Le temps alloué aux réunions ne suffit pas à couvrir le temps réel passé en réunion avec les collègues et surtout avec les parents.

Plus la classe comporte d’élèves en difficulté, plus le temps de réunion augmente (rencontres avec les parents, rdv téléphoniques avec les orthophonistes, psy, anciennes écoles, ergothérapeutes, psychomotriciens, etc…). L’institution pousse le vice jusqu’à nous faire organiser des équipes éducatives sur le temps scolaire : on répartit toute la classe chez les collègues pour une heure au moins, et on discute du cas d’un seul pendant ce temps ! Bien-sûr la réunion dure souvent plus longtemps, et prend sur le temps du déjeuner, mais elle ne figure pas dans le temps total de réunion, sinon il faudrait nous payer des heures supplémentaires, ce qui n’existe pas dans une école classique…

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– PE, c’est un super métier ! De 8h20 à 11h30 (voire 12h15 avec l’APC), puis de 13h20 à 16h30, nous sommes sur le pied de guerre. Pas de pause car je dois surveiller la récréation, ce qui est souvent le cas dans les écoles élémentaires de petite taille ou les écoles maternelles. Je crois que c’est l’un des très rares métiers (avec grutier, astronaute et pilote de chasse) où l’on n’a pas le droit d’aller pisser pendant près de quatre heures d’affilée.

– Tu oublies de rajouter que si tu as de la chance il y a une réunion entre midi et 14h qui te laisse à peine le temps de manger. Dans mon école tous les profs sont tous de surveillance à toutes les récrés…

– C’est vrai…Maintenant je mange pendant les réunions. Si je me contente de déjeuner en 10 minutes de 13h10 à 13h20 tout en faisant les photocopies, je risque de manquer de bienveillance avec les gamins après.

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Je suis une prof de musique en vacances qui revient de 3 jours de congrès à Lyon (payés de ma poche) et qui a 4 arrangements à réaliser pour la chorale et 6 nouvelles séquences à construire (il va falloir redéfinir le terme de vacances, d’ailleurs).

Le comble : j’adore mon boulot, mais je trouve insupportable comme vous tous qu’il soit dénigré.

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Feignasse en ST2S, je cherche à varier les supports pour intéresser mes élèves et leur faire comprendre les différents concepts.

Demain pendant la sieste de ma pépette je vais donc me caler devant mon écran pour visionner 1h30 de docu sur les inégalités de santé (avec du pop-corn et du soda hein!) et je ne sais même pas si je vais pouvoir m’en servir ou pas !

Oui j’aime perdre mon temps de feignasse. (ironie !)

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Je ne résiste pas à vous faire part d’une de mes journées de feignasse début octobre avec ma petite checklist (je suis prof de flûte en Picardie) :
– Préparer une sortie à Paris pour 52 élèves de sixième ? Check.

– Leur donner le programme de la visite et tout préparer en classe avec eux : Opéra Garnier, déjeuner au Mc Do, visite de certains passages couverts de Paris, Musée Grévin ? Check.

– Leur expliquer que le départ aura lieu à 6 h 45 ? Check.

– Répondre à la première question incongrue : kicéki va nous réveiller ? Check.

– Répondre à la seconde question incongrue : On pourra jouer à Pokemon Go ? Check.

– Le jour J., mettre un jean gris, de jolies bottes noires à talons  et un top noir et gris ? Check.

– Prendre le car avec 52 bambins surexcités et 5 collègues ? Check.

– Manquer de devenir sourde à cause du nombre élevé de décibels dans le car ? Check.

– Arriver à l’opéra Garnier et voir le regard émerveillé des élèves ? Check.

– Leur remettre le questionnaire à remplir pendant la journée ? Check.

– Distribuer des crayons, pourtant mis en premier sur la liste des choses à emporter, parce que “on n’avait plus de place, on a pris des bonbons” ? Check.

– Dire 3 ou 4 fois : “Mais oui, j’en suis sûre, nous ne sommes pas au château de Versailles” ? Check.

– Écrire les réponses pour les élèves de 6ème qui ne savent pas écrire ? Check.

– Finir par leur dire : “C’est pas graaaaave, z’avez qu’à faire le questionnaire en groupes” (parce que t’as pas le courage d’écrire pour eux toute la journée) ? Check

– Quitter l’opéra pour se rendre au Mc Do et entendre un enfant (pas le plus éveillé) te dire : « C’était chouette Versailles ! » ? Check.

– Arriver à installer tous les enfants au deuxième étage du Mc Do en ne séparant pas les copains ? Check

– Distribuer les hamburgers, cheeseburgers, nuggets, frites, jus d’oranges, de pommes, coca, eau, yaourts et compotes selon les pré-commandes des 52 élèves sans se tromper ? Check.

– Se dire qu’on va enfin pouvoir manger et prendre un café ? Check.

– S’asseoir pour manger et s’apercevoir que les élèves ont déjà terminé leur repas depuis 10mn et ne tiennent plus en place ? Check.

– Ne pas avoir le temps de prendre le café si attendu parce qu’on va être en retard ? Check.

– Maudire la lenteur des poubelles automatiques du Mc Do qui nous mettent encore plus en retard ? Check.

– Commencer la visite pédestre et regretter d’avoir mis les jolis talons ce matin ? Check.

– Répondre à une question incongrue d’un élève (le même) : “Cékankelle nous emmène à la tour Eiffel la dame” ? Check.

– Arriver au musée Grévin et tomber sur le seul ouvreur qui ne retrouve pas notre réservation, et réussir à entrer après 15 mn d’attente ? Check.

– Avoir une élève en larmes et quasi hystérique parce que c’est la première fois qu’elle voit « Mika en vrai en dehors de la télé » ? Check.

– Perdre encore 20% de son audition à cause des élèves dans le car sur le chemin du retour ? Check.

– Avoir peu de bouchons et arriver au collège avec 30 mn d’avance, se dire que les parents ayant suivi les consignes auront appelé le collège pour connaître l’heure effective d’arrivée ? Check.

– Ne voir que 2 voitures à notre arrivée et commencer à se dire qu’on ne rentrera pas plus tôt ? Check.

– Se retrouver avec 1 élève à 19 h 40 gardée par 6 profs + le chef d’établissement (ils ne veulent pas me laisser attendre seule) ? Check

– Avoir cet échange surréaliste avec l’élève : “De toute façon maman arrivera à 20 h. Mais nous étions censés rentrer entre 19h 30 et 19 h 45 ? Oui, mais maman a dit qu’elle est pas en sortie elle, elle travaille” ? Check.

– Voir la mère en question arriver la bouche en cœur à 20 h 05 ? Check.

– Rentrer chez soi exténuée en ayant juste envie de silence ? Check.

– Se dire qu’on recommencera vendredi prochain avec 53 autres élèves de sixième mais sans talons ? Check.

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Petit souvenir de feignasse. Feignasse de nuit. Un jour, je rends les copies du brevet blanc de français (genre la copie qui nécessite bien 30 minutes au moins de correction quand tu débutes ; tu multiplies ça par 27 élèves et tu en arrives presque à remercier les élèves qui n’ont pas répondu à toutes les questions ; t’as même presque envie de leur filer un joli point bonus avec des petits cœurs pour t’avoir évité 30 minutes de boulot chez toi, le soir, alors que t’aurais pu glander devant un programme quelconque à la télé). Un élève, l’air perplexe, lève la main et me demande :

“Madame, vous avez corrigé les copies tard le soir, non ?

– Euh oui pourquoi ?

– Parce que vous n’avez pas fini d’écrire mon appréciation !”

Je m’étais carrément arrêtée au milieu d’un mot et d’une phrase… trop feignasse pour finir, bien sûr ! 🙂

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Pour la première fois je me suis mise à compter mes heures de travail hors face à face avec les élèves. En 3 jours : 18h. Rédaction de PPI (il m’en reste 2) et du projet de classe…

Je suis en ULIS école (handicap mental). Le PPI est le projet pédagogique individuel de chaque élève. Et en attendant, les multiples progressions pour les différents niveaux n’avancent pas, ni le classeur du remplaçant, ni les fiches de préparation de séquences, ni les affichages obligatoires…

Ce n’est pas comme si j’étais T2 et inspectée lors de la prochaine période !

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Suis une feignasse du 1er degré qui bosse dans le 2nd degré : Prof des écoles spécialisé, à moitié en SEGPA avec des élèves en grande difficulté scolaire, à moitié en IEM (Institut d’Éducation Motrice) avec des élèves polyhandicapés.

Bonne journée !

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Fresnes,  décennie 90, je suis prof de math, 3 heures par semaine dans chacune des 3 divisions, et je fais de l’initiation à l’informatique en troisième division, à la maison d’arrêt des femmes, et à l’hôpital pénitentiaire. Une nouvelle fonction vient d’être créée : celle de RLE  (responsable local de l’enseignement). Comme je suis le plus ancien, et que je connais bien tous les rouages de la prison, on me propose de remplir cette fonction avec 6 heures supplémentaires. Ça m’intéresse, j’accepte. . Je vais  vite me rendre compte que les 6 heures sont nettement insuffisantes, et je passerai une bonne partie des 2 heures du midi dans le bureau-cellule de la troisième division qui nous est attribué. Il faut dépouiller le courrier des détenus, préparer des listes de détenus à rencontrer afin qu’ils soient descendus en cellule d’attente le jour J, préparer les dossiers CNED, et j’en passe.
Aujourd’hui, je dois aller voir un détenu au CNO  (centre national d’observation) et un autre au quartier d’isolement. Les deux se trouvent dans la même division, mais ça va quand-même me prendre l’après-midi !
13h30, en route pour le CNO. Ici passent tous les détenus de France condamnés à 10 ans et plus. Ils y passent toute une série de tests afin de déterminer la suite de leur détention, quel établissement,  quel projet de sortie (à long terme pour la plupart). Je franchis la porte blindée,  passe sous le portique, ma prothèse de hanche sonne, on me passe au détecteur manuel, et je demande mon détenu. C’est un jeune qui prépare une licence en musicologie. On me l’amène dans un petit bureau. C’est calme, ici, on n’entend pas tous les bruits de la détention : cris,  bruits de clés, sondage des barreaux. Nous sommes là pour organiser son examen, qui se déroulera bien sûr ici. Il faudra un clavier. Il se prépare avec un clavier en papier qu’il s’est fabriqué. Pour l’examen, il en faudra un vrai. Donc demande d’autorisation pour faire entrer l’instrument, et le prof qui viendra l’interroger. Il faut s’y prendre plusieurs semaines à l’avance. On est dans les temps, tout va bien. On discute un peu, il n’a pas beaucoup d’occasions pour ça,  et je le quitte. L’examen se passera très bien, il sera reçu avec les félicitations du jury !
Je sors du CNO. Je passe par le quartier arrivants qui se trouve dans la même division. Demain je vais faire de la détection de l’illettrisme. Ici passent pendant 3 ou 4 jours les arrivants de l’extérieur qui n’ont jamais été incarcérés à Fresnes. Un CIP  (conseiller d’insertion et de probation) m’a sélectionné 10 détenus de très faible niveau scolaire. Je les verrai demain,  j’utiliserai un outil mis au point par Alain Bentolila.
Je passe dans l’aile sud. Celle-ci est coupée en deux par une grille. De l’autre côté se trouve le quartier d’isolement. Pour que  cette grille puisse être ouverte, on bloque toute la division. Plus aucun détenu dans le couloir. Toutes les cellules fermées. Il y a 2 catégories de détenus dans ce lieu : les très dangereux, placés par l’administration pénitentiaire, à la demande du juge, et ceux qui en ont fait la demande parce qu’ils se sentaient menacés en détention. Ils ne sont que 5 ou 6,  cellules voisines vides, ils ne voient personne, personne ne les voit. Le surveillant accompagné du gradé m’accompagne jusqu’à la cellule. Une porte, une grille, une autre porte. J’entre, le surveillant referme la grille et reste derrière. Je suis là pour remplir son dossier d’inscription au bac. Il faudra que j’aille à la fouille chercher les photos d’identité, faire une demande pour obtenir un timbre fiscal.
Il va falloir repartir. Nous nous reverrons pour l’examen. Lui aussi sera reçu.
Même procédure pour la sortie.
J’ai bien glandé : j’ai vu 2 détenus dans l’après-midi, et je suis épuisé !

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