Par Xavier Massenhove

Bouyguestv, épisode 2 :
Je ne sais pourquoi mais en ce moment, j’adore regarder la première chaîne. Peut-être ai-je besoin d’exercer mon sadisme sur moi-même avant de l’exercer à nouveau sur mes élèves, ambiance de prérentrée oblige… Ou, peut-être comme Brecht qui avait toujours une Bible sur son bureau de travail, afin de mieux connaître ses ennemis. Qui sait ?

manipulationAu JT de 20h, un reportage sur les rythmes scolaires. La chaîne choisit de comparer deux communes du Nord, l’une – Lambres-lez-Douai – ayant décidé de rester aux 4,5 jours, l’autre – Lauwin-Planque – ayant fait le choix de revenir aux 4 jours. Les argumentaires sont savoureux.

À Lambres-lez-Douai, les activités périscolaires ont l’air passionnante, véritablement pensées. Mais lorsqu’il s’agit d’envisager l’avis des enseignants, on n’hésite pas à interroger un représentant du SNUIPP-FSU, M. Bruno Robin. Je cite : “les enseignants se sont vus contraints d’adapter leur temps personnel, leur vie personnelle davantage en fonction de leur vie professionnelle. Ce qui fait que les enseignants ont eu le sentiment d’un seul coup de ne plus pouvoir disposer que du weekend et ne plus pouvoir disposer de temps dans la semaine pour leur famille.” Traduction : les rythmes scolaires ont posé problème à des enseignants-fainéants, qui ne cherchent qu’à être davantage en repos. On ne parle donc plus du rythme des élèves, mais de celui des PE… Ceux qui sont syndiqués au SNUIPP apprécieront, j’en suis sûr…

Je suis tombé tout à l’heure sur un post concernant le rôle des syndicats d’enseignants. Mais comment peut-on payer chaque mois sa cotisation, et par la même occasion, soutenir l’idéologie et les combats de ce syndicat, pour se faire ridiculiser ainsi ensuite ? Comment peut-on cautionner qu’un syndicat d’enseignant – ultra-majoritaire dans le primaire – puisse assimiler les PE à des paresseux, privilégiant leur vie privée à leur vie professionnelle, faisant passer leur intérêt personnel avant celui des enfants ?

Autre question : Pourquoi personne ne parle dans ce reportage de la fatigue des élèves ? Pourquoi personne ne parle des difficultés des zones rurales à recruter des personnes compétentes pour encadrer les activités périscolaires ? Pourquoi personne ne rappelle que les enseignants n’ont pas vu d’amélioration dans les apprentissages avec les 4,5 jours?

0

Lors de sa conférence de rentrée, Jean-Michel Blanquer a indiqué qu’il allait mettre en place des « évaluations diagnostiques » nationales en français et mathématiques pour les élèves de CP et de 6e. Ces tests seront réalisés dès la rentrée et en novembre pour les classes de 6ème.

fotolia-evaluation462Des évaluations pour évaluer quoi ?

Elles sont censées être une photo des compétences des élèves à un instant T. et ainsi permettre aux enseignants de davantage individualiser «leurs pratiques pédagogiques», selon le ministère.

Dans ces évaluations, on retrouve les classiques attendus en français et Maths, mais la compréhension semble mise de côté.

L’évaluation en CP

Elle se fera en 2 temps :

  • une évaluation diagnostique passée par tous les élèves dans la première quinzaine de septembre. Elle se compose de 3 cahiers :un cahier de français, un cahier de maths et un cahier de consignes pour l’enseignant.
  • une évaluation de fin d’année  aura lieu dans 200 écoles seulement et permettra d’évaluer l’effet du dédoublement. Elle sera passée sur tablette et portera sur le lire écrire compter et aussi le vécu de l’enfant à l’école. On peut légitimement s’interroger sur son contenu et de l’intérêt de la passation sur tablette.

L’évaluation en 6e

En 6ème, les élèves passeront tous en novembre une évaluation en français et maths sur support numérique. Cela signifie que tous les collèges disposent des moyens nécessaires pour cette passation. Quand on connait l’état et les disparités d’équipement numérique suivant les communes où les départements, cela peut complètement fausser ces évaluations car tous les élèves n’ont pas les mêmes chances d’accès au numérique.

Jean-Michel Blanquer et les évaluations

Ce n’est pas la première fois que Jean-Michel Blanquer souhaite mettre en place des évaluations de ce genre. Celles de 2009 ont laissé d’assez mauvais souvenirs puisque loin d’évaluer les compétences des élèves, ces dernières devaient servir à évaluer…les professeurs.

Reste à savoir ce que vont devenir les résultats de ces évaluations.Le ministère promet de ne pas utiliser ces données. Mais les enseignants devront quand même saisir des feuilles Excel et les envoyer à leur IEN.

De plus, aucun des syndicats n’est pour ces évaluations  car elles sont construites sans aucune concertation avec les enseignants et n’apportent rien ni à l’élève, ni à sa famille. Au contraire,  ces tests risquent d’être anxiogènes pour les familles.

Ce ne sont que les premières évaluations, puisque le programme “éducation” d’Emmanuel Macron  indiquait ceci : « Nous introduirons, au début de chaque année, des bilans personnalisés, de la classe de grande section à la troisième, afin que les enseignants disposent d’une base fiable et utile pour mesurer les progrès de chaque élève, et qu’ils choisissent les meilleurs outils pour un enseignement adapté aux besoins de chacun ».

0

Pour aider les familles des élèves en situation de handicap,  le ministère de l’Éducation nationale et le secrétariat d’État auprès du Premier ministre, chargé des personnes handicapées souhaitent revoir  l’accompagnement des enfants et des jeunes en situation de handicap et ce dès le mois d’Octobre.

Avec la baisse des contrats aidés, l’inquiétude des familles -mais aussi des professeurs- est grande. A défaut de rassurer les familles sur les embauches des AESH, le ministère de l’Éducation nationale met à disposition des familles une  cellule “aide handicap école” joignable par téléphone au 0810 55 55 00 ou par mail à aidehandicapecole@education.gouv.fr

handicap

0

Alors que la rentrée approche et que le stress monte aussi bien chez les feignasses que chez les élèves et leur famille, voici une petite vidéo qui montre tous les aspects humains de notre métier tout en rassurant aussi bien les écoliers que les collégiens et les lycées.

Bonnes fin de vacances à tous !

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=PlML3G07X2A&w=560&h=315]

0

Un établissement scolaire privé hors contrat est un établissement qui n’a pas signé d’accord avec l’État. Il s’ouvre sous certaines conditions.

Il n’est pas obligé de suivre les programmes et de respecter les horaires de l’enseignement public. Il peut donc choisir les méthodes pédagogiques de son choix et les rythmes de passage.

soclecommunbyfregga-01-1024x724

En revanche, il doit permettre aux enfants d’acquérir les connaissances du socle commun de connaissances. Et afin de s’assurer de cela, dans un arrêt rendu le 19 juillet, le Conseil d’Etat a validé le décret du 28 octobre 2016 pris par Najat Vallaud-Belkacem instituant un contrôle du respect du socle commun par les écoles hors contrat.

Les inspecteurs de l’éducation nationale  ont ainsi une légitimité pour s’assurer que tous les élèves aient accès au même socle commun de connaissances.

0