“De retour en métropole vendredi dernier après avoir vécu et enseigné à l’étranger, je suis… surpris par ma première heure de cours avec des secondes. Je décide de passer par la poésie (notre objet d’étude) pour leur parler. Voici donc le texte que je leur ai lu ce matin, et que j’avais envie de partager sur ce groupe, avec toute ma solidarité avec ceux qui se lèvent chaque matin pour vivre ce type d’expériences.”

 

Le périmètre de l’île

 

J’ai vu des îles entourées d’eau, chaleureuses et luxuriantes
Et au cœur de l’un de ces paradis, le regard triste mais le sourire aux lèvres
Un Homme souffrir d’être trop seul
J’ai exploré son périmètre, nagé avec ses fauves, guidé par le chant des baleines
Jusqu’à prendre la fuite

Vers une autre de ces îles où, ivre déjà
Un Homme rencontré par le plus grand des hasard
M’installant à l’arrière d’une automobile d’un autre temps
M’a servi son monde sur un plateau sans argent
N’acceptant pour salaire
Qu’un peu de musique et de temps

J’ai vu des îles si grandes que ses habitants n’avaient jamais vu la mer, ni d’Homme blanc
Mais en dépit de leur ignorance, chacun me prenait par le bras
Et m’emmenant dans des taudis de tôle sombres et froids
M’asseyait près de l’âtre et, partageant un fond de thé noir,
Me disait en souriant que l’invité est roi.

Lorsqu’en ce vendredi, je poussai la porte de la salle de classe
Curieux d’explorer le périmètre de ma nouvelle escale
S’est offerte à mes yeux la plus monstrueuse des parades

J’ai croisé quelques sourires et j’en ai cherché d’autres
Curieux de voir certains fuir en hurlant au son d’un simple « bonjour »
Peut-être n’avais-je pas parlé assez fort
Peut-être n’avaient-ils pas bien entendu

J’ai vu des regards vides, des regards vagues et des regards hostiles
Comme si, inconscient d’une guerre qui s’était jouée sans moi,
J’avais par mégarde posé le pied
En territoire ennemi.

J’ai distingué, au cœur de cette fanfare hystérique
Où tous se parlent mais personne ne s’écoute
Quelques questions curieuses étouffées par des rires
Dans lesquels ne résonnaient ni joie ni partage
Des rires d’ignorance, de méfiance et d’indifférence

J’observe curieusement cette assemblée de ruminants révolutionnaires

Qui a fait de la bataille du chewing-gum une cause nationale
Singulière mixture d’alliés et de chefs de guerre
Et, à la fois amusé et perplexe,
Je les remplace, le temps d’une minuscule seconde
Par mes étudiants à la peau sombres, affables et souriants

Par ces hommes et ces femmes qui, sans me connaître,
M’ont accueilli dans leur petite salle de classe sans ordinateur ni vidéoprojecteur
Avec la bienveillance que l’on accorde inconditionnellement à tout inconnu
Pour lesquels la curiosité s’exprime par le silence
Dans un monde où les questions appellent des réponses que l’on sait attendre et entendre.
Ces hommes et ces femmes pour lesquels l’éducation a un prix
Mais qui savent que le respect se partage avec profusion plus qu’il ne se dépense.

Lorsqu’une seconde s’est écoulée et que m’apparaissent en filigrane
Cet enfant avachi comme un vieillard sur son sac à dos de marque
Le dos de l’un et la nuque d’une autre en guise de présentations
Les négociations passionnées pour la pause d’un cours qui n’a pas encore commencé
Et surtout cette masse de bruit dans laquelle résonne tout l’égocentrisme
D’une génération habituée à exiger ce qu’on ne lui a jamais appris à donner.

Alors, m’installant tranquillement à mon bureau dans l’attente du silence
Je me dis que cette île est bien la plus exotique qu’il m’ait été donnée de découvrir
Et que jamais on ne m’a réservé si mauvais accueil.
Il n’est toutefois pas d’aventure que l’on refuse
Et je me risque à jouer la carte de la sincérité.
Pour dissiper l’orage,
Le pari des mots plutôt que celui de l’autorité,
Dans l’attente tranquille que tombent les masques d’enfants terribles
Et que se révèle, peu à peu, le visage plus sympathique
Des adultes que vous êtes déjà en train de devenir.

 

par Valérian MacRabbit

 

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La Martinique, la situation est tendue. Pour mieux en comprendre les raisons, voici quelques explications :

A quoi servent les contrats aidés ?

Initialement prévu pour faciliter le retour à l’emploi   des chômeurs ou être un premier emploi, ils ont été finalement utilisé comme main d’oeuvre peu onéreuse. On trouve ces emplois dans les administrations pour des tâches de secrétariat mais aussi d’entretien des locaux ou bien d’AESH (ex-AVS). Dans le secondaire, les surveillants sont bien souvent aussi des contrats aidés.

Quel est le problème ?

Fin Août, le nouveau gouvernement a estimé que ces contrats n’étaient pas efficaces et donc de ne pas les renouveler et de supprimer en 2018, 40% de budget de financement de ces contrats. Sauf que les collectivités territoriales et les établissements scolaires tout comme les titulaires de ces contrats ont appris la nouvelle peu avant la rentrée. Les maires des communes ont d’abord manifesté car ils estiment que sans ces agents en contrats aidés, ils ne peuvent assurer la sécurité dans les établissements scolaires. La rentrée n’a donc pas pu se faire le 1e septembre.

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Le mouvement de grogne s’étend

Ce sont les enseignants du secondaire qui ont commencé la grève suivi des CPE, des chefs d’établissement puis les PE et enfin les mairies. Ils ont pris contact avec le préfet (qui a été plutôt long à répondre) avec leurs demandes. Ils n’ont toujours pas obtenus de réponses satisfaisantes. C’est pourquoi, vendredi 22 septembre les élèves n’ont toujours pas repris le chemin de l’école et que les grévistes ont déposé à M. Le préfet la motion suivante :

motion contrat aidé

Malheureusement, la réponse obtenue n’est pas celle attendue. La grève se prolonge donc demain face à un appel à la mobilisation illimité.

Le Maire de Fort-de-France Didier Laguerre a adressé une lettre au ministre de l’éducation nationale. Dans sa missive, l’élu rappelle que pour la seule éducation nationale, le projet du gouvernement fait tomber le nombre de contrats de 920 à 380, rendant ainsi le quotidien dans les établissements scolaires plus compliqué.

L’inquiétude des familles

 

En attendant les élus trouvent une solution, les élèves et leurs familles s’inquiètent pour leur scolarité après 3 semaines sans cours comme en témoigne ce lycéen.

 

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Lors de précédents articles, nous vous avions parlé du mouvement de grève en Martinique. Les ouragans ont pris le dessus dans les médias en métropole. Mais en Martinique, la grogne continue.

Episode 1

Pourquoi le préfet nous raconte-t-il des salades?

Publié par Snes-Fsu Martinique sur samedi 23 septembre 2017

(Ps: nous n’avons aucune accointance syndicale. Mais face au peu d’informations disponible en métropole, le contenu nous a apparu intéressant)

Episode 2 (par E.P)

Voici leur réaction après la réception de ce courrier

Martinique préfet

“Le préfet a opté pour un ton condescendant et nous fait passer pour cons… 
L’association des maires est sortie très en colère de la dernière réunion. 
Un ultimatum a été posé c’est-à-dire 15h pour répondre à nos doléances. 
Sinon grève générale à partir de lundi.
Je vous joins le courrier qui nous a redonné espoir de reprendre le chemin de nos classe lundi…
C’est un fake
Dommage que les audios ne passent pas sur Facebook.”

En réaction, les manifestants ont décidé de continuer la grève. Ainsi tous les services municipaux, écoles, crèches seront fermés à partir de lundi.

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Deux semaines après le passage d’Irma et de José, les Antilles sont touchées par Maria.

A l’heure actuelle, elle a épargné la Martinique mais attaque de plein fouet la Guadeloupe (Alerte grise).

alerte-grise

Saint Barthélémy et Saint-Martin sont quand à elles en alerte ouragan violette.

 

Dans toutes ces îles les administrations et les écoles sont fermées. Un résumé de la situation est disponible sur Outre-mer 1e.

Bon courage à nos collèges feignasses des Antilles et à leurs élèves.

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L’ouragan Irma a durement touché les feignasses de Saint-Martin et Saint-Barthélémy.

Jean-Michel Blanquer a adressé  aujourd’hui un message de soutien aux enseignants des îles du nord :

En ces jours d’extrême difficulté pour vous tous, je veux d’abord vous adresser un message de solidarité. C’est évidemment l’ensemble de notre pays qui est à vos côtés pour trouver les solutions à tous les problèmes d’une ampleur inédite que pose la situation actuelle.

Mes premières pensées sont pour vous qui, au titre de l’Éducation nationale, rendez un service public fondamental pour les élèves à Saint-Martin et à Saint-Barthélemy et qui, aujourd’hui, vous trouvez dans une situation de détresse.

Dès que les événements sont survenus, nous nous sommes mobilisés avec l’ensemble des administrations de l’État pour mettre en place l’aide qu’exige la situation. Le recteur de l’Académie de Guadeloupe suit l’évolution de la situation heure par heure, au travers d’une cellule de crise, avec le but de recenser l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale et de contribuer aux secours qui vous sont portés. Notre objectif est d’apporter des réponses à chaque situation particulière, en les identifiant au travers du représentant du recteur qui est sur place. Nous travaillons aussi à ce que sera l’étape suivante lorsqu’il faudra reconstruire et rétablir un fonctionnement normal.

En attendant cela, je veux vous redire ma solidarité absolue et ma disponibilité avec toutes les équipes de l’éducation nationale pour vous aider à traverser cette épreuve.
Avec toute ma sympathie. “

Afin d’aider les collègues, un numéro vert  a été mis en place.

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Le numéro vert 0800 800 453 est gratuit et accessible depuis un poste fixe ou un mobile (Attention ! Compte tenu de l’état du réseau téléphonique des îles du nord, certaines communications depuis les mobiles peuvent ne pas aboutir).

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