Par Anne LARREGLE

Chers candidats,
C’est le temps des doléances et des espoirs qui pourraient renaître.
Laissez-moi vous raconter quelque chose. Une petite aberration qui court depuis des années et qui laisse certains des professeurs, potentiel électorat tant convoité, dans une situation à la limite de l’inhumain.
Je suis professeur des écoles-maître formatrice depuis neuf ans dans les Hauts-de-Seine à Rueil-Malmaison. Au cours de l’été 2016, mon conjoint, directeur d’accueil de loisirs, a été muté en Charente-Maritime. Nous sommes parents d’un bébé qui a aujourd’hui 16 mois. Nous avons décidé que nous ne séparerions pas notre famille. J’ai donc pris un congé parental et demandé une mutation exceptionnelle en septembre. Celle-ci ne m’a pas été accordée.
Je participe bien évidemment aux demandes de mutation inter-académique, mais comme vous êtes censés le savoir, quitter l’académie de Versailles peut prendre plusieurs années.
En congé parental, nous ne percevons absolument aucune aide exceptés les 184 euros (je vous épargne les cents après la virgule) de la CAF. En disponibilité de droit, c’est pareil et même moins puisque la CAF diminuera cette aide. Nous n’avons droit ni au RSA, ni à une allocation chômage. Pas même à une aide sociale de la part du ministère. Cependant, le salaire de mon conjoint ne suffit pas à assurer notre survie. Si vous le souhaitez, je pourrai vous faire la liste des dépenses mensuelles d’un couple de fonctionnaires avec un enfant. Vous verrez, c’est étonnant.
Il me faut donc trouver rapidement un travail et me mettre en disponibilité de droit (elle ne peut pas m’être refusée pour suivre mon conjoint et rester avec ma famille). Trouver du travail n’est pas simple aujourd’hui, surtout quand on a un CV de prof (et je suis pourtant diplômée de Sciences-Po et d’un master en journalisme).
Se présentent soudainement à moi des obstacles que je ne pensais jamais vivre en étant fonctionnaire.
– La disponibilité de droit est un cadeau que l’on nous fait. Nous n’avons que le choix entre vivre avec les nôtres sans aide financière en attendant une mutation qui, pour ma part, pourrait prendre jusqu’à 6 ans ou vivre séparément et dépenser tout un salaire dans un double loyer, des doubles taxes, des doubles factures, des frais de garde et des déplacements en train. La dépression rôde et les absences à répétition aussi, vous pouvez vous en douter.

– La disponibilité de droit n’offre aucune différence avec la disponibilité pour convenances personnelles. Je rappelle que je souhaite travailler, ardemment, mais que pour des raisons de gestion des ressources humaines complexes et de manque d’attrait du métier dans l’académie de Versailles, je suis bloquée, condamnée à attendre plusieurs années une mutation.

– Après moultes recherches et des réponses qu’il faut aller piocher à peu près partout sauf auprès de notre propre administration, je découvre que j’ai le droit de faire des vacations dans le secondaire. Or certaines académies refusent de prendre désormais des vacataires, même professeurs, et se trouvent contraintes d’aller au pôle emploi pour embaucher des personnes qui n’ont parfois aucune expérience dans l’enseignement. Je précise qu’en disponibilité de droit (liée à une défaillance toujours des ressources humaines d’une académie), je ne suis pas autorisée à travailler pour le public.

– Nous naviguons dans un flou total quant aux informations sur ce que l’on peut exercer comme métier (cumul d’activités ? privé sous-contrat interdit, Greta interdit, etc).

Je suis donc un professeur qui souhaite travailler mais ne le peut pas. Des élèves n’ont pas de professeurs remplaçants, alors que je suis disponible et capable d’enseigner plusieurs disciplines, à plusieurs niveaux.
Je fais donc appel à vous, chers candidats à l’élection présidentielle. Revoyez le statut des disponibilités de droit des fonctionnaires. Réhumanisez le système. En tant que fonctionnaires de l’Etat, nous ne pouvons pâtir des difficultés de recrutement dans notre métier. On ne peut pas nous demander de séparer des familles pendant plusieurs années. Et surtout, on ne peut pas laisser un fonctionnaire dans une situation financière aussi catastrophique. Il faut au moins accorder une aide le temps de trouver du travail. Favorisez la mobilité des fonctionnaires de l’Education nationale. On ne peut pas arguer des nécessités de service pour nous refuser une mutation d’un côté et constater un manque de remplaçants de l’autre alors que des professeurs sont disponibles pour assurer ces services.
On annule des formations par manque de remplaçants, on refuse les congés de formation ou on les repousse parfois de plusieurs années, de même pour les démissions. On ne peut pas accorder les mutations même pour les demandes prioritaires. Pour vivre décemment auprès de ma famille, il faudrait que mon enfant, ou mon conjoint ou moi-même souffre d’un handicap pour gagner le plus de points possibles.
En disponibilité de droit, laissez-nous au moins travailler pour notre ministère, même à un rythme horaire plus faible. Laissez-nous être utile aux élèves. Laissez-nous exercer le métier que nous avons choisi par envie, par passion. Assouplir le système n’est pas un signe de faiblesse mais d’intelligence. Et vous n’en manquez pas.
Agissez contre les dysfonctionnements ubuesques dont les fonctionnaires de l’Education nationale sont victimes (et parfois aussi du milieu hospitalier d’ailleurs). Contribuez à ce qu’aucun élève ne se retrouve privé d’enseignement, de connaissances et de savoirs, même temporairement.
Je me tiens à votre disposition, chers candidats, pour échanger avec vous. [contact-form-7 404 "Not Found"]

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Par Jérémy Fleury

Bonjour les feignasses !

Je viens vous voir aujourd’hui car j’ai été émerveillé par 2 petites fainéantes débutantes. Promues professeur des écoles à la rentrée, elles nagent en plein rêve avec leurs petits bouts de chou et elles arrivent à transmettre une énergie aux autres que je trouve assez extraordinaire.

Elles sont à l’affut de toutes innovations pédagogiques susceptibles de profiter à leurs élèves, mais elles sont aussi novatrices elles-mêmes. Autant impliquées dans leurs écoles avec leurs élèves que dans l’entraide des jeunes étudiant(e)s qui passent le concours CRPE cette année, elles amènent un vent de fraicheur sur leur profession.

Le partage, la solidarité et la coopération au service de nos élèves, voilà ce qu’elles essayent de mettre en place, une petite communauté est en train de se former, je pousse donc tout ceux qui sont intéressés à y participer.

Elles se nomment “les maitresses en baskets”, allez jeter un petit coup d’œil sur leur Facebook et leur Instagram @maitresses_en_baskets, vous pourrez bricoler et braconner à tout va, mais aussi faire don de vos connaissances et compétences grâce au système de partage qu’elles mettent en place.

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On le sait tous, les profs sont des feignasses. Mention spéciale au prof de svt de mon grand (élève en 5e absent la semaine dernière pour grippe) qui prend 5 minutes de son dimanche pour nous envoyer par mail la leçon, le diaporama powerpoint de son cours, l’ensemble des devoirs et l’organisation de la semaine prochaine pour mon fils qui devra rattraper l’évaluation loupée (ce qui est tout à fait normal!). Et bien moi je dis “chapeau Monsieur!!!!”. Et bien, un tel prof montre bien que la réputation des enseignants est bien fausse et qu’il est très concerné par ses élèves et leur réussite. Merci

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Pour lesalerte enseignantes de la Somme et de l’aisne :

Rectorat Amiens>ALERTE ROUGE METEO – AISNE ET SOMME

Transports scolaires interrompus demain. COURS SUSPENDUS dans les écoles collèges et lycées

– Accueil à assurer dans le 2nd degré

– Accueil à assurer dans le 1er degré avec appui des mairies suite saisine par les préfectures.

Les cours sont suspendus demain vendredi 13 janvier dans les collèges et lycées de ces deux départements où un accueil sera toutefois assuré. Les cours sont également suspendus dans les écoles où un accueil sera assuré avec l’appui des municipalités.

Le rectorat conseille aux familles de “ne pas prendre de risques et à garder leurs enfants dans la mesure du possible”.

OISE : à cette heure, les transports scolaires sont maintenus. L’épisode météo devrait prendre fin en cours de nuit. Les établissements fonctionneront donc normalement demain, sous réserve d’une aggravation des prévisions météorologiques.

Source : http://www.courrier-picard.fr/region/les-cours-annules-ce-vendredi-dans-la-somme-et-l-aisne-ia0b0n914175

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Par Manon Kenny Omm’nesse

Aujourd’hui, j’ai lu l’article de Brighelli sur le groupe  Facebook des 800 000 Feignasses.

Faut arrêter de poster ce genre d’articles les copains…Vraiment.Je vais finir par pleurer là…..
Je n’en peux plus des lieux communs, de l’image véhiculée par l’école, de celle que nous avons, nous les profs, auprès de la population.
Plus possible d’entendre ces propos quand on fait notre travail en y mettant tout notre cœur et nos ressources.
Quand il prend tant de place dans nos vies.
Plus possible d’être pris pour des imbéciles qui ont besoin qu’on leur ré explique leur métier, qu’on leur supprime leur liberté pédagogique et leurs “vacances à rallonge” ou je-ne-sais-quelle-autre-mesure-infantilisante.
J’aime mon travail, j’aime l’école et ses enseignants qui se battent pour la faire vivre. J’aime voir les progrès, les quelques inégalités qu’on arrive à gommer.
Je voudras qu’on nous foute la paix et qu’on nous laisse bosser.
Aujourd’hui j’ai perdu 15 minutes de travail perso à cause de cet article, 15 minutes que j’aurais mieux fait de consacrer aux progrès de mes loulous. Si c’est pas dommage ça…
Je suis peinée

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Par Mélanie Thomas

Aujourd’hui je retrouve mon patronyme mais je reste une feignasse.
Parce que je ne travaille que 18 heures par semaine.
Parce  que je suis tout le temps en vacances.
Parce que de nos jours on trouve des cours déjà tout faits sur Internet.
Parce que depuis je j’évalue des compétences je ne mets plus de notes alors les corrections vont plus vite : 😃 ou 😞.
Parce que j’ai réinstallé l’ordre et la discipline dans mes cours et maintenant je travaille dans le calme et le silence.
Parce que je ne crois ni à la pédagogie de projet ni à l’innovation.
Parce que je suis la première à sortir de la classe dès que ça sonne.
Parce que l’ouverture culturelle est devenue obsolète depuis que nos élèves ont des tablettes.
Parce que je peux aller chercher mes enfants tous les jours à la sortie de l’école et ainsi papoter avec d’autres feignasses.
Parce que pour moi tout va bien tant qu’on laisse mon mercredi pour aller faire les soldes.
Parce que je dors très bien et que je rêve de prochaines vacances.
Parce que les conseils de classe ne se préparent pas, ne servent à rien et en plus ne sont pas obligatoires.
Parce que malgré toutes mes journées d’absence face aux élèves je n’ai pas assez de temps pour dépenser tout l’argent que je gagne.
Parce que je suis super fière de faire un métier que tout le monde se sent capable de faire mieux que moi.
Pour toutes ces raisons, je suis et resterai une feignasse…et fière de l’être !

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Par Julie
Je suis professeur des écoles. J’ai passé le concours via la voie externe, par correspondance, après avoir exercé dans une entreprise privée, où j’ai vécu une très mauvaise expérience humaine. J’avais besoin de retrouver du lien humain, de me sentir utile, bonne à quelque chose.
L’entrée dans le métier a été fracassante, jetée dans la fosse aux lions. Affectée à un IUFM à 60 km de chez moi, et à un stage filé à 80 km. Une formation à l’IUFM complètement inadaptée à la réalité du terrain. Je m’improvisais maîtresse, mes longues heures de préparations inefficaces ne se faisaient pas sans internet… la pédagogie ça ne s’improvise pas ! Les enfants ne me faisaient pas de cadeaux, les conseillers pédagogiques non plus, j’ai souvent voulu démissionner, mais je ne suis pas du genre à me laisser abattre.
Une fois validée, j’ai été affectée à plusieurs dizaines de kilomètres de chez moi, chaque année dans un endroit différent. Mais je ne me plains pas, je n’ai jamais dû déménager.
J’ai toujours beaucoup travaillé, préparé, j’observais les classes de mes collègues d’école en école, je m’imprégnais de conseils, méthodes pédagogiques. Et puis j’ai eu des enfants, je les ai observé, j’ai eu envie d’en savoir plus sur la psychologie de l’enfant. Durant mon congé parental, je me suis documentée, j’ai lu des articles sur le net, lu des livres sur la communication non violente, sur les travaux de Montessori etc… Je ne comprends pas, à l’IUFM, on m’a appris à rédiger un cahier journal et une fiche de prép… on ne m’a rien appris sur la psychologie de l’enfant !!
De retour au travail, je me rends compte que mes nouvelles collègues sont dans la même mouvance que moi, on échange, on discute, on aménage notre pédagogie. J’aime cette interaction !
Aujourd’hui, j’aime mon métier, il me prend aux tripes, je suis fière de ne pas avoir lâché au début. Mais si j’arrive à l’exercer comme je le fais aujourd’hui, si j’ai la sensation d’apporter à mes élèves (plus qu’un enseignement, une relation affective forte) si j’ai confiance en ce que je fais, c’est grâce à toutes les collègues croisées dans les différentes écoles où j’ai été affectée.
J’ai croisé des collègues passionnées, des collègues bienveillantes, énergiques, créatives, des collègues aidantes et solidaires, à l’écoute. Ce sont elles qui m’ont véritablement formée à mon métier. Parmi les multiples casquettes d’un enseignant, on peut aussi ajouter celui de formateur, l’institution est défaillante aussi à ce sujet…
Je dis souvent que l’Ecole est branlante, mais ce qui fait tenir les murs, ce sont les enseignants et leur foi. Il est temps de les préserver, de les écouter, de leur faire confiance, pour que cette crise de vocation et que la perte de motivation dans le métier ne fasse totalement défaillir l’Ecole.

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