Est apparue au BO aujourd’hui, la nouvelle circulaire de mission des professeurs documentalistes. La dernière datait de 1986 du temps où le numérique n’existait pas encore à l’école. Il a été longtemps question de la réactualiser pour la mettre au goût du jour, mais pas forcément de tout le monde.

Attendu pendant plus de 30 ans, ce texte n’améliore pas pour autant les conditions d’exercices des professeurs documentalistes. Si il rappelle leur statut d’enseignants, il ne leur octroie toujours pas les mêmes avantages. A savoir :

  • Le droit aux heures supplémentaires au même taux horaire que les autres enseignants
  • un alignement de l’indemnité de sujétion particulière (48€/mois) sur l’ISOE part fixe que touchent tous les enseignant sauf eux
  • La possibilité de devenir professeur principal et donc d’avoir droit à la part d’ISO correspondante

 

La mention du décret ORS (1h de cours devant élèves = 1 de préparation) est la bienvenue :

En application du titre III de l’article 2 du décret n° 2014-940 du 20 août 2014 modifié, chaque heure d’enseignement est décomptée pour deux heures dans le maximum de service des professeurs documentalistes“.

Sauf qu’elle est aussitôt gâchée dans la phrase suivante :

Les heures d’enseignement sont effectuées dans le respect nécessaire du bon fonctionnement du CDI.“.

Et comme bien souvent, il n’ y a qu’un professeur-documentaliste par établissement et que les chefs d’établissement sont, de manière générale, favorables à une amplitude horaire maximale du CDI….Il y a de fortes chances que l’enseignant documentaliste ne soit pas encouragé à faire cours.

Du fait de son non-accès aux heures supplémentaires et à l’ISOE, (et avec l’alignement de l’ISAE sur l’ISO”, l’enseignant documentaliste est le prof le plus mal payé de l’EN. Seules les IMP, (Indemnité de Mission Particulière) dont il est fait mention ici, permet d’améliorer ses revenus.

La mission d’incitation à la lecture n’apparaît plus en tant que telle mais est très présente indirectement dans l’axe n°3. Ses autres missions restent vastes et peu précises afin de pourvoir s’adapter aux différents contextes locaux.

Finalement, cette circulaire de mission est bien mieux que ce que laissait présager les différents projets ayant servis à son élaboration.

Pour l’anecdote, la version parue ce matin comportait une coquille alors qu’il est passé dans un nombre incalculable de mains : ” Le professeur documentaliste participe aux 5 travaux disciplinaires ou interdisciplinaires qui font appel en particulier à la recherche et à la maîtrise de l’information.” On s’est donc tous demandé ce qu’était ces 5 travaux : AP/EMI/PEAC/EPI  ? ou  les piliers du socle commun ? La version prof doc des 12 travaux d’Hercule ?… Ce soir, le texte était corrigé.

 

 

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Alors que les enseignants guyanais ont manifesté aujourd’hui pour dénoncer leurs conditions d’enseignement, la Guadeloupe s’apprête à lui emboîter le pas demain. En effet, un appel à la  grève  reconductible a été lancé pour demain. Il s’agit de dénoncer la carte scolaire proposée pour la prochaine rentrée.

guadeloupe rep+

La situation socio-économique est telle que les syndicats de l’enseignement souhaiteraient voir toute l’académie de Guadeloupe classée REP+. Ce qui pose de sérieux problème au rectorat en matière d’infrastructures et gestion du personnel.

Pour rappel, le classement REP+ permet d’avoir quelques moyens en plus en termes de dotation horaire, un allègement des classes, une prime pour les enseignants ainsi qu’une pondération du temps de travail afin de faciliter les concertations et le travail d’équipe.

 

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Afin de mieux comprendre les événements guyanais et la manifestation des enseignants, voici d’après l’Insee, l’état de l’école en Guyane. Il date, certes, de 2014 mais les conditions d’enseignement sont loin d’avoir évolué.

Etat de l'école

On estime à environ 10 000 le nombre de jeunes non scolarisés dans un département immense. La démographie y est constante mais la population reste très fortement touchée par le chômage.

Le taux de scolarisation des enfants de – de 3 ans est de 70%, ce qui est nettement insuffisant pour lutter contre les inégalités sociales. Celles-ci se traduisent par un accès compliqué à la culture, aux services de santé, des moyens de transports limités (Il n’ y a qu’une seule vraie route reliant Cayenne à Saint-Laurent-du-Maroni, les autres sont des pistes en latéritique) ou peu pratique (pyrogue etc…).

Les élèves parlent fréquemment une autre langue à la maison que le français. Le taux de décrochage est massif et 56% des élèves quittent le système éducatif sans diplôme.

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