6 heures du matin, je me lève,  je déjeune, je fais ma toilette.
7 heures, je pars pour attaquer les 30 km qui me séparent de mon lieu de travail.
7 heures 15, début du bouchon sur l’autoroute.
8 heures 15, je me gare dans l’enceinte de la prison.
J’arrive au sas de l’entrée réservée au personnel. Ma prothèse de hanche sonne sous le portique, comme tous les jours, mais je dois quand-même attendre qu’un surveillant vérifie au détecteur manuel que je n’ai pas d’arme.
8 heures 22,  je passe les 2 grilles à l’entrée du couloir.
8 heures 23, je passe la grille de la première division.
8 heures 24, je passe la grille de la deuxième division.
8 heures 25,  je passe les 2 grilles pour entrer dans la troisième division. Mes élèves m’attendent dans une cellule d’attente, à 15 dans 9 mètres carrés.
Nous montons à l’étage vers la salle de classe (une cellule double ou triple selon l’étage). Le surveillant est occupé, nous attendons 10 minutes. Il arrive enfin et ouvre la porte. Nous entrons. Il referme la porte à clé. Je tape à la porte pour qu’il revienne et laisse ouvert (c’est le règlement). Il est nouveau, il ne connaît pas ce point de règlement. Je négocie pendant quelques minutes. Le cours peut commencer, 3 heures non-stop, juste une pause à la mi-temps sans sortir de la cellule.
11 heures 30, le surveillant vient chercher les détenus, et je me dirige vers le mess pour déjeuner avec mes collègues.
13 heures 30, même parcours pour entrer. Je change de division, j’ai droit à une vraie salle de classe, séparée de la détention par un couloir. La salle n’a pas de fenêtres (sécurité ). Une alarme à côté du tableau me permet d’appeler en cas de problème.
15 heures 30, l’alarme générale retentit. Les surveillants courent partout. On me fait sortir sans délai, je dois laisser mes affaires dans la salle. Les élèves sont enfermés dans la salle et je vais dans le couloir central où je retrouve tous les intervenants extérieurs. Tout est bloqué jusqu’à la fin de l’alarme. Ça peut être une bagarre, une tentative d’évasion, une tentative de suicide, une agression sur un surveillant, nous le saurons plus tard.
15 heures 50, fin de l’alarme, je peux retourner en classe. Les élèves sont un peu énervés, on discute un peu pour retrouver une bonne ambiance de travail.
16 heures 30, fin du cours. Nous attendons un quart d’heure dans le couloir qu’un surveillant veuille bien ouvrir la porte. Un détenu a tapé dans la porte pour faire venir quelqu’un, le surveillant râle et veut faire un rapport. Je vais devoir aller me justifier auprès du capitaine, encore du temps de perdu.
16 heures 45, je sors. Une heure de bouchons sur l’autoroute et je suis à la maison.
J’ai bien glandé aujourd’hui, je suis une grosse feignasse.
Vivement demain que ça recommence !

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