Écrasée comme une mouche.
577 députés nommés à l’assemblée nationale. Le texte qui crée les établissements publics des savoirs fondamentaux a été voté à 35 contre 7.
La Loi Blanquer (il avait juré ses grands dieux qu’il ne ferait pas de réforme. Et en fait c’est vrai. Il ne fait pas de réforme, il passe l’éducation nationale au broyeur pour la modeler à sa main (aux intérêts des entreprises) au détriment du bien être de l’enfant. Feu l’éducation nationale, vive l’éducation Blanquer !) a entériné cet amendement sur “l’école du socle”.
Il y a beaucoup à dire, et à redire, sur la loi Blanquer.
Mais dire ne servira à rien si l’on n’agit pas… Si l’on ne réagit pas.
Les établissements publics des savoirs fondamentaux qui ont été créés le sont sur le cadavre des écoles primaires actuelles.
Concrètement le but est de regrouper les écoles autour d’un collège.
D’annexer les écoles au collège.
Une école ne sera plus qu’une portion d’un grand établissement auquel elle sera attachée. Attachée.
Il n’y aura plus de directeur/directrice d’école.
Il y aura un chef d’établissement, au collège.
Les actuels directeurs/directrices d’écoles qui se battaient pour voir mieux reconnaître leur métier, mieux valoriser leur travail se verront, au mieux, attribuer le titre de directeur adjoint.
Adjoint-e.
Donc quand l’adjoint-e arrivera à l’école et qu’il/elle constatera que l’accès est verglacé et dangereux il/elle en référera à son chef d’établissement (qui appellera, ou fera appeler la mairie qui appellera les services techniques), si le chauffage a disjoncté dans la nuit il/elle en référera à son chef d’établissement (qui appellera, ou fera appeler la mairie qui appellera les services techniques).
Si à l’ouverture de la grille un parent est tracassé par ce qui est arrivé à son enfant lors de la récréation de la cantine hier, cherche le bonnet/la veste/la toupie/le crayon quatre couleur doré/etc de son enfant, se fait du soucis parce que sa situation familiale, professionnelle peut avoir des répercutions sur son enfant, n’est pas content parce que son enfant à trop/pas assez/mal écrit/pas compris les devoirs, qui va gérer? Qui va prendre cinq, dix minutes pour désamorcer la crise, pour rassurer le parent? L’adjoint-e?
Quand un enfant aura dépassé les bornes, la collègue excédée l’enverra illico dans le bureau de l’adjoint-e? Aura t-il/elle seulement encore un bureau? Cela aura t-il un quelconque poids?
Quand, il manquera 5 élèves à l’appel c’est la secrétaire du collège qui appellera les parents qui n’ont pas prévenu de l’absence?
Quand l’ambulancier, viendra chercher Lola, ou Joseph, ou Gaspard, qui aller au CMPP, chez la psychologue, au centre de soin, quand la mamie, la nounou, la voisine viendra chercher Bernard, ou Caroline, ou Samira qui a vomi, a de la fièvre, s’est ouvert l’arcade sourcilière, qui leur ouvrira la porte? Les aiguillera?
Quand un enfant témoignera de violences, aura des traces de coups, c’est le chef d’établissement qui prendra les choses en mains? Qui ira témoigner chez les gendarmes? Sans jamais avoir seulement croisé l’enfant et ses parents?
Quand un-e collège sera fatigué-e, usé-e, démoralisé-e c’est le chef d’établissement qui va offrir son épaule? C’est lui qui fera l’animation d’équipe? Qui en assurera la cohésion? De loin, de son bureau au collège?
Quel sera le respect accordé aux enseignants et à l’adjoint-e par les partenaires, mairie, association de parents, partenaires culturels et sportifs si l’autorité n’est plus représentée que par un-e adjoint-e?
Quand les collègues décideront d’un projet, élaboreront une organisation, prépareront une sortie, une fête, une porte ouverte, un décloisonnement c’est le chef d’établissement qui décidera? Jusque là c’était discuté, décidé en conseil des maîtres. De façon démocratique. En concertation. Le/la directeur/directrice n’est pas le supérieur hiérarchique de ses collègues. Le/la directeur/directrice n’était pas là pour juger, évaluer ses collègues. Un chef d’établissement le sera.
Il pourra gérer son stock d’enseignants.
Et comme l’établissement comprendra plusieurs écoles les effectifs seront calculés de façon globale. Tant d’élèves divisés par tant de profs, peut importe comment ils sont répartis, et hop, on rationalise, on supprime des postes.

577 députés nommés à l’assemblée nationale. Le texte qui crée les établissements publics des savoirs fondamentaux a été voté à 35 contre 7.
Merci aux 7.

Je suis écœurée. Je suis désolée. Blanquer a tué mon métier comme on écrase une mouche.

A gérer l’éducation nationale comme on gère une entreprise on déshumanise l’enseignement et l’on robotise nos élèves. L’école n’aura plus vocation à former des citoyens éclairés, mais de parfaits petits soldats, de la chair à usine, qui fonctionnent sans réfléchir et obéissent sans protester aux ordres venus de l’élite pour servir l’élite. Cette maltraitance programmée va t-elle, enfin, faire réagir l’opinion?

par Anne

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Bonnes gens ayez confiance!

L’assemblée nationale est au chevet de l’éducation nationale.

Et des mesures fortes ont été votées.

Que les enseignants se garderont bien de critiquer puisque l’article premier de la loi sur l’école de la confiance leur impose de ne rien dire qui pourrait porter atteinte à la réputation du service public.

Nul doute que la réputation du service public d’enseignement soit sauvé par les drapeaux (et carte de France?) imposés dans toutes les classes. Nul doute que le sang impur collé sur les murs des classes rendra à l’éducation nationale son lustre d’antan.

Parce qu’il s’agit bien de cela, n’est pas?

Caresser le bon peuple dans le sens de la seule direction à prendre, celle qui rend l’école responsable de tous les maux de la société actuelle.

La mal bouffe, les grossesses précoces, l’homophobie, les poubelles non triées, les attentats, les casseurs , les dealeurs, les chômeurs, les glandeurs, les profiteurs (ceux qui vivent des aloc, bien sûr, pas ceux qui vivent des dividendes) l’école n’a pas fait son boulot.

C’était bien avant. On avait le sens des valeurs et celui de sa valeur.

Chacun à sa place. L’élite guidée vers les grandes écoles, le peuple vers les usines.

Les drapeaux qui vont désormais flotter vont donner aux enseignants l’assise et l’autorité nécessaire pour éviter que nos élèves ne se fourvoient sur les ronds points en chantant la marseillaise de façon dévoyée.

Les drapeaux vont sauver l’école.

Nul besoin pour les enseignants de mettre la réputation de l’institution en danger. Elle va sombrer toute seule. La pente est bien savonnée:

Point d’indice et salaire bloqué, au ras du plancher européen, dissimulés sous des heures supplémentaires imposées pour les profs (destruction de postes), inexistantes pour les professeurs des écoles.

Temps de travail toujours plus lourd, évaluations chronophage et nocives, l’éducation en statistiques. Effet d’annonces et mise au pas des professeurs: seule la méthode scientifique est la bonne et haro sur les “fantaisies” pédagogiques. Le ministre invente, quasi chaque jour, le fil à couper le beurre et le fait savoir à grand renfort de communication de presse.

Classes surchargées bien cachées derrière l’annonce en grande pompe de quelques CP et CE1 dédoublés.

Réforme du lycée pour bien canaliser chacun à sa place.

Parcoursup pour bien aiguiller vers les filières privées.

Bonnes gens ayez confiance!

L’assemblée nationale est au chevet de l’éducation nationale.

Et des mesures fortes ont été votées.

Certaines ne sont pas passées, comme c’est dommage! Bien sûr imposer un dress code plus rigoureux aux profs aurait été marquant! Ils sont si mal attifés…

Heureusement, maintenant ils ont des drapeaux!

 

Par Anne

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