“Chères feignasses,
L’année 2016 a apporté son lot de difficultés et d’absurdités dans notre métier. Et, au détour d’une phrase assassine et provocatrice, une énième pique à l’encontre de ce que nous sommes, a encore enfoncé le clou. Nous aurions pu à nouveau courber l’échine et ne pas relever la tête.
Mais non, une tribu d’indomptables feignasses a levé son bâton de pèlerin et s’est écrié : « Vous ne passerez pas, préjugés à la noix ! ». Le groupe des 800 000 feignasses était né.
Fort de plus de 17 000 membres aujourd’hui, le mouvement ne cessera pas grâce à vos témoignages, vos réflexions et votre volonté de redorer le blason du « plus beau métier du monde ». Nous avons un objectif : donner NOTRE vision du métier et toucher le plus grand nombre.
C’est pourquoi, l’équipe vous souhaite une belle et prolixe année 2017. Qu’elle soit empreinte de petits bonheurs, de perles d’élèves, de fous-rire, de créativité, d’imagination, de persévérance et de reconnaissance.
Gardez le cap, ne vous désarmez pas. Nous sommes une force qui peut se faire entendre.
Belle et heureuse année 2017 !”

Et pour bien débuter 2017, les 800 000 feignasses vous proposent d’écrire sur ce mur virtuel vos vœux pour l’école en 2017. Pour cela, vous avez le choix :

  • Ecrire vos vœux directement sur le mur
  • Télécharger un document texte, son, ou image.

A vos plumes !

https://padlet.com/800kfeignasses/sb7harajpqex

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boris-cyrulnikVu chez nos amis de vousnousils, un article intéressant parlant de l’impact de l’affectif dans la relation prof/élève. Il s’agit d’une interview de Boris Cyrulnik dans laquelle il rappelle l’importance de l’affectif dans le travail de professeur.

Le professeur est un adulte référent et à ce titre, il a place importante dans la vie de l’élève et de la classe.

La classe représente à elle seule, une mini-représentation de la société. On y retrouve les mêmes règles, les mêmes interactions. Et les élèves ont besoin d’être sécurisés, rassurés,  encouragés afin de prendre confiance en eux et de devenir des adultes autonomes et responsables.

Mais toute la difficulté est de trouver la bonne distance. Ni trop, ni pas assez. Ne pas trop s’attacher à nos élèves qui ne sont finalement que de passage.

A la fin de l’article, Boris Cyrulnik essaie de donner quelques pistes d’amélioration de la relation prof/élève. Et vous comment vous positionnez vous dans cette relation ? A vos claviers pour les commentaires !

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par Véronique Théry (avec son aimable autorisation)

Mes amis,

  C’est une catastrophe. Vous aurez, sans doute, remarqué que j’écris bien peu. A cause du travail, me direz-vous ? Que nenni ! Je suis fonctionnaire. Vous savez, une nantie qui ne fiche rien de toute sa journée. Et la pire de toutes ! Une prof !

Oui, mesdames, messieurs, je le confesse en ce lieu. Je suis une de ces “happy few”, qui, selon un ex-président, travaille 18h par semaine, 6 mois de l’année. Autant dire qu’avec autant de temps libre, je pourrais écrire des livres de la taille d’un annuaire téléphonique !  En espérant évidemment que cela soit un iota plus intéressant.

Certains d’entre vous s’en doutent un peu. La vie d’un prof n’est pas aussi désespérément vide qu’un cerf-volant en quête d’un nouveau souffle. Ne comptez pas sur moi  pour me lancer dans un dithyrambique portrait de nos états de service. Je préfère laisser chacun libre de ses pensées. Libre de croire que le boulanger est un ignoble fainéant, vu que sa boutique n’ouvre qu’à 7h30 et que son pain, ses brioches et autres viennoiseries sont nés tous seuls par l’opération de Saint-Honoré. Que le journaliste du 20h ou du 13h ne travaille que durant les 30 minutes de son face-à-face avec le spectateur affamé de nouvelles fraîches. Et que le comédien qui s’époumone sur scène a bien de la chance de ne jouer que durant deux heures. La Sainte Eglise avait bien raison de les placer sur le même rang que les sorciers, vu qu’aujourd’hui encore, ces charlatans gagnent des fortunes en ne montant sur scène que 8 heures par semaine.  Apprendre les textes et les répéter n’est pas nécessaire, quand on est habiles farceurs.

Il en est de même dans notre corporation.  Nous sommes de “purs esprits”. Inutile de préparer un cours sur Chateaubriand, les théorèmes de Pythagore ou le prétérit en anglais. Tout ceci est inné chez l’enseignant. Ainsi, ma collègue déclamait du Shakespeare dès sa naissance ! Vous n’imaginez pas la tête que fit sa mère, lorsqu’elle entendit son enfant prononcer ces vers :

“Tis not alone my inky cloak, good mother,
Nor customary suits of solemn black,
Nor windy suspiration of forc’d breath,
No, nor the fruitful river in the eye,
Nor the dejected haviour of the visage,
Together with all forms, moods, shapes of grief,
That can denote me truly.”

  Moi-même, j’interpellais la sage-femme afin de lui demander si elle pratiquait la maïeutique en hommage à Socrate, l’accoucheur d’âmes. A deux ans, je faisais faire des dictées aux invités de mes parents et leur interdisais tout dessert s’ils ne parvenaient pas à trouver les réponses aux questionnaires de lecture que je leur concoctais. Je les encourageais, en feignant l’ignorance :

“Je ne sais pas l’endroit ; mais un peu de courage
Vous le fera trouver, vous en viendrez à bout.”

  Oui, sans le savoir, déjà, je faisais preuve de pédagogie. Autre talent inné dont nous sommes pourvus. Nul besoin de stages et de formations ! Toute la didactique coule dans nos veines, irriguées dans ce cœur d’enseignant.

  Bien entendu, il reste les copies. Quelques irréductibles en sont encore à penser que nous les jetons du haut d’un escalier dont chaque marche équivaudrait à une note. Jeu extrêmement dangereux, puisqu’il rendrait ledit escalier particulièrement glissant. Je vous vois venir ricaner que cela expliquerait le pseudo absentéisme des professeurs. Pseudo, mais oui. L’excellent Figaro a fait paraître, le 19 mars dernier, les résultats d’une enquête prouvant que les enseignants étaient moins absents que la moyenne des salariés, y compris ceux du secteur privé.

  Alors, mes amis, si mon absence de ce site n’est pas due au travail, à quoi, me direz-vous, ai-je passé mon temps ? Hé bien, j’ai fermé les yeux et j’ai rêvé. D’une société où les clichés avaient disparu, où les préjugés s’étaient envolés. Et puis, je me suis réveillée et j’ai allumé ma télé. Une voix disait : “18 h par semaine, 6 mois l’an” et j’ai compris que j’avais bien rejoint la réalité…

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Par Mélanie Thomas

Aujourd’hui je retrouve mon patronyme mais je reste une feignasse.
Parce que je ne travaille que 18 heures par semaine.
Parce  que je suis tout le temps en vacances.
Parce que de nos jours on trouve des cours déjà tout faits sur Internet.
Parce que depuis je j’évalue des compétences je ne mets plus de notes alors les corrections vont plus vite : 😃 ou 😞.
Parce que j’ai réinstallé l’ordre et la discipline dans mes cours et maintenant je travaille dans le calme et le silence.
Parce que je ne crois ni à la pédagogie de projet ni à l’innovation.
Parce que je suis la première à sortir de la classe dès que ça sonne.
Parce que l’ouverture culturelle est devenue obsolète depuis que nos élèves ont des tablettes.
Parce que je peux aller chercher mes enfants tous les jours à la sortie de l’école et ainsi papoter avec d’autres feignasses.
Parce que pour moi tout va bien tant qu’on laisse mon mercredi pour aller faire les soldes.
Parce que je dors très bien et que je rêve de prochaines vacances.
Parce que les conseils de classe ne se préparent pas, ne servent à rien et en plus ne sont pas obligatoires.
Parce que malgré toutes mes journées d’absence face aux élèves je n’ai pas assez de temps pour dépenser tout l’argent que je gagne.
Parce que je suis super fière de faire un métier que tout le monde se sent capable de faire mieux que moi.
Pour toutes ces raisons, je suis et resterai une feignasse…et fière de l’être !

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