Chers amis feignasses.

Parce que mine de rien, la récompense vient souvent de nos élèves. Même s’ils sont parfois difficiles, eux savent bien souvent apprécier les efforts que nous faisons pour eux. Voici un mail reçu d’un ancien élève de collège il y a quelques semaines. On devrait faire une compilation et l’envoyer à ceux qui pensent que nous ne sommes qu’une bande de fainéants !

Feignasses peut-être mais parfois nous marquons tout de même vos charmants bambins !

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14615788_1179328548821021_1166557701468463719_oBeau message pour bon nombre d’hommes de Pouvoir qui, s’ils ont un jour reçu des vertus, des valeurs par leur famille, les ont assurément perdues.
Dans l’actualité, les vertus éducatives des parents sont en sérieuse concurrence avec la télévision, les PC, les tablettes, les téléphones portables et le flot ininterrompu d’informations
de tous genres qui forgent, configurent, les petits esprits…

De plus, pour “y arriver” (parfois à peine ou même pas…) les parents bossent tous les deux, dans des contextes parfois rudes, anxiogènes et le temps consacré aux enfants est donc insuffisant et d’une piètre qualité. Sans compter tous ceux qui sont au chômage et qui ne retrouveront jamais de travail, ceux pour qui la Société n’a plus aucun sens, aucun : les abandonnés.
L’École et les pauvres feignasses qui la portent encore un peu, qui tiennent bon, mais pour combien de temps encore, tentent donc de pallier ces carences éducatives… ce qui revient, pour ces malheureuses feignasses, de tenter de remonter les chutes du Niagara avec des palmes…
Même si elles sont académiques, elles ne servent pas à grand chose.

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Suis une feignasse du 1er degré qui bosse dans le 2nd degré : Prof des écoles spécialisé, à moitié en SEGPA avec des élèves en grande difficulté scolaire, à moitié en IEM (Institut d’Éducation Motrice) avec des élèves polyhandicapés.

Bonne journée !

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Je suis enseignante spécialisée avec des jeunes autistes et déficients intellectuels.

Je n’ai évidemment pas du tout bossé comme une dingue pour mon CAPA SH que j’ai obtenu dans une pochette surprise. En bonne grosse feignasse, j’ouvre le manuel “Enseignement pour adolescents autistes” et j’ai juste à photocopier les fiches juste avant d’entrer en classe. Le bonheur… 😉

Je ne passe absolument pas mes heures de temps libre et mes soi-disant 6 mois de vacances à me former, chercher, créer des outils de communication, préparer des projets, traduire des œuvres en pictogrammes pour les rendre accessibles, inventer une méthode de lecture adaptée …

Ce qui me permet donc d’être de parfaite humeur lorsque j’entends certaines réflexions à la radio… Avec mes 1700 euros par mois pour mes 12 ans d’ancienneté et mon bac + 5 j’ai effectivement un peu honte de ruiner l’état, il serait grand temps qu’on m’aide à me remettre au boulot… Allez je vous laisse, je m’en vais glander un peu…

Écrire et réfléchir à ce post durant mes vacances m’a complètement épuisée… ⛱😎

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Je voulais ici tirer mon chapeau à tous les collègues qui ont tellement de temps libre qu’ils créent et tiennent des blogs, sites internet et les partagent avec leurs collègues pour les aider à encore plus feignasser !
Big up !!

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Une feignasse de plus. Petit calcul d’une PE.

Je suis au taf à 8h, j’en pars à 17h et je bosse entre midi et deux = 9h auxquelles j’ajoute 2h de préparations le soir = 11h x 4 jours + 5h le mercredi (3h de classe et 2h de préparations) = 49h + 4h de préparations le week-end = 53h. Vous suivez toujours ? 53h x 36 semaines de cours = 1908h par an. Si je divise par 52 semaines on en arrive à la conclusion que je bosse, nous bossons, vous bossez, 36h30 sans 1 seul jour de repos.

Alors, où sont les feignasses ?

Aurore Viura

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Fresnes,  décennie 90, je suis prof de math, 3 heures par semaine dans chacune des 3 divisions, et je fais de l’initiation à l’informatique en troisième division, à la maison d’arrêt des femmes, et à l’hôpital pénitentiaire. Une nouvelle fonction vient d’être créée : celle de RLE  (responsable local de l’enseignement). Comme je suis le plus ancien, et que je connais bien tous les rouages de la prison, on me propose de remplir cette fonction avec 6 heures supplémentaires. Ça m’intéresse, j’accepte. . Je vais  vite me rendre compte que les 6 heures sont nettement insuffisantes, et je passerai une bonne partie des 2 heures du midi dans le bureau-cellule de la troisième division qui nous est attribué. Il faut dépouiller le courrier des détenus, préparer des listes de détenus à rencontrer afin qu’ils soient descendus en cellule d’attente le jour J, préparer les dossiers CNED, et j’en passe.
Aujourd’hui, je dois aller voir un détenu au CNO  (centre national d’observation) et un autre au quartier d’isolement. Les deux se trouvent dans la même division, mais ça va quand-même me prendre l’après-midi !
13h30, en route pour le CNO. Ici passent tous les détenus de France condamnés à 10 ans et plus. Ils y passent toute une série de tests afin de déterminer la suite de leur détention, quel établissement,  quel projet de sortie (à long terme pour la plupart). Je franchis la porte blindée,  passe sous le portique, ma prothèse de hanche sonne, on me passe au détecteur manuel, et je demande mon détenu. C’est un jeune qui prépare une licence en musicologie. On me l’amène dans un petit bureau. C’est calme, ici, on n’entend pas tous les bruits de la détention : cris,  bruits de clés, sondage des barreaux. Nous sommes là pour organiser son examen, qui se déroulera bien sûr ici. Il faudra un clavier. Il se prépare avec un clavier en papier qu’il s’est fabriqué. Pour l’examen, il en faudra un vrai. Donc demande d’autorisation pour faire entrer l’instrument, et le prof qui viendra l’interroger. Il faut s’y prendre plusieurs semaines à l’avance. On est dans les temps, tout va bien. On discute un peu, il n’a pas beaucoup d’occasions pour ça,  et je le quitte. L’examen se passera très bien, il sera reçu avec les félicitations du jury !
Je sors du CNO. Je passe par le quartier arrivants qui se trouve dans la même division. Demain je vais faire de la détection de l’illettrisme. Ici passent pendant 3 ou 4 jours les arrivants de l’extérieur qui n’ont jamais été incarcérés à Fresnes. Un CIP  (conseiller d’insertion et de probation) m’a sélectionné 10 détenus de très faible niveau scolaire. Je les verrai demain,  j’utiliserai un outil mis au point par Alain Bentolila.
Je passe dans l’aile sud. Celle-ci est coupée en deux par une grille. De l’autre côté se trouve le quartier d’isolement. Pour que  cette grille puisse être ouverte, on bloque toute la division. Plus aucun détenu dans le couloir. Toutes les cellules fermées. Il y a 2 catégories de détenus dans ce lieu : les très dangereux, placés par l’administration pénitentiaire, à la demande du juge, et ceux qui en ont fait la demande parce qu’ils se sentaient menacés en détention. Ils ne sont que 5 ou 6,  cellules voisines vides, ils ne voient personne, personne ne les voit. Le surveillant accompagné du gradé m’accompagne jusqu’à la cellule. Une porte, une grille, une autre porte. J’entre, le surveillant referme la grille et reste derrière. Je suis là pour remplir son dossier d’inscription au bac. Il faudra que j’aille à la fouille chercher les photos d’identité, faire une demande pour obtenir un timbre fiscal.
Il va falloir repartir. Nous nous reverrons pour l’examen. Lui aussi sera reçu.
Même procédure pour la sortie.
J’ai bien glandé : j’ai vu 2 détenus dans l’après-midi, et je suis épuisé !

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