Par Natacha

Les élèves en situation de handicap ont-ils leur place à l’école ?
Derrière cette question, volontairement provocatrice, existe un véritable questionnement de parents, d’enseignants, d’élèves …….

handicap

La loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées a défini le handicap de la façon suivante : « Constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive, d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant » (article L114 du code de l’action sociale et de la famille). Ainsi, outre les handicaps moteurs et les privations de sens, les troubles des apprentissages (dyslexie, dyspraxie, dysphasie, dysgraphie, dyscalculie), les troubles d’attention (TDA/H), les troubles du spectre autistique relèvent du handicap.

Cette loi stipule également que « Toute personne handicapée a droit à la solidarité de l’ensemble de la collectivité nationale, qui lui garantit, en vertu de cette obligation, l’accès aux droits fondamentaux reconnus à tous les citoyens ainsi que le plein exercice de sa citoyenneté. (…) A cette fin, l’action poursuivie vise à assurer l’accès de l’enfant, de l’adolescent ou de l’adulte handicapé aux institutions ouvertes à l’ensemble de la population et son maintien dans un cadre ordinaire de scolarité, de travail et de vie. Elle garantit l’accompagnement et le soutien des familles et des proches des personnes handicapées. »https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do…

Le code de l’éducation stipule que « … le service public de l’éducation assure une formation scolaire, professionnelle ou supérieure aux enfants, aux adolescents et aux adultes présentant un handicap ou un trouble de la santé invalidant. Dans ses domaines de compétence, l’Etat met en place les moyens financiers et humains nécessaires à la scolarisation en milieu ordinaire des enfants, adolescents ou adultes handicapés. »

Cette obligation légale amène de plus en plus d’élèves – avec handicaps moteurs, troubles des apprentissages, troubles du spectre autistique – en classe ordinaire. Cette inclusion d’enfants à besoin spécifiques, quoique certains puissent en penser, ne ralentit pas le rythme d’apprentissage des élèves « classiques ». Au contraire, elle profite, et peut être même avant tout, à la majorité des élèves des classes ordinaires, en mettant l’accent sur la différenciation des pratiques pédagogiques. Le principe de compensation, incontournable pour les élèves handicapés, devient ainsi un outil pédagogique précieux.
Nombre de ces élèves ont en effet besoin d’aménagements ou d’aide humaine, ressentis régulièrement comme un coup de pouce inégalitaire. Se poserait-on cette question pour un enfant porteur de lunette? Non, en tout cas plus depuis un certain temps… Ces aménagements n’ont pour but que de faciliter l’accès aux apprentissages, de donner les outils manquants permettant d’accéder aux savoirs.

Se pose une ultime question et non des moindres : les enseignants sont-ils formes et compétents pour enseigner à des élèves en situation de handicap ?
Formés, non, en tout cas de manière systématique et généralisée. Les enseignants doivent se former par eux-mêmes via les ressources mises à leur disposition comme Eduscol. Cela reste une problématique plus que conséquente
Compétents, sans aucun doute, tant que la bienveillance est le maître-mot et que la coéducation entre les enseignants, les professionnels suivant l’enfant et les parents est effective.

Derrière cette obligation légale, il y a également une obligation « sociétale ». Ces élèves en situation de handicap, sont avant tout des enfants qui, pour devenir des adultes responsables et autonomes participant au monde économique et social, doivent y être inclus dès l’école.

Comme le dit cette enseignante « …avoir un enfant handicapé dans sa classe est une chance d’approcher la différence de manière vivante, éducative. Cela demande à chaque élève d’apprendre à développer ses capacités d’écoute de l’autre dans sa différence, avec ses besoins spécifiques, différents des nôtres obligatoirement. »

Apprenons à nos enfants à côtoyer chaque jour la différence, à la respecter, à la vivre et surtout à ne plus en avoir peur et ne plus la rejeter.

Par René Chiche

Cédant à la détestable manie des politiques de se servir de la presse pour lâcher des slogans et tester les réactions de l’opinion publique, le ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer a récemment fait part de sa volonté de s’attaquer aux vacances scolaires. « On doit se poser la question des vacances scolaires », a-t-il en effet déclaré au cours d’un entretien dont tous les faiseurs d’opinion patentés se sont empressés de ne retenir et de ne commenter ad nauseam que cette seule formule délibérément équivoque.

« On doit se poser la question des vacances scolaires ». Ah ? Quelle question ? Il va de soi pour presque tous les journalistes, dont on cherche d’ailleurs en vain les titres en vertu desquels ils s’autorisent à pontifier à intervalle régulier sur les questions d’éducation et à faire la leçon aux professeurs, que les vacances scolaires sont trop longues et constituent un indécent privilège dont il faut bien entendu priver ces derniers au nom de l’intérêt des élèves ou sous je ne sais quel autre prétexte.

vacances

Mettre au pas les professeurs, qui sont les gardiens du savoir désintéressé et les cultivateurs de l’esprit, est le fantasme d’une société infantile qui se passerait fort bien de l’autorité de la raison, si du moins on le pouvait. « On veut des maîtres dociles et on les aura » avertissait Jacques Muglioni dans un célèbre article intitulé « La gauche et l’école » publié en 1991 dans lequel cet illustre inspecteur général ne craignait pas de défendre les maîtres qui « ont l’impérieux besoin du loisir qu’on leur enviait jadis, qu’on leur reproche encore comme s’il était coupable, dont on entend les priver comme d’un privilège et d’un abus. Car il n’est plus question de lire, de flâner dans une librairie, de renouveler sa culture et de s’instruire encore. « Que faisiez-vous au temps chaud ? », dirait le négociant, celui qui selon le latin n’a pas le loisir. Impossible de répondre « je chantais » : notre société affairiste tolère très bien le bruit, mais elle n’aime pas la musique ! »

L’école est par nature loisir. Le mot école lui-même provient du grec ancien « schole » qui signifie précisément loisir, et qui est tout le contraire de l’oisiveté. Le loisir, c’est la condition de l’homme libre, de celui qui n’est pas asservi, dans son activité, à des fins étrangères à cette activité même. Poésie, gymnastique, théâtre, science et philosophie exigent du loisir. On ne pense pas sur commande et on ne traite pas un programme scolaire comme si l’on était à l’usine ou en regardant la montre. C’est pourquoi les vacances scolaires, grandes ou petites, ne sont pas non plus simplement des congés. Certes, comme toute activité, l’activité intellectuelle exige des coupures et des périodes de repos ; mais l’activité intellectuelle n’est pas n’importe quelle activité, et nul ne peut prendre davantage congé de son esprit que de son corps. Au contraire, il faut en prendre soin, et les vacances scolaires sont une période essentielle à cet effet, au cours desquelles on ne cesse pas de s’instruire. Un professeur qui ne lirait que des copies (ce qui occupe la plus grande partie de son temps dans l’année scolaire) ou qui ne s’instruit que de ce qu’il doit enseigner deviendrait rapidement inculte et ignorant, prêt à se soumettre à la tyrannie pédagogiste qui ne prospère que sur un tel terreau.

Puisqu’il nous faut des professeurs hautement instruits et cultivés, on doit leur garantir le loisir qui, seul, le permet. Il en va de même pour l’élève, qui a besoin de prendre le temps de lire, d’aller au théâtre, de découvrir des œuvres de sa propre initiative et non sur commande ; il suffit que l’école lui en ait donné le goût, et que la société lui en offre également les moyens.

Il y a donc bien lieu, en un sens, de se poser la question des vacances scolaires, comme l’affirme Jean-Michel Blanquer, afin de se rappeler leur nécessité absolue et leur finalité profonde, et les mettre à l’abri des lubies d’experts autoproclamés autant que de la mesquinerie de gestionnaires envieux.

Hélas, il semble qu’on prenne une fois de plus le chemin inverse et que l’administration, incapable de voir dans les vacances scolaires autre chose qu’un privilège arbitraire dont il faut dépouiller les professeurs, ne cherche qu’à les réduire sous les prétextes les plus farfelus et les plus stupides, quitte à prendre à cette fin les mesures les plus absurdes et les plus inefficaces !

D’ores et déjà, le projet d’arrêté fixant le calendrier de l’année scolaire 2018-2019, examiné par le CSE le 29 juin 2017, envisage de faire rentrer les enseignants le vendredi 31 août et place la fin de l’année scolaire le 6 juillet. Bien que rejeté à la quasi-unanimité, les votes des différentes organisations, même lorsqu’ils sont semblables, reposent sur des raisons différentes, parfois même divergentes, et éludent souvent l’essentiel.

Pour notre part, nous désapprouvons premièrement un calendrier qui fixe la prérentrée des enseignants un vendredi 31 août, au nom d’une prétendue nécessité impérieuse de faire rentrer tous les élèves un lundi. Cet argument n’a guère de sens. Il ne peut être valable, à la rigueur, que pour le premier degré bien que là encore on ne voit pas en quoi rentrer un mardi serait un drame pour les élèves. S’agissant de la rentrée des élèves dans les établissements du second degré, chacun sait qu’elle est étalée sur plusieurs jours afin de pouvoir les accueillir dans les meilleures conditions.
D’autre part, une réunion de « prérentrée » n’a nullement besoin de s’étaler sur une journée entière si elle est bien préparée et bien conduite. Il serait donc tout à fait possible de décaler de quelques heures la rentrée des enseignants et celle des élèves qu’on tient sans aucune raison sérieuse à faire rentrer « un lundi ». Les professeurs auront bien d’autres occasions de se réunir dès les premières semaines de septembre, et n’ont pas besoin de ces réunions interminables et inutiles. Aucune autre profession n’accepterait par ailleurs de reprendre le travail un vendredi qui, pour la plupart, est normalement un jour de fin de semaine de travail et non de début !

Mais il y a plus grave : les professeurs stagiaires ainsi que ceux qui ont obtenu une mutation ne sont titularisés qu’au 1er septembre. Le ministère ne peut donc juridiquement les contraindre à prendre leur poste un 31 août. Pour contourner le droit et persister dans le déni, il prévoit cependant de les placer avant le 1er septembre sous le régime des « collaborateurs bénévoles » (sic) ! Cette mesure stupéfiante suffit à révéler le caractère insensé de la date de prérentrée, dont nous réclamons qu’elle soit donc fixée au 1er septembre, autant par décence et respect des professeurs que par souci d’efficacité et de légalité !

Pour des raisons analogues, c’est-à-dire relevant du simple bon sens et de la prise en compte de la réalité, nous refusons que la fin de l’année scolaire soit fixée à la fin de la première semaine de juillet et non, comme il se doit, la dernière de juin. Cette mesure entraînera notamment, pour les élèves de certaines académies, une période de 11 semaines consécutives sur lesquelles il est peu vraisemblable que les dernières soient profitables, pour ne rien dire de l’aléa climatique et des fortes chaleurs de plus en plus fréquentes à cette période contre lesquelles rien, dans les salles de classes, ne permet de se prémunir. Veut-on donner l’apparence du travail ou veut-on en garantir vraiment les conditions ?

A l’évidence, le ministère poursuit, par ce projet d’arrêté, la mise en œuvre d’une politique déjà ancienne d’étalement de l’année scolaire et de réduction correspondante de la durée des congés d’été qui ne repose sur aucune nécessité et ne satisfait que des lubies idéologiques. Il est temps de dire clairement les choses : l’école n’est pas une entreprise, l’éducation ne saurait être soumise à un quelconque impératif de rentabilité, le temps scolaire, comme il a été précédemment rappelé, se déploie selon une logique inhérente qui exige que, pour les élèves aussi bien que pour les enseignants, des coupures régulières et plus ou moins significatives soient respectées, parce qu’elles répondent à des besoins physiologiques autant qu’aux exigences particulières de l’activité intellectuelle.

René Chiche
Pour Action & Démocratie, syndicat de l’enseignement de la CFE-CGC

Par Olive Koenig
Suite à cet article du Parisien en date du 5 juillet dernier, nous apprenions qu’une centaine de Professeur des écoles stagiaires étaient sous la menace d’un licenciement, à l’issue de leur année de stage.
Je vais donc essayer de décortiquer cela, me faisant comme d’habitude l’avocat du diable, en essayant de rester le plus objectif possible. N’y voyez aucune provocation, juste un peu de mon expérience, et sachez que je reste ouvert à la discussion.
Je viens du secteur privé où j’ai passé de nombreuses années. Dans toutes les entreprises, la plupart des cadres embauchés ont 3 mois, 6 mois ou 1 an de période d’essai, durant laquelle, si il ne font pas l’affaire, ou si simplement leur tête ne revient pas au patron, ils peuvent se faire remercier du jour au lendemain sans préavis.
Notre année de stage est à peu près équivalente à cela, mise à part que, on nous laisse aller jusqu’au bout (sauf faute gravissime), et bien que nous soyons suivis et visités tout au long de l’année, la « sanction » est prononcée à l’issue de la visite d’un IEN en fin d’année (Sauf erreur de ma part).
Depuis 2 (ou 3) ans maintenant, dans l’académie de Créteil, ce sont environ 2000 stagiaires recrutés chaque année. Alors, pourquoi ne pas envisager que sur ces 2000, une centaine ne feraient pas l’affaire (Soit 5%) ? Soit parce qu’ils ne sont réellement pas faits pour ce métier, soit parce que le métier n’est pas fait pour eux ? Est-ce leur rendre service que de les titulariser ? Est-ce rendre service aux élèves ? D’autre part je vous laisse apprécier le langage journalistique (J’ai aussi été journaliste donc je sais de quoi je parle), avec le « dont la plupart avait reçu un avis favorable de leur formateur de l’Espé« . Quelle proportion représente exactement ce « la plupart » ?
Là où je m’indigne réellement, c’est effectivement ce manque total de formation, dû au fait que n’importe qui disposant d’un M1 en n’importe quoi, peut présenter le concours, et s’il l’a, se retrouver devant une classe le septembre suivant, sans aucune formation que la tête remplie d’un niveau troisième en maths et français, quelques notions sur le système éducatif et quelques formules toutes faites en « comment mener une séance en EPS ? ».
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C’est également sans compter le concours externe, ouvert aux parents de trois enfants et aux sportifs de haut niveau. Alors  Être Papa ou Maman de trois enfants signifie-t-il pour autant que l’on sera une bonne « maîcresse » ou un bon maître ?
Quant aux sportifs de haut niveau, j’imagine aisément Franck Ribéry devant décortiquer la phrase complexe devant des CM2 (Mais je n’ai rien contre lui hein, ni contre les mamans de trois enfants, bien au contraire !).
Pas normal non plus, si, ainsi que mentionné dans l’article du Parisien, il est proposé à ces personnels licenciés, un poste de remplaçant (mais à vérifier…).
En conclusion, c’est tout le système de recrutement qu’il convient de mettre par terre une bonne fois, et cesser de recruter à tour de bras des gens de très très bonne volonté, mais qui pour certain, c’est inévitable, vont droit dans le mur en klaxonnant….

A l’heure où beaucoup d’entre vous ont reçu un mail leur annonçant qu’ils allaient bénéficier dans l’année d’un entretien d’évaluation, le PPCR fait toujours l’objet de questions.

Lors de la réunion du Conseil commun de la fonction publique du 10 juillet dernier Gérald Darmanin, ministre en charge de la Fonction publique, a annoncé que la situation des finances publiques oblige le gouvernement à s’interroger « sur le calendrier de mise en œuvre du protocole et de l’étalement de sa montée en charge » en précisant que ce serait un sujet de discussion avec les organisations syndicales.

Sauf que la mise en place du PPCR a déjà fait l’objet de très longues discussions et que l’annonce du gel du point d’indice n’était pas pour rassurer les enseignants. Et que dire de l’annonce  du 17 juillet d’Emmanuel Macron  devant le Sénat, son intention de séparer le calcul du point d’indice pour les différentes fonctions publiques. Tout cela n’annonce rien de bon pour notre pouvoir d’achat.

Les organisations syndicales signataires du protocole PPCR ont donc adressé  un courrier commun au Premier ministre lui demandant, au moment où les premiers grands arbitrages concernant la préparation budgétaire 2018 sont en discussion, pour que son annonce faite par le ministre de l’action et des comptes publics ne reste sans  suite.

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Par Olive Koenig

« Si quelqu’un dit quelque chose, mais fait le contraire, on ne retiendra que ce qu’il a fait »
Auteur inconnu

L’autorité, c’est quoi ?

Tentons d’en savoir plus sur le mot « autorité » selon que l’on soit parent, enseignant, enfant, élève…
Le mot autorité vient du latin « auctoritas », qui signifie la « capacité de faire grandir ». C’est l’un des rôles de l’école d’aider les élèves à grandir au-delà des apprentissages, l’école forme les futurs citoyens, et pour cela l’institution confère une certaine autorité aux enseignants, et aux équipes éducatives au sens plus large.
L’autorité est le pouvoir de commander, d’obliger à quelque chose, d’être obéi. Elle implique une notion de légitimité.
La question de l’autorité est inhérente à la posture d’éducateur qu’incarne l’enseignant et, que ce dernier soit débutant ou expérimenté, cette posture n’est jamais acquise une fois pour toute, et reste une préoccupation qui nécessite une vigilance de chaque instant, avec laquelle il faut sans cesse composer.
La place de l’autorité dans la société évolue sans cesse, et les recherches en psychologie et en sciences humaines, ont pu montrer que les enfants sont des êtres en devenir, et non plus des cerveaux à remplir, ainsi que cela a pu être jusqu’à la révolution étudiante de 1968. (Précisons que les premières théories sur le développement de l’enfant datent du XVIIIème siècle).
Dans son article « Psychologie de l’enfant : 150 ans d’histoire » (Sciences Humaines N° 120 Octobre 2001), Caëtane Chapelle explique :
« L’enfant fut longtemps considéré comme un adulte en miniature. Mais dès les débuts de la psychologie de l’enfant, les savants soupçonnent qu’il a son intelligence propre, et surtout, que l’étudier permettrait de comprendre la pensée». Puis l’auteur de citer Piaget, Vygotsky, etc.
A l’école jusqu’en 1968, on ne pouvait pas vraiment parler de l’autorité du maître, mais davantage d’autoritarisme, qui n’est en fait qu’un abus d’autorité de par son statut, et peut s’apparenter à une forme de violence. L’autoritarisme (Je fais ce que je veux ; la loi, c’est moi ; j’ai tout pouvoir), autorité sans borne, étant une réaction immédiate, une surréaction, et qui produit l’effet inverse à celui escompté, à savoir, discréditer (saper) l’autorité.
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Distinction entre « Etre l’autorité » et « Faire autorité »

Oui, le Professeur des écoles représente l’autorité, « est » l’autorité, à savoir est garant de l’application des lois. Ce sont d’ailleurs ces dernières qui bornent justement l’autorité.
« Faire autorité », prend un sens tout autre, puisqu’il s’agit là davantage d’une notion de légitimité. Le Professeur des écoles doit faire autorité, c’est-à-dire être légitime à travers ses connaissances, sa posture, sa facilité de transmission, ses facultés de facilitateur des apprentissages, sa cohérence, et sa manière de faire comprendre l’autorité.
« Etre l’autorité » et « Faire autorité » sont les fondements mêmes du Référentiel de compétences des professeurs (BOEN n°13 du 26 mars 2015 – Fiche n°14), notamment dans la compétence n°1, « Faire partager les valeurs de la République », ou n°6, « Agir en éducateur responsable et selon des principes éthiques », et, dans les compétences communes à tous les professeurs (BOEN n°13 également), la compétence P4 « Organiser et assurer un mode de fonctionnement du groupe favorisant l’apprentissage et la socialisation des élèves ».
Il est à noter qu’à aucun moment dans les compétences de ce référentiel, il n’est mentionné « Faire preuve d’autorité », preuve, s’il en était besoin, que l’autorité n’est qu’un outil, certes indispensable, mais seulement un outil au service des objectifs fixés en classe.

Comment installer son autorité à l’école pour un professeur débutant, face aux élèves et aux parents ?

L’institution confère au Professeur des écoles, en tant fonctionnaire de l’état, une autorité dans son rôle au quotidien face aux élèves et aux parents. Mais cet état statutaire n’est pas suffisant pour que le Professeur des écoles installe son autorité.
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Installer son autorité est une posture qui se construit et s’affine avec le temps et l’expérience même si les diverses formations proposées en Master Meef par exemple, nous fournissent quelques règles de base et outils.
Cela demande aussi d’affirmer sa légitimité face aux élèves et aux parents. Il est aussi important de d’ajuster et de réajuster les relations avec ces derniers, reconnaître et dépasser les tensions en comprenant leur positionnement dans la limite de notre fonction mais en intégrant également leur diversité dans le rôle qu’ils jouent avec leur enfant. Car il est essentiel de garder la distance nécessaire pour pouvoir exercer cet autorité dans les relations et cadres qu’on offre à nos élèves, et l’accueil que l’on réserve à leurs parents.
L’autorité s’exerce aussi au travers de la place qu’on donne aux élèves, de l’autonomie qu’on leur laisse dans leurs apprentissages, mais aussi dans l’exigence que l’on place en eux (à la condition que le Professeur des écoles soit exigeant envers lui-même également). Les enfants sont sensibles à l’autorité du maître, lorsque celui-ci leur apporte des connaissances en les valorisant et en évaluant avec impartialité les progrès dans leurs acquis. Ils sont sensibles également au fait que le maitre soit « juste » dans ces décisions. Cependant, cette dernière notion est trop sujette à subjectivité. Ceci est bien compris par les élèves, lorsqu’il est expliqué que, ce qui semble injuste à l’un, peut sembler juste à l’autre. Bien sûr, encore une fois, il ne s’agit pas de sombrer dans une injustice perpétuelle frisant l’autoritarisme.
L’autorité n’est pas juste une posture personnelle qui consiste à établir des règles de vie, des ceintures de comportement, des tableaux de points ou de punitions, même s’il est nécessaire de trouver les sanctions adéquates en cas de transgression de la loi, pour que chacun trouve sa place dans le groupe et que celui-ci puisse atteindre les objectifs fixés harmonieusement. Et que toutes ces dispositions permettent de créer un climat de classe propice au vivre ensemble, au devenir élève et au respect de chacun. Il est aussi important d’être exigent et rigoureux dans l’organisation et la transmissions des apprentissages. Transmettre c’est également s’engager dans les valeurs de la République et être garant de leur respect au quotidien.
Le maître est un modèle pour ces élèves, car au-delà de l’autorité qu’il incarne, il a la confiance de ces derniers, car il contribue à leur avenir d’adulte et de futur citoyen en tant qu’un individu facilitateur de l’acquisition de nouvelles connaissances.
L’autorité exige de connaître et d’appliquer les textes officiels qui régisse notre mission en tant qu’agent du service public, de s’informer, de se former, et d’être en position de remise en question constante afin de réajuster en permanence sa pratique. Utiliser les outils mise à notre disposition pour amener les élèves à la réussite.
Pour ce faire, il est indispensable de construire un univers sécurisé pour apprendre, sans oublier d’y intégrer d’emblée les dimensions de créativité et de plaisir, ingrédients fondamentaux pour l’investissement à long terme.

En conclusion

Le regard de la société sur l’enfant a changé et par conséquent la notion d’autorité à son encontre a évolué. De nos jours, l’autorité est, le plus souvent, le fruit de réflexions et de postures professionnelles que l’on acquiert avec l’expérience et l’engagement que demande le métier de Professeur des écoles.
Autrefois le maître devait faire preuve d’autorité et son rapport à l’élève était totalement différent car son rôle était d’instruire avant tout.
La connaissance et l’évolution de la recherche sur le développement de l’enfant en tant personne et citoyen en devenir, a conduit aujourd’hui à la redéfinition des missions et des compétences du Professeur des écoles, afin qu’il ait les outils nécessaires pour installer son autorité avec les élèves et les parents.
L’école est de plus en plus ouverte aux parents et les élèves impliqués dans leur réussite scolaire, qui se construit dans le cadre d’un partenariat école – élèves – parents.
Ceci signifie, pour le professeur, un réajustement permanent entre « faire autorité » et « avoir autorité » dans nos missions d’instruction et d’éducation.
Ceci signifie qu’il faut, au quotidien, faire en sorte que nos élèves réussissent et deviennent de futurs citoyens éclairés et responsables, c’est-à-dire respectueux des règles mais avec leur libre arbitre, et en fonction des moyens que l’Education Nationale veut bien mettre à notre disposition.

Par Olive Koenig

On parle beaucoup de la violence en collège ou lycée, beaucoup d’études, de statistiques ont été réalisées sur le sujet, mais relativement peu comparativement, à la violence en maternelle et en primaire.

Qu’est-ce-que la violence ?

L’OMS en donne une définition :

« L’usage intentionnel de la force physique, du pouvoir sous forme de menace ou d’action contre soi-même, autrui ou un groupe ou une communauté dont la conséquence réelle ou probable est une blessure, la mort, un traumatisme psychologique, un mauvais développement ou encore la précarité. »
Cette définition s’en tient essentiellement à ce qui est réprimandé par le Code Pénal. Or, nous savons très bien, pour le vivre au quotidien, qu’il existe entre élèves d’autres formes de violences, que certains auteurs appellent « microviolence », et qui, par leur aspect répétitif, peuvent causer des dégâts psychologiques importants.

Ressenti

J’ai quelques années d’expérience en école primaire, essentiellement du cycle 3. Vendredi matin 25 novembre, je me suis rendu en maternelle, dans l’école où je suis affecté pour mon stage en responsabilité de 15 jours. Je n’y ai donc passé qu’une demi-journée, et ai surveillé une récréation de 30 minutes. Durant cette récréation, j’ai dû intervenir trois fois pour des actes violents (coups de pied, coup de poing) entre enfants de Moyenne et de Grande section. Mes classes de cycle 3 m’ont habitué à régler les conflits des plus grands, mais je dois avouer avoir été perturbé de constater le même type de violence chez les tout-petits. Mon ressenti est que, chez certains enfants, la place d’une phase de dialogue est totalement absente. On part directement vers la violence, et parfois totalement sans raison.

Pourquoi ?

Il serait prétentieux de ma part de répondre à cette question, mais j’ai quelques éléments d’analyse que je souhaite approfondir au cours de ma pratique professionnelle.
Une banalisation de certains actes violents ?
J’ai moi-même 2 enfants, un de 15 ans et une de 10 ans. Lorsqu’il m’arrive d’aller chercher ma dernière à l’école, je vois certains enfants « jouer » à se donner des coups de pied, sous les yeux de leurs parents, qui, non seulement ne réagissent pas, mais que ces actes font sourire, voire rire, voire encore, qu’ils vont attiser par des « Vas-y, te laisse pas faire… ».

Evolution de l’accès à la violence au cours des générations ?

On peut s’interroger sur l’évolution des phénomènes de violence au cours du temps. Je nuis pas d’une génération “récente”, et si j’en appelle à mes souvenirs, il y avait déjà de la violence en école primaire lorsque j’y étais élève. Mais était-ce la même ? Je mets de côté les quelques « caïd » qui ont toujours existé dans les établissements scolaires, et ce de tout temps.
Aussi loin que je me souvienne, avec mes camarades, nous jouions au « gendarme et au voleur », aux « cowboys et aux indiens », etc. Nous faisions semblant de nous tirer dessus avec des armes à feu, parfois en mime, parfois en les fabricant avec des tiges de feuilles de platanes. Dans notre jeu, certains étaient blessés, d’autres mourraient. Tout cela sous l’œil amusé voire bienveillant des adultes, professeurs ou surveillant. Personne n’y trouvait rien à redire. Oui mais voilà, nous faisions « semblant », c’était « pour de faux », et pour cause, rien dans la réalité de notre vie ne nous confrontait à une violence réelle. Nos jeux étaient librement inspirés de quelques films policiers ou de quelques « western » vus à la télé. Le peu de média disponibles à l’époque (Journaux, télévision ou radio), d’une part ne nous étaient pas forcément autorisés par nos parents, d’autre part ne relataient pas forcément la violence du monde, pourtant bien réelle à l’époque (Guerre d’Algérie, guerre du Vietnam, Mai 68 etc.). A tout le moins, les quelques images qui apparaissaient étaient étroitement contrôlées par le pouvoir en place et dirigées en sa faveur.
Les années 1980 ont vu un tournant s’opérer sur la libéralisation des médias, radios libres, liberté de la presse, multiplication des chaînes TV, et bien entendu, internet. Dès lors, les informations, opinions, images ont fusé de toute part, pratiquement hors tout contrôle. Epoque formidable s’il en est, oui, mais, sauf que personne n’était préparé à cela, à ce déversement d’images, de sons, d’émissions, souvent très drôles, mais également qui nous projette dans la réalité de la violence immédiate du monde, dans la violence réelle, et en temps réel.
Dès lors, la violence quotidienne imprime les esprits, et, il convient de comprendre que les parents des enfants dont nous sommes en charge aujourd’hui, ainsi que la majorité des enseignants, sont eux-mêmes nés dans les années 1980 – 1990, donc eux-mêmes baignés dans la profusion des médias et des violences qu’ils diffusent (sans compter l’absence presque totale de contrôle des informations, aboutissant parfois à tout et n’importe quoi, annonce du décès de personnes bien vivantes, théories du complot, etc.).
Entendons-nous bien, je ne suis pas en train de dire « c’était mieux avant », je pense simplement que nous ne sommes pas préparés, et suffisamment affûtés pour faire face et prendre le recul suffisant, en tant que parents ou professeurs (manque de formation ?).
Dès lors, nous aboutissons à la contradiction suivante : une présence de la violence au quotidien hors cadre scolaire, et son refus bien compréhensible dans l’enceinte des établissements. Autrement dit, les enfants ne savent plus « sur quel pied danser », j’en veux pour preuve cette réflexion étonnante qui m’a été servie lorsqu’un Grande Section explique, après avoir frappé un camarade : « Oui, je l’ai tapé…mais je lui ai dit – pardon – ! ». En fait, j’ai fait ce que je sais faire, ce que je vois tous les jours en dehors de l’école, frapper, mais j’ai respecté les règles que vous m’imposez dans l’école, à savoir présenter des excuses…Donc, tout roule…

La relation Parents – Enfants – Professeurs

Certains professeurs des écoles se refusent également d’intervenir en cour de récréation, expliquant qu’il « faut les laisser se débrouiller », que « si tu commences comme ça, tu y va y passer toutes tes récrés, sans compter les parents… ».
La violence verbale est très présente, à travers l’utilisation d’un vocabulaire ordurier. Pour ce que j’en sais, celui-ci n’est pas appris par l’enfant auprès du corps enseignant. Il convient donc de s’interroger sur l’origine de ce vocabulaire dans la bouche de jeunes enfants (dès le CP, voire avant, d’après ma propre expérience). Dans une récente émission sur BFMTV, intitulée « De plus en plus de profs démissionnent : L’Education Nationale m’a dégoûté du métier », un jeune Professeur des écoles explique : « Un enfant, vous lui demandez d’aller se ranger, dans votre dos il va vous insulter. Des insultes qui peuvent être gravissimes. Les parents, vous savez que quand vous les allez les prévenir, ils vont vous traiter de menteur ».
Or, dans la Loi du juillet 2013 de programmation et d’orientation pour la refondation de l’Ecole de la République, l’article 1 des principes généraux du Programme d’enseignement moral et civique stipule :
« L’éducation morale n’est pas du seul fait ni de la seule responsabilité de l’école ; elle commence dans la famille ». Trois remarques :
1 – Il s’agit tout de même d’une Loi, gravée dans le marbre
2 – Il s’agit de l’article premier de cette Loi
3 – Puis, ensuite, dans tout le contenu, plus rien sur le rôle des parents…
Bien entendu, il ne s’agit pas d’un document à l’attention des parents. Dans ce cas, on peut s’interroger sur la présence de cet article 1, qui me semble un peu saugrenue.
Bref, un environnement violent chez l’adulte qui favoriserait la banalisation de la violence ?
L’article de Cécile Carra, Alix Garnier, Christophe Col, Béatrice Carnel et Michel Mas « Les violences à l’école primaire vues par les élèves : une face peu connue du phénomène », explique que :« L’expérience scolaire de l’enfant se confronte aux jugements normatifs de l’adulte, qui imposent à la conscience de l’enfant, dans ce décalage de perception, l’idée d’une réalité de la violence. »
Le rôle des adultes, de l’environnement social, familial, est donc facteur déclenchant des réactions de violence.
Georges Fotinos, ancien Inspecteur Général de l’Education Nationale, membre de l’Observatoire international de la violence à l’école, a codirigé une étude sur la violence scolaire, en particulier sur le phénomène de harcèlement.
Voici l’une de ses réflexions : « La violence à l’égard des professeurs et directeurs d’école augmente aussi. Les élèves sont de moins en moins respectueux. Tous comme les parents. Ces derniers considèrent l’école comme un service public qui doit servir leurs besoins. Ce sont des consommateurs. Leurs attentes vis-à-vis de l’école sont très fortes. Ce qui explique certains dérapages… ».
L’article de Michel Segal, « Traiter la violence scolaire », publié dans la revue Skhole.fr, vient appuyer les propos de Georges Fotinos, en mettant l’accent sur le cercle vicieux qui détériore le climat dans les établissements scolaires : « Outre le signe d’un climat social très dégradé, ces violences – celles commises sur les professeurs- révèlent un monde où les adultes sont incapables de faire régner l’ordre chez les enfants, un monde où les adultes n’ont plus de fonction représentative de l’autorité et du droit…Les familles pensent alors que leur enfant n’y apprend pas grand-chose et qu’il n’est pas en sécurité, et cela ne fait qu’ajouter à leur méfiance et à une mauvaise perception de l’institution, ce qui à son tour détériore la situation. ».

En conclusion : 

Une des explications de la violence à l’école, réside dans la frontière, voire la cassure entre les règles de vie hors institution scolaire et celles qui nous sont demandées d’appliquer en tant que professeur des écoles. Les premiers à en souffrir sont les enfants, qui passent d’un monde à l’autre, plusieurs fois par jour, et qui ne peuvent pas s’adapter à autant de changements rapides. Il nous faut absolument renforcer le triangle gagnant Parents – Professeurs – Enfants, afin de transformer le cercle vicieux décrit par Michel Segal, en cercle vertueux.

Par anonyme

« Monsieur le président,
Cela commence comme le célèbre poème de Vian, auquel je fus initiée – j’en garde un souvenir ému – par Mr Luciani, professeur de français au collège de la région parisienne qui m’accueillit comme élève. 

L’ecole, j’y suis encore, 35 ans après, mais ce ne sont pas les Lettres qui ont eu ma préférence -quoique ce fut mon deuxième sujet de prédilection -mais la langue de Shakespeare, dont je tombai amoureuse en découvrant les Etats-Unis. 

Mais je n’ai pas décidé d’ecrire cette lettre pour vous raconter ma vie, même si vous donnez l’apparence d’un homme capable d’ecoute, ce qui une des raisons pour lesquelles j’ai décidé de vous adresser ce message.

Voilà donc quelques mois que vous êtes notre président, et les nuages commencent à s’assombrir au-dessus de nos têtes, à nous, enseignants. C’est devenu une sorte de rituel de s’en prendre à l’ecole et à ses représentants, pour, d’une part, faire des économies, et, de l’autre, plaire aux esprits chagrins et jaloux qui lorgnent sur nos congés. On parlé de gel du point d’indice, de gel du nombre de fonctionnaires, de réforme du baccalauréat avec certaines matières  » élues » à l’epreuve finale et d’autres au contrôle continu, on parlé d’allonger notre temps de travail, de réduire nos vacances…la chasse aux sorcières, qui ne s’est jamais vraiment interrompue, reprend.
Laissez-moi vous peindre un rapide tableau de notre métier, que j’exerce depuis 25 ans, depuis que j’obtins le couronnement de ma passion pour l’anglais : la sacro-sainte agrégation.

D’abord, des années difficiles, et qui le sont encore bien plus pour mes jeunes collègues qui débutent aujourd’hui, puisque les incivilités ont poussé sur le terreau de la crise, de la baisse des exigences, de la fuite de certains parents devant leurs responsabilités éducatives, de la dégradation de l’image des enseignants au gré des coups de canif des différents gouvernements…

Puis, enfin, une certaine stabilité et des conditions d’enseignement convenables, de vraies rencontres avec des élèves et des collègues que l’on garde dans son cœur. 
Et puis, les problèmes reviennent, mais pas les mêmes : les heures d’enseignement se réduisent comme peau de chagrin ( enseigner une langue en 2h 1/2, voire 2 h par semaine, vraiment ???), le dernier arrivé de l’equipe pédagogique va devoir enseigner dans un 2eme établissement, parfois éloigné, les effectifs augmentent ( enseigner et évaluer à l’oral une classe de 30 élèves, vraiment ???), des nouvelles modalités obligent les professeurs de langue à organiser eux-mêmes des évaluations de compréhension et d’expression orale, requérant des heures de travail supplémentaires pour lesquels ils ne seront bien sûr pas rémunérés, les tensions se développent entre professeurs pour toutes ces raisons… parallèlement, de plus en plus d’eleves démotivés arrivent au lycee car les places manquent dans les sections professionnelles, la tâche se complique encore car il faut essayer de s’adapter à leur niveau, souvent très bas, sans sacrifier les quelques élèves motivés et sérieux, qui ont, eux, un bon niveau… mission impossible, épuisante, attristante. Pour couronner le tout, l’enseignant, dans la plupart des cas, se sent bien solitaire car, entre lui et les parents, l’administration a souvent bien vite choisi. Il ne lui reste plus, alors, que le soutien de ses collègues et de sa famille. 

Pour preuve du desarroi des enseignants, la difficulté de l’etat à recruter et à conserver ses enseignants, le nombre croissant de démissions…le dernier attrait de cette profession mal traitée et mal aimée, ce sont les vacances si jalousées mais si nécessaires pour se reconstruire entre 2 années scolaires. Qu’en sera-t’il alors si elles sont amputées ? Qui voudra encore faire ce métier souvent ingrat et épuisant ?

Et pourtant, n’est -elle pas à la base de tout, cette école ? Pourquoi toujours la sacrifier ? En ces temps violents et désespérés, ne faudrait-il pas plutôt lui donner les moyens de faire valoir les règles et la discipline nécessaires à la vie en société, lui permettre d’avoir des exigences envers les élèves, lui donner les moyens de donner un vrai bagage à chacun d’entre eux ? Ne voyez-vous pas une corrélation entre le mal que l’on a fait à l’ecole et l’etat de la société aujourd’hui ?

Je crois trouver en vous un homme de raison qui a plus à coeur de faire avancer son pays que de porter le coup de grace a l’ecole pour economiser quelques sous et faire plaisir aux esprits jaloux-qui gagnent souvent plus d’argent que les enseignants qu’ils decrient.
Cordialement »

monsieur le président

Texte de Seb Bridge pour le Café pédagogique reproduit ici avec son aimable autorisation.

 Le débat est ouvert (désolé pour les tournures de phrases parfois discutables). Je file… Que les recalés ne s’inquiètent pas ils seront contractuels pour moins de 1400 euros par mois. Ou alors vacataires et non rémunérés pendant les vacances. On les verra défiler et il faudra leur expliquer la chanson, le métier (pour les débutants), jouer les tuteurs officieux, leur passer des cours (ce qui ne me pose aucun problème). Et finalement constater les effets néfastes sur les élèves qui sont soumis malgré eux à cette valse des enseignants… C’est PITOYABLE.

Dans le privé si tu as un poste à pourvoir et que les candidats ne te satisfont pas comment réagir ?

1/ Proposer une rémunération supérieure (ce n’est pas dans l’air du temps)

2/ Accepter un candidat qui ne valide pas tous tes critères (il faudra bien quelqu’un dans tous les cas)

3/ Ne pas pourvoir le poste et compenser (Heures sup encore faut-il que les autres employés acceptent, travail supplémentaire du chef d’entreprise : jusqu’à preuve du contraire les chefs d’établissement n’assurent pas les cours).

4/ Se tourner vers l’intérim et multiplier les CDD. Cette dernière option semble plus flexible mais elle a des effets plus vastes sur la vie de l’entreprise…. Voici ce que je pense comme la plupart de mes collègues : Reconnaissance, fidélité, respect sont souvent les maitres mots pour envisager de construire un projet solide et pérenne.

Une collègue qui vient de réussir le concours s’étonne que seuls 80 postes sur 91 ont été pourvus. Ma réponse : 11 personnes non stagiaires donc 11 personnes qui potentiellement ne signeront pas un CDI pour 35 ou 40 ans. 11 tuteurs à trouver à moins (qui coûtent 5000 euros bruts par an à l’Etat), 11 primes de titularisation en moins à verser, 11 personnes en moins à accueillir à l’ESPE.

Contractuels ne vous inquiétez pas, on a tout prévu pour vous. Des formations flashs en 12h (en supposant que les inspecteurs parviennent à vous détecter).

Promettre 91 postes et n’en pourvoir que 80 c’est faire croire que les postes sont accessibles c’est dire à la société civile qu’on veut recruter des enseignants pour leurs enfants mais que malheureusement les personnes qui se présentent semblent (je dis bien semble…) incompétentes. Malgré tout, on proposera un contrat temporaire à ces mêmes personnes. Cherchez l’erreur.

Une collègue contractuelle vient d’avoir un avis très favorable de la direction et de l’inspecteur suite à l’année qu’elle a passé parmi nous. Elle a prouvé l’étendue de ses compétences. Je peux sans me tromper dire qu’elle est l’enseignante qu’il faut à nos élèves. Mais elle a consacré beaucoup de temps à son activité pro et elle a échoué de peu au concours. Elle reste donc une simple contractuelle tout aussi compétente que n’importe quel stagiaire mais qu’on pourra déplacer à volonté. Elle a eu le droit au traditionnel « peut-être à la rentrée ». Elle aura la réponse le 4 septembre quand la pré-rentrée aura eu lieu. Et comme si ça n’avait aucune incidence sur l’ambiance dans les établissements et aucun effet sur les élèves.

Par RSS Bègles

Plusieurs écoles en Seine-Saint-Denis, dans le Rhône, le Var ou encore en Seine-et-Marne ont décidé de faire grève pour protester contre la réduction du nombre d’élèves en CP et CE1 dans les REP. Déjà, ces dédoublements ne concernent plus que les CP dans les REP+ alors que les engagements tenaient sur les CP ET les CE1 en REP+ ET en REP ! De plus, la baisse des effectifs en REP+ a pour conséquence l’augmentation des effectifs hors REP+ ! Ou comment déshabiller Pierre pour habiller Paul !


En effet, pendant que le ministre nous fait de beaux discours, notamment sur le dédoublement des classes de CP en REP+, il faut trouver des enseignants pour mettre en place ce dispositif alors ses services dépouillent les autres secteurs en fermant des classes à tour de bras pour réquisitionner des enseignants, faisant monter les effectifs jusqu’à 36 élèves par classe dans celles qui restent (http://www.lalsace.fr/…/2017/06/07/on-n-est-pas-des-sardines) !
Rappelons qu’il y a eu 15.000 départs d’enseignants à la retraite en moyenne par an ces dernières années (chiffre du MEN). Sur le dernier quinquennat il y aurait eu environ 50.000 postes crées (54.000 – les démissions) pour 75.000 départs en retraite (5 ans X 15.000 départs par an), soit la suppression de 25.000 postes (75.000 – 50.000) ! Déjà, sous le quinquennat de M. Sarkozy ce sont 80.000 postes d’enseignants qui avaient été supprimés !
Et d’après son programme, M. Macron prévoit « à l’échelle du quinquennat, de créer entre 4 000 postes et 5 000 postes » pour 75.000 nouveaux départs en retraite soit une suppression de 70.000 postes en 5 ans ! Voilà pourquoi on ferme des classes à tour de bras, que les remplacements ne sont plus assurés et qu’il y a de plus en plus de contractuels non formés ! OUVREZ LES YEUX !! 5 ans d’enfumage médiatique ne vous ont-ils pas encore vacciné ? 

départ retraite

« 15.000 départs d’enseignants en retraite par an » : Voir RERS 2016, chapitre 9.19, graphique 4, page 307 : http://cache.media.education.gouv.fr/…/depp_rers_2016_61497…


( Sources : « 4.000 à 5.000 postes créés sous le quinquennat Macron » : Voir programme éducation de « En Marche ! », « Objectif 2 », première mesure, 2ème point : https://en-marche.fr/emmanuel-macron/le-programme/education )

par Mireille Uléa

Bonsoir les 800000 feignasses merveilleuses! A la demande de Claire Djebabera Pellerin, je crédite Philippe Watrelot (que je vous recommande de suivre sur FB pour un oeil perspicace sur l’Education) et Michel Vincent qui nous pointent que :
« La lecture du rapport de 2010 des députés Xavier Breton et Yves Durand sur les rythmes de vie scolaire prend une saveur particulière aujourd’hui.
Ce rapport évoque les auditions réalisées par la mission d’information et parmi celles-ci, il y a Jean-Michel Blanquer, à l’époque Dgesco.
Il évoque d’abord des journées de six heures « bien remplies, trop remplies ». Puis plus loin il déplore qu’avec le passage à quatre jours, « le monde des adultes s’est entendu sur le monde des enfants »…! »
Un Dgesco qui dit le contraire de ce que fait le Ministre, et les 2 sont la même personne, soit Jean-Michel Blanquer. Merci pour le « monde des enfants »!
Le rapport est le suivant : faites un Ctrl F pour trouver l’audition de M. Blanquer. http://www.assemblee-nationale.fr/13/rap-info/i3028.asp

rapport assemblée nat

Bonne fin d’année, reposez-vous bien, ressourcez-vous cet été et merci pour nos enfants pour tout ce que vous avez fait pour eux.
Je rajoute toute ma gratitude et mon admiration immense pour Claire Leconte , qui a bénévolement sillonné la France ces 3 dernières années, à l’appel d’élus de tous bords politiques, d’inspecteurs de circonscription, de syndicats enseignants, d’associations d’éducation populaire , de fédérations ou associations de parents, pour parler des temps éducatifs (et des besoins des enfants) et aider à mettre en place des temps qui permettent aux enfants de mieux apprendre avant pendant et après l’école, son blog www.claireleconte.com. Une grande dame dédiée à la cause des enfants!