Voici le partage d’une de nos feignasses:

Mardi matin, j’ai dit à mes CE1/CE2 que j’allais leur faire manger leur leçon de conjugaison pour qu’enfin ils retiennent qu’on met “-ent” aux verbes pour accorder au pluriel. On a beaucoup rigolé sur la leçon qui se mange!…

Jeudi matin, A. élève de CE2, arrive en classe avec des gâteaux… La gourmande que je suis se dit ” Cool, il m’a fait des gâteaux !” Mais non, il me dit: “c’est pour toute la classe, c’est pour qu’on puisse manger notre leçon !!!”

Et voilà les gâteaux que nous avons eus!

par Magalie Denis

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Après avoir reçu le Prix Nobel de Littérature en 1957, Camus écrit une très belle lettre de reconnaissance à Louis Germain, son premier instituteur.

 

 

19 novembre 1957

Cher Monsieur Germain,
J’ai laissé s’éteindre un peu le bruit qui m’a entouré tous ces jours-ci avant de venir vous parler un peu de tout mon cœur. On vient de me faire un bien trop grand honneur, que je n’ai ni recherché ni sollicité. Mais quand j’ai appris la nouvelle, ma première pensée, après ma mère, a été pour vous. Sans vous, sans cette main affectueuse que vous avez tendue au petit enfant pauvre que j’étais, sans votre enseignement, et votre exemple, rien de tout cela ne serait arrivé. Je ne me fais pas un monde de cette sorte d’honneur mais celui-là est du moins une occasion pour vous dire ce que vous avez été, et êtes toujours pour moi, et pour vous assurer que vos efforts, votre travail et le cœur généreux que vous y mettiez sont toujours vivants chez un de vos petits écoliers qui, malgré l’âge, n’a pas cessé d’être votre reconnaissant élève.

Je vous embrasse, de toutes mes forces.
Albert Camus

 

 

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“De retour en métropole vendredi dernier après avoir vécu et enseigné à l’étranger, je suis… surpris par ma première heure de cours avec des secondes. Je décide de passer par la poésie (notre objet d’étude) pour leur parler. Voici donc le texte que je leur ai lu ce matin, et que j’avais envie de partager sur ce groupe, avec toute ma solidarité avec ceux qui se lèvent chaque matin pour vivre ce type d’expériences.”

 

Le périmètre de l’île

 

J’ai vu des îles entourées d’eau, chaleureuses et luxuriantes
Et au cœur de l’un de ces paradis, le regard triste mais le sourire aux lèvres
Un Homme souffrir d’être trop seul
J’ai exploré son périmètre, nagé avec ses fauves, guidé par le chant des baleines
Jusqu’à prendre la fuite

Vers une autre de ces îles où, ivre déjà
Un Homme rencontré par le plus grand des hasard
M’installant à l’arrière d’une automobile d’un autre temps
M’a servi son monde sur un plateau sans argent
N’acceptant pour salaire
Qu’un peu de musique et de temps

J’ai vu des îles si grandes que ses habitants n’avaient jamais vu la mer, ni d’Homme blanc
Mais en dépit de leur ignorance, chacun me prenait par le bras
Et m’emmenant dans des taudis de tôle sombres et froids
M’asseyait près de l’âtre et, partageant un fond de thé noir,
Me disait en souriant que l’invité est roi.

Lorsqu’en ce vendredi, je poussai la porte de la salle de classe
Curieux d’explorer le périmètre de ma nouvelle escale
S’est offerte à mes yeux la plus monstrueuse des parades

J’ai croisé quelques sourires et j’en ai cherché d’autres
Curieux de voir certains fuir en hurlant au son d’un simple « bonjour »
Peut-être n’avais-je pas parlé assez fort
Peut-être n’avaient-ils pas bien entendu

J’ai vu des regards vides, des regards vagues et des regards hostiles
Comme si, inconscient d’une guerre qui s’était jouée sans moi,
J’avais par mégarde posé le pied
En territoire ennemi.

J’ai distingué, au cœur de cette fanfare hystérique
Où tous se parlent mais personne ne s’écoute
Quelques questions curieuses étouffées par des rires
Dans lesquels ne résonnaient ni joie ni partage
Des rires d’ignorance, de méfiance et d’indifférence

J’observe curieusement cette assemblée de ruminants révolutionnaires

Qui a fait de la bataille du chewing-gum une cause nationale
Singulière mixture d’alliés et de chefs de guerre
Et, à la fois amusé et perplexe,
Je les remplace, le temps d’une minuscule seconde
Par mes étudiants à la peau sombres, affables et souriants

Par ces hommes et ces femmes qui, sans me connaître,
M’ont accueilli dans leur petite salle de classe sans ordinateur ni vidéoprojecteur
Avec la bienveillance que l’on accorde inconditionnellement à tout inconnu
Pour lesquels la curiosité s’exprime par le silence
Dans un monde où les questions appellent des réponses que l’on sait attendre et entendre.
Ces hommes et ces femmes pour lesquels l’éducation a un prix
Mais qui savent que le respect se partage avec profusion plus qu’il ne se dépense.

Lorsqu’une seconde s’est écoulée et que m’apparaissent en filigrane
Cet enfant avachi comme un vieillard sur son sac à dos de marque
Le dos de l’un et la nuque d’une autre en guise de présentations
Les négociations passionnées pour la pause d’un cours qui n’a pas encore commencé
Et surtout cette masse de bruit dans laquelle résonne tout l’égocentrisme
D’une génération habituée à exiger ce qu’on ne lui a jamais appris à donner.

Alors, m’installant tranquillement à mon bureau dans l’attente du silence
Je me dis que cette île est bien la plus exotique qu’il m’ait été donnée de découvrir
Et que jamais on ne m’a réservé si mauvais accueil.
Il n’est toutefois pas d’aventure que l’on refuse
Et je me risque à jouer la carte de la sincérité.
Pour dissiper l’orage,
Le pari des mots plutôt que celui de l’autorité,
Dans l’attente tranquille que tombent les masques d’enfants terribles
Et que se révèle, peu à peu, le visage plus sympathique
Des adultes que vous êtes déjà en train de devenir.

 

par Valérian MacRabbit

 

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Vendredi soir, fin d’une semaine de classe, un mélange de joie, de fatigue et une envie de partager le vécu de ces premiers moments d’une année scolaire.

Une certaine effervescence aussi, probablement liée au fait de déposer mes premiers mots sur la toile.

Le terme usuel de «Maîtresse» qui désigne mon rôle ne me convient plus. Je préfère me dire que je suis dans «un collectif» composé de 29 enfants et une adulte. 30 Êtres réunis pour une expérience de partage et d’apprentissages mutuels, le temps d’une année.

Il y a quelques temps, je découvrais la Communication Non Violente. Ma paire de chaussures pour être en relation avec moi et avec les autres. Et de là en découle un élan, celui de mettre l’Empathie au cœur du système scolaire. Le système scolaire public, l’école pour tous.

Pas envie de faire la révolution, ni de juger ce que fait mon voisin, juste un choix, celui de vivre mon élan, de passer d’un rêve à une réalité. Celle d’une évolution paisible par l’incarnation de mes aspirations pédagogiques.

Plus de manuel, d’évaluations, de programmations, de jeux compétitifs, de punitions … A la place: des plans de travail, des conseils de classe tous les jours, des jeux coopératifs, des «Comment je me sens-là?», un temps de « Bienvenue » pour chacun tous les matins, des «Contrats de réussite» à la place du listing des turbulences d’un enfant sur son cahier de liaison, des «écoutes empathiques» à la place des menaces …

Je sais ce que je ne veux plus faire, plus vivre. En pleine expérimentation sur le «Comment faire à la place?». J’avance en terrain inconnu. Je sens que mes anciens mécanismes ne sont pas loin, prêts à revenir dans les moments d’instabilité, dans ces instants où je me dis « Mince, je n’avais pas prévu ce cas de la figure, je ne sais pas quoi faire!» ou bien « C’est le bazar total là… ». Il y a aussi ces soirs où je me fais la réflexion que ce que j’ai fait était bien loin de mon intention de départ. Et ces mots déjà formulés au collectif: «Je me sens démunie, je regrette ce que j’ai dit, avez-vous une idée sur la façon dont nous pourrions gérer ensemble ce problème?». La surprise aussi d’entendre leurs idées créatives si pertinentes et leur compréhension face aux cafouillages.Touchée de voir leur enthousiasme au milieu de ce nouveau fonctionnement, l’adhésion des parents lors de la réunion de rentrée…

Aujourd’hui, Vendredi 15h :

Les enfants ont fait leur premier «moment de pitreries», la «Danse des canards» (musique de leur choix), chorégraphie de 10 membres de notre collectif, au milieu de la classe. Surprise d’y voir Eva, d’habitude si effacée …

Comment en sommes-nous arrivés là? Lundi dernier, lors du temps de regroupement, plusieurs enfants parlent de leur besoin de rire. S’en suit une recherche collective de stratégies pour répondre à ce besoin. Créativité du groupe: des exclamations «Moi je sais faire le pitre !», « Moi, aussi ! ». Décision du collectif : un temps de «pitreries» tous les jours à 15h. En les regardant gesticuler, hilares, sur la « Danse des canards » je me suis d’abord dit :«C’est une première, 15 années d’enseignement et jamais une telle pagaille dans ta classe ». S’en est suivi un moment d’insécurité :«Le calme va-t-il revenir ensuite ?» et enfin : le rire qui me gagne moi aussi. Lâcher-prise et confiance. Moment de partage, de légèreté et d’humour.

Et là, ce soir, une impression, celle de voir en filigrane, la naissance d’un collectif, de nouveaux liens, une première étape vers l’Empathie?

Par Marie Écrit

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Par Olive Koenig

Quand tu veux monter un séquence d’apprentissage en maths, grandeurs et mesures….les mesures de longueur
Bon, ça a l’air simple comme ça…

systemes-mesure

“Bien les enfants, il y a les mètres. Vous connaissez quoi d’autre ? Les centimètres, bien. Et puis ? Les kilomètres, ok. Bon ben, c’est parfait…”

Oui mais voilà. Tu te dis, tiens, c’est marrant, on dit centimètre, mais on dit aussi, centigramme, et puis on dit centilitre. Ah puis c’est marrant, ça marche aussi pour les milli, les déca, les hecto, les kilo.
Bon, ils viennent d’où ces mots là, ces préfixes (zut, va falloir que je vérifie s’ils se souviennent ce qu’est un préfixe). Tiens, si on se demande ça, on dérive sur le français…préfixes. Oui mais alors, il viennent d’où ces mots là ?

Ah, trouvé, alors ils viennent du latin ET du grec. Alors pour les multiples, deca, hecto, kilo, ça vient du grec. Oui, mais pour les sous-multiples, déci, centi, milli, ça vient du latin. Et zut, je suis encore en français là…

Oui, mais c’est quoi le latin ? Et puis le grec, c’est celui des grecs ? Là, maintenant ? Ah ben non. C’est du grec ancien, et puis c’est comme le latin, c’est une langue “morte”. ce sont les romains qui parlaient latin dans l’antiquité…..Stoooop….tu fais de l’histoire là !

Bon et à quoi ça nous sert ? Ah oui, construire un tableau de conversion “universel”, qui va servir pour toutes les unités de mesure. Ah, mais ça va pas ça, je sors de ma séance “mesures de longueur”….batapi, je continue
Et alors, ça nous sert à quoi ? Ah, à comprendre les échelles sur une carte par exemple. ben oui, c’est bien ça les échelles sur une carte, ça parle…
Ah oui, mais re-zut, je suis en géographie là….Olalala…

Bon je continue. Alors, heuuu, par exemple, si je veux savoir, un millimètre, ça fait combien de mètres, ben je mets mon millimètre dans la colonne millimètre, puis je complète avec des zéros jusqu’à la colonne mètres, puis, puis….ouille, il faut que je colle une virgule là…Ah oui, mais je tombe dans les décimaux, et on est début de CM1, on a pas vu les décimaux en numération, c’est prévu en fin d’année ça !

Bon alors, j’ai un tableau de conversion en grandeurs et mesures, mais je peux pas m’en servir ? Ou que dans un sens ? Olalalalalala…….Pffffiouuuuu…..

Bon, ben voilà ce que je décide, je vais faire des maths, du français, de la géographie, et de l’histoire, tout ça en même temps. Parce que sinon ça sert à quoi convertir ?

C’est bien ce que je leur dis à mes élèves : “les maths et le français, ça ne sert à rien du tout….”
(là je marque une pause généralement, assez longue, et j’admire leur réaction….genre, c’est qui ce Maître qui nous sort ça ? Il est bizarre….ou fou).
Puis, je rajoute “en soi….”.
Et je conclue : “Ce ne sont que des outils au service de tout le reste”

Alors oui, je sors des clous…

Quoique, ne nous dit-on pas qu’il faut donner du sens aux apprentissages ?

🤣😱🤓”

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Par Virginie

Nouvelle casquette aujourd’hui : scénariste de film catastrophe !!! En effet, en réunion pour remettre à jour le ppms, il nous a fallut imaginer ce que l’on ferait s’il y avait une intrusion dans l’école. ..

Par Jacques Risso

J’ai fini par une crise de fou rire à pleurer, en m’imaginant sortir de la classe en rampant, après avoir pris une balle entre les deux yeux, pour aller déclencher l’alerte intrusion, puis revenir, éteindre les lumières, récupérer mon portable au passage pour communiquer avec les collègues, se coucher par terre avec les enfants après avoir fermé à clé toutes les portes ( vitrées ! ) et tiré un meuble de 200 kg devant celle de la classe . Et tout ça dans le plus grand silence, parce qu’il ne faut pas que l’intrus sache qu’on est là !!! En même temps, dans une école en pleine journée, normalement il y a des élèves et des enseignants !
Ah oui, j’allais oublier : en cas d’envie pressante, il y a le seau !!!!
Bref : un grand n’importe quoi !!!😁

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Par Rho la la

En zappant à la recherche d’une émission à regarder pour continuer mon repassage (oui, j’ai une vie trépidante, je sais), je suis tombée sur une émission sur M6 parlant des poux. Une femme a créé un salon spécialisé dans l’extermination des poux sur les têtes de nos enfants.

Je cite en gros : “les écoles ne font pas ce qu’il faut, bien souvent elles mettent des mots demandant à vérifier les têtes des enfants, mais elles ne font rien, elles ne donnent pas de conseils aux mamans et ne vérifient pas les têtes des enfants !

Voilà voilà, bande de feignasses du primaire, vous savez quelle formation PAF demander cette année… 😂”

élèves et poux

Ps : N’hésitez pas en commentaire à partager vos meilleures astuces d’extermination de ces sales bêtes 😉

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