Décalage des vacances de Pâques : où en sont les académies de la zone B?

L’académie d’Orléans tours a été la première à modifier ses dates de vacances de Pâques.

Où en est-on aujourd’hui ?

Sur douze académies de la zone B, quatre ont procédé à un changement officiel de dates :

« Dans les académies de Caen, Nantes, Orléans-Tours et Rouen, les vacances de printemps se dérouleront du mercredi 25 avril 2018 (après la classe) au lundi 14 mai 2018 (reprise des cours le matin) au lieu du 21 avril au 7 mai.

Cette disposition est prise à titre exceptionnel, après consultation au niveau régional selon les modalités habituelles.
Elle permettra d’éviter les inconvénients initiaux d’une semaine de rentrée perturbée par deux jours fériés des mardi 8 et jeudi 10 mai. Avec ce nouveau calendrier, les élèves bénéficieront strictement  du même nombre de jours de cours que prévu initialement »
L’académie de Rennes semble vouloir suivre le même chemin.

C’est plutôt une bonne nouvelle de feignasse car leurs vacances, rallongées, dureront ainsi deux semaines et demie!

vacances paques

Dans les académies d’Aix-Marseille, Amiens, Lille, Nancy-Metz, Nice, Reims et Strasbourg, le calendrier initial du ministère sera par contre conservé. La rentrée pour la dernière période se fera donc de manière hachée puisque après un lundi de cours, les établissements seront fermés – 8 mai oblige. Le mercredi, les enfants et adolescents reprendront le chemin de l’école avant de chômer à nouveau le jeudi pour l’Ascension,  mais ils ne feront pas le pont le  vendredi.

Pour l’anecdote, un professeur d’histoire-géographie de l’académie d’Orléans-Tours a déposé deux requêtes devant le tribunal administratif d’Orléans pour annuler la décision de modification du calendrier scolaire de Mme la Rectrice. La demande d’annulation se base sur l’article D 521-5 du Code de l’éducation. Il établit que « sauf dans les cas où elles sont motivées par des circonstances non prévisibles, les décisions résultant de l’application des articles D. 521-1 à D. 521-4 sont arrêtées et rendues publiques un an au moins avant la date d’effet prévue quand elles concernent l’ensemble d’un département ou de l’académie ». Et il est évident que le calendrier des jours fériés était bien prévisible. Donc affaire à suivre…..

 

L’État prend ses responsabilités…

Depuis la rentrée, depuis que j’ai pris mon nouveau poste, le lundi c’est jour de bureau. Jour de direction, enfin, jour de tâches administratives, parce que directrice je suis tout au long de la semaine, que je sois en classe ou pas…
Depuis la rentrée, le lundi, je tâche de m’avancer dans les piles de papiers demandés, dans les brassées d’injonctions, dans la recherche de signification de certaines demandes, dans la traduction d’acronymes abscons et obscurs. Ce qui, je l’espère toujours, me permettra ensuite de me consacrer à ma classe très « prenante ».
Et parmi les « urgences » je devais rendre pour le 29 septembre un double document (je veux dire à deux volets), de plusieurs pages, avec des annexes rédigées en langage administratif de base (le genre de langage qui fait douter de mon degré de maîtrise de ma langue maternelle).
Un document pour lequel j’ai « bénéficié » d’une journée de stage. Qui m’a grillé ma journée de direction. Je devrai donc y consacrer du temps… Autre.
Donc hier, lundi 9 octobre, 10 jours après la date butoir pour rendre le dit document, j’étais en stage. En stage PPMS.

PPMS?
Allez trouvez moi quelques manières rigolotes de traduire cela!
Voui… J’étais en stage avec une douzaine d’autres directeur.trice.s de « grosses » écoles (« il faut bien commencer par quelque part, nous faisons avec les moyens qu’on nous donne, au détriment, malheureusement, d’autres priorités plus pédagogiques »), bien à l’abri derrière des grilles à gâchette électrique, derrière un sas et une porte sans poignée extérieure, dans une salle de réunion avec des barreaux…
Pour parler de sécurité.
Dans nos écoles ouvertes, au milieu de la cité. Qui doivent l’être vers l’extérieur, ouvertes aux parents.
Pour parler responsabilité.
La nôtre.
Directeur.trice.s d’école.
Celle que l’État nous délègue.
Oui, ce « debriefing », qui nous a laissé sur notre « faim », nous a au moins permis de constater que nous partageons ce sentiment que la barque « direction » est toujours plus chargée. Toujours plus lourde. Et de plus en plus laissée à notre responsabilité. Au milieu d’une mer de mails, de documents obligatoires (à créer soi même), de stats, de LSU dans une ENT (à vous! Soyez créatifs!) à explorer tout seuls (mais si c’est facile! C’est fait pour vous faciliter le travail (et surtout pour faire des stats, c’est bon pour ce que vous avez, les stats))…
Voilà, voilà…
Je ne suis même pas en colère, j’ai apprécié de manger en terrasse avec des collègues, je me sens moins seule. J’ai apprécié ce pas de coté même si je ne pense qu’il ait été réellement formateur.
J’ai bien compris, et je pense que c’était uniquement le but de cette « formation », que je devais communiquer aux parents et aux usagers la bonne parole: nous avons tout prévu, nous avons été formés à toute éventualité.
« L’État » prend ses responsabilités.

par Anne

Haut les cœurs!

Le rapport que la Cour des comptes ne sortira pas… Valoriser les enseignants, une réforme qui reste à faire?

cour des comptes

Voilà les 5 recommandations que la Cour des comptes n’a pas osé faire dans son récent rapport. La mise en œuvre de celles-ci permettrait pourtant d’améliorer « l’efficacité » de l’action de l’Éducation nationale.
1- Revaloriser nettement et immédiatement les traitements des enseignants pour rattraper la baisse de revenu accusée ces dernières années, pour les mettre au niveau des autres pays de l’OCDE, pour compenser l’augmentation des cotisations sociales, pour reconnaître l’importance de leur mission au service de la nation et pour redonner une attractivité au métier.
2- Rétablir une formation continue digne de ce nom et sur le temps scolaire.
3- Augmenter considérablement le vivier d’enseignants remplaçants fonctionnaires afin de pouvoir assurer la formation continue et de pallier aux absences liées aux arrêts maladies.
4- Réduire drastiquement les effectifs dans toutes les classes pour ne pas dépasser une vingtaine d’élèves par classe afin de permettre d’adapter la pédagogie aux besoins des élèves et une différenciation de qualité.
5- Rétablir les Réseaux d’aide spécialisée aux élèves dans chaque école pour un meilleur accompagnement des élèves à besoins particuliers.
En attendant qu’un tel rapport voie le jour, rendez-vous le 10 octobre !

Merci Sandrine

Nous remercions Sandrine Pauzat pour la rédaction de tous ses articles depuis le mois de décembre 2016. Son investissement et sa réactivité sur les infos de l’EN a permis au blog de prendre son élan, et un sacré rythme de croisière même! 

Bonne continuation Sandrine pour la suite 🙂

Au revoir et merci

Chers visiteurs,

Vous êtes nombreux à suivre l’aventure du blog.

Grâce à vous, j’ai découvert énormément de choses sur l’ensemble des feignasses aussi bien du premier degré que du second degré. Toutes personnes travaillant dans les écoles, quelques soit leur rôle, ont à cœur de bien faire leur métier.

800 000 feignasses ? non ! 800 000 individus qui font de leur mieux au quotidien pour donner le meilleur aux enfants et qui y consacrent beaucoup plus de temps que 6 mois par an, oui !

Tout le temps consacré à ce blog, je ne le regrette pas. Il m’a permis de suivre l’actualité de l’EN, de répondre aux questions – nombreuses et de plus en plus ardues – que vous vous posez. Je l’ai repris par hasard sans penser un instant que vous seriez aussi nombreux à le suivre. Il n’avait pas pour première vocation de perdurer et finalement, il vit car vous, visiteurs et  membres du groupe facebook 800 000 feignasses le faites vivre.

Restez solidaires, garder la foi et vos élèves vous rendront au centuple ce que l’institution vous refuse.

Il n’est pas impossible qu’un jour je retente cette aventure.

merci

A quand une formation digne de ce nom pour les PE ?

Par A.G

Parfois il est bon de rappeler que: de 2 ans à quasi-plein-temps, la formation initiale des instituteurs est passée à celle des PE en IUFM, puis en ESPE , en alternance sur 2 ans puis sur 1 an, et maintenant à une classe en responsabilité en alternance de cette formation sur moins d’un an au final.formation 2

En parallèle de ceci, la formation CONTINUE a totalement disparu, les formations pour les enseignants spécialisés des RASED (qui sont en train de disparaître) sont passées de +700h à – de 350h, toutes options confondues voire moins dans certaines académies. 

Sur toutes ces questions, quand on parle de mobilisation passée et à venir, on réalise que ça ne mobilise finalement pas du tout la profession dans son ensemble, mais principalement les collègues directement concernés et souvent +/- l’année où ils sont touchés…et que tout le monde admet faire « sans » le reste du temps… et donc, là les critiques sans fin de tous les autres éléments insupportables d’effectifs/de contenus des programmes /de mise à jour diverses des sujets qui fâchent au sein de la société :

  •  de la bienveillance indispensable
  • des relations avec les parents
  • de l’existence de notes ou pas
  • des non-remplacements
  • des vacations en augmentation
  • de fermetures
  • des budgets
  • de l’entretien
  • des AVS/MDPH

Des manques cruels en tous genres, etc etc… ne sont que des éléments de + qui empoisonnent notre quotidien, notre métier et l’avenir scolaire de tous nos élèves, l’école publique en général…on fait avec? On continue jusqu’à la territorialisation des PE ?… on est quand même assez nombreux pour se faire entendre, non? combien de métiers qui prennent en charge les humains se passent de formation digne de ce nom?

 

Le budget de l’Education Nationale en hausse ?

L’EN reste un des plus gros budgets de l’Etat : 51,3 milliards d’euros l’an prochain, hors pensions et retraites. Pour 2019, la prévision est de 52,1 milliards et pour 2020 de 52,6 milliards. D’après le magazine Challenges, le budget de l’EN devrait augmenter de 1.3 milliards en 2018.

Mais à quoi va servir cette augmentation ?

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En tous cas, pas à améliorer le salaire des enseignants, le PPCR étant bloqué en 2018. Ni à augmenter les effectifs qui restent stables en 2018. Mais ne soyons pas mauvaise langue : 20 millions d’euros sont prévus dans le budget 2018 pour les personnels  en REP +  qui verront leurs indemnités « progressivement » revalorisées à partir de la rentrée 2018.

Mais pour les projets de Jean-Michel Blanquer :

« On doit savoir faire des économies sur certains sujets pour mieux dépenser sur d’autres. Avec un million d’agents, j’ai des marges de manœuvre. Si j’ai une priorité – j’en ai quelques-unes – la première, c’est l’école primaire ».

Pas de hausse d’effectif

En 2018, le nombre de postes reste stable. Mais alors comment,  le ministère compte-t-il étendre la mesure – coûteuse – des « classes à douze élèves » en éducation prioritaire, ainsi que toutes les autres promesses du candidat Macron (Vous vous rappelez de la fameuse prime de 3000€/an en REP+ ? )

Dédoublement des classes de CP et CE1 dans les quartiers très défavorisés (REP+)

En 2017, seules 2200 classes ont pu être dédoublées. En 2018 cela doit s’étendre au CP en REP, puis aux CE1 de ces zones les années suivantes. A terme, près de 11 000 classes seront concernées.

On se demande juste comment on va pouvoir arriver à cet objectif sachant que la première vague de CP à 12 (pour rappel seulement 2200 classes), a épuisé le vivier de remplaçants et appauvri le dispositif PDQMC. Pour cela,  à la rentrée 2018, de 3 881 postes seront créés.

Création et suppression de postes

Sous le quinquenat Hollande, il avait été promis 60 000 créations de postes pour essayer de combler les 80 000 postes supprimés sous le quinquenat Sarkozy. 54 000 ont été créés.

Mais comment faire pour mettre plus d’enseignants devant les CP/CE1 de REP+ sans exploser le budget ?

shadoksTout simplement par  le jeu des vases communicants. 3881 postes sont créés dans le primaire mais aucune création de poste n’est prévue dans le second degré. 2 600 emplois de stagiaires (à mi-temps) sont supprimés dans le budget 2018. Selon le ministère, il s’agit uniquement de postes non pourvus aux concours 2017 et  leur suppression n’aura aucun impact réel dans les classes. Sauf que sur le terrain, un mois après la rentrée, de nombreux  postes restent malheureusement non pourvus (Si vous en connaissez, n’hésitez pas à les signaler ici).

Par ailleurs, 200 postes de personnels administratifs seront supprimés et cela a déjà commencé avec la suppression des contrats aidés.

Accompagnement des élèves

En 2018,  220 millions d’euros sont prévus pour mettre en œuvre le dispositif « devoirs faits » ( proposé à partir des vacances de la Toussaint aux collégiens volontaires après les cours). Il sera pris en charge par des enseignants volontaires (rémunérés en heures supplémentaires), des assistants d’éducation et des 20000  volontaires « services civiques ».

35 millions d’euros de crédits supplémentaires (contre 15 millions en 2017) sont alloués aux stages de réussite (anciennement RAN) en faveur des élèves les plus faibles.

Accueil des élèves en situation de handicap

A  compter de 2018, un plan quinquennal de recrutement de 22.500 accompagnants d’élèves en situation de handicap est  mis en place, à raison de 4.500 postes par an.

 

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