On doit se poser la question des vacances scolaires », a-t-il en effet déclaré au cours d’un entretien dont tous les faiseurs d’opinion patentés se sont empressés de ne retenir et de ne commenter ad nauseam que cette seule formule délibérément équivoque.

« On doit se poser la question des vacances scolaires ». Ah ? Quelle question ? Il va de soi pour presque tous les journalistes, dont on cherche d’ailleurs en vain les titres en vertu desquels ils s’autorisent à pontifier à intervalle régulier sur les questions d’éducation et à faire la leçon aux professeurs, que les vacances scolaires sont trop longues et constituent un indécent privilège dont il faut bien entendu priver ces derniers au nom de l’intérêt des élèves ou sous je ne sais quel autre prétexte.

vacances

Mettre au pas les professeurs, qui sont les gardiens du savoir désintéressé et les cultivateurs de l’esprit, est le fantasme d’une société infantile qui se passerait fort bien de l’autorité de la raison, si du moins on le pouvait. « On veut des maîtres dociles et on les aura » avertissait Jacques Muglioni dans un célèbre article intitulé « La gauche et l’école » publié en 1991 dans lequel cet illustre inspecteur général ne craignait pas de défendre les maîtres qui « ont l’impérieux besoin du loisir qu’on leur enviait jadis, qu’on leur reproche encore comme s’il était coupable, dont on entend les priver comme d’un privilège et d’un abus. Car il n’est plus question de lire, de flâner dans une librairie, de renouveler sa culture et de s’instruire encore. « Que faisiez-vous au temps chaud ? », dirait le négociant, celui qui selon le latin n’a pas le loisir. Impossible de répondre « je chantais » : notre société affairiste tolère très bien le bruit, mais elle n’aime pas la musique ! »

L’école est par nature loisir. Le mot école lui-même provient du grec ancien “schole” qui signifie précisément loisir, et qui est tout le contraire de l’oisiveté. Le loisir, c’est la condition de l’homme libre, de celui qui n’est pas asservi, dans son activité, à des fins étrangères à cette activité même. Poésie, gymnastique, théâtre, science et philosophie exigent du loisir. On ne pense pas sur commande et on ne traite pas un programme scolaire comme si l’on était à l’usine ou en regardant la montre. C’est pourquoi les vacances scolaires, grandes ou petites, ne sont pas non plus simplement des congés. Certes, comme toute activité, l’activité intellectuelle exige des coupures et des périodes de repos ; mais l’activité intellectuelle n’est pas n’importe quelle activité, et nul ne peut prendre davantage congé de son esprit que de son corps. Au contraire, il faut en prendre soin, et les vacances scolaires sont une période essentielle à cet effet, au cours desquelles on ne cesse pas de s’instruire. Un professeur qui ne lirait que des copies (ce qui occupe la plus grande partie de son temps dans l’année scolaire) ou qui ne s’instruit que de ce qu’il doit enseigner deviendrait rapidement inculte et ignorant, prêt à se soumettre à la tyrannie pédagogiste qui ne prospère que sur un tel terreau.

Puisqu’il nous faut des professeurs hautement instruits et cultivés, on doit leur garantir le loisir qui, seul, le permet. Il en va de même pour l’élève, qui a besoin de prendre le temps de lire, d’aller au théâtre, de découvrir des œuvres de sa propre initiative et non sur commande ; il suffit que l’école lui en ait donné le goût, et que la société lui en offre également les moyens.

Il y a donc bien lieu, en un sens, de se poser la question des vacances scolaires, comme l’affirme Jean-Michel Blanquer, afin de se rappeler leur nécessité absolue et leur finalité profonde, et les mettre à l’abri des lubies d’experts autoproclamés autant que de la mesquinerie de gestionnaires envieux.

Hélas, il semble qu’on prenne une fois de plus le chemin inverse et que l’administration, incapable de voir dans les vacances scolaires autre chose qu’un privilège arbitraire dont il faut dépouiller les professeurs, ne cherche qu’à les réduire sous les prétextes les plus farfelus et les plus stupides, quitte à prendre à cette fin les mesures les plus absurdes et les plus inefficaces !

D’ores et déjà, le projet d’arrêté fixant le calendrier de l’année scolaire 2018-2019, examiné par le CSE le 29 juin 2017, envisage de faire rentrer les enseignants le vendredi 31 août et place la fin de l’année scolaire le 6 juillet. Bien que rejeté à la quasi-unanimité, les votes des différentes organisations, même lorsqu’ils sont semblables, reposent sur des raisons différentes, parfois même divergentes, et éludent souvent l’essentiel.

Pour notre part, nous désapprouvons premièrement un calendrier qui fixe la prérentrée des enseignants un vendredi 31 août, au nom d’une prétendue nécessité impérieuse de faire rentrer tous les élèves un lundi. Cet argument n’a guère de sens. Il ne peut être valable, à la rigueur, que pour le premier degré bien que là encore on ne voit pas en quoi rentrer un mardi serait un drame pour les élèves. S’agissant de la rentrée des élèves dans les établissements du second degré, chacun sait qu’elle est étalée sur plusieurs jours afin de pouvoir les accueillir dans les meilleures conditions.
D’autre part, une réunion de « prérentrée » n’a nullement besoin de s’étaler sur une journée entière si elle est bien préparée et bien conduite. Il serait donc tout à fait possible de décaler de quelques heures la rentrée des enseignants et celle des élèves qu’on tient sans aucune raison sérieuse à faire rentrer « un lundi ». Les professeurs auront bien d’autres occasions de se réunir dès les premières semaines de septembre, et n’ont pas besoin de ces réunions interminables et inutiles. Aucune autre profession n’accepterait par ailleurs de reprendre le travail un vendredi qui, pour la plupart, est normalement un jour de fin de semaine de travail et non de début !

Mais il y a plus grave : les professeurs stagiaires ainsi que ceux qui ont obtenu une mutation ne sont titularisés qu’au 1er septembre. Le ministère ne peut donc juridiquement les contraindre à prendre leur poste un 31 août. Pour contourner le droit et persister dans le déni, il prévoit cependant de les placer avant le 1er septembre sous le régime des « collaborateurs bénévoles » (sic) ! Cette mesure stupéfiante suffit à révéler le caractère insensé de la date de prérentrée, dont nous réclamons qu’elle soit donc fixée au 1er septembre, autant par décence et respect des professeurs que par souci d’efficacité et de légalité !

Pour des raisons analogues, c’est-à-dire relevant du simple bon sens et de la prise en compte de la réalité, nous refusons que la fin de l’année scolaire soit fixée à la fin de la première semaine de juillet et non, comme il se doit, la dernière de juin. Cette mesure entraînera notamment, pour les élèves de certaines académies, une période de 11 semaines consécutives sur lesquelles il est peu vraisemblable que les dernières soient profitables, pour ne rien dire de l’aléa climatique et des fortes chaleurs de plus en plus fréquentes à cette période contre lesquelles rien, dans les salles de classes, ne permet de se prémunir. Veut-on donner l’apparence du travail ou veut-on en garantir vraiment les conditions ?

A l’évidence, le ministère poursuit, par ce projet d’arrêté, la mise en œuvre d’une politique déjà ancienne d’étalement de l’année scolaire et de réduction correspondante de la durée des congés d’été qui ne repose sur aucune nécessité et ne satisfait que des lubies idéologiques. Il est temps de dire clairement les choses : l’école n’est pas une entreprise, l’éducation ne saurait être soumise à un quelconque impératif de rentabilité, le temps scolaire, comme il a été précédemment rappelé, se déploie selon une logique inhérente qui exige que, pour les élèves aussi bien que pour les enseignants, des coupures régulières et plus ou moins significatives soient respectées, parce qu’elles répondent à des besoins physiologiques autant qu’aux exigences particulières de l’activité intellectuelle.

René Chiche
Pour Action & Démocratie, syndicat de l’enseignement de la CFE-CGC

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