Je suis professeur des écoles stagiaire en Seine- et- Marne. J’ai obtenu le concours en juin 2015 et j’ai eu un bébé en février 2016, ce qui fait que cette année, je suis prolongée afin de terminer mon année de stage avant la titularisation. Dans un premier temps, je tenais à préciser que j’ai passé le concours dans l’académie de Créteil par choix. J’ai déménagé toute ma famille en mai 2016 pour vivre mon rêve : ENSEIGNER en école primaire !

Il faut savoir qu’en tant que professeur des écoles stagiaire prolongée, j’ai eu un poste à 100% au placement, un poste “seule” dans un premier temps alors qu’il est bien préférable qu’un stagiaire ait un poste avec un PE d’expérience sur lequel il pourra s’appuyer. Mais je ne me plains pas, j’ai passé mon été à préparer ma classe, mes affichages et toutes les préparations nécessaires. Je me suis éclatée et j’ai dépensé pour acheter des manuels avec les nouveaux programmes pour être “opérationnelle”.

Le 31 août 2016, on m’a enfin envoyé mon complément de classe, une BD jusqu’au 11 novembre pour le moment (on verra après pour la suite)… C’est super, nous avons eu le temps de nous organiser en quelques heures. Heureusement, c’est moi la petite stagiaire qui fait la rentrée ! Je suis quand même contente d’avoir eu mon poste fin juin parce que d’autres non prolongés qui ont obtenu le fameux concours supplémentaire en juillet 2016, se sont aussi retrouvés dans mon cas…

Et là, qui devons-nous remercier dans ce cas ?! Ils nous disent à l’ESPE : “Non, vous ne pouvez pas être titulaire de votre classe !” Euh ?! Si ce n’est pas nous alors qui est-ce ? Mais comme je répète, je ne me plains pas…

Je suis fière de ce que j’accomplis chaque jour pour mes élèves… Je n’ai pas commencé le 31 août mais une semaine avant… Aujourd’hui, je le vis très bien. J’arrive bien souvent le matin à 7h30 et je rentre chez moi à 18h30. Je ne dois faire que la moitié des conseils de maîtres mais même si ce n’est pas sur un jour de travail me concernant, j’y vais quand même. Je sors de l’ESPE à 15h30 et je cours à l’école ! Les parents, souvent, c’est moi qu’ils veulent voir puisque j’ai été présentée comme la “titulaire de la classe” à l’ensemble des parents, le jour de la réunion. J’aime mon travail et ma formation, je la vis tous les jours à l’école, en classe, avec l’équipe enseignante etc…

Je suis en vacances dans le sud ouest en ce moment mais pas réellement… Pendant que mon mari s’amuse avec mes trois enfants de moins de 5 ans, moi je bosse sur mon PC, je monte un projet de littérature sur le loup, je crée des séquences sur questionner le monde pour que ce soit enrichissant pour eux et j’essaie au mieux de leur apprendre les maths et le français par le jeu et la manipulation…

C’est dur de savoir que notre travail n’est pas reconnu mais je ferai tout pour être titularisée et vivre mon rêve pendant de nombreuses années !

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Ce matin, on entre en classe…

La journée commence, entre bâillements, chuchotis et bruits de cartables.

Les classeurs qui claquent, les poissons qui bullent, l’horloge qui tourne…
Le déroulé de la matinée est écrit au tableau.

Tout le monde sait ce qu’il a à faire.

Ah bon ?

Edmond distribue les cahiers d’écriture.
Je dis à Jeannette de mettre ses lunettes.
Mariette m’informe qu’elle a les sous pour la tombola.
Je dis à Mariette de venir à mon bureau.
Je dis aussi à Georges de mettre ses lunettes.
Bernard me demande ce qu’il doit faire du papier pour les photos.
Je lui dis de le donner à Annette qui va se charger de tous les récupérer.
Mariette veut 2 enveloppes.
Je lui dis qu’il manque 20 centimes.
Elle prend alors 1 enveloppe.
Je lui rends la monnaie.
Je dis à Claude de mettre ses lunettes.
Annette me dit que le papier de Bernard n’est pas rempli par ses parents.
Je lui dis de le lui rendre.
Je dis aussi à Bernard de ranger son papier dans la pochette pour ne pas le perdre et de penser à le faire signer.
Mariette a retrouvé sa pièce et veut une autre enveloppe.
Romane vient me voir pour se plaindre de Cédric et de Georges qui lui ont fait« Gnagnagna » dans les rangs.
Je demande à Julien de chuchoter parce qu’on peut s’exprimer sans crier.
Je dis à Romane d’aller s’asseoir et qu’on règlera ça à la récréation.
Je demande à Jérôme d’ouvrir son cahier parce que la journée a commencé.
Suzette crie « Maîtresse-Maîtresse-Maîtresse » sans discontinuer.
Je lui dis qu’elle n’a pas besoin de crier, je ne suis pas sourde.
Je lui demande ce qui ne va pas.
Elle a oublié.
Mon collègue entre pour voir si j’ai le massicot.
Je ne l’ai pas.
Il me demande « Il est où ? »
Je lui chante « Pas là ! Il est pas là ! Mais il est où ? »
Les enfants chantent.
Il râle mais il sourit.
Il traverse ma classe pour aller dans celle de mon autre collègue.
A la recherche du massicot.
Je regarde le cahier de Cédric et je lui fais remarquer qu’on n’est pas Mundi.
Je demande aussi à Georges d’arrêter d’embêter Julien.
Julien se plaint que son cartable fuit.
Je vide son cartable, sort la bouteille – vide – et mets les cahiers à sécher.
Mon collègue repasse dans l’autre sens.
Il a trouvé le massicot.
Il râle toujours mais il sourit aux CP.
Je rappelle à Bernard que la journée a commencé.
Alice a mélangé le mot sorcière et le mot prépare ce qui lui donne sorpare.
Je soupire.
Cédric me demande si je suis fatiguée.
Je lui réponds oui, un peu…
Sophie m’informe qu’elle a oublié ses mots dans son cahier rose.
Cédric a envie de faire pipi.
Je dis à Sophie que les mots de la dictée sont dans le cahier rouge et à Cédric qu’il peut aller faire pipi.
Jeannette me demande si elle peut mettre de l’eau sur son bras.
Je lui demande ce qu’elle a.
Jeannette me répond que son frère l’a pincée hier.
Hortense a envie de faire pipi.
Je dis à Hortense qu’elle pourra y aller quand Cédric sera revenu et à Jeannette qu’elle n’a besoin de rien mettre sur son bras.
Julien me dit que lui aussi a envie de faire pipi.
Cédric est rentré, il me dit qu’il pleut.
Je dis à Hortense de mettre sa capuche quand elle sort et à Julien qu’il ira aux toilettes dès qu’ Hortense sera revenue.

Mais qui me tape sur les fesses ?
Je me retourne.
Bé, c’est moi ! me dit Grégoire.
Je lui demande ce qu’il fait debout.
Il lève ses bras vers moi parce qu’il veut un bisou.

Bref.

Demain, c’est les vacances.

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Je vous lis et ça me détend pendant mon temps libre !

Je suis T2 et en ULIS école bien sûr sans être spécialisée. Je n’ai que 6 élèves, autant dire que c’est tranquille malgré les 6 emplois du temps que j ai dû construire en fonction des différents emplois du temps des enseignants qui accueillent mes élèves.

Et oui je ne suis pas enseignante mais coordinatrice sans être formée pour. Je passe mes vacances à remplir mes PPIgevasco et projet ULIS. Bien sûr personne n’a pris le temps de me former pour le faire ! Je me forme sur mon temps libre…

Et bien sûr encore, quand j’ai mes élèves en classe c’est de la préparation individuelle : chacun fait quelque chose de différent !

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16 septembre 1978 , je suis instituteur remplaçant sur liste collège,  en math et physique. Je reçois un appel téléphonique du rectorat,  on me propose un poste à l’année à la prison de Fresnes. Quand tu es remplaçant et que tu entends “à l’année ” tu ne réfléchis pas longtemps,  tu dis oui !
J’ai rendez-vous le lendemain matin devant la porte piétons du grand quartier. J’entre dans le domaine de la prison en voiture après un contrôle de police. En face, l’hôpital pénitentiaire,  à droite,  une allée bordée de tilleuls. Je trouve une place pour me garer et je me dirige vers l’entrée : un grand portail pour filtrer les véhicules,  et une petite porte à droite de celui-ci  pour les piétons. C’est Yves, le prof d’anglais qui m’accueille. Je présente ma carte d’identité,  le surveillant cherche mon nom sur sa liste,  c’est bon, je peux y aller ! Dans le sas, pas de portique,  juste un appareil à rayons X sur le tapis duquel je dépose mon cartable.
La porte du sas s’ouvre sur la cour d’honneur : c’est là que les véhicules de police viennent déposer ou prendre en charge les détenus. C’est là aussi qu’ont lieu les exécutions capitales,  Robert Badinter n’y mettra fin que dans 4 ans ! Quelques marches à escalader, et nous arrivons devant une immense grille. A gauche se trouvent  le bureau du directeur et celui de son adjoint,  à droite des bureaux pour le personnel administratif.
Un surveillant ouvre une porte incluse dans la grille,  le couloir est démesuré: 5 mètres de hauteur,  8 mètres de large,  200 mètres de long. Les murs sont fissurés, peints en jaune crème, le sol est couvert du parquet en chêne d’origine  (1890). Une courte sonnerie retentit,  le surveillant nous fait signe de nous écarter, et pendant un instant, je me retrouve un siècle en arrière : une vingtaine de détenus sortent d’une petite porte à 30 mètres de nous,  attachés deux par deux : chaque binôme est lié par une paire de menottes,  et une paire d’entraves aux pieds , lesquelles sont fixées à une chaîne mesurant une vingtaine de mètres,  dans ce couloir qui résonne  … Pour mon baptême du feu,  ça commence bien !
Nous attaquons la montée  (le couloir est en pente. Il y a 3 divisions,  une grille à franchir à chacune d’elles,  nous allons en troisième division. Le couloir continue sur une trentaine de mètres : au fond se trouvent,  à gauche la  chapelle,  à droite le quartier disciplinaire  (le mitard). Nous pénétrons dans l’aile nord. C’est comme au cinéma : du rez-de-chaussée, on voit jusqu’au troisième étage,  une coursive à gauche,  une coursive à droite à chaque étage,  et l’alignement des portes des cellules. Les cellules du rez-de-chaussée servent de bureaux,  nous avons le nôtre près d’une porte sur laquelle est écrit : centre scolaire. Nous passons cette porte,  un autre couloir, étroit nous conduit à l’air libre: à gauche,  des cours de promenade,  à droite, la bibliothèque, puis  8 salles de classe . Un petit jardin fleuri est entretenu par un détenu entre les salles et le mur du bâtiment de détention. Quelques rats se promènent et s’enfuient à notre arrivée.
Un surveillant a son bureau dans la bibliothèque,  c’est lui qui s’occupe des mouvements des détenus. Les cellules des troisième et quatrième étage sont réservées aux élèves,  et sont individuelles,  un luxe dans cet établissement qui compte 2 800 détenus pour 1 200 places.
Yves m’explique comment sont recrutés les élèves,  comment fonctionne le centre scolaire, et en fin de matinée, nous prenons le chemin de la sortie.
C’est l’heure du retour du sport : les détenus sont alignés au milieu du couloir,  en silence, on ne rigole pas avec la discipline !
Attente à la grille du grand couloir : un détenu est emmené au mitard . Il est accompagné de 3 tortues ninja : c’est le nom que donnent les détenus à ces surveillants casqués et bardés de protections. Tout est bloqué jusqu’à ce qu’ils aient atteint le bout du couloir. Enfin,  nous pouvons y aller.
Yves me demande mes premières impressions : je suis prêt à tenter l’expérience. J’y resterai 33 ans …

Marc Ardhuin

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Directeur d’école d’un établissement ayant perdu le statut d’éducation prioritaire (on se demande bien pourquoi…), demi-déchargé, j’ai arrêté de compter mes heures hebdomadaires en octobre, trop déprimé, aux alentours de 60 H en septembre…
On m’insulte donc en me faisant passer pour une feignasse, je serais en vacances 6 mois par an ?
Outre le fait que je suis allé à l’école les deux premiers jours des vacances pour travailler, qu’il me reste encore les évaluations à corriger, des cours à ranger, des cours à préparer, sans compter les sollicitations administratives incessantes (simplification administrative ?).
Bref, lassé de ce manque criant et injuste de respect envers les enseignants…

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Les profs travaillent six mois par an… paraît-il…
Donc donc donc… récapitulons:
Je bosse devant élèves, je bosse le week-end pour préparer ma semaine, je bosse comme cet été jusqu’au 6 juillet avec élèves, et ensuite jusqu’au 25 juillet chez moi car il faut bien préparer sa rentrée, je recommence fin août, vers le 25, pour la paperasse des réunions, je bosse les lundis soir avec les élèves qui ont des difficultés jusqu’à 17h30 et ensuite j’enchaîne avec les rdv parents jusqu’à 18h y compris en semaine car les parents ne sont dispos que tard ce qui induit de rester plus tard aussi et je bosse durant minimum 6 jours lors des vacances dites intermédiaires…

Je dois subir la vindicte des parents et dieu sait si avec la crise ils sont agressifs… Sans compter les réunions et les papiers pour la direction ou l’inspectrice… Je suis la première à dire que le système est mal fait comme pour la rentrée de cette année scolaire où je n’ai eu les élèves que deux heures alors que j’ai passé la semaine à l’école (j’ai bossé bien entendu mais pour la paperasse…).

On croule littéralement sous les documents à lire, les nouveaux programmes pondus on ne sait comment, sous les dossiers et les demandes administratives et de ce fait on est mort avant d’avoir atteint la classe…

J’aime mon métier mais… J’ai un bac plus 5… qu’on ne vienne pas me dire que c’est pour le fric ou les vacances que je fais ce métier car… Même en vacances, on reste prof et on travaille !

J’invite ceux qui pensent qu’on est des glandeurs à passer une journée dans des classes.

On verra votre patience et votre courage !

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Le temps alloué aux réunions ne suffit pas à couvrir le temps réel passé en réunion avec les collègues et surtout avec les parents.

Plus la classe comporte d’élèves en difficulté, plus le temps de réunion augmente (rencontres avec les parents, rdv téléphoniques avec les orthophonistes, psy, anciennes écoles, ergothérapeutes, psychomotriciens, etc…). L’institution pousse le vice jusqu’à nous faire organiser des équipes éducatives sur le temps scolaire : on répartit toute la classe chez les collègues pour une heure au moins, et on discute du cas d’un seul pendant ce temps ! Bien-sûr la réunion dure souvent plus longtemps, et prend sur le temps du déjeuner, mais elle ne figure pas dans le temps total de réunion, sinon il faudrait nous payer des heures supplémentaires, ce qui n’existe pas dans une école classique…

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– PE, c’est un super métier ! De 8h20 à 11h30 (voire 12h15 avec l’APC), puis de 13h20 à 16h30, nous sommes sur le pied de guerre. Pas de pause car je dois surveiller la récréation, ce qui est souvent le cas dans les écoles élémentaires de petite taille ou les écoles maternelles. Je crois que c’est l’un des très rares métiers (avec grutier, astronaute et pilote de chasse) où l’on n’a pas le droit d’aller pisser pendant près de quatre heures d’affilée.

– Tu oublies de rajouter que si tu as de la chance il y a une réunion entre midi et 14h qui te laisse à peine le temps de manger. Dans mon école tous les profs sont tous de surveillance à toutes les récrés…

– C’est vrai…Maintenant je mange pendant les réunions. Si je me contente de déjeuner en 10 minutes de 13h10 à 13h20 tout en faisant les photocopies, je risque de manquer de bienveillance avec les gamins après.

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Je suis une prof de musique en vacances qui revient de 3 jours de congrès à Lyon (payés de ma poche) et qui a 4 arrangements à réaliser pour la chorale et 6 nouvelles séquences à construire (il va falloir redéfinir le terme de vacances, d’ailleurs).

Le comble : j’adore mon boulot, mais je trouve insupportable comme vous tous qu’il soit dénigré.

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Feignasse en ST2S, je cherche à varier les supports pour intéresser mes élèves et leur faire comprendre les différents concepts.

Demain pendant la sieste de ma pépette je vais donc me caler devant mon écran pour visionner 1h30 de docu sur les inégalités de santé (avec du pop-corn et du soda hein!) et je ne sais même pas si je vais pouvoir m’en servir ou pas !

Oui j’aime perdre mon temps de feignasse. (ironie !)

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