JIMMY MOHAMED DOIT S’EXCUSER !

par Lok Umen
Il y a un peu moins d’une semaine, dans l’émission Les Grandes Gueules sur RMC, lors d’un débat concernant la restauration de la journée de carence pour les fonctionnaires, M. Jimmy Mohamed s’en est pris aux enseignants de manière outrancière et inacceptable. (Voir liens à la fin de ce message)

Sans préjuger de la nécessité de cette mesure, quand on fait son travail avec sérieux et dévouement, il est écœurant de se voir systématiquement mis au pilori. Il ne m’est plus possible de voir mon métier sans cesse dénigré publiquement. J’ai donc décidé, et je ne suis pas le seul, de ne plus laisser passer.
M. Mohamed me doit des excuses. Il en doit à tous les enseignants.

En conséquence, j’ai décidé de faire les actions suivantes, et j’invite tous les ceux qui en comprennent le bien fondé à faire de même:

– J’ai posté sur Twitter à l’attention de M. Mohamed le message suivant : @Dr_Moji doit faire des excuses aux enseignants! #nezquicoule

– J’ai aussi envoyé à RMC (http://rmc.bfmtv.com/info/contact/) le message ci dessous :

« Madame, monsieur,
C’est avec consternation que j’ai découvert les propos des chroniqueurs de l’émission « Les Grandes Gueules » sur RMC le 7 juillet dernier lors d’un débat portant sur la restauration de la journée de carence dans la fonction publique. J’ai pu constater que le corps enseignant a été largement privilégié lors des échanges en étant systématiquement dénigré et pris à parti de manière infondée et profondément outrancière.
Ainsi, M. Truchot, à propos d’abus présumés d’arrêts maladie dans la fonction publique territoriale, annonce d’un air entendu : « Ce sont toujours les mêmes profs qui sont malades. » Mr Truchot aurait été avisé de travailler un peu son sujet, car les enseignants ne font pas partie de la fonction publique territoriale.
Mais la palme revient à M. Mohamed, qui se lance dans une longue diatribe dont voici quelques extraits :
« Je constate quand même que certains profs, quand ils ont le nez qui coule ou qu’ils ont un peu mal à la gorge me demandent assez facilement un arrêt maladie»
« Je leur dit vous êtes remplacés, « bah non », mais ça leur fait ni chaud ni froid »
« Ce jour de carence va les faire aller un peu travailler »
Ces propos, faisant résonner en creux le stéréotype de l’enseignant paresseux, sont simplement calomnieux. Ils le sont d’autant que M. Mohamed reconnaît à demi mot participer à ces abus qu’il dénonce pour mieux se défausser de sa responsabilité car il ne va pas «faire la guerre à ces personnes en disant « non, non, je ne vous prescris pas d’arrêt de travail, j’ai [sic] aucun moyen de vérifier que c’est un vrai arrêt de travail, qu’il ne peuvent pas travailler. » sans préjuger des compétences professionnelles de ce médecin qui ne sait pas si l’arrêt maladie qu’il donne est justifié, on peut s’interroger sur son honnêteté et sa bonne foi.
S’ajoute à ceci que, présenté comme étant urgentiste, il dit recevoir des patients dans son cabinet, mais semble avoir déclaré son activité à une adresse de SOS médecin (source : www.societe.com). Cela appelle une clarification de sa part.
La prise de parole publique n’est pas un acte futile et peut avoir des conséquences néfastes, ce particulièrement pour des professions exposées au public comme celle d’enseignant. Elle se doit donc d’être éclairée et juste. Ces manières de stigmatiser systématiquement la communauté enseignante ne sont plus acceptables. En conséquence, je demande à Mr Mohamed de présenter des excuses publiques à l’ensemble des enseignants.
Vous remerciant d’avance, je vous prie de recevoir mes meilleures salutations.

Un extrait ci dessous: http://rmc.bfmtv.com/…/jour-de-carence-certains-profs-qui-o…
La version complète ici: https://www.youtube.com/watch?v=GthC_N5dw88

Pétition pour l’ouverture d’un réel débat national sur l’école menant à une réforme ambitieuse

Afin d’interpeller l’Assemblée Nationale, le Sénat et le Ministère de l’Education Nationale sur la nécessité de prendre en compte les vrais besoins du terrain avant de songer à la prochaine réforme, les 800 000 Feignasses ont lancé une pétition accessible ci-dessous.

 pétition

 

Quelle école voulons-nous ?

Alors que nous nous apprêtons à vivre notre troisième changement de rythmes scolaires en 8 ans, nous enseignants, souhaitons que notre parole soit enfin prise en compte et que les décisions ne se prennent pas à l’aune des seules capacités et volontés financières des communes. Nous affirmons que seul devrait primer l’intérêt des élèves et donc les conditions d’enseignement qui y sont étroitement liées. Nous souhaitons que, pour une fois, la question soit envisagée dans sa globalité.

 

Améliorer la qualité d’accueil des élèves

Toute réflexion sur les rythmes scolaires nous semble vaine tant que la qualité de vie au sein de la classe n’est pas améliorée. Les conditions d’accueil actuelles sont source de stress et de mal-être pour les élèves et les enseignants. Comment apporter à chacun le suivi et la bienveillance nécessaires dans des classes surchargées ? Comment accueillir convenablement les élèves présentant de forts troubles d’apprentissage ou du comportement inclus dans ces mêmes classes ? Comment permettre aux élèves d’apprendre sereinement dans un contexte de précarisation galopante des familles avec une montée des violences physiques et verbales ? Les enfants ne laissent pas la violence sociale à la grille de l’école…

Tout ceci participe d’un climat scolaire délétère. Le dévouement et l’implication du personnel enseignant ne suffiront bientôt plus à faire illusion. En témoigne l’augmentation en flèche des démissions au sein de l’Education Nationale…

Repenser les programmes scolaires de manière réaliste :

Depuis 2002, si les intitulés ont été modifiés, si la philosophie d’approche des apprentissages a évolué, les contenus restent quasiment inchangés. Pire, de nombreux ajouts s’y sont greffés. Or, nous sommes passés de 26 à 24 heures hebdomadaires de temps de classe. A l’heure de programmer les apprentissages, nous butons chaque année sur l’impossibilité de résoudre la quadrature du cercle.

Le fait que le temps de récréation n’y soit pas inclus (1h30 à 2h par semaine, soit l’équivalent d’une « petite » matière !), ajouté au temps dédié à la régulation de classe (qui augmente de façon exponentielle avec le nombre d’élèves) font qu’il est quasiment impossible de faire tenir l’ensemble du programme sur une année scolaire, ou alors de manière superficielle, ce qui n’est pas une solution acceptable. Nous nous retrouvons donc à trier ce qui est indispensable de ce qui l’est moins et à devoir avancer à marche forcée en laissant certains élèves sur le bord de la route…

A chaque nouvelle mouture des programmes, nous faisons le même constat : contrairement à ce qui est affirmé, la place des « fondamentaux » reste énorme, et les ajouts de notions sont en constante augmentation. Et si nous changions de paradigme ? « Moins mais bien » permettrait de revenir à l’essence de notre école républicaine ; tendre à la réussite de tous en assurant la possibilité à chacun de maîtriser une base commune avant le passage au niveau supérieur. A l’exception de quelques cas notables, la réussite scolaire des élèves est étroitement liée à leur condition sociale. Les enfants issus des classes sociales élevées sont ainsi quasiment les seuls qui y trouvent leur compte.

Prendre en compte le quotidien des élèves

Chaque enfant est tributaire des horaires de ses parents. Or, ceux qui ont encore la chance d’avoir un emploi sont soumis à de plus en plus de contraintes horaires pour assurer le travail non fait résultant des diverses « coupes budgétaires » et « plans sociaux ». Un trop grand nombre d’enfants passe ainsi davantage d’heures en collectivité qu’à la maison. A cela s’ajoutent les enfants livrés à eux-mêmes ou confiés aux grands-parents le week-end du fait de l’augmentation du travail le samedi et le dimanche… Le nombre d’heures quotidiennes passées face aux écrans, mode de garde le plus répandu, participe également à la détérioration des capacités de communication, de concentration et d’apprentissage des élèves. Comment, dans ces conditions, avoir des élèves disponibles, sereins, reposés ?

Revoir le temps d’enseignement :

Si la semaine de 4 jours est la plus courte des pays de l’OCDE, la durée des vacances en France reste tout à fait dans la moyenne. En revanche, nous sommes parmi les champions pour le nombre d’heures à l’année ! Le modèle Allemand sur 5 jours ne comprend, par exemple, que 5 demi-journées (et non 9 demi-journées comme en France…). Cela équivaut à 2 journées et demi de classe avec nos horaires actuels…

En moyenne, les pays de l’OCDE ont entre 650 et 750 heures d’enseignement annuel, alors qu’en France nous sommes à 918 heures (source OCDE) soit 22 à 41% de temps d’enseignement supplémentaire ! Si nous nous alignions sur nos voisins européens, environ 160 heures annuelles devraient être retirées. Soit entre 4 et 5 heures par semaine… Ainsi, même en faisant travailler nos élèves 18h par semaine nous resterions dans la moyenne européenne… Gageons que la semaine de 5 jours, avec des journées d’enseignement de 3h30 à 4 heures n’aurait probablement pas généré autant de tensions ni de débats quant à la fatigue des enfants…

Construisons le modèle scolaire à la française !

Le débat autour d’une semaine à 4 jours ou 4 jours et demi est donc un faux débat. En réalité, si l’on veut réellement améliorer notre école, nous devons réinterroger sa place dans notre société. Souhaitons-nous une école basée sur les modèles nordiques, au risque de sacrifier l’emploi des femmes comme en Allemagne ? Souhaitons-nous une école de la performance comme en Corée ou au Japon, au risque d’avoir des générations d’enfants sous pression et faisant l’expérience du burn-out dès leur plus jeune âge ? Ou bien souhaitons-nous créer le modèle français ? Celui d’un pays qui porte l’égalité au cœur de sa devise républicaine ?

Nous affirmons que l’avenir du modèle scolaire français passe par un investissement massif pour l’enfance. Il est indispensable que le volume horaire hebdomadaire scolaire diminue et que des activités, organisées dans un cadre national et par des professionnels formés, viennent compléter les apprentissages scolaires le reste de la journée, et ce gratuitement afin de garantir une égalité des chances sur l’ensemble du territoire et sans pénaliser l’emploi des femmes. Il est tout aussi indispensable d’encadrer nationalement l’effectif des classes à un maximum de 20 élèves, toutes zones confondues, avec plus de maîtres que de classes, tout en renforçant les liaisons et les accompagnements avec les travailleurs sociaux afin de ne pas se retrouver isolé dans sa classe face aux difficultés.

Nous demandons, nous enseignants, soutenus par toutes les personnes soucieuses du bien-être et de l’avenir de tous les enfants, l’ouverture d’un réel débat national sur l’école menant à une réforme ambitieuse au profit de l’amélioration de l’apprentissage des enfants et donc des conditions d’enseignement.

Pétition émanant des 800 000 feignasses, sur la base d’un texte de Julien Arhan.

«Ces feignasses de profs sont encore en vacances ! »

Bonnes vacances à la zone et C et bon courage aux autres

Réseau d'Information Prioritaire

ski

Pour Coralie, mère de famille partie aux sports d’hiver avec ses deux enfants, Corentin et Matteo, les choses doivent changer :
« Vous rendez-vous compte que ces feignasses de profs sont encore en vacances ? » peste-t-elle.

En effet, c’est ce samedi 4 février que débutent les congés scolaires pour la zone C. L’occasion pour les enseignants d’éponger quatre semaines de dur labeur, avec tout de même de nombreux week-ends et mercredis après-midi, sachant qu’ils n’ont que dix-huit heures et que les cours à préparer sont une pure invention (ndlr : le cousin d’un ami du frère de l’oncle d’un membre de notre rédaction connaît un professeur qui photocopie le manuel et ne confectionne plus aucun cours depuis plus de dix ans.)

« Ils feraient bien de trouver un vrai travail ! Ils ne sont jamais là pour nos enfants ! Ils ne pensent qu’à eux ! ajoute Coralie. Ils…

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